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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2106504

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2106504

mardi 20 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2106504
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation5ème chambre
Avocat requérantCABINET DE L'ORANGERIE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 juillet 2021 et le 7 avril 2023, M. A B, représenté par Me Coffy, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 40 879 euros résultant de la saisie administrative à tiers détenteur qui lui a été notifiée le 31 mars 2021 et correspondant aux rappels de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) mis à sa charge au titre de sept périodes comprises entre le 1er janvier 2009 et le 31 octobre 2014 ;

2°) de condamner l'Etat aux entiers dépens ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

-l'administration n'apportant pas la preuve d'une notification antérieure au 21 novembre 2018, l'action en recouvrement est prescrite s'agissant des sommes mises en recouvrement avant le 21 novembre 2014 ;

-il appartient en effet à l'administration d'apporter la preuve de la notification régulière d'une décision administrative, conformément à la décision du conseil d'Etat n°420509 ;

-il n'est donc plus redevable des rappels de TVA mis à sa charge au titre des périodes comprises entre le 1er janvier 2009 et le 31 décembre 2011, entre le 1er juillet 2014 et le 31 juillet 2014 et entre le 1er octobre 2014 et le 31 octobre 2014.

Par un mémoire en défense enregistré le 30 novembre 2021, le directeur départemental des finances publiques des Yvelines conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 23 février 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 9 mars 2023.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Thivolle,

- les conclusions de Mme Cerf, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a été destinataire d'un avis de saisie à tiers détenteur du 31 mars 2021 tendant au recouvrement de rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de quinze périodes successives comprises entre le 1er janvier 2009 et le 31 juillet 2020, mises en recouvrement entre le 15 janvier 2013 et le 20 juillet 2020. Son opposition à poursuite du 17 mai 2021 ayant été rejetée par une décision du 28 mai 2021, M. B, estimant que la prescription lui est acquise s'agissant des sommes mises en recouvrement entre le 1er janvier 2009 et le 31 octobre 2014, demande au tribunal de prononcer la décharge de l'obligation de payer les montants dont le recouvrement est ainsi poursuivi.

Sur les conclusions à fins de décharge de l'obligation de payer :

2. Aux termes de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction alors applicable : " Les comptables du Trésor qui n'ont fait aucune poursuite contre un contribuable retardataire pendant quatre années consécutives, à partir du jour de la mise en recouvrement du rôle perdent leur recours et sont déchus de tous droits et de toute action contre ce redevable. Le délai de quatre ans mentionné au premier alinéa, par lequel se prescrit l'action en vue du recouvrement, est interrompu par tous actes comportant reconnaissance de la part des contribuables et par tous autres actes interruptifs de la prescription. ". La reconnaissance, par le redevable de l'impôt, de l'exigibilité de sa dette s'entend de tout acte ou de toute démarche par lesquels celui-ci admet son obligation de payer une créance définie par sa nature, son montant et l'identité de son titulaire. En vertu de l'article 2244 du code civil, le délai de prescription est également interrompu, notamment, par un acte d'exécution forcée.

En ce qui concerne l'obligation de payer la dette fiscale mise en recouvrement le 31 décembre 2012 :

3. Il résulte de l'instruction que l'administration a mis en recouvrement le 31 décembre 2012 des rappels de TVA au titre de la période comprise entre le 1er janvier 2009 et le 31 décembre 2011 pour un montant initial de 68 774 euros en droits et pénalités. Si la mise en demeure de payer qui a été notifiée à M. B le 18 janvier 2013 n'a eu pour effet de reporter la prescription que jusqu'au 19 janvier 2018, soit antérieurement à la notification d'une mise en demeure de payer le 18 novembre 2018, l'administration fait toutefois valoir en défense que le requérant a obtenu le 22 janvier 2013 un délai de paiement et qu'il a procédé, par la suite, à un paiement échelonné de sa dette fiscale par des versements effectués entre le 21 février 2013 et le 21 février 2018. Il résulte en effet des mentions de l'avis à tiers détenteur du 31 mars 2021 que la dette fiscale de M. B au titre de la période comprise entre le 1er janvier 2009 et le 31 décembre 2011 a fait l'objet d'un règlement partiel à hauteur de 29 057 euros, soit environ 42 % de son montant initial, règlement qui doit être regardé, conformément au principe rappelé au point 2 de la présente décision, comme un acte impliquant la reconnaissance, par le contribuable, de l'exigibilité de sa dette fiscale et entraînant, par suite, l'interruption du délai de recouvrement prévu par les dispositions de l'article L. 274. Ainsi, eu égard à la date, non-contestée, du dernier des versements effectués, en vue du paiement des impositions dues au titre de cette période, le délai ainsi prévu expirait le 22 février 2022 et l'action en recouvrement n'était, dès lors, pas prescrite à la date de la notification de l'avis à tiers détenteur du 31 mars 2021. Le moyen tiré de la prescription doit par conséquent être écarté comme infondé.

En ce qui concerne l'obligation de payer la dette fiscale mise en recouvrement le 21 juillet 2014 :

4. Il résulte de l'instruction que l'administration a mis en recouvrement le 21 juillet 2014 la TVA due par M. B au titre de la période comprise entre le 1er et le 31 juillet 2014 pour un montant initial de 1 321 euros en droits et pénalités. Si la mise en demeure de payer du 30 septembre 2014, dont l'accusé de réception n'a, au demeurant, pas été versé au dossier, n'a eu pour effet de prolonger le délai de prescription de l'action en recouvrement que jusqu'au 1er octobre 2018, soit antérieurement à la date de notification d'une nouvelle mise en demeure de payer intervenue le 18 novembre 2018, il résulte toutefois des termes non-contestés du mémoire en défense et des mentions de l'avis à tiers détenteur du 31 mars 2021 que M. B a procédé au règlement partiel de cette dette à hauteur de 880 euros le 4 mai 2015. Il résulte également de l'instruction qu'une mise en demeure de payer a été adressée à M. B le 18 novembre 2018, soit dans le délai de prescription ainsi reporté. Par suite, le moyen tiré de ce que l'action en recouvrement était prescrite à la date de la notification de l'avis à tiers détenteur du 31 mars 2021 n'est pas fondé et doit également être écarté.

En ce qui concerne l'obligation de payer la dette fiscale mise en recouvrement le 20 octobre 2014 :

5. Il résulte de l'instruction que l'administration a mis en recouvrement le 20 octobre 2014 la TVA due par M. B au titre de la période comprise entre le 1er et le 31 juillet 2014 pour un montant initial de 1 321 euros en droits et pénalités. Si l'administration fait valoir, d'une part, que M. B été destinataire d'une mise en demeure de payer du 30 décembre 2014, dont l'accusé de réception n'a toutefois pas été versé au dossier, il résulte, d'autre part, des termes non-contestés du mémoire en défense et des mentions de l'avis à tiers détenteur du 31 mars 2021 que le requérant a procédé au règlement partiel de cette dette à hauteur de 600 euros le 18 novembre 2015. Il résulte, par ailleurs, de l'instruction, qu'il a été destinataire d'une mise en demeure de payer notifiée le 28 novembre 2018. Par suite, l'action en recouvrement n'était pas prescrite à la date de notification de l'avis à tiers détenteur du 31 mars 2021 et le moyen tiré de cette prescription ne peut qu'être écarté comme infondé.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B aux fins de décharge de l'obligation de payer ne peuvent qu'être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions relatives aux frais d'instance. M. B ne justifie, enfin, d'aucun dépens dont il serait en droit d'obtenir le remboursement sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur départemental des finances publiques des Yvelines.

Délibéré après l'audience du 6 juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. Ouardes, président,

Mme Winkopp-Toch, première conseillère,

M. Thivolle, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2023.

Le rapporteur,

Signé

G. Thivolle

Le président,

Signé

P. Ouardes

La greffière,

Signé

V. Retby

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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