lundi 6 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2105951 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BAZIN ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 12 juillet 2021, 12 septembre 2022 et 15 novembre 2022, Mme B C, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 30 avril 2021 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Plaisir a prononcé une sanction disciplinaire de révocation à compter du 1er juin 2021 ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier de Plaisir de rémunérer les jours placés sur son compte épargne temps (CET) pour les années 2016, 2019 et 2020 et de lui verser les sommes dues en conséquence de sa sortie du service ;
3°) de lui verser les indemnités journalières à taux plein.
Elle soutient que :
- elle n'a pas été reçue en entretien préalable ;
- sa convocation au conseil de discipline a été signée par une autorité incompétente;
- elle n'a pas assisté à l'audition du témoin cité par le centre hospitalier ;
- la directrice des ressources humaines est intervenue dans les débats ;
- elle a été accusée à tort du vol de PC ;
- elle n'est pas l'auteur du vol des I Phone ;
- elle a été bien notée et sa note augmentée malgré les accusations dont elle faisait l'objet ;
- on ne peut lui reprocher à la fois d'avoir utilisé ses codes et ceux d'une ex collègue pour passer la commande litigieuse ;
- elle avait demandé le paiement de son CET avant sa révocation ;
- elle a droit au paiement des indemnités journalières à taux plein ;
- elle n'a pas les moyens de payer la somme demandée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 8 septembre et 10 octobre 2022, le centre hospitalier de Plaisir, représenté par Me Bazin, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme C la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est tardive ;
- elle est dépourvue de moyens ;
- les conclusions sont irrecevables dès lors que la requérante n'a pas lié le contentieux ;
- les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
En application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées, que le jugement est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des moyens de légalité interne relatif au bien-fondé de la décision de révocation dès lors que ces moyens de légalité, développés après l'expiration du délai de recours par mémoire complémentaire enregistré le 15 novembre 2022, repose sur une cause juridique différente des moyens de légalité externe développés dans la requête.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n°89-822 du 7 novembre 1989 ;
- le décret n° 2003-655 du 18 juillet 2003 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Ghiandoni, rapporteure publique,
- et les observations de Me Soto, représentant le centre hospitalier de Plaisir, et de Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C, titulaire du grade d'adjoint administratif principal, était en fonction au centre hospitalier de Plaisir. Suite à une condamnation pénale en date du 10 mars 2021 pour le vol de deux téléphones portables au centre hospitalier, elle a été convoquée par un courrier du 9 mars 2021 devant le conseil de discipline le 8 avril 2021. A l'issue du délibéré, aucun accord sur une sanction n'a été trouvé entre les membres du conseil de discipline. Par une décision du 30 avril 2021, le directeur du centre hospitalier a toutefois décidé de la révoquer à compter du 1er juin 2021. Mme C doit être regardée comme demandant l'annulation de la décision de révocation et le paiement de diverses indemnités.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 30 avril 2021 :
2. En premier lieu, sont irrecevables les moyens qui ne seraient pas d'ordre public, invoqués après l'expiration du délai de recours contentieux s'ils relèvent d'une cause juridique nouvelle. Or, les moyens tirés du bien-fondé de la sanction de révocation relèvent d'une cause juridique distincte de celle de la légalité externe ouverte par la requête introductive d'instance. Ces moyens présentés plus de deux mois après l'introduction de la requête doivent donc être écartés d'office comme irrecevables.
3. En deuxième lieu, le respect des droits de la défense du fonctionnaire poursuivi est garanti par la procédure prévue par le décret susvisé du 7 novembre 1989 relatif à la procédure disciplinaire applicable aux fonctionnaires relevant de la fonction publique hospitalière, laquelle, supposant l'avis du conseil de discipline, se substitue à toute autre exigence, et notamment à celle de l'entretien préalable. Par suite, la circonstance que Mme C n'a pas pu se rendre à l'entretien préalable prévu le 8 mars 2021 et que le centre hospitalier n'a pas donné suite à sa demande de report est sans influence sur la légalité de la décision contestée, prononcée après avis du conseil de discipline.
4. En troisième lieu, s'il appartient au conseil de discipline de décider s'il y a lieu de procéder à l'audition de témoins, il ne peut, toutefois, sans méconnaître les droits de la défense et le caractère contradictoire de la procédure, entendre des témoins le jour même de sa séance sans avoir mis en mesure l'agent intéressé d'assister à leur audition.
5. Il ressort des pièces du dossier et n'est pas contesté par Mme C qu'elle n'a pas souhaité entendre l'audition du chef de bureau appelé à témoigner et qu'elle a signifié son refus en quittant la séance du conseil de discipline accompagnée de ses défenseurs. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à soutenir que les droits de la défense n'ont pas été respectés au cours du conseil de discipline.
6. En quatrième lieu, si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
7. Aux termes de l'article 2 du décret du 7 novembre 1989 relatif à la procédure disciplinaire applicable aux fonctionnaires relevant de la fonction publique hospitalière : " Le fonctionnaire poursuivi est convoqué par le président du conseil de discipline, quinze jours au moins avant la date de la réunion de ce conseil, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. ".
8. La circonstance que la convocation de Mme C n'a pas été signée par la présidente du conseil de discipline mais par la secrétaire de séance ne peut être regardée comme ayant privé Mme C d'une garantie ni comme ayant pu exercer une influence sur le sens de la décision prise, dès lors qu'il ressort des autres pièces du dossier que Mme C a été mis en mesure de se défendre sur l'ensemble des griefs formulés à son encontre et notamment qu'elle a reçu cette convocation plus de quinze jours avant la date de la réunion de ce conseil, conformément aux dispositions de l'article 4 du même décret, lui permettant ainsi de préparer utilement ses observations et de consulter son dossier.
9. En cinquième et dernier lieu, aux termes de l'article 47 du décret du 18 juillet 2003 relatif aux commissions administratives paritaires de la fonction publique hospitalière : " Le secrétariat des commissions administratives paritaires départementales est assuré par l'établissement qui en assure la gestion. ".
10. D'une part, il ne résulte d'aucune disposition que la directrice des ressources humaines de l'établissement ne pouvait pas régulièrement assurer la fonction de secrétaire de séance. D'autre part, s'il ressort du procès-verbal que cette dernière est intervenue à plusieurs reprises au cours des débats, eu égard à la teneur de ses propos tels qu'ils ressortent du procès-verbal de séance, ces interventions n'ont pas été de nature à exercer une influence sur le sens de la décision contestée. Il s'ensuit que les moyens tirés de l'irrégularité de la composition du conseil de discipline et de la tenue des débats doivent être écartés.
11. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 30 avril 2021 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Plaisir a décidé de la révoquer.
Sur le surplus :
12. Si Mme C présente des conclusions afin de paiement de jours épargnés sur son CET, d'indemnités journalières et de jours de congés annuels, ces demandes ne sont toutefois pas assorties des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Dans ces conditions, il y a lieu de les rejeter, sans qu'il soit besoin de statuer sur leur recevabilité.
Sur les frais liés à l'instance :
13. Aux termes de l'article L. 761-1 du CJA : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation".
14. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme C la somme que le centre hospitalier de Plaisir demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du centre hospitalier de Plaisir formulées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au centre hospitalier de Plaisir.
Délibéré après l'audience du 14 février 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Mégret, présidente,
Mme Rivet, première conseillère,
M. Gibelin, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition du greffe le 6 mars 2023.
La rapporteure,
signé
S. A
La présidente,
signé
S. Mégret
La greffière,
signé
Y. Bouakkaz
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026