jeudi 8 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2104285 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL CABANES AVOCATS |
Vu les procédures suivantes :
I - Par une requête, enregistrée le 12 mai 2021 sous le n° 2104285, la société Anfray Gioria électricité, représentée par Me Tomasi, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de recette n° H0009037 émis et rendu exécutoire le 6 janvier 2021 par le centre hospitalier de Plaisir à l'effet de recouvrer la somme de 2 000 euros, ainsi que la lettre de relance du 18 mars 2021 ;
2°) de la décharger de l'obligation de payer cette somme ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Plaisir la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- le titre exécutoire ne lui a jamais été notifié ;
- il a été émis par une autorité incompétente ;
- il ne mentionne pas les nom et prénom de son auteur.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 septembre 2022, le centre hospitalier de Plaisir, représenté par Me Cabanes, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la société Anfray Gioria électricité au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable, dès lors que le titre de recette attaqué a été émis pour l'exécution d'un jugement du tribunal administratif, exécutoire de plein droit ;
- les conclusions tendant à l'annulation de la lettre de relance ne relèvent pas de la compétence du juge administratif ;
- les moyens relatifs à la légalité formelle du titre sont inopérants, dès lors que l'appréciation de la régularité formelle de la poursuite relève de la compétence du juge de l'exécution ;
- l'absence de notification préalable du titre de recette est sans incidence sur sa régularité ;
- le titre a été rendu exécutoire par l'ordonnateur, dont il mentionne les nom et prénom.
Le directeur départemental des finances publiques des Yvelines a présenté des observations, enregistrées le 16 juin 2021.
Par une ordonnance du 28 juillet 2022, la clôture de l'instruction a été reportée au 17 octobre 2022.
II - Par une requête, enregistrée le 12 mai 2021 sous le n° 2104286, la société Anfray Gioria électricité, représentée par Me Tomasi, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de recette n° H0009910 émis et rendu exécutoire le 18 janvier 2021 par le centre hospitalier de Plaisir à l'effet de recouvrer la somme de 1 501 086,33 euros, ainsi que la lettre de relance du 15 avril 2021 ;
2°) de la décharger de l'obligation de payer cette somme ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Plaisir la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- le titre exécutoire ne lui a jamais été notifié ;
- il a été émis par une autorité incompétente ;
- il ne mentionne pas les nom et prénom de son auteur ;
- le jugement du tribunal administratif de Versailles le 21 novembre 2019 ne peut servir de fondement à un titre exécutoire, dès lors qu'il ne prononce aucune condamnation à son encontre, de sorte que les bases de la liquidation sont nulles.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 18 juin 2021 et 17 mai 2023, le centre hospitalier de Plaisir, représenté par Me Cabanes, conclut, dans le dernier état de ses écritures, au non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête dirigées contre le titre de perception n° H0009910 en tant qu'elles excèdent la somme de 150 846,92 euros, au rejet du surplus des conclusions de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la société Anfray Gioria électricité au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- suite à l'arrêt de cour administrative d'appel de Versailles du 16 mars 2023 ramenant le solde du décompte à la somme de 150 846,92 euros en sa faveur, il a émis, le 9 mai 2023, un mandat venant en réduction du titre de perception n° H0009910, pour un montant de 1 350 239,41 euros ;
- les conclusions tendant à l'annulation de la lettre de relance ne relèvent pas de la compétence du juge administratif ;
- les moyens relatifs à la régularité formelle du titre sont inopérants, dès lors que l'appréciation de la régularité formelle de la poursuite relève de la compétence du juge de l'exécution ;
- l'absence de notification préalable du titre de recette est sans incidence sur sa régularité ;
- le titre a été rendu exécutoire par l'ordonnateur, et le bordereau de titres de recette, versé aux débats par la trésorerie, mentionne les nom et prénom du signataire ;
- le titre de recette pouvait être émis une fois le décompte général devenu définitif, suite au jugement du tribunal administratif de Versailles.
Le directeur départemental des finances publiques des Yvelines a présenté des observations, enregistrées le 16 juin 2021.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation des lettres de relance des 18 mars et 15 avril 2021, qui ne constituent pas des décisions faisant grief.
Vu :
- le jugement n° 1402479 du 21 novembre 2019 du tribunal administratif de Versailles ;
- l'arrêt n° 20VE00227 du 16 mars 2023 de la cour administrative d'appel de Versailles ;
- les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'organisation judiciaire ;
- le code des procédures civiles d'exécution ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le livre des procédures fiscales ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Caron, première conseillère,
- les conclusions de Mme Marc, rapporteure publique ;
- les observations de Me Calero, pour la société Anfray Gioria électricité, et celles de Me Bernard, pour le centre hospitalier de Plaisir.
Considérant ce qui suit :
1. Par un marché conclu le 7 octobre 2004, le centre hospitalier Jean-Martin Charcot, aux droits duquel vient le centre hospitalier de Plaisir, a confié à la société Anfray Gioria électricité le lot n°10 " Electricité courants forts " des travaux de construction d'un ensemble immobilier hospitalier situé à Plaisir (Yvelines). Le marché de la société Anfray Gioria électricité a été résilié le 25 janvier 2011. Le 21 août 2013, le centre hospitalier de Plaisir lui a notifié le décompte général du marché, faisant apparaître un solde négatif pour l'entreprise de 1 507 269,33 euros toutes taxes comprises (TTC). La société Anfray Gioria électricité a contesté ce décompte par un mémoire en réclamation du 3 octobre 2013, qui a été implicitement rejeté par le maître de l'ouvrage. Par un jugement du 21 novembre 2019, le tribunal administratif de Versailles a rejeté la demande de la société Anfray Gioria électricité tendant à la condamnation du centre hospitalier de Plaisir à lui verser la somme la somme de 877 197,52 euros hors taxes (HT) au titre du solde du marché, soit 1 049 12 8,23 euros toutes taxes comprises (TTC) et a mis à sa charge le versement au centre hospitalier de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Le 6 janvier 2021, le centre hospitalier de Plaisir a émis à l'encontre de la société Anfray Gioria électricité un premier titre de recette n° H0009037 à l'effet de recouvrer la somme de 2 000 euros correspondant au montant de la condamnation au titre de ses frais irrépétibles prononcée par le jugement du 21 novembre 2019. Le 18 janvier 2021, le centre hospitalier de Plaisir a émis à l'encontre de la société Anfray Gioria électricité un second titre de recette n° H0009910 à l'effet de recouvrer la somme de 1 501 086,33 euros correspondant au solde débiteur du lot n° 10 tel que fixé par le jugement du 21 novembre 2019. Ces deux titres de recette ont fait l'objet de deux lettres de relance, émises les 18 mars et 15 avril 2021. Par deux requêtes, qu'il y a lieu de joindre pour statuer par un seul jugement, la société Anfray Gioria électricité demande l'annulation de ces titres de perception et lettres de relance, ainsi que la décharge de l'obligation de payer les sommes correspondantes.
Sur la recevabilité des conclusions à fin d'annulation des lettres de relance des 18 mars et 15 avril 2021 :
2. Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " Les dispositions du présent article s'appliquent également aux établissements publics de santé. / () 4° Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable. L'envoi sous pli simple ou par voie électronique au redevable de cette ampliation à l'adresse qu'il a lui-même fait connaître à la collectivité territoriale, à l'établissement public local ou au comptable public compétent vaut notification de ladite ampliation () / 5° Lorsque le redevable n'a pas effectué le versement qui lui était demandé à la date limite de paiement, le comptable public lui adresse la mise en demeure de payer prévue à l'article L. 257 du livre des procédures fiscales avant la notification du premier acte d'exécution forcée devant donner lieu à des frais. () ".
3. Les lettre de relance adressées les 18 mars et 15 avril 2021 par le comptable public à la société Anfray Gioria électricité, qui constatent que la société ne s'est pas acquittée des sommes dues en vertu des titres exécutoires des 6 et 18 janvier 2021 et l'invitent au paiement de ces sommes dans un délai de trente jours, sous peine d'une exécution forcée, sont, au sens des dispositions précitées, une mise en demeure. Une telle mise en demeure ne constitue pas un acte faisant grief susceptible de recours. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation des lettres de relance des 18 mars et 15 avril 2021 sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les conclusions dirigées contre le titre exécutoire n° H0009037 :
4. Aux termes de l'article L. 111-3 du code des procédures civiles d'exécution : " Seuls constituent des titres exécutoires : / 1° Les décisions des juridictions de l'ordre judiciaire ou de l'ordre administratif lorsqu'elles ont force exécutoire () ". L'article R. 2342-4 du code général des collectivités territoriales précise que : " Les produits des communes () qui ne sont pas assis et liquidés par les services fiscaux de l'Etat en exécution des lois et règlements en vigueur, sont recouvrés : / - soit en vertu de jugements ou de contrats exécutoires ; / - soit en vertu de titres de recettes ou de rôles émis et rendus exécutoires par le maire () ". Il résulte de ces dispositions que les décisions des juridictions de l'ordre judiciaire ou de l'ordre administratif constituent des titres exécutoires. Par suite, un titre exécutoire émis à la seule fin d'assurer le recouvrement d'une créance résultant d'une condamnation de l'un ou l'autre de ces ordres, n'a pas de portée juridique propre et n'est dès lors pas susceptible de recours.
5. Il résulte de ce qui précède que le titre de recettes n° H0009037, émis et rendu exécutoire par le centre hospitalier de Plaisir le 6 janvier 2021, à la seule fin de recouvrer la somme de 2 000 euros mise à la charge de la société Anfray Gioria électricité au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par le jugement du 21 novembre 2019, n'a pas de portée juridique propre. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de ce titre ainsi qu'à la décharge de l'obligation de payer la somme correspondante, présentées par la société Anfray Gioria électricité, sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les conclusions dirigées contre le titre exécutoire n° H0009910 :
En ce qui concerne l'exception de non-lieu à statuer :
6. Il résulte de l'instruction que par un arrêt du 16 mars 2023, la cour administrative d'appel de Versailles a ramené le montant du décompte négatif à la charge du titulaire à la somme de 150 846,92 euros TTC. Il résulte également de l'instruction qu'à la suite de cet arrêt, le centre hospitalier de Plaisir a, par un mandat émis le 9 mai 2023, soit postérieurement à l'introduction de la présente requête, diminué de 1 350 239,41 euros le montant de la somme mise à la charge de la société requérante par le titre de perception n° H0009910 du 18 janvier 2021, qui a ainsi été ramené à la somme de 150 846,92 euros. Par suite, les conclusions de la requête dirigées contre ce dernier titre de perception sont, en tant qu'elles excèdent la somme de 150 846,92 euros, devenues sans objet. L'exception à fin de non-lieu opposée par le centre hospitalier de Plaisir doit ainsi être accueillie.
En ce qui concerne l'exception d'incompétence :
7. Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " Les dispositions du présent article s'appliquent également aux établissements publics de santé. / 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur. / Toutefois, l'introduction devant une juridiction de l'instance ayant pour objet de contester le bien-fondé d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local suspend la force exécutoire du titre. / L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois à compter de la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. / 2° La contestation qui porte sur la régularité d'un acte de poursuite est présentée selon les modalités prévues à l'article L. 281 du livre des procédures fiscales. La revendication par une tierce personne d'objets saisis s'effectue selon les modalités prévues à l'article L. 283 du même livre () ". Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " () Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : () / c) Pour les créances non fiscales des collectivités territoriales, des établissements publics locaux et des établissements publics de santé, devant le juge de l'exécution. ". Selon l'article L. 213-6 du code de l'organisation judiciaire : " Le juge de l'exécution connaît, de manière exclusive, des difficultés relatives aux titres exécutoires et des contestations qui s'élèvent à l'occasion de l'exécution forcée, même si elles portent sur le fond du droit à moins qu'elles n'échappent à la compétence des juridictions de l'ordre judiciaire. ".
8. Il résulte de l'instruction, notamment des mentions mêmes de l'avis des sommes à payer versé aux débats, que le titre de recette en litige a été émis par le centre hospitalier de Plaisir le 18 janvier 2021, en application de l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales, en vue d'assurer le règlement du solde du marché attribué à la société requérante par le centre hospitalier. La société Anfray Gioria électricité conteste la forme et le bien fondé du titre exécutoire et non un acte de poursuite. Une telle contestation relève de la compétence du juge administratif dès lors qu'elle a trait à des dettes mises à la charge de la société requérante au titre du règlement financier d'un marché public de travaux. Par suite, l'exception d'incompétence soulevée par le centre hospitalier de Plaisir doit être écartée.
En ce qui concerne la régularité du titre :
9. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. ". Aux termes du 4° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : "4° Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable. () / En application des articles L. 111-2 et L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. / Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation. () ". Il résulte de ces dispositions, d'une part, que le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif adressé au redevable doit mentionner les nom, prénom et qualité de la personne qui l'a émis, et, d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier, en cas de contestation, que le bordereau de titre de recettes comporte la signature de l'émetteur.
10. En l'espèce, le titre de perception litigieux, versé aux débats par le directeur départemental des finances publiques des Yvelines, ne mentionne pas les nom, prénom et qualité de la personne qui l'a émis. La circonstance que le bordereau journal des titres de recette correspondant au titre en litige, comporte la signature de Mme A B, attachée d'administration hospitalière dont les nom, prénom et qualité sont indiqués, ne saurait pallier l'absence de ces éléments sur le titre de recette individuel adressé à la société requérante. Ce titre exécutoire est, par conséquent, irrégulier. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, la société Anfray Gioria électricité est fondée, pour ce motif, à demander l'annulation du titre exécutoire du 18 janvier 2021, ramené, ainsi qu'il est dit au point 6, à la somme de 150 846,92 euros.
En ce qui concerne les conclusions à fin de décharge :
11. L'annulation d'un titre exécutoire pour un motif de régularité en la forme n'implique pas nécessairement, compte tenu de la possibilité d'une régularisation par l'administration, l'extinction de la créance litigieuse, à la différence d'une annulation prononcée pour un motif mettant en cause le bien-fondé du titre. Il en résulte que, lorsque le requérant choisit de présenter, outre des conclusions tendant à l'annulation d'un titre exécutoire, des conclusions à fin de décharge de la somme correspondant à la créance de l'administration, il incombe au juge administratif d'examiner prioritairement les moyens mettant en cause le bien-fondé du titre qui seraient de nature, étant fondés, à justifier le prononcé de la décharge. Dans le cas où il ne juge fondé aucun des moyens qui seraient de nature à justifier le prononcé de la décharge mais retient un moyen mettant en cause la régularité formelle du titre exécutoire, le juge n'est tenu de se prononcer explicitement que sur le moyen qu'il retient pour annuler le titre, statuant ainsi, son jugement écarte nécessairement les moyens qui assortissaient la demande de décharge de la somme litigieuse.
12. L'annulation du titre de perception du 18 janvier 2021 résultant seulement d'un vice de forme, n'implique pas, aucun des autres moyens invoqués n'étant susceptible de la fonder, que la société Anfray Gioria électricité soit déchargée de l'obligation de payer la somme de 150 846,92 euros dont le titre de perception en litige, rectifié par le mandat du 9 mai 2023, l'a constituée débitrice. Par suite, ses conclusions à fin de décharge doivent être rejetées.
Sur les frais liés aux litiges :
13. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de la société Anfray Gioria électricité une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par le centre hospitalier de Plaisir et non compris dans les dépens en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ces mêmes dispositions font obstacle à ce que soit mis à la charge du centre hospitalier de Plaisir, qui n'est pas la partie principalement perdante dans les présentes instances, le versement des sommes que demande au même titre la société Anfray Gioria électricité.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation du titre de perception n° H0009910 du 18 janvier 2021 et de décharge de la somme correspondante en tant qu'elles excèdent la somme de 150 846,92 euros.
Article 2 : Le titre de recette n° H0009910 émis le 18 janvier 2021 à l'encontre de la société Anfray Gioria électricité, tel que rectifié par le mandat du 9 mai 2023 pour être ramené à la somme de 150 846,92 euros, est annulé.
Article 3 : Le surplus des conclusions des requêtes de la société Anfray Gioria électricité est rejeté.
Article 4 : La société Anfray Gioria électricité versera au centre hospitalier de Plaisir la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société Anfray Gioria électricité, au centre hospitalier de Plaisir et au directeur départemental des finances publiques des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 25 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Grenier, présidente,
Mme Caron, première conseillère,
M. Connin, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juin 2023.
La rapporteure,
signé
V. Caron
La présidente,
signé
C. Grenier
La greffière,
signé
A. Esteves
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 2104285, 2104286
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026