jeudi 22 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2106579 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL D'AVOCATS ARNAULT CHAPUIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 juillet 2021, M. A B, représenté par Me Chapuis, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 4 juin 2021 du directeur départemental des finances publiques de l'Essonne, la saisie administrative à tiers détenteur du 18 janvier 2021 ainsi que les titres exécutoires émis les 30 septembre 2004 et 28 décembre 2017 ;
2°) de juger qu'en l'état des compensations, la trésorerie d'Arpajon n'est pas fondée à demander les montants visés par ces titres exécutoires ;
3°) de le décharger de la somme mise à sa charge par le titre émis le 30 septembre 2004, ou, à défaut, de fixer le montant de sa dette à la somme de 2 308,20 euros en ce qui concerne ce titre ;
4°) de le décharger de la somme mise à sa charge par le titre émis le 28 décembre 2017 ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- le montant de l'obligation de payer mise à sa charge par le titre exécutoire n° 2004 T 308 du 30 septembre 2004 est erroné et ne tient pas compte de la situation réelle de la dette, des compensations opérées et des décisions de justice rendues ;
- s'agissant de ce titre, il a réglé la somme de 2 711,25 euros et la somme restant due est de 2 308,20 euros, le montant de 7 455,35 euros dont se prévaut la trésorerie d'Arpajon n'étant pas justifié ;
- il est fondé à demander l'annulation du titre n° 2004 T 308 et de la saisie à tiers détenteur établie pour la somme de 7 455,35 euros ;
- il y a lieu d'opérer une compensation entre la somme de 1000 euros mise à sa charge par le jugement du tribunal administratif de Versailles qui fait l'objet du titre n° 2017 T 844 du 28 décembre 2017 et la somme de 750 euros mise à la charge de la trésorerie d'Arpajon au titre de l'article 700 du code de procédure civile par le jugement du 27 avril 2005 du tribunal de grande instance de Digne-les-Bains, outre les intérêts légaux et leur majoration ;
- il y a, en conséquence, lieu de le décharger de la somme mise à sa charge par le titre du 28 décembre 2017.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 septembre 2021, le directeur départemental des finances publiques de l'Essonne conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- depuis 1998, M. B s'est efforcé de ralentir l'exécution des décisions de justice ;
- il y a eu compensation entre les sommes dues par M. B et celles mises à la charge de la commune d'Ollainville, le solde dû par M. B s'élevant à la somme de 4 891,10 euros, outre 147 euros de frais d'exécution ;
- s'agissant du titre exécutoire du 28 décembre 2017, aucune compensation ne peut être effectuée avec les dommages et intérêts mis à la charge de la trésorerie d'Arpajon par le jugement du 27 avril 2005 du tribunal de grande instance de Digne-les-Bains, dès lors que les sommes en litige ne concernent pas les mêmes parties et que la demande de M. B relative au jugement du 27 avril 2005 est prescrite par application de la prescription décennale résultant de l'article 2270-2 du code civil dans sa rédaction issue de la loi du 17 juin 2008.
La requête a été communiquée à la trésorerie d'Arpajon qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par une ordonnance du 14 décembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 18 janvier 2023.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 31 mai 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Grenier a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B demande à être déchargé de l'obligation de payer mise à sa charge par deux titres exécutoires émis par la commune d'Ollainville, le premier, le 30 septembre 2004 aux fins de recouvrer la somme de 7 455,35 euros et, le second, le 28 décembre 2017, pour recouvrer la somme de 1 000 euros.
Sur le titre n° 308 du 30 septembre 2004 :
2. Il résulte de l'instruction que, par un titre exécutoire du 30 septembre 2004, la commune d'Ollainville a émis à l'encontre de M. B un titre exécutoire pour un montant de 7 455,35 euros correspondant à l'exécution du jugement du 27 mai 1998 par lequel le tribunal de grande instance d'Evry a condamné M. B à lui verser la somme de 4 786,02 euros, outre 2 513,97 euros au titre des intérêts et 155,36 euros au titre des frais d'exécution. Il résulte également de l'instruction que, par un jugement du 2 avril 2002, le tribunal administratif de Versailles a condamné la commune d'Ollainville à verser à M. B la somme de 457,96 euros, outre les intérêts et leur capitalisation. Par une décision du 14 juin 2004, le Conseil d'Etat a condamné cette même commune à verser à M. B la somme de 2 000 euros. Le 4 décembre 2004, la trésorerie d'Arpajon a procédé à la compensation entre la somme de 7 455,35 euros dont M. B est redevable envers la commune et celles dont la commune est redevable envers lui, soit avec les intérêts, les sommes de 2 013,68 et de 550,57 euros, correspondant au total à la somme de 2 564,25 euros. Après compensation, M. B restait ainsi redevable de la somme de 4 891,10 euros, outre 147 euros de frais d'exécution, soit 5 038,10 euros.
3. Après plusieurs contentieux, le juge de l'exécution du tribunal de grande instance de Digne-les-Bains a, par un jugement du 22 octobre 2019 devenu définitif, rejeté la requête de M. B tendant à l'annulation de l'avis d'opposition à tiers détenteur de la somme dont M. B est redevable.
4. Il résulte de tout ce qui précède que M. B demeure redevable, après compensation des sommes qui lui sont dues par la commune d'Ollainville, de la somme de 4 891,10 euros, outre 147 euros de frais d'exécution. Ses conclusions tendant à la décharge de cette somme ou, à titre subsidiaire, à ce que le montant de sa dette soit fixé à la somme de 2 308,20 euros ne peuvent, en conséquence, qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin de décharge de l'obligation de payer résultant du titre exécutoire n° 844 du 28 décembre 2017 :
5. Il résulte de l'instruction que, par un jugement du 27 avril 2005, le juge de l'exécution du tribunal de grande instance de Digne-les-Bains a condamné la trésorerie d'Arpajon à verser à M. B la somme de 750 euros à titre de dommages et intérêts pour voie d'exécution abusive. Par un jugement du 30 juin 2004, le tribunal administratif de Versailles a condamné M. B à verser à la commune d'Ollainville la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le titre exécutoire n°844 du 28 décembre 2017 a été émis en exécution de ce dernier jugement.
6. Il résulte de ce qui précède qu'il n'y a pas d'identité entre les parties au litige qui a fait l'objet du jugement du 27 avril 2005 du tribunal de grande instance de Digne-les-Bains et celui ayant conduit au jugement du tribunal administratif de Versailles du 30 juin 2014. Par suite, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'exception de prescription soulevée en défense, M. B n'est pas fondé à demander la compensation entre ces sommes et à être déchargé de l'obligation de payer la somme de 1 000 euros mise à sa charge par le titre exécutoire n° 844 du 28 décembre 2017 en exécution du jugement du 30 juin 2014 du tribunal administratif de Versailles.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. B tendant à l'annulation des titres exécutoires des 30 septembre 2004 et 28 décembre 2017, à la décharge de l'obligation de payer mise à sa charge par ces titres, à l'annulation de la décision du 4 juin 2021 de la direction départementale des finances publiques de l'Essonne et, en tout état de cause, de la saisie administrative à tiers détenteur du 18 janvier 2021 correspondant à la somme de 5 891,10 euros dont il reste redevable à l'égard de la commune d'Ollainville ainsi qu'il est dit au points 4 et 6 du présent jugement, ne peuvent qu'être rejetées. Il en va de même de ses conclusions présentées à titre subsidiaire tendant à ce que sa dette soit fixée à la somme de 2 308,20 euros concernant le titre émis le 30 septembre 2004.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande M. B au titre de ces dispositions.
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions que présente le directeur départemental des finances publiques de l'Essonne au titre des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au directeur départemental des finances publiques de l'Essonne et à la trésorerie d'Arpajon.
Délibéré après l'audience du 7 juin 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Grenier, présidente,
- Mme Caron, première conseillère,
- M. Connin, conseiller.
Rendu public par mise à disposition du greffe, le 22 juin 2023.
La présidente-rapporteure,
signé
C. GrenierL'assesseure la plus ancienne
dans le grade,
signé
V. Caron
La greffière,
signé
G. Le Pré
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026