mardi 14 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2104347 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BECAM MONCALIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 mai 2021, et un mémoire, non communiqué, enregistré le 19 janvier 2023, M. et Mme A, représentés par Me Moncalis, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 mars 2021 par laquelle le directeur départemental des finances publiques des Yvelines a rejeté leur réclamation opposition à saisie à tiers détenteur en vue d'un recouvrement de 13 103,30 euros au titre de l'impôt sur les revenus des années 2016 et 2017, de taxes foncières pour les années 2018 et 2019 et de taxes d'habitations pour l'année 2019 ;
2°) d'annuler les avis à tiers détenteurs ;
3°) d'enjoindre à l'administration de procéder au réexamen des impôts contestés ;
4°) de fixer le montant de la dette fiscale à 3 113 euros ;
5°) de leur accorder le sursis de paiement en application des dispositions de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales ;
6°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens ;
7°) de rejeter les conclusions du défendeur tendant à l'application des articles L. 761-1 et L. 741-12 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les créances portant sur les années 2016 et 2017 sont prescrites en application des articles L. 169, L. 173 et 274 du livre des procédures fiscales ; l'administration fiscale n'apporte pas la preuve de la notification des mises en recouvrement ;
- des règlements sont intervenus sans pour autant être pris en compte ; une somme de 258,95 euros au titre de l'impôt sur le revenu 2017 a fait l'objet d'un virement le 3 avril 2021 et une somme de 905 euros au titre de la taxe d'habitation 2017 a fait l'objet d'un virement le 22 avril 2021 ;
- des dégrèvements d'impôt sur le revenu au titre des années 2016 et 2017 ne sont pas repris dans le tableau récapitulatif du service des impôts aux particuliers ;
- leur dette fiscale est soldée depuis le 5 octobre 2022 ;
- au regard des nombreuses contestations, ils sont recevables à demander le sursis à paiement ;
- leur contestation n'est pas dilatoire.
Par un mémoire en défense, enregistrés le 8 juin 2021, le directeur départemental des finances publiques des Yvelines conclut au rejet de la requête, à ce qu'il soit mis à la charge de M. et Mme A la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 741-12 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les impôts et cotisations réclamés ont été mis en recouvrement entre 2018 et 2019 si bien que les créances ne sont pas prescrites ; les requérants ayant opté pour la dématérialisation de leurs avis d'imposition, les documents étaient disponibles sur leur espace particulier ;
- les autres moyens soulevés par M. et Mme A ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 20 décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 20 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- et les conclusions de Mme Cerf, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme A sont redevables à la caisse du comptable du service des impôts des particuliers de Rambouillet de cotisations d'impôts sur le revenu au titre des années 2016 et 2017 et taxes foncières, taxes d'habitation et contribution pour l'audiovisuel public pour les années 2018 et 2019 pour un montant de 13 103,30 euros. Pour obtenir le recouvrement de ces impositions, le comptable a notifié deux saisies administratives à tiers détenteur le 31 décembre 2020. L'opposition présentée à l'encontre de ces actes de poursuites le 24 février 2021 a été rejetée par décision du directeur départemental des finances publiques des Yvelines le 25 mars suivant. Par la requête, les intéressés doivent être regardés comme demandant la décharge de l'obligation de payer résultant de ces actes.
Sur les conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne la prescription de l'action en recouvrement :
2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales : " Pour l'impôt sur le revenu et l'impôt sur les sociétés, le droit de reprise de l'administration des impôts s'exerce jusqu'à la fin de la troisième année qui suit celle au titre de laquelle l'imposition est due. () ". Et selon de l'article L. 173 du livre des procédures fiscales : " Pour les impôts directs perçus au profit des collectivités locales et les taxes perçues sur les mêmes bases au profit de divers organismes, à l'exception de la taxe professionnelle, de la cotisation foncière des entreprises, de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises et de leurs taxes additionnelles, le droit de reprise de l'administration des impôts s'exerce jusqu'à la fin de l'année suivant celle au titre de laquelle l'imposition est due . () ".
3. Les articles précités dont se prévalent les requérants concernent le délai de reprise en matière d'assiette. Dès lors, le moyen de la méconnaissance de ces dispositions invoquées à l'appui d'une opposition à l'acte de poursuite est inopérant.
4. D'autre part, aux termes de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales : " Les comptables publics des administrations fiscales qui n'ont fait aucune poursuite contre un redevable pendant quatre années consécutives à compter du jour de la mise en recouvrement du rôle ou de l'envoi de l'avis de mise en recouvrement sont déchus de tous droits et de toute action contre ce redevable ". Aux termes de l'article L. 253 du même livre " Un avis d'imposition est adressé sous pli fermé à tout contribuable inscrit au rôle des impôts directs ou, pour les redevables de l'impôt sur la fortune immobilière, au rôle de cet impôt, dans les conditions prévues aux articles 1658 à 1659 A du code général des impôts./ L'avis d'imposition mentionne le total par nature d'impôt des sommes à acquitter, les conditions d'exigibilité, la date de mise en recouvrement et la date limite de paiement./ Par dérogation au premier alinéa, les avis d'imposition issus du rôle primitif de cotisation foncière des entreprises et de ses taxes additionnelles, d'imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux, ainsi que leur acompte, sont disponibles exclusivement sous forme dématérialisée dans le compte fiscal en ligne des contribuables dont l'obligation mentionnée au 3 de l'article 1681 sexies ou l'obligation de payer par téléréglement est née au plus tard l'année précédant l'émission du rôle./ Par dérogation au premier alinéa et pour le contribuable qui en fait expressément la demande, ses avis d'imposition sont exclusivement disponibles sous forme dématérialisée dans son compte fiscal en ligne () ".
5. Les requérants font valoir que l'administration n'apporte pas la preuve des mises en recouvrement, qui étaient, dès lors tardives. Toutefois, il résulte de l'instruction que les époux A ont opté, en 2015, pour la dématérialisation de l'envoi des avis d'imposition qui ont été mis à disposition dans leur espace particulier sur le site de l'administration fiscale. Dans ces conditions, ils ne sont pas fondés à soutenir qu'ils n'avaient pas connaissance des montants réclamés. Par suite, le moyen tiré de la prescription de l'action en recouvrement doit être écarté comme manquant en fait.
En ce qui concerne le montant de la dette :
6. En premier lieu, M. et Mme A soutiennent que l'administration fiscale n'a pas pris en compte deux versements de 258, 95 euros et 905 euros effectués respectivement les 3 et 22 avril 2021 pour le paiement d'un reliquat d'impôt sur le revenu 2017 et de taxe d'habitation 2019. En défense, le service ne le conteste pas mais fait valoir que ces règlements sont intervenus postérieurement au rejet de la réclamation. Les requérants sont dès lors fondés à demander à être déchargés du paiement de la somme de 1 163,95 euros procédant des saisies administratives à tiers détenteur du 31 décembre 2020.
7. En second lieu, et contrairement à ce que soutiennent les requérants, il résulte de l'instruction, que le dégrèvement prononcé le 28 mai 2019 d'un montant de 6 758 euros a été imputé sur le rôle n° 92011 mis en recouvrement le 31 octobre 2018 au titre de l'impôt sur le revenu 2016. Ce dégrèvement ne concerne pas le rôle correctif 92901 mis en recouvrement le 31 octobre 2019 pour un montant de 6 974 euros au titre de ces mêmes revenus et explicitement visés par la saisie administrative à tiers détenteur. Par ailleurs, le dégrèvement d'un montant de 2 940 euros imputé le 13 aout 2019 sur le rôle 01601 mis en recouvrement le 31 juillet 2018 au titre des revenus 2017 est compris dans le montant des acomptes ou dégrèvements versés d'un total de 15 795,70 euros figurant sur les saisies administratives à tiers détenteurs. Ainsi, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les dégrèvements n'ont pas été pris en compte par l'administration.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants sont seulement fondés à demander la décharge de l'obligation de payer la somme totale de 1 163,95 euros procédant des avis à tiers détenteur du 31 décembre 2020.
Sur les conclusions tendant au sursis à paiement :
9. Aux termes de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales : " () L'exigibilité de la créance et la prescription de l'action en recouvrement sont suspendues jusqu'à ce qu'une décision définitive ait été prise sur la réclamation soit par l'administration, soit par le tribunal compétent. () ".
10. Le présent jugement se prononce sur le fond de l'affaire. Les conclusions de la requête tendant au sursis de paiement des impositions contestées se trouvent donc privées d'objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
11. Le présent jugement, qui se prononce sur le recouvrement des impositions mises à la charge des requérants, n'implique pas que l'administration doit procéder à une nouvelle instruction de ces impositions. Les conclusions à fin d'injonction présentées par M. et Mme A doivent donc être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
12. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme réclamée par les requérants au titre de l'article L. 761-1 du code administratif. Le présent litige n'ayant pas donné lieu à dépens, il y a lieu de rejeter ces conclusions.
13. L'Etat n'établissant pas avoir exposé de frais dans le cadre de la présente instance, il y a lieu de rejeter ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Sur les conclusions du directeur départemental des finances publiques des Yvelines tendant à ce que M. et Mme A soient condamnés au paiement d'une amende pour recours abusif :
14. Aux termes de l'article R. 741-12 du code de justice administrative : " Le juge peut infliger à l'auteur d'une requête qu'il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros ". La faculté prévue par ces dispositions constituant un pouvoir propre du juge, les conclusions du directeur départemental des finances publiques des Yvelines tendant à ce que les requérants soient condamnés à une telle amende ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. et Mme A sont déchargés de l'obligation de payer la somme de 1 163,95 euros résultant des saisies administratives à tiers détenteur du 31 décembre 2020.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Les conclusions du directeur départemental des finances publiques des Yvelines présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et L. 741-12 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A et au directeur départemental des finances publiques des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 31 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Delage, président,
Mme Winkopp-Toch, première conseillère,
M. Thivolle , conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 février 2023.
La rapporteure,
Signé
A. D
Le président,
Signé
Ph. Delage La greffière,
Signé
V. Retby
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026