jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2104581 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Magistrat Caron |
| Avocat requérant | SELARL SAMSON & WEIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 2 juin et 2 décembre 2021, M. D B C, représenté par Me Samson, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur lui a retiré un total de dix-neuf points sur son permis de conduire à la suite d'infractions commises les 28 mai 2018, 23 septembre 2018 à 23h22, 23 septembre 2018 à 23h24, 14 juillet 2019, 3 avril 2020 à 16h05 et 3 avril 2020 à 16h12 ;
2°) d'annuler la décision " 48 SI " du 10 avril 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur lui a notifié le retrait de l'ensemble des points de son permis de conduire, a constaté l'invalidité de son titre de conduite pour défaut de points et lui a enjoint de le restituer.
Il soutient que :
- la réalité des infractions du 3 avril 2020 à 16h05 et 16h12 n'est pas établie, dès lors qu'il a formé une réclamation devant l'officier du ministère public et qu'il a été convoqué devant le tribunal de police de Versailles à l'audience du 28 mars 2022 ;
- il n'a pas reçu les informations prévues par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 juin 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions dirigées contre la décision de retrait de points consécutivement à l'infraction relevée le 14 juillet 2019 sont sans objet ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par un mémoire en réplique, enregistré le 2 juin 2022, M. B C demande au tribunal de lui donner acte de son désistement en ce qui concerne ses conclusions dirigées contre les décisions de retrait de point faisant suite aux infractions des 14 juillet 2019, 28 mai 2018, 23 septembre 2018 à 23h22 et 23 septembre 2018 à 23h24, et maintient le surplus de ses conclusions.
La clôture de l'instruction a été fixée au 30 septembre 2022 par une ordonnance du 30 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme Caron, première conseillère, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative selon la procédure prévue par cet article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D B C a commis, les 28 mai 2018, 23 septembre 2018 à 23h22, 23 septembre 2018 à 23h24, 14 juillet 2019, 3 avril 2020 à 16h05 et 3 avril 2020 à 16h12, différentes infractions au code de la route ayant entraîné le retrait de dix-neuf points au total sur le solde de son permis de conduire. Par une décision " 48 SI " du 10 avril 2021, le ministre de l'intérieur a récapitulé l'ensemble de ces décisions de retrait de points, a invalidé son permis de conduire, et lui a enjoint de le restituer. M. B C demande l'annulation de cette dernière décision ainsi que celle des décisions portant retrait de points de son permis de conduire.
Sur le désistement partiel :
2. M. B C déclare se désister de ses conclusions tendant à l'annulation des décisions de retrait de points de son permis de conduire à la suite des infractions commises les 14 juillet 2019, 28 mai 2018, 23 septembre 2018 à 23h22 et 23 septembre 2018 à 23h24. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation des décisions de retrait de points :
3. En vertu des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route, la réalité d'une infraction est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. Il résulte de ces mêmes dispositions que l'établissement de la réalité de l'infraction entraîne la réduction de plein droit du nombre de points dont est affecté le permis de conduire de l'intéressé.
4. Il résulte des dispositions des articles L. 223-1 et L. 225-1 du code de la route, combinées avec celles des articles 529 et suivants du code de procédure pénale et du premier alinéa de l'article 530 du même code, que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à estimer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 de ce code dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou avoir formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée.
5. Il appartient au destinataire d'un avis de contravention qui estime ne pas être l'auteur véritable de l'infraction constatée au sujet du véhicule dont il détient le certificat d'immatriculation de formuler, dans le délai de paiement de l'amende forfaitaire, une requête en exonération auprès du service indiqué dans l'avis de contravention, auquel il incombe de transmettre cette requête au ministère public, ou à défaut, de former dans le délai de paiement de l'amende forfaitaire majorée une réclamation auprès du ministère public. Il appartient à l'officier du ministère public d'apprécier la recevabilité de la réclamation, sous le contrôle de la juridiction pénale devant laquelle l'auteur de la réclamation dispose d'un recours. Si le titulaire du permis de conduire peut utilement faire valoir devant le tribunal administratif, à l'appui d'une contestation relative au retrait de points, que la réalité de l'infraction n'est pas établie compte tenu de l'annulation du titre exécutoire du fait d'une réclamation, il ne saurait se borner à justifier de la présentation de cette réclamation mais doit établir qu'elle a été regardée comme recevable et a, par suite, entraîné l'annulation du titre.
6. Il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral du requérant, que les infractions des 3 avril 2020 à 16h05 et 16h12 ont donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. M. B C, qui justifie avoir formé une réclamation à l'encontre des amendes forfaitaires majorées émises le 8 janvier 2021 à raison de ces deux infractions, produit un courrier de l'officier du ministère public près le tribunal de police de Versailles en date du 22 novembre 2021 lui indiquant que son dossier va être appelé à l'audience du tribunal de police de Versailles du 28 mars 2022. Il produit également une citation à comparaître à cette audience. Si le ministre de l'intérieur allègue que M. B C a été reconnu coupable de ces infractions lors de l'audience du 28 mars 2022, il n'en justifie par aucune pièce. Par suite, M. B C doit être regardé comme rapportant la preuve de l'annulation des titres exécutoires d'amende forfaitaire majorée correspondant aux infractions des 3 avril 2020 à 16h05 et 3 avril 2020 à 16h12. Il en résulte que la réalité de ces infractions n'est pas établie au sens des dispositions précitées de l'article L. 223-1 du code de la route.
7. Il résulte de ce qui précède que M. B C est fondé à demander l'annulation des décisions de retrait de points consécutives aux infractions des 3 avril 2020 à 16h05 (3 points) et 3 avril 2020 à 16h12 (4 points).
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision " 48 SI ":
8. La décision susvisée du ministre de l'intérieur constatant la perte de validité du permis de conduire de M. B C fait notamment état des deux décisions de retrait de points annulées par le présent jugement. Elle fait également état d'une décision de retrait de 3 points à la suite d'une infraction commise le 14 juillet 2019, dont le ministre de l'intérieur indique, dans ses écritures en défense, qu'elle ne figure plus sur le relevé d'information intégral relatif au permis de conduire du requérant, et qu'elle n'entraîne donc plus de retrait de points. Or aux termes des dispositions du code de la route, le permis de conduire ne perd sa validité qu'en cas de solde de points nul. En l'espèce, du fait de l'illégalité de ces décisions, le solde de points du permis de M. B C était positif à la date de la décision 48 SI. Ainsi la décision ministérielle en date du 10 avril 2021, en tant qu'elle invalide le permis litigieux, doit être annulée.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions à fin d'annulation présentées par M. B C à l'encontre des décisions de retrait de points concernant les infractions des 14 juillet 2019, 28 mai 2018, 23 septembre 2018 à 23h22 et 23 septembre 2018 à 23h24.
Article 2 : Les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a procédé au retrait de 7 points au total sur le solde de points du permis de conduire de M. B C suite aux infractions commises les 3 avril 2020 à 16h05 et 3 avril 2020 à 16h12 sont annulées.
Article 3 : La décision " 48SI " par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité du permis de conduire de M. B C pour défaut de points est annulée.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D B C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.
La magistrate désignée
signé
V. ALa greffière
signé
G. Le Pré
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2104581
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026