jeudi 20 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2105426 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | LEBON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 juin 2021, la SAS Immatriculation chrono, représentée par Me Lebon, demande au tribunal d'annuler la décision du 5 mai 2021 par laquelle le préfet de l'Essonne a décidé de lui retirer son habilitation individuelle " professionnel de l'automobile "
n° 221927 au Système d'immatriculation de véhicules (SIV) dans un délai de 2 mois à compter de la notification de cette décision et, de la suspendre pendant ce délai.
Elle soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée en fait et en droit ;
- la décision est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur de qualification juridique des faits ;
- elle est de bonne foi dès lors qu'elle a été victime des agissements frauduleux d'un de ses salariés ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 mai 2023, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Sociétés immatriculation chrono ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Rivet.
Considérant ce qui suit :
1. Le 4 septembre 2018, le préfet de l'Essonne a signé avec la société Immatriculation Chrono une convention d'habilitation SIV sous le n° 221927. Par une décision du 5 mai 2021 dont la société Immatriculation Chrono demande l'annulation, le préfet de l'Essonne a décidé de suspendre cette habilitation pour une durée de deux mois et de la retirer à l'issue de ce délai.
Sur les conclusions en annulation de la décision du 5 mai 2021 :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent.
A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : ()/ 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
3. La décision de retrait d'habilitation pour l'utilisation du système d'immatriculation des véhicules, prise à la suite du constat de manquements à la convention individuelle signée par le professionnel de l'automobile avec le ministère de l'intérieur, présente le caractère d'une mesure de police prise dans le cadre d'une législation encadrant l'immatriculation des véhicules et destinée à assurer l'ordre public. Elle est donc soumise à l'obligation de motivation telle que prévue par les dispositions citées au point précédent du code des relations entre le public et l'administration.
4. La décision attaquée rappelle les obligations découlant notamment de l'article IV de la convention d'habilitation signée le 4 septembre 2018 et précise que la société requérante, malgré plusieurs courriers électroniques en juillet, décembre 2020 et en janvier 2021, un courrier recommandé le 05 février 2021 et enfin une réunion le 10 mars 2021, n'a transmis aucun des dossiers litigieux d'opérations d'immatriculation de véhicules demandés par l'administration. Elle précise en outre que la requérante a modifié son référencement APE en étant désormais référencée sous le code APE 82.19 Z qui correspond à l'activité de " photocopie, préparation de documents et autres activités spécialisées de soutien de bureau " sans en informer les services de la préfecture, ce qui constitue également un manquement aux obligations contractuelles prévues à l'article IV de la convention. Ainsi, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.
5. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 322-1 du code de la route : " I. - Tout propriétaire d'un véhicule à moteur, d'une remorque dont le poids total autorisé en charge est supérieur à 500 kilogrammes ou d'une semi-remorque et qui souhaite le mettre en circulation pour la première fois doit faire une demande de certificat d'immatriculation en justifiant de son identité (). Cette demande de certificat d'immatriculation est adressée au ministre de l'intérieur par le propriétaire, soit directement par voie électronique, soit par l'intermédiaire d'un professionnel de l'automobile habilité par le ministre de l'intérieur () ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 9 février 2009 relatif aux modalités d'immatriculation des véhicules : " () Les demandes d'immatriculation d'un véhicule neuf ou d'occasion sont adressées au ministre de l'intérieur soit par voie électronique, soit par l'intermédiaire d'un professionnel de l'automobile habilité par le ministre de l'intérieur () ". L'habilitation individuelle délivrée par le ministre de l'intérieur prend la forme d'une convention-type signée par le préfet qui autorise le professionnel de l'automobile, en vertu de l'article 1er de la convention d'habilitation individuelle " Professionnel de l'automobile " type, à " recueillir l'ensemble des données nécessaires aux opérations d'immatriculation d'un véhicule et de les transmettre dans le système d'immatriculation des véhicules "SIV" ".
6. D'autre part, aux termes de l'article IV de la convention d'habilitation individuelle du 14 décembre 2012 : " Le professionnel habilité s'engage à : () Répondre à toute demande écrite des préfectures et de l'Agence nationale des titres sécurisés dans le cadre de leur mission générale de suivi et de contrôle et à ce titre à répondre à toute demande de présentation des dossiers et des pièces sollicitées auprès de ses clients, selon des modalités à définir ultérieurement et d'un commun accord ; () Faire connaître au préfet territorialement compétent, dans le délai d'un mois, tout changement dans les données déclarées ou pièces justificatives présentées dans le cadre de la présente convention ". Aux termes de l'article X de la même convention intitulé suspension et résiliation : " 1) suspension et résiliation à l'initiative du préfet : En cas de manquements répétés aux obligations de la présente convention du professionnel habilité, le préfet territorialement compétent organise une procédure de concertation pour mettre un terme à ces manquements. En cas d'échec avéré de cette concertation, le préfet peut suspendre ou, moyennant le respect d'un préavis de deux mois, notifier par lettre-recommandée avec accusé de réception la résiliation de la présente convention () ".
7. Il ressort des pièces du dossier, d'une part, que le 22 décembre 2020, les services de la préfecture ont sollicité la société requérante dans le cadre d'une réquisition des forces de l'ordre, afin qu'elle transmette 3 dossiers d'opérations d'immatriculation au SIV (FV-960-AK, FV-646-AQ, FV-788-VL). Le 13 janvier 2021, un quatrième dossier (FV-053-DK) a été demandé à la société. En l'absence de réponses satisfaisantes à ces réquisitions, le préfet a décidé par courrier recommandé du 05 février 2021, d'engager une procédure de contrôle conformément à l'article IV précité de la convention d'habilitation et a sollicité la transmission de 33 dossiers d'opérations d'immatriculation. En réponse à ces diverses demandes, la requérante s'est bornée à faire valoir que les dysfonctionnements constatés résultaient des agissements frauduleux d'un de ses salariés qui avait volontairement omis de procéder aux déclarations nécessaires et contre lequel elle avait porté plainte et entamait une procédure de licenciement. Suite à une réunion en préfecture le 10 mars 2021 et malgré ses engagements, la société n'a toutefois jamais transmis les informations demandées. Ainsi, à supposer le moyen tiré de sa bonne foi opérant, il ressort des pièces du dossier que les manquements reprochés à la société Immatriculation Chrono sont constitués. D'autre part, comme il a été dit au point 4 ci-dessus, la société n'a pas signalé à l'administration son changement d'activité, passant de " achat et vente de véhicules neuf et d'occasion. Prestation de carte grise et de plaque d'immatriculation " à " photocopie, préparation de documents et autres activités spécialisées de soutien de bureau ", ce qui méconnait l'article IV de la convention précitée. Enfin, si la société Immatriculation Chrono fait valoir que le retrait de son habilitation a aggravé sa situation financière, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Dans ces conditions, le préfet de l'Essonne n'a commis ni erreur de fait et ni erreur de leur qualification juridique en décidant de procéder à la suspension et au retrait de l'habilitation au SIV accordée à la société Immatriculation Chrono.
8. En troisième et dernier lieu, le préfet fait valoir, sans être contesté, que les dossiers litigieux présentent des anomalies suggérant une fraude administrative à l'immatriculation et visant à ne pas verser les taxes afférentes à la catégorie du véhicule immatriculé. Dans ces conditions, le préfet de l'Essonne n'a pas davantage commis d'erreur d'appréciation ni d'erreur manifeste d'appréciation de la situation de la requérante en prenant la décision attaquée.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la société Immatriculation Chrono doit être rejetée.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de Société Immatriculation Chrono est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la Société Immatriculation Chrono et au préfet de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 3 juillet 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Mégret, présidente,
Mme Rivet, première conseillère,
M. Gibelin, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition du greffe le 20 juillet 2021.
La rapporteure,
signé
S. Rivet
La présidente,
signé
S. Mégret
La greffière,
signé
Y. Bouakhaz
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026