LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2104284

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2104284

lundi 27 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2104284
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre
Avocat requérantANDRIEUX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 12 mai 2021 et le 28 septembre 2021, la SCI BTF, représentée par Me Andrieux, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 12 mars 2021 par laquelle l'unité départementale des Yvelines de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi a prononcé le retrait de la décision d'autorisation d'activité partielle couvrant la période du 1er juin 2020 au 31 mars 2021 ;

2°) d'enjoindre à l'administration de délivrer les autorisations d'activité partielle sollicitées ou à tout le moins de réexaminer ses demandes, dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, avec toutes conséquences de droit ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision contestée a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée en droit ;

- elle procède illégalement au retrait d'une décision créatrice de droit au-delà du délai de quatre mois ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle ne pouvait prévoir, en juin 2020 lorsqu'elle a recruté de nouveaux salariés, que de nouvelles restrictions liées à la crise sanitaire interviendraient et qu'elles auraient un impact majeur sur son activité ; ces restrictions sont constitutives d'un événement de force majeure.

Par un mémoire en défense enregistré le 20 juillet 2021, la direction régionale et interdépartementale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens présentés à l'appui de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n°2020-325 du 25 mars 2020 relatif à l'activité partielle ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Lutz,

- et les conclusions de Mme Winkopp-Toch, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Dans le contexte de la pandémie de Covid-19, la SCI BTF a déposé, le 3 avril 2020, une première demande d'autorisation préalable de mise en activité partielle d'un salarié pour la période du 9 mars au 31 mars 2020. Le 19 avril 2020, elle a effectué une deuxième demande pour la période du 1er au 30 avril 2020, puis, le 11 mai 2020, une troisième demande pour la période du 1er au 31 mai 2020, le 16 juin 2020, une quatrième demande pour trois salariés pour la période du 23 juin au 30 septembre 2020, demande complétée le 23 juin suivant afin qu'elle couvre la période du 1er juin au 30 septembre 2020, et enfin, le 23 octobre 2020, une dernière demande couvrant la période du 1er octobre 2020 au 31 mars 2021. Toutes ces demandes ont fait l'objet d'autorisations tacites sous 48 heures en application des dispositions du décret n° 2020-325 du 25 mars 2020.

2. Lors du contrôle a posteriori des autorisations accordées à la SCI BTF, des incohérences sont apparues pour la période du 1er juin 2020 au 31 mars 2021. Par lettre du 15 février 2021, la société a été invitée à présenter ses observations. Par la décision contestée du 12 mars 2021, la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (DIRECCTE) a procédé au retrait de la décision d'autorisation couvrant la période du 1er juin 2020 au 31 mars 2021.

3. Aux termes de l'article L. 5122-1 du code du travail : " I. - Les salariés sont placés en position d'activité partielle, après autorisation expresse ou implicite de l'autorité administrative, s'ils subissent une perte de rémunération imputable : / - soit à la fermeture temporaire de leur établissement ou partie d'établissement ; / - soit à la réduction de l'horaire de travail pratiqué dans l'établissement ou partie d'établissement en deçà de la durée légale de travail. (). " Aux termes de l'article R. 5122-4 du code du travail : " La décision d'autorisation ou de refus, signée par le préfet, est notifiée à l'employeur dans un délai de quinze jours à compter de la date de réception de la demande d'autorisation. () / La décision de refus est motivée. (). "

4. En premier lieu, le directeur régional de la direction régionale et interdépartementale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (anciennement DIRECCTE) a donné, par décision du 30 juillet 2020, subdélégation à Mme A B pour signer les décisions concernant l'activité partielle. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision contestée doit donc être écarté.

5. En deuxième lieu, la décision attaquée, qui cite l'article R. 5122-10 du code du travail fixant les modalités de remboursement à l'Agence de service et de paiement des sommes indûment versées au titre de l'allocation d'activité partielle, précise que la SCI BTF ne pouvait recruter des salariés pour les placer immédiatement en activité partielle. Ainsi, contrairement à ce que soutient la société requérante, l'administration a exposé les éléments de fait et de droit sur lesquels repose la décision attaquée. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit dès lors être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 241-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Sous réserve des exigences découlant du droit de l'Union européenne et de dispositions législatives et réglementaires spéciales, les règles applicables à l'abrogation et au retrait d'un acte administratif unilatéral pris par l'administration sont fixées par les dispositions du présent titre ". Aux termes de l'article L. 241-2 du même code : " Par dérogation aux dispositions du présent titre, un acte administratif unilatéral obtenu par fraude peut être à tout moment abrogé ou retiré ". Enfin, aux termes de l'article L. 242-1 de ce code : " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision "

7. La décision contestée procède au retrait des décisions tacites acceptant les demandes d'activité partielle de la SCI BTF pour la période du 1er juin 2020 au 31 mars 2021 au-delà du délai de quatre mois prévu à l'article L. 242-1 précité. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la SCI BTF a recruté en juin 2020 trois salariés qui ont été placés immédiatement en position d'activité partielle. Si la société fait valoir que ces recrutements étaient justifiés en raison de la reprise de son activité attendue à l'été 2020 et notamment de l'organisation prévue de 18 mariages, elle n'apporte aucun commencement de preuve à l'appui de cette allégation. Le recrutement de ces salariés, qui avait pour seul objet d'obtenir les indemnités liées à la mise en activité partielle, présentait donc un caractère frauduleux. Il s'ensuit que l'administration pouvait, sans commettre d'erreur de droit ni d'erreur manifeste d'appréciation, retirer les décisions tacites acceptant les demandes d'activité partielle de la SCI BTF pour la période du 1er juin 2020 au 31 mars 2021 au-delà du délai de quatre mois.

8. En quatrième lieu, il résulte des termes mêmes de l'article L. 5122-1 du code du travail précité que seuls les salariés faisant déjà partie des effectifs d'une entreprise peuvent être placés en position d'activité partielle. Par suite, la SCI BTF ne pouvait recruter des salariés pour les placer immédiatement en activité partielle. Au demeurant, comme il a été dit au point 7, la société SCI BTF n'établit pas que son carnet de commandes pour l'été 2020 justifiait le recrutement de trois nouveaux salariés au moins de juin 2020.

9. En cinquième lieu, si la SCI BTF a reçu via la plateforme numérique SI APART des notifications retenant des montants d'indemnisation nuls, cette régularisation informatique, qui n'est que la conséquence du retrait des décisions acceptant les demandes d'activité partielle, est sans incidence sur la légalité de la décision contestée.

10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la SCI BTF doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et les conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SCI BTF est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SCI BTF et au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion.

Délibéré après l'audience du 13 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

- Mme Sauvageot, présidente,

- Mme Lutz, première conseillère,

- Mme Degorce, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 novembre 2023.

La rapporteure,

Signé

F. Lutz La présidente,

Signé

J. Sauvageot

La greffière,

Signé

C. Delannoy

La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2104284

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions