vendredi 25 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2104667 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BARKAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 juin 2021, et des pièces complémentaires enregistrées le 4 juin 2021 ainsi que les 30 mars et 20 mai 2022, et des pièces non communiquées produites le 16 septembre 2022, Mme B C, épouse A, représentée par Me Barkat, demande au tribunal :
A titre principal :
1°) d'annuler la décision du 3 mai 2021 par laquelle le préfet des Yvelines a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer une carte de résident valable 10 ans en application de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié, et de lui allouer, dans l'attente dès le lendemain de la notification du jugement à intervenir, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.
A titre subsidiaire :
1°) d'annuler la décision de refus d'enregistrement de sa demande de titre de séjour du 3 mai 2021 ;
2°) d'enjoindre au préfet des Yvelines d'enregistrer sa demande de titre de séjour et de l'instruire dans le délai d'un mois et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travail.
Dans tous les cas :
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 200 euros à lui verser au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
A titre principal, s'agissant des conclusions dirigées contre le refus de titre de séjour :
- le refus de séjour est entaché d'incompétence ;
- il est entaché d'une erreur de droit, méconnaissant l'article 10 de l'accord franco-tunisien ainsi que l'article L. 436-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans la mesure où un visa long séjour devrait lui être délivré de plein droit en tant que conjointe de ressortissant français ;
- il est entaché d'une erreur de fait puisque son mariage, célébré à Tunis le 11 mars 1995, a été transcrit sur les registres du consulat général de France à Tunis le 5 juin 2001 ;
- il méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
A titre subsidiaire, s'agissant des conclusions dirigées contre le refus d'enregistrement de sa demande :
-elle émane d'une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée en fait et en droit ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dans la mesure où l'absence de visa long séjour ne saurait justifier un refus d'enregistrement de sa demande, d'autant plus que le préfet a la possibilité de pallier l'absence de ce document en application de l'article L. 436-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
La requête a été communiquée au préfet des Yvelines qui n'a pas produit d'observation.
La clôture de l'instruction a été fixée au 6 mai 2022 par une ordonnance du 1er avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Geismar, première conseillère ;
- et les observations de Me Barkat pour la requérante.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C, épouse A, ressortissante tunisienne née le 5 février 1970, indique être entrée en France le 9 août 2020 munie d'un visa C d'une durée de 90 jours. Elle explique avoir sollicité un titre de séjour dès le 18 août 2020 en se présentant à la préfecture des Yvelines, et qu'un rendez-vous a été fixé au 12 novembre suivant, date à laquelle sa demande n'a pas été enregistrée en l'absence de justificatifs suffisants de vie commune avec son époux, de nationalité française. Elle a ensuite, le 19 avril 2021, formé une demande de visa long séjour afin de régulariser sa situation et d'obtenir, ainsi, un titre de séjour mais sa demande n'a pas abouti, les services préfectoraux lui ayant indiqué qu'il convenait de s'adresser au consulat général de France en Tunisie. Mme C a alors effectué un recours gracieux résumant sa situation. Par un courriel du 3 mai 2021, la préfecture des Yvelines a refusé sa demande. Mme C demande l'annulation de cette décision et à ce qu'il soit enjoint au préfet de lui délivrer un titre de séjour.
2. D'une part, en dehors du cas d'une demande à caractère abusif ou dilatoire, l'autorité administrative chargée d'instruire une demande de titre de séjour ne peut refuser de l'enregistrer que si le dossier présenté à l'appui de cette demande est incomplet. D'autre part, le refus d'enregistrer une demande tendant à l'octroi d'un titre de séjour, à l'appui de laquelle est présenté un dossier incomplet, ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir.
3. Mme C a sollicité l'obtention d'un titre de séjour et a bénéficié d'un rendez-vous le 12 novembre 2020. Elle soutient, sans être contredite, avoir transmis le " questionnaire préfecture ", qu'elle a signé le 20 décembre 2020, et avoir fourni les pièces nécessaires. Puis, elle indique qu'à défaut d'avoir pu faire enregistrer sa demande, elle a sollicité un visa long séjour afin de régulariser sa situation. Après plusieurs échanges de courriels avec les services préfectoraux, elle a formé un recours gracieux le 26 avril 2021. Par un courriel du 3 mai 2021, le préfet des Yvelines a refusé, " après études des documents transmis " de " donner une suite favorable " à sa demande, précisant d'une part qu'un mariage célébré à l'étranger doit être transcrit et que, d'autre part, l'obtention d'un visa long séjour auprès du consulat général de France en Tunisie est obligatoire. Ce faisant, le refus ainsi opposé, qui ne sollicite pas la production et documents nécessaires et qui se prononce sur le droit de l'intéressée à obtenir un titre de séjour, ne peut être regardé comme un refus d'enregistrement de sa demande et constitue un refus de titre de séjour.
4. La décision litigieuse se présente sous la forme d'un courriel ne faisant pas mention de son auteur. Dès lors, et en l'absence d'éléments produits, la requérante est fondée à soutenir qu'elle émane d'une autorité incompétente.
5. Il résulte de ce qui précède que Mme C est fondée à solliciter l'annulation de la décision du 3 mai 2021 refusant de lui délivrer un titre de séjour, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens.
Sur les autres conclusions :
6. Eu égard au motif d'annulation retenu, il y a lieu d'enjoindre au préfet des Yvelines de réexaminer la situation de Mme C dans un délai de deux mois, en application de l'article L. 911-2 du code de justice administrative.
7. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à la requérante en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 3 mai 2021 du préfet des Yvelines refusant la délivrance d'un titre de séjour à Mme C est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Yvelines de réexaminer la situation de Mme C dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 000 euros Mme C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au préfet des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Gosselin, président,
- Mme Vincent, première conseillère,
- Mme Geismar, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 novembre 2022.
La rapporteure,
Signé
M. Geismar Le président,
Signé
C. Gosselin
La greffière,
Signé
S. Lamarre
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2104667
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026