jeudi 25 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2105422 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | LEGRANDGERARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 28 juin 2021 et 27 février 2023, Mme F A G, agissant en son nom propre et en qualité de représentante légale de ses enfants B et C A G, représentés par Me Marcon, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier de Rambouillet à lui verser la somme totale de 61 010 euros, assortie des intérêts de droit à compter du 8 janvier 2021, en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis en raison des fautes commises lors de sa prise en charge au centre hospitalier de Rambouillet le 11 mai 2014 ;
2°) de condamner le centre hospitalier de Rambouillet à verser à M. C A G et Mme B A G la somme de 1500 euros chacun en réparation du préjudice subi du fait de l'hospitalisation de leur mère ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Rambouillet la somme de 2000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A - G soutient que :
- l'absence d'information claire, précise et exhaustive sur les risques d'une éventuelle opération ne lui a pas permis d'avoir un consentement éclairé ;
- le centre hospitalier de Rambouillet a commis une succession de fautes et d'erreurs à l'origine de nombreux préjudices ;
- le diagnostic de constipation n'est pas judicieux et le traitement donné est strictement contre indiqué avec un tableau occlusif ;
- cette erreur est directement responsable de la décompensation de l'occlusion et de la perforation intestinale ;
- une intervention précoce aurait évité toutes les complications sans avoir recours au service de réanimation ;
- il y a lieu de l'indemniser des préjudices suivants :
Préjudices patrimoniaux
- des frais divers : frais d'annulation du voyage en famille prévu à Héraklion pour l'été 2014 soit la somme de 444 euros ;
- un préjudice professionnel à hauteur de 10 000 euros.
Préjudices extrapatrimoniaux
- un déficit fonctionnel temporaire de classe 2 évalué à 1520 euros ;
- un déficit fonctionnel permanent évalué à 25 000 euros ;
- des troubles dans les conditions d'existence: 500 euros ;
- des souffrances endurées pour un montant de 8000 euros ;
- un préjudice esthétique évalué à 4 sur une échelle de 7 soit la somme de 5000 euros ;
- un préjudice d'agrément pour un montant de 1000 euros ;
- la perte de chance de refuser les soins inadaptés et dangereux évaluée à 10 % de l'ensemble de ses préjudices soit la somme de 5 546 euros ;
Pour les enfants B et C : un préjudice moral évalué à la somme de 1500 euros chacun ;
Par des mémoires en défense, enregistrés les 10 janvier et 7 mars 2023, le centre hospitalier de Rambouillet, conclut, à titre principal, au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de Mme A - de - Vriendt la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à titre subsidiaire que seuls les préjudices en lien avec l'erreur de diagnostic soient indemnisés et à titre infiniment subsidiaire que soit ordonnée une expertise avant dire droit.
Il soutient que :
- les constatations de l'examen clinique au moment des faits, pouvaient induire en erreur le professionnel de santé et le diriger vers un mauvais diagnostic ;
- l'ensemble des autres postes de préjudices ne relève exclusivement que de l'état initial de la patiente ;
- le retard imputable à l'erreur de diagnostic n'est que de 5 heures ;
- l'affirmation selon laquelle le traitement (PEG) est " directement responsable " de la décompensation de l'occlusion et de la perforation intestinale repose sur un raisonnement purement spéculatif.
Par des mémoires enregistrés les 12 août 2021, 29 novembre 2022 et 27 février 2023, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) des Yvelines, représentée par Me Legrandgerard, conclut à ce que le centre hospitalier de Rambouillet soit condamné à lui verser au titre de ses débours la somme de 62 624 euros, assortie des intérêts au taux légal, ainsi que l'indemnité forfaitaire de gestion pour un montant de 1 114 € et que soit mis à la charge du centre hospitalier la somme de 1800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle produit l'attestation de ses débours.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Rivet ;
- les conclusions de M. Nicolas Chavet, rapporteur public ;
- les observations de Me Boileau, représentant le centre hospitalier de Rambouillet.
Considérant ce qui suit :
1. Mme F A née G, est née le 6 juillet 1966. En 2012, dix ans après la pose d'un anneau gastrique, elle s'est faite opérée, en traitement de son obésité, d'un Bypass gastrique. Le 11 mai 2014, souffrant de fortes douleurs abdominales avec accélération du transit, elle s'est présentée à 14h00 aux urgences du centre hospitalier de Rambouillet et a informé le médecin des urgences, qu'elle avait un bypass. Le praticien a pratiqué une radiographie sans préparation de l'abdomen, et a conclu à une constipation. Il a prescrit le retour à domicile avec un lavage intestinal par absorption d'un litre de PEG en 30 minutes. De retour à son domicile en soirée, Mme A a absorbé la préparation prescrite et a rapidement ressenti une douleur épigastrique violente, avec une sensation " d'explosion intra-abdominale " qui l'a conduite à se rendre de nouveau aux urgences en fin de soirée. Le scanner alors réalisé a mis en évidence un pneumopéritoine avec un épanchement de grande ampleur. Faute de place en réanimation au centre hospitalier de Rambouillet, elle a été transférée en urgence vers trois heures du matin le 12 mai 2014, au service de chirurgie viscérale du centre hospitalier André Mignot de Versailles, dans un état de choc septique compensé. Le chirurgien viscéral de garde a pratiqué une cœlioscopie exploratrice convertie en laparotomie pour une péritonite par perforation du pied de l'anse. Celle-ci a été montée en stomie associée à une toilette péritonéale avec un drainage de la cavité péritonéale, Après la cure chirurgicale, Mme A a été admise en réanimation et y est restée cinq jours, intubée et ventilée du fait du choc septique sévère et d'une insuffisance respiratoire aigüe dont elle souffrait. L'évolution a été marquée par l'apparition d'une insuffisance rénale avec oligurie, qui a nécessité 5 séances d'hémodialyse pratiquées sur désilet fémoral droit. Mme A est finalement restée hospitalisée pendant 40 jours et a subi plusieurs opérations pour un rétablissement de la continuité digestive en juillet 2014 ainsi que pour une éventration en décembre 2014. Elle a ensuite été en arrêt de travail jusqu'en décembre 2014 puis placée en mi-temps thérapeutique de février 2015 à février 2016.
2. La MAIF, assureur de Mme A a ouvert un processus de demande amiable d'indemnisation auprès du centre hospitalier de Rambouillet avec la SHAM, assureur du centre hospitalier. Toutefois, compte tenu des conclusions des experts de chacune de ces assurances, la demande préalable indemnitaire de Mme A du 7 janvier 2021 a été rejetée par le centre hospitalier de Rambouillet par une décision du 27 avril 2021. Par la présente requête, Mme A, agissant en son nom propre et au nom de ses deux enfants mineurs, demande au tribunal de condamner le centre hospitalier de Rambouillet à leur verser les sommes totales de 61 010 euros et 3 000 euros en réparation des préjudices subis au décours de la prise en charge de Mme A aux urgences du centre hospitalier de Rambouillet le 11 mai 2014.
Sur la responsabilité :
3. D'une part, aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute () / II. - Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. () ".
4. D'autre part, aux termes de l'article R. 621-1 du code de justice administrative : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision () ". Il appartient au demandeur qui engage une action en responsabilité à l'encontre de l'administration d'apporter tous éléments de nature à établir devant le juge l'existence d'une faute et la réalité du préjudice subi. Il incombe alors, en principe, au juge de statuer au vu des pièces du dossier, le cas échéant après avoir demandé aux parties les éléments complémentaires qu'il juge nécessaires à son appréciation. Il ne lui revient d'ordonner une expertise que lorsqu'il n'est pas en mesure de se prononcer au vu des pièces et éléments qu'il a recueillis et que l'expertise présente ainsi un caractère utile.
5. Il résulte de l'instruction que le présent dossier comprend trois expertises dont les conclusions sont différentes. En effet, le Dr D désigné par la MAIF a conclu à l'engagement de la responsabilité de l'hôpital du fait de plusieurs fautes et manquements lors de la prise en charge de la requérante aux urgences le 11 mai 2014, la requérante ayant été victime d'un diagnostic erroné, sans fondement clinique ni radiologique, et s'étant consécutivement vue administrée un traitement médical inadapté et dangereux, voir contre indiqué à sa situation. De plus pour ce médecin, la présence d'un Bypass devait conduire à la réalisation d'un scanner ainsi qu'à une hospitalisation pour surveillance avec avis médical spécialisé. Il a également ajouté que lors de son retour vers 23 heures aux urgences, la prise en charge aurait également due être plus rapide, ce qui aurait abouti sur une intervention immédiate. Il a également estimé que le traitement de la " constipation" par un litre de PEG à prendre en 30 minutes est strictement contre indiqué avec un tableau occlusif, que cela aurait abouti au traitement de l'occlusion précocement sous cœlioscopie et que les suites auraient été rapidement plus favorables. Pour sa part, le Docteur H médecin conseil de la SHAM, assureur du centre hospitalier de Rambouillet a conclu, contrairement au Dr D, que les soins délivrés au centre hospitalier de Rambouillet avaient été " consciencieux, attentifs et conformes ". Enfin, après le rejet de la demande préalable indemnitaire, le 13 août 2022, le centre hospitalier de Rambouillet a sollicité l'avis d'un troisième expert, le professeur E qui a remis un " rapport critique " au vu des deux premiers rapports d'expertise et a estimé que l'ensemble des symptômes de Mme A devait laisser suspecter une irritation péritonéale diffuse évoquant plus une perforation digestive qu'une occlusion du grêle et que l'absence de réalisation d'un scanner " doit être considérée comme fautive ". Il estime que les douleurs d'occlusion du grêle ne sont pas d'apparition aussi brutales que celles décrites par la requérante, sont moins intenses et ne sont pas permanentes mais rythmées par des augmentations et baisses d'intensité tout à fait caractéristiques et qu'aucune image ne montrait une quelconque occlusion du grêle ou d'occlusion colique, en particulier pas de pneumopéritoine, et enfin, que l'ensemble des paramètres (température, fréquence cardiaque, tension artérielle, hémocue) ne contre-indiquaient pas la décision prise par le praticien de privilégier le diagnostic de constipation colique haute du fait d'une stase stercorale radiologiquement bien visible. Le Pr E expose également que, selon lui, l'affirmation par le Dr D que le traitement (PEG) est "directement responsable " de la décompensation de l'occlusion et de la perforation intestinale repose " sur un raisonnement purement spéculatif " mais reconnaît toutefois que l'absence de réalisation d'un scanner " doit être considérée comme fautive ", le praticien des urgences ayant examiné Mme A " ne s'étant pas donné les moyens, alors qu'il en disposait, de faire un diagnostic correct ". Le Pr E conclut enfin que si Mme A avait été opérée au décours de la première hospitalisation, elle aurait bénéficié de la même intervention chirurgicale que celle dont elle a bénéficié à l'hôpital de Versailles à savoir une résection digestive avec une iléostomie par laparotomie.
6. Il résulte de tout ce qui précède que si les experts semblent retenir une erreur de diagnostic, en revanche, ils divergent dans la lecture des différents symptômes, parfois contradictoires, sur l'appréciation de l'état de santé réel de la patiente et donc sur l'existence d'une faute de nature à engager la responsabilité du centre hospitalier de Rambouillet. Ainsi, en l'état du dossier, il n'est pas possible de déterminer les éventuelles fautes commises dans le suivi et la prise en charge de Mme A, et le cas échéant, le lien de causalité entre cette ou ces fautes et les dommages allégués, ainsi que la nature et l'étendue des préjudices subis. Dans ces conditions, il y a lieu, avant de statuer sur les demandes des requérants, d'ordonner sur ces points, avant dire droit, un complément d'expertise médicale aux fins énoncées ci-après.
D E C I D E:
Article 1 : Il sera, avant de statuer sur la requête de Mme A, procédé à une expertise par un expert, ou un collège d'experts, désigné par la présidente du tribunal administratif, assisté de tout sapiteur qu'il jugera utile.
Article 2 : Les experts prêteront serment par écrit devant le greffier en chef du tribunal. L'expert déposera son rapport au greffe du tribunal en deux exemplaires et en notifiera copie aux parties dans le délai fixé par la présidente du tribunal dans sa décision le désignant.
Article 3 : Ils auront pour mission :
1°) de se faire communiquer tous documents relatifs à l'état de santé de Mme A et, notamment, tous documents relatifs au suivi médical, aux actes de soins, et aux diagnostics pratiqués sur elle lors de sa prise en charge par le centre hospitalier de Rambouillet et de convoquer et entendre les parties et tous sachant ;
2°) de procéder à l'examen sur pièces du dossier médical de Mme A ainsi qu'à son examen clinique ;
3°) de décrire l'état de santé de Mme A aux différents moments de sa prise en charge, ainsi que, de façon détaillée, l'ensemble des préjudices de toutes natures qu'elle a subis ;
4°) de donner son avis sur le point de savoir si les diagnostics établis et les choix thérapeutiques ont été consciencieux, attentifs, diligents et conformes aux données acquises de la science, et s'ils étaient adaptés à l'état de Mme A et aux symptômes qu'elle présentait aux différents moments de sa prise en charge ; rechercher si les diligences nécessaires pour l'établissement d'un diagnostic exact ont été mises en œuvre, et donner notamment son avis sur la pertinence du choix de réaliser une radiographie à son arrivée et sur la pertinence du diagnostic de constipation eu égard à ses symptômes ;
5°) de réunir tous les éléments devant permettre de déterminer si des fautes médicales, des fautes de soins ou des fautes dans l'organisation des services ont été commises lors de la prise en charge ;
6°) Préciser quels auraient été les actes et interventions nécessaires si Mme A avait été correctement prise en charge dès son arrivée aux urgences du centre hospitalier de Rambouillet ;
7°) de préciser si l'administration d'un lavage intestinal par absorption de PEG était ou non contre indiqué à son état ; Dire si ce traitement a été à l'origine d'une aggravation de son état, entrainant des suites opératoires plus complexes ;
8°) S'il s'agit d'une perte de chance, préciser dans quelles proportions (en pourcentage) celle-ci est à l'origine de l'état de santé actuel de Mme A ; plus précisément si cette perte de chance a eu des conséquences sur la nature et l'importance de l'intervention réalisée ;
9°) indiquer à quelle date l'état de Mme A peut être considéré comme consolidé ; préciser s'il subsiste une incapacité permanente partielle et, dans l'affirmative, en fixer le taux, en distinguant la part imputable au manquement éventuellement constaté de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard notamment aux antécédents médicaux de l'intéressé ; dans le cas où cet état ne serait pas encore consolidé, indiquer, si dès à présent, une incapacité permanente partielle est prévisible et en évaluer l'importance ;
10°) donner son avis sur l'existence éventuelle de préjudices annexes (dépenses de santé actuelles et futures, frais de logement ou véhicule adaptés, souffrances endurées, préjudice esthétique, préjudice professionnel, préjudice d'agrément, préjudice sexuel, préjudice d'établissement, préjudice évolutif) et le cas échéant, en évaluer l'importance, en distinguant la part imputable au manquement éventuellement constaté de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard, notamment aux antécédents médicaux de l'intéressé ;
L'expert pourra entendre tout sachant, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter sa mission et éclairer le tribunal administratif.
Article 4 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. L'expert déposera son rapport au greffe du tribunal en deux exemplaires et en notifiera copie aux parties dans le délai fixé par la présidente du tribunal dans sa décision de désignation.
Article 5 : Les frais liés au litige sont réservés pour y être statué en fin d'instance.
Article 6 : Tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement, sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme A - G, au centre hospitalier de Rambouillet et à la caisse primaire d'assurance maladie des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 11 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Mégret, présidente,
Mme Rivet, première conseillère,
M. Gibelin, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition du greffe le 25 janvier 2024.
La rapporteure,
signé
S. Rivet
La présidente,
signé
S. Mégret
La greffière,
signé
Y. Bouakkaz
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2105422
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026