jeudi 20 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2105699 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SCP POISSON & CORBILLE-LALOUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et trois mémoires enregistrés les 5 et 8 juillet 2021, 23 mars 2022 et 19 juin 2023, M. B A, représenté par Me Corbillé-Laloue, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 10 décembre 2020 par laquelle la commission locale d'agrément et de contrôle (CLAC) du conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a rejeté sa demande d'extension de carte professionnelle pour l'activité d'agent de surveillance renforcée intervenant sur sites sensibles, ensemble la décision du 5 mai 2021 de la commission nationale d'agrément et de contrôle (CNAC) du CNAPS rejetant son recours à l'encontre de cette décision ;
2°) de mettre à la charge du CNAPS la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les dépens.
Il soutient que :
- la décision de la CLAC est entachée d'un vice de procédure ;
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- le CNAPS ne pouvait sans excéder son pouvoir consulter son fichier TAJ ni évoquer l'enquête pénale le concernant ;
- les décisions sont entachées d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 juin 2023, le conseil national des activités de sécurité privées de sécurité (CNAPS), représenté par son directeur, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les moyens de légalité externe soulevés par M. A à l'encontre de la décision de la CLAC sont inopérants, dès lors que la décision de la CNAC du CNAPS prise sur recours administratif préalable obligatoire s'y est substituée ;
- les autres moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gibelin, rapporteur,
- et les conclusions de Mme Ghiandoni, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a sollicité le 25 juin 2020 l'extension de sa carte professionnelle auprès de la commission locale d'agrément et de contrôle (CLAC) d'Ile-de-France du CNAPS, afin d'obtenir l'ajout de l'activité d'agent de surveillance renforcée intervenant sur sites sensibles. Cette demande a été rejetée par une décision de la CLAC du 10 décembre 2020, contre laquelle le requérant a exercé, le 26 février 2021, le recours préalable obligatoire devant la commission nationale d'agrément et de contrôle (CNAC) qui en a accusé réception par un courrier du 1er mars suivant, implicitement rejeté. Par une décision du 5 mai 2021, cette commission a expressément rejeté le recours de l'intéressé. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de ces décisions.
2. Aux termes de l'article L. 633-3 du code de la sécurité intérieure, dans sa rédaction applicable à la date de la décision attaquée : " Tout recours contentieux formé par une personne physique ou morale à l'encontre d'actes pris par une commission d'agrément et de contrôle est précédé d'un recours administratif préalable devant la Commission nationale d'agrément et de contrôle, à peine d'irrecevabilité du recours contentieux. ". Par ailleurs, aux termes de l'article R. 633-9 du même code, dans sa rédaction applicable à la même date : " Le recours administratif préalable obligatoire devant la Commission nationale d'agrément et de contrôle prévu à l'article L. 633-3 peut être exercé dans les deux mois de la notification, par la commission locale d'agrément et de contrôle, de la décision contestée. Cette notification précise les délais et les voies de ce recours. / Toute décision de la Commission nationale d'agrément et de contrôle se substitue à la décision initiale de la commission locale d'agrément et de contrôle. Une copie en est adressée à la commission locale d'agrément et de contrôle concernée. ".
3. L'institution par ces dispositions d'un recours administratif préalable obligatoire à la saisine du juge a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite du recours se substitue nécessairement à la décision initiale et qu'elle est seule susceptible d'être déférée au juge de la légalité. Par suite, M. A doit être regardé comme formant des conclusions à l'égard de la seule décision de la CNAC du CNAPS du 5 mai 2021.
4. Aux termes de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : / 1° S'il a fait l'objet d'une condamnation à une peine correctionnelle ou à une peine criminelle inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire ou, pour les ressortissants étrangers, dans un document équivalent, pour des motifs incompatibles avec l'exercice des fonctions ; / 2° S'il résulte de l'enquête administrative, ayant le cas échéant donné lieu à consultation, par des agents du Conseil national des activités privées de sécurité spécialement habilités par le représentant de l'Etat territorialement compétent et individuellement désignés, des traitements de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie nationales relevant des dispositions de l'article 31 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification, que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées () ". Aux termes de l'article R. 631-4 du même code : " Dans le cadre de leurs fonctions, les acteurs de la sécurité privée respectent strictement () l'ensemble des lois et règlements en vigueur () ".
5. Il résulte des dispositions précitées que lorsqu'elle est saisie d'une demande de délivrance d'une carte professionnelle pour l'exercice de la profession d'agent privé de sécurité, l'autorité administrative compétente procède à une enquête administrative. Cette enquête, qui peut notamment donner lieu à la consultation du traitement automatisé de données à caractère personnel mentionné à l'article R. 40-23 du code de procédure pénale, vise à déterminer si le comportement ou les agissements de l'intéressé sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat, et s'ils sont ou non compatibles avec l'exercice des fonctions d'agent privé de sécurité. Pour ce faire, l'autorité administrative procède, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, à une appréciation globale de l'ensemble des éléments dont elle dispose. A ce titre, si la question de l'existence de poursuites ou de sanctions pénales est indifférente, l'autorité administrative est en revanche amenée à prendre en considération, notamment, les circonstances dans lesquelles ont été commis les faits qui peuvent être reprochés au pétitionnaire ainsi que la date de leur commission.
6. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. A a été mis en cause, le 7 mai 2019, en qualité d'auteur de faits d'acquisition et de détention non autorisées d'armes, de munitions ou de leurs éléments essentiels de la catégorie A, de modification d'une arme entraînant un changement de catégorie, d'importation sans autorisation préalable de matériel ou de munition provenant d'un état tiers à l'Union européenne commis entre le 26 février et le 30 avril 2019. Il a été condamné à une amende de 2 000 euros le 10 juin 2021 sans inscription de la condamnation au bulletin n°2 par la cour d'appel de Paris qui a précisé que M. A, en procédant aux acquisitions en cause, a voulu seulement satisfaire une curiosité technique, et a relevé qu'il n'a jamais été condamné et donne entière satisfaction au sein du commissariat à l'énergie atomique (CEA) qui l'emploie et que le prononcé d'une peine d'emprisonnement avec sursis ne se justifiait pas en l'espèce. Ce faisant, tenant compte des circonstances de l'infraction et de la personnalité de M. A, la Cour d'appel a augmenté le montant de l'amende prononcé par le jugement du Tribunal correctionnel d'Evry le 12 septembre 2019 et infirmé le jugement sur la peine d'emprisonnement. Ainsi, si les faits reprochés sont récents, comme le fait valoir le CNAPS en défense, ils ont été commis en dehors de l'exercice de ses fonctions et présentent un caractère isolé. Par ailleurs le requérant, exerçant ses fonctions au CEA depuis le 1er décembre 2014, disposant d'un permis de port d'arme dans le cadre de sa profession et d'autorisations pour ses deux armes de catégorie B, en sa qualité de formateur en tir et intervention et tireur sportif, a immédiatement reconnu les faits et de nombreuses attestations font état de sa bonne moralité ainsi que du sérieux et de la rigueur de son travail. Dès lors, dans les circonstances particulières de l'espèce, eu égard à la personnalité et aux explications de l'intéressé et en l'absence d'autres faits répréhensibles commis antérieurement et depuis lors, les faits reprochés n'apparaissent pas d'une gravité telle qu'ils seraient, par eux-mêmes, inconciliables avec l'exercice des fonctions d'agent de surveillance renforcée intervenant sur sites sensibles. Par suite, M. A est fondé à soutenir que le CNAPS a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
7. Il résulte de ce qui précède et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision de la CNAC du 5 mai 2021 doit être annulée.
8. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens au sens des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, les conclusions de M. A tendant à ce que le CNAPS soit condamné aux dépens ne peuvent qu'être rejetées. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge du CNAPS une somme de 1 800 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 5 mai 2021 de la commission nationale d'agrément et de contrôle du CNAPS est annulée.
Article 2 : Le CNAPS versera à M. A une somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au conseil national des activités de sécurité privées de sécurité.
Délibéré après l'audience du 3 juillet 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Mégret, présidente,
Mme Rivet, première conseillère,
M. Gibelin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juillet 2023.
Le rapporteur,
signé
F. GibelinLa présidente,
signé
S. Mégret
La greffière,
signé
Y. Bouakkaz
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026