vendredi 28 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2104140 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MARIENNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 18 mai 2021 et le 8 mai 2023, Mme C A épouse B, représentée par Me Marienne, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 22 juin 2021 du maire de la commune de Chanteloup-les-Vignes retirant les arrêtés du 12 mars 2021 et du 5 avril 2021 lui refusant toute rémunération du 16 décembre 2020 au 15 mars 2021 et du 16 mars 2021 au 15 avril 2021, pour absence de service fait ;
2°) d'enjoindre à la commune, à titre principal, de la placer en congé d'invalidité temporaire imputable au service (CITIS) dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 75 euros par jour de retard ; à titre subsidiaire, d'examiner sa demande de placement en CITIS pour la période courant du 23 novembre 2020 au 18 mai 2021 ; à titre très subsidiaire, de la placer en congé de maladie ordinaire à plein traitement pour la période courant du 23 novembre 2020 au 23 février 2021 et à demi-traitement pour la période courant du 24 février 2021 à la fin de son arrêt de travail, dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 75 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les arrêtés litigieux ont été signés par une autorité incompétente, en l'absence de délégation de signature produite ;
- ils sont entachés d'un vice de procédure ;
- ils sont entachés d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 février 2023, la commune de Chanteloup-les-Vignes, représentée par Me Carrère, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les arrêtés du 12 mars 2021 et du 5 avril 2021 ont été retirés : il n'y a plus lieu d'y statuer ;
- si les conclusions devaient être redirigées contre le nouvel arrêté du 22 juin 2021, les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 10 mai 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 19 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n°87-602 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Vincent, première conseillère,
- les conclusions de Mme Ozenne, rapporteure publique,
- les observations de Me Marienne,
- et les observations de Me Verger, substituant Me Carrère.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C A épouse B, titulaire du grade d'adjoint administratif territorial, exerce depuis 2012 les fonctions de gestionnaire de paye et carrières, au sein de la direction des ressources humaines de la commune de Chanteloup-les-Vignes. Le 23 novembre 2020, elle a été placée en arrêt de travail jusqu'au 30 novembre 2020, prolongé ensuite jusqu'au 30 décembre 2020. Elle a transmis parallèlement un certificat médical d'accident de travail initial daté du 23 novembre 2020 avec arrêt de travail jusqu'au 20 janvier 2021 prolongé ensuite jusqu'au 18 février 2021. Le 16 décembre 2020, elle a été convoquée à une contre-visite médicale à laquelle elle ne s'est pas rendue. Par courrier du 26 janvier 2021, la commune l'a alors informée qu'elle interrompait le versement de son traitement à compter du 16 décembre 2020 et qu'elle la convoquait à une nouvelle contre-visite, le 2 février 2021. Par courrier du 28 janvier 2021, la commune l'a également informée qu'elle ne pouvait donner une suite favorable à sa demande de prise en charge d'un accident de service. A la suite de la contre-visite du 2 février 2021 concluant au caractère justifié de l'arrêt de travail en cours, la commune a toutefois maintenu l'interruption de son traitement par deux arrêtés du 12 mars 2021 et du 5 avril 2021 la plaçant en position de service non fait du 16 décembre 2020 au 15 mars 2021 puis du 16 mars 2021 au 15 avril 2021 inclus.
2. A la suite de l'introduction de sa requête, la commune a ensuite décidé, par courrier du 22 juin 2021, de retirer ces deux arrêtés et de placer rétroactivement la requérante en position de congé de maladie ordinaire à compter du 23 novembre 2020 mais en ne régularisant le versement de son traitement qu'à compter du 2 février 2021. Par la présente requête, Mme A épouse B demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, d'annuler l'arrêté du 22 juin 2021 retirant les arrêtés des 12 mars et 5 avril 2021.
Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée en défense :
3. Le défendeur fait valoir que la décision du 22 juin 2021, qui a retiré les arrêtés du 12 mars 2021 et du 5 avril 2021, est devenue définitive, en l'absence de recours dirigé contre elle. Il n'y a dès lors plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation dirigées contre ces deux derniers arrêtés.
4. Lorsque le juge est parallèlement saisi de conclusions tendant, d'une part, à l'annulation d'une décision et, d'autre part, à celle de son retrait et qu'il statue par une même décision, il lui appartient de se prononcer sur les conclusions dirigées contre le retrait puis, sauf si, par l'effet de l'annulation qu'il prononce, la décision retirée est rétablie dans l'ordonnancement juridique, de constater qu'il n'y a plus lieu pour lui de statuer sur les conclusions dirigées contre cette dernière.
5. Au cas d'espèce, il ressort tout d'abord des pièces du dossier que la décision du 22 juin 2021 a régularisé le versement de son traitement à partir du 2 février 2021. De ce fait, elle a retiré totalement l'arrêté du 5 avril 2021 qui portait interruption de son traitement du 16 mars au 15 avril 2021 mais n'a retiré l'arrêté du 12 mars 2021, qui portait interruption du versement de sa rémunération du 16 décembre 2020 au 15 mars 2021, que partiellement.
6. Il ressort en outre des pièces du dossier que la requérante n'articule aucun moyen à l'encontre de la décision du 22 juin 2021 retirant partiellement l'arrêté du 12 mars 2021 et totalement l'arrêté du 5 avril 2021. Dès lors, les conclusions dirigées contre cette décision, en tant qu'elle rétablit le versement de son traitement à compter du 2 février 2021, doivent être rejetées. Par suite, il y a lieu de faire droit à l'exception de non-lieu à statuer sur ces conclusions. Il y a lieu en revanche de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision du 22 juin 2021, en tant qu'elle interrompt le versement de son traitement du 16 décembre 2020 au 1er février 2021, en raison de son absence à la contre-visite médicale du 16 décembre 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
7. Aux termes de l'article 15 du décret du 30 juillet 1987 susvisé, dans sa version applicable au litige : " Pour obtenir un congé de maladie ainsi que le renouvellement du congé initialement accordé, le fonctionnaire adresse à l'autorité territoriale dont il relève, dans un délai de quarante-huit heures suivant son établissement, un avis d'interruption de travail. (). L'autorité territoriale peut faire procéder à tout moment à la contre-visite du demandeur par un médecin agréé; le fonctionnaire doit se soumettre, sous peine d'interruption du versement de sa rémunération, à cette contre-visite. () ".
8. Au cas d'espèce, il est constant que l'arrêt de travail du 30 novembre 2020 prolongeant l'arrêt de travail initial jusqu'au 30 décembre 2020 mentionnait comme adresse où le malade peut être visité " Appartement Palmier, 97228, Sainte-Luce, Martinique ". Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que la requérante a justifié son absence à la contre-visite médicale organisée à l'initiative de la commune par l'absence de réception de la convocation, celle-ci ayant été envoyée à son domicile principal à Eragny-sur-Oise et non au domicile déclaré dans le cadre de l'arrêt maladie. Le défendeur fait toutefois valoir qu'en raison du caractère incomplet de cette adresse, qui ne mentionnait pas de numéro et de voie ni d'ailleurs de nom de la personne chez laquelle elle était hébergée, il n'a pas eu d'autre choix que d'adresser la convocation à son domicile principal, en partant du principe que la requérante avait organisé le suivi de son courrier. Toutefois, en l'absence de complément d'information demandé à la requérante ni même de tentative d'envoi de la convocation à l'adresse donnée en Martinique, alors même que la requérante n'avait pas d'obligation d'assurer le suivi de son courrier dans les circonstances précitées, la commune n'établit ni qu'elle aurait tenté d'obtenir plus d'information sur cette adresse, ni que la requérante aurait commis une négligence de nature à démontrer qu'elle se serait soustraite volontairement à la contre-visite médicale organisée. Par suite, la commune a fait une inexacte application de l'article 15 du décret précité.
9. Sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision du 22 juin 2021, en tant qu'elle interrompt le versement de son traitement du 16 décembre 2020 au 1er février 2021, doivent être accueillies.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Les conclusions présentées par la requérante à titre principal et à titre subsidiaire sont sans lien avec la demande d'annulation de la décision du 22 juin 2021 qui n'a pas pour objet de lui refuser l'octroi d'un CITIS, comme le fait valoir le défendeur. Elles doivent dès lors être rejetées comme étant irrecevables.
11. Si la requérante demande également, à titre très subsidiaire, à être placée en congé de maladie ordinaire à plein traitement pour la période litigieuse, il résulte de l'instruction qu'elle a en définitive été placée en congé de longue maladie pour une durée de 12 mois à compter du 23 novembre 2020, avec versement de l'intégralité de son traitement. Ces conclusions doivent donc être également rejetées, de même que les conclusions à fin d'astreinte.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme A épouse B, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Chanteloup-les-Vignes demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Chanteloup-les-Vignes une somme de 1 800 euros au titre des frais exposés par Mme A épouse B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision du 22 juin 2021, en tant qu'elle rétablit le versement du traitement de Mme A épouse B à compter du 2 février 2021.
Article 2 : La décision du 22 juin 2021 du maire de la commune de Chanteloup-les-Vignes est annulée en tant qu'elle interrompt le versement du traitement de Mme A épouse B du 16 décembre 2020 au 1er février 2021.
Article 3 : La commune de Chanteloup-les-Vignes versera à Mme A épouse B une somme de 1 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A épouse B et à la commune de Chanteloup-les-Vignes.
Délibéré après l'audience du 30 juin 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Gosselin, président,
- Mme Vincent, première conseillère,
- Mme Geismar, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juillet 2023.
La rapporteure,
signé
L. Vincent
Le président,
signé
C. GosselinLa greffière,
signé
S. Burel
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026