vendredi 6 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2106170 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Magistrat Crandal |
| Avocat requérant | LECREUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et un formulaire enregistrés au tribunal les 18 et 26 juillet 2021, M. D B A, représenté par Me Lecreux, demande au tribunal d'annuler la décision du président du conseil départemental de l'Essonne du 14 décembre 2020 lui infligeant une amende administrative de 1 268 euros. Il demande de condamner le conseil départemental à rembourser les sommes déjà prélevées et subsidiairement de réformer cette décision.
Il soutient que :
- il n'a pas les moyens de payer cette somme ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire enregistré le 8 décembre 2021, le président du conseil départemental de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- aucun recours administratif préalable obligatoire n'a été présenté ;
- le requérant n'a délibérément pas déclaré ses nombreux séjours à l'étranger.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. Crandal, premier conseiller honoraire, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative selon la procédure prévue par cet article.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R.772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A a bénéficié du revenu de solidarité active à partir de décembre 2016. A la suite d'un contrôle ayant donné lieu à un rapport d'enquête établi le 23 octobre 2019 par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales de l'Essonne, la caisse d'allocations familiales de l'Essonne a notifié, par une décision du 16 juin 2020, à M. B A des indus et notamment un indu correspondant à un trop-perçu de revenu de solidarité active de 9978,77 euros. M. B A a sollicité la remise gracieuse de ses dettes. Le 5 août 2020, M. B A a été informé par le conseil départemental de l'Essonne du lancement d'une procédure disciplinaire à son encontre. Le 14 décembre 2020, M. B A a été informé par le président du conseil départemental de l'Essonne, après avis de l'équipe pluridisciplinaire départementale rendu le 3 septembre 2020, qu'il devait acquitter d'une amende administrative de 1 268 euros. Par sa requête, M. B A demande l'annulation de cette décision qui lui a été notifiée le 5 février 2020.
2. Aux termes de l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles : " La fausse déclaration ou l'omission délibérée de déclaration ayant abouti au versement indu du revenu de solidarité active est passible d'une amende administrative prononcée et recouvrée dans les conditions et les limites définies, en matière de prestations familiales, aux sixième, septième, neuvième et dixième alinéas du I, à la seconde phrase du onzième alinéa du I et au II de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale. La décision est prise par le président du conseil départemental () / Aucune amende ne peut être prononcée à raison de faits remontant à plus de deux ans, ni lorsque la personne concernée, a pour les mêmes faits, déjà été définitivement condamnée par le juge pénal () " . Aux termes du sixième, devenu septième alinéa du I de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale, auquel il est ainsi renvoyé : " () Le directeur de l'organisme concerné notifie le montant envisagé de la pénalité et les faits reprochés à la personne en cause, afin qu'elle puisse présenter ses observations écrites ou orales dans un délai d'un mois. A l'issue de ce délai, le directeur de l'organisme prononce, le cas échéant, la pénalité et la notifie à l'intéressé () ".
3. Il appartient au juge du fond, saisi d'une contestation portant sur une sanction que l'administration inflige à un administré, de se prononcer, eu égard à son office de juge de plein contentieux, sur les manquements qui sont à l'origine du prononcé de cette sanction. En vertu de l'article L. 262-52 précité du code de l'action sociale et des familles, une amende administrative peut être infligée à l'allocataire qui a perçu indument le revenu de solidarité active à la suite de fausses déclarations ou d'omissions délibérées. La fausse déclaration ou l'omission délibérée doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives.
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () imposent des sujétions () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
5. Il résulte de l'instruction que préalablement au prononcé de l'amende administrative litigieuse, le président du conseil départemental de l'Essonne a, par un courrier du 5 août 2020, informé M. B A qu'une procédure d'amende administrative était engagée sur le fondement de l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles. Dans ce courrier le conseil départemental qualifie le défaut de déclaration des séjours à l'étranger et l'absence de résidence de l'épouse de M. B A sur le territoire d'agissements relevant de manœuvres frauduleuses. La décision du 14 août 2020 qui prononce l'amende de 1 268 euros à son encontre, reprend les termes du courrier du 5 août 2020 sur la qualification des agissements et mentionne l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles. Cette décision précise qu'elle a été prise après avis de l'équipe pluridisciplinaire départementale réunie le 3 septembre 2020. Par suite, le moyen tiré du caractère insuffisamment motivé de la décision attaquée doit être écarté.
6. En deuxième lieu, M. B A invoque l'illégalité de la décision entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. Il soutient que la décision ne précise pas en quoi sa déclaration serait inexacte, à partir de quel moment l'absence de déclaration devient omission et son caractère intentionnel. Il soutient encore que la décision n'évoque pas l'existence d'une procédure pénale et ne précise pas une date des faits reprochés qui ne soit pas antérieure de plus de deux ans de la décision. Premièrement, il résulte des dispositions citées au point 2 que l'amende administrative peut être prononcée dès lors qu'aucune sanction pénale n'a été prononcée pour les mêmes faits, ce qui est le cas en l'espèce dès lors M. B A n'établit pas avoir fait l'objet d'une décision d'un juge pénal pour les faits qui lui sont reprochés. Deuxièmement, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'enquête établi le 23 octobre 2019 et produit en défense que d'une part, si les faits d'absence du territoire français sans déclaration sont constitués pour la seule année 2019 à raison de 155 jours et que d'autre part, cette enquête a révélé en octobre 2019 que l'épouse de M. B A ne résidait pas en France mais en Algérie, le requérant ne conteste pas la matérialité de ces faits alors qu'en outre, il produit le jugement n°2002954 rendu public le 27 septembre 2021, devenu définitif, du tribunal administratif de Versailles par lequel a été rejetée sa requête demandant la remise totale de ses dettes aux motifs que les indus mis à la charge de M. B A résultent, en premier lieu, de la déclaration par l'intéressé de la résidence de son épouse en France alors que celle-ci résidait en Algérie, en second lieu, de l'absence de déclaration aux services de la caisse d'allocations familiales de l'Essonne de séjours à l'étranger pour des durées de 185 jours en 2017, 202 jours en 2018 et 155 jours en 2019 alors même que le versement des prestations en cause est soumis à une condition de résidence sur le territoire français. Dans ce jugement, le tribunal a retenu que dans ces conditions, eu égard à l'importance et à la répétition des manquements de M. B A à ses obligations déclaratives, il devait être regardé comme ayant procédé à de fausses déclarations et que cette circonstance faisait obstacle à ce que soient accordés à M. B A la remise de dettes sollicitée et le remboursement des sommes déjà prélevées.
7. Enfin M. B A se prévaut de la faiblesse de ses revenus. Toutefois si la situation de précarité du requérant pouvait être invoquée à l'appui d'une demande de remise gracieuse, elle ne peut être utilement invoquée devant le juge pour contester le bien-fondé de l'amende contestée. Dans ces conditions, ce moyen, tiré de l'impossibilité de payer l'amende qui lui a été infligée, est inopérant dans le cadre du présent litige et doit être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que le président du conseil départemental de l'Essonne est fondé à appliquer l'amende administrative de 1 268 euros à M. B A. Les conclusions à fin d'annulation de la décision du 14 décembre 2020 ne peuvent qu'être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, les conclusions à fin de remboursement ou de réformation de la decision attaquée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B A, et au président du conseil départemental de l'Essonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 janvier 2023.
Le magistrat désigné,
signé
J-M. C
La greffière,
signé
B. Dalla Guarda
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N° 2106170
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026