vendredi 14 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2104878 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CHEHAT |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête n°2104878 et un mémoire enregistrés le 10 juin 2021 et le 20 mai 2022, ainsi que des pièces complémentaires enregistrées le 21 juin, le 18 août 2021 ainsi que le 20 mai 2022, le 19 et le 28 octobre 2022 et le 2 janvier 2023, Mme C D, représentée par Me Chehat, demande au tribunal :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 21 février 2021 par lequel le préfet des Yvelines a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination ;
3°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour, à titre subsidiaire de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou à défaut d'admission à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à lui verser.
Elle soutient que :
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation s'agissant de l'application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile tant du point de vue de sa vie familiale que de son insertion professionnelle et de l'ancienneté de son séjour en France ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation : sa nouvelle demande de titre de séjour s'appuie sur de nouveaux éléments puisque, depuis l'arrêté du préfet de Corse du Sud refusant, le 29 juillet 2019, de lui délivrer un titre, la durée de son séjour a augmenté de 18 mois et que son mari peut se prévaloir d'une promesse d'embauche ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité du refus de titre de séjour qui la fonde ;
- elle est entachée d'une erreur de droit au motif que le préfet s'est cru lié par la décision de refus de titre de séjour ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français qui la fonde.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 novembre 2022, le préfet des Yvelines conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'en l'absence de nouveaux éléments apportés au regard de sa demande initiale de titre de séjour, une décision de refus de rendez-vous lui a été adressée par un courriel du 21 février 2021.
Vu la décision du bureau d'aide juridictionnelle du 22 août 2022 accordant l'aide juridictionnelle totale.
La clôture de l'instruction a été fixée au 19 janvier 2023.
Par un courrier du 24 mars 2023, les parties ont été informées, sur le fondement de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation d'une décision de refus de séjour et portant obligation de quitter le territoire français avec fixation du pays de renvoi dès lors qu'elles sont dirigées contre des décisions inexistantes.
Mme C D a présenté des observations en réponse à ce courrier le 27 mars 2023.
II. Par une requête n°2104880 et un mémoire enregistrés le 10 juin 2021 et le 20 mai 2022, ainsi que des pièces complémentaires enregistrées le 21 juin, le 18 août 2021 ainsi que le 20 mai 2022, le 19 et le 28 octobre 2022 et le 2 janvier 2023, M. E B, représenté par Me Chehat, demande au tribunal :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 21 février 2021 par lequel le préfet des Yvelines a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination ;
3°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour, à titre subsidiaire de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou à défaut d'admission à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à lui verser.
Il soutient que :
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation s'agissant de l'application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile tant du point de vue de sa vie familiale que de son insertion professionnelle et de l'ancienneté de son séjour en France ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation : sa nouvelle demande de titre de séjour s'appuie sur de nouveaux éléments puisque, depuis l'arrêté du préfet de Corse du Sud refusant, le 29 juillet 2019, de lui délivrer un titre, la durée de son séjour a augmenté de 18 mois et qu'il peut se prévaloir d'une promesse d'embauche de l'association Culture et Education pour un poste de formateur en langue arabe ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité du refus de titre de séjour qui la fonde ;
- elle est entachée d'une erreur de droit au motif que le préfet s'est cru lié par la décision de refus de titre de séjour ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français qui la fonde.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 novembre 2022, le préfet des Yvelines conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'en l'absence de nouveaux éléments apportés au regard de sa demande initiale de titre de séjour, une décision de refus de rendez-vous lui a été adressée par un courriel du 21 février 2021.
Vu la décision du bureau d'aide juridictionnelle du 22 août 2022 accordant l'aide juridictionnelle totale.
La clôture de l'instruction a été fixée au 19 janvier 2023.
Par un courrier du 24 mars 2023, les parties ont été informées, sur le fondement de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation d'une décision de refus de séjour et portant obligation de quitter le territoire français avec fixation du pays de renvoi dès lors qu'elles sont dirigées contre des décisions inexistantes.
M. B a présenté des observations en réponse à ce courrier le 27 mars 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi du n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Geismar, première conseillère ;
- et les observations de Me Chehat.
Considérant ce qui suit :
1. M. E B, ressortissant marocain né le 23 août 1982, est entré régulièrement en France en 2014 en qualité de personnel administratif et technique afin d'enseigner la langue et la civilisation arabes dans les écoles primaires de Corse dans le cadre d'un accord entre le consulat général du Maroc et le ministère des affaires étrangères français. Sa femme, Mme C D, ressortissante marocaine née le 16 février 1983, est également entrée régulièrement en France le 1er février 2015, en qualité de famille de personnel administratif. Ils ont tous deux bénéficié de titres de séjour dits " A ", renouvelés jusqu'en 2020. Afin d'anticiper la fin de sa mission, M. B a demandé, ainsi que son épouse, l'octroi d'un titre de séjour. Par deux arrêtés du 1er août 2018, le préfet de la Corse du Sud a refusé de leur délivrer un titre de séjour et les a obligés à quitter le territoire dans le délai de trente jours. M. et Mme B n'ont pas exécuté cette décision et ont déménagé dans le département des Yvelines en juin 2020 et y séjournent depuis. Ils ont sollicité, auprès du préfet des Yvelines, une carte de séjour au titre de l'admission exceptionnelle au séjour. Or, le préfet des Yvelines, par un courriel du 21 février 2021, leur a indiqué, qu'" après vérification auprès de la préfecture de la Corse-du-Sud ", ils ne " font état d'aucun élément nouveau par rapport à leur demande initiale qui a fait l'objet d'une décision défavorable, qui pourrait justifier le dépôt d'une nouvelle demande. ". M. B et son épouse, Mme D, demandent l'annulation de cette décision qu'ils qualifient de refus de titre de séjour assortis d'une obligation de quitter le territoire et d'une décision fixant le pays de renvoi.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n°2104878 et n°2104880 concernent un couple de ressortissant marocain et présentent à juger les mêmes questions. Ayant fait l'objet d'une instruction commune, il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.
Sur l'aide juridictionnelle :
3. M et Mme B ayant été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 août 2022, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à leur admission à l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions en annulation dirigées contre les refus de titre de séjour, obligations de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi :
4. Il ressort des pièces du dossier que, faisant suite à sa demande de délivrance d'un titre de séjour présentée le 13 janvier 2021, le préfet des Yvelines s'est borné à refuser d'enregistrer leur demande de titre de séjour et ne leur a donc pas refusé la délivrance d'un tel titre. Par suite, les conclusions de M. et Mme B tendant à l'annulation des décisions portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi sont dirigées contre des décisions inexistantes et doivent, tel qu'en ont été informées les parties, être rejetées comme irrecevables.
5. Par suite, les moyens développés au soutien de ces conclusions sont inopérants et ne peuvent qu'être écartés.
Sur les autres conclusions :
6. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte ainsi que celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et à l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sont rejetées.
D E C I D E:
Article 1er : Les requêtes de M. et Mme B sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E B, à Mme C D, à Me Chehat et au préfet des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 31 mars 2023 à laquelle siégeaient :
Mme Gosselin, président,
Mme Vincent, première conseillère,
Mme Geismar, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 avril 2023.
La rapporteure,
Signé
M. Geismar
Le président,
Signé
C. Gosselin La greffière,
Signé
S. Lamarre
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2104878 et N°2104880
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026