mardi 31 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2105797 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | RAMISSE-GUINCESTRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 juillet 2021, M. A E B, représenté par Me Guincestre, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 juin 2021 par lequel le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de trente jours suivant la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 500 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de statuer à nouveau sur sa demande de titre de séjour et de prendre une décision, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil, Me Guincestre, au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté émane d'une autorité incompétente ;
- il porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, et méconnaît ainsi les dispositions de l'article L. 313-11, 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation ;
- sa dernière condamnation étant antérieure à la délivrance du titre de séjour dont il a demandé le renouvellement, il ne représente pas une menace pour l'ordre public ;
- alors qu'il justifie de motifs exceptionnels et de circonstances humanitaires, l'arrêté méconnaît l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 août 2021, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens ne sont pas fondés.
L'instruction a été close au 30 novembre 2022.
La demande d'aide juridictionnelle déposée par M. B a été rejetée par une décision du 14 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme Milon a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A E B, ressortissant béninois né en 1998, déclare être entré en France dans le courant du mois de janvier 2007 et y résider, depuis lors, de façon continue. Il a été mis en possession d'un document de circulation à compter du 1er août 2013, puis, entre le 4 avril 2016 et le 6 mars 2020, de cartes de séjour temporaires portant la mention " vie privée et familiale ". Il a présenté, le 10 novembre 2020, une demande tendant au renouvellement de son dernier titre de séjour, délivré sur le fondement de l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 7 juin 2021, le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande. M. B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions en annulation :
2. En premier lieu, par un arrêté n° 2021-PREF-DCPPAT-BCA-143 du 8 juin 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial n° 086 du 8 juin 2021 de la préfecture, le préfet de l'Essonne a donné délégation de signature à M. D C, directeur de l'immigration et de l'intégration, pour signer la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui justifie par tout moyen avoir résidé habituellement en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans avec au moins un de ses parents se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. () ". Aux termes de l'article L. 432-1 du même code : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ".
4. Il ressort des pièces du dossier, notamment des mentions portées au bulletin n°2 du casier judiciaire de l'intéressé que celui-ci a été successivement condamné, le 14 septembre 2016 à une peine de 4 mois d'emprisonnement avec sursis pour des faits de menace de mort réitérée, de détention et d'acquisition non autorisée de stupéfiants et d'offre ou cession non autorisée de stupéfiants, le 21 mars 2017, à une peine de 35 heures de travaux d'intérêt général pour délit de fuite après un accident par conducteur de véhicule et pour conduite d'un véhicule sans permis, le 20 septembre 2017, à une peine de 6 mois d'emprisonnement avec sursis pour vol dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt, le 3 décembre 2017, à une peine de 4 mois d'emprisonnement pour détention non autorisée de stupéfiants en récidive et pour offre ou cession non autorisée de stupéfiants également en récidive, le 17 janvier 2018, à une peine de 4 mois d'emprisonnement pour circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance et conduite d'un véhicule sans permis en récidive, le 1er février 2018, à une peine de 3 mois d'emprisonnement pour récidive de menace de mort réitérée, le 22 mai 2018, à une peine de 7 mois d'emprisonnement pour rébellion, outrage à une personne dépositaire de l'ordre publique et menace de mort réitérée, en récidive, le 7 août 2018, à une peine de 4 mois d'emprisonnement pour vol dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt, le 6 mars 2019, à une peine de 6 mois d'emprisonnement pour vol par effraction dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt, le 11 mars 2019, à une peine de trois mois d'emprisonnement pour des faits de vol en récidive, le 19 mars 2019, à une peine de 4 mois d'emprisonnement avec sursis pour refus par le conducteur d'un véhicule d'obtempérer à une sommation de s'arrêter dans des circonstances exposant directement autrui à un risque de mort ou d'infirmité et pour blessures involontaires avec incapacité n'excédant pas 3 mois par conducteur d'un véhicule terrestre à moteur non titulaire du permis de conduire, et le 29 avril 2019, à une peine de 6 mois d'emprisonnement pour des faits de vol par effraction dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt, commis en récidive. Dès lors, au regard de la multitude de condamnations pénales prononcées à l'encontre de l'intéressé entre 2016 et 2019, dont certaines pour des faits particulièrement graves, le préfet n'a pas commis d'erreur d'appréciation en considérant que M. B représentait une menace pour l'ordre public, sans qu'influe la circonstance que sa dernière condamnation a été prononcée antérieurement à la délivrance du titre de séjour dont il a demandé, le 10 novembre 2020, le renouvellement.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
6. M. B, célibataire et sans charge de famille, est certes entré en France en 2007, alors qu'il était âgé de 9 ans. Il est, par ailleurs, constant qu'il réside en France, depuis lors, de façon continue, et qu'il y a été scolarisé, jusqu'au lycée. Toutefois, s'il fait valoir que ses deux parents, ainsi que ses frères et sœurs résident en France, il n'en justifie pas, tandis que l'arrêté mentionne au contraire que ses parents, ses deux frères, sa sœur et son enfant mineur, résident au Bénin, circonstances dont le requérant ne conteste pas l'exactitude matérielle. M. B ne justifie donc pas qu'il serait totalement isolé en cas de retour au Bénin. En tout état de cause, il résulte de ce qui a été dit au point 3 que M. B représente une menace importante pour l'ordre public et qu'il ne démontre, du fait des multiples condamnations pénales prononcées à son encontre, aucune volonté d'intégration en France. Dès lors, l'arrêté attaqué ne peut être regardé comme portant au droit de M. B au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts de préservation de l'ordre public en vue desquels il a été pris. Par suite, il ne méconnaît ni l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni, en tout état de cause, l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour les mêmes motifs, cet arrêté ne saurait davantage être regardé comme entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé.
7. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B aurait présenté une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui s'est substitué, en 2021, à l'article L. 313-14 du même code, dont le requérant invoque la méconnaissance. Il ne ressort pas des termes de l'arrêté que le préfet aurait examiné de lui-même le droit de l'intéressé à être admis au séjour sur ce fondement. Enfin, le préfet n'était pas tenu d'examiner d'office si l'intéressé pouvait faire l'objet d'une admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de ces dispositions. Le moyen tiré de la méconnaissance de cet article, inopérant, doit donc être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées, de même, par voie de conséquence, que celles aux fins d'injonction et d'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A E B et au préfet de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 13 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Rollet-Perraud, présidente,
- M. Deharo, premier conseiller,
- Mme Milon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2023.
La rapporteure,
Signé
A. Milon
La présidente,
Signé
C. Rollet-Perraud La greffière,
Signé
A. Lloria
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026