vendredi 31 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2106615 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | KOHEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 juillet 2021, M. F et Mme D, représentés par Me Natacha Demarthe-Chazarain, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 juillet 2019 par lequel le maire de Saint-Nom la Bretèche a procédé à la division de la parcelle AE21, ainsi que l'arrêté du 12 février 2021 par lequel il a délivré à M. A un permis de construire en vue de l'édification d'une maison sur le lot B ;
2°) de mettre à la charge solidaire de la commune de Saint-Nom la Bretèche et de M. A une somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ;
- les décisions ont été prises à l'issue d'une procédure irrégulière ; le maire aurait dû consulter au préalable l'association syndicale des propriétaires du Clos du Grand Veneur ;
- la décision de division de la parcelle AE21 méconnaît l'article 19 du cahier des charges du lotissement du Clos du Grand Veneur ;
- l'arrêté de permis de construire méconnaît l'article 7 du cahier des charges ;
- l'attitude de M. A constitue une manœuvre frauduleuse, dès lors qu'il n'a pas précisé dans le dossier déposé en mairie que la parcelle fait partie du lotissement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 janvier 2022, la commune de Saint Nom la Bretèche, représentée par Me Xavier Guichaoua, conclut au rejet de la requête ainsi qu'à la mise à la charge des requérants de la somme de 4 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, faute d'intérêt à agir des requérants ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 novembre 2021, M. B A, représenté par Me Nicolas Kohen, conclut au rejet de la requête ainsi qu'à la mise à la charge des requérants de la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable ; elle est tardive ; les requérants n'établissent pas leur intérêt à agir ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire distinct, enregistré le 15 novembre 2021, M. A, représenté par Me Nicolas Kohen, demande de condamner M. F et Mme D à lui verser la somme de 40 000 euros de dommages et intérêts au titre de l'article L.600-7 du code de l'urbanisme, et de mettre à leur charge la somme de 3 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le recours présente un caractère abusif ;
- il a subi un préjudice important.
La clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 10 février 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fejérdy, première conseillère,
- les conclusions de M. Maitre, rapporteur public,
- et les observations de Me Ziegler, représentant M. F et Mme D.
Considérant ce qui suit :
1. M. A est propriétaire d'un terrain cadastré AE21 à Saint-Nom-la-Bretèche. Par arrêté du 26 juillet 2019, le maire de cette commune ne s'est pas opposé à la déclaration préalable présentée par l'intéressé en vue de la division de ce terrain. Par arrêté du 12 février 2021, le maire lui a délivré un permis de construire en vue de la réalisation d'une maison individuelle sur le lot B issu de cette division. M. F et Mme D demandent l'annulation de ces deux arrêtés.
Sur la recevabilité des conclusions dirigées contre l'arrêté du 26 juillet 2019 :
2. Aux termes de l'article R.421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () " Aux termes de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R.424-15. "
3. Il ressort des pièces du dossier, et notamment d'un constat d'huissier dressé le 13 septembre 2019, que l'arrêté attaqué, dont l'article 2 prévoit son affichage en mairie pendant une durée de deux mois, a également été affiché sur le terrain avec mention des dispositions de l'article R.600-2 du code de l'urbanisme. Le délai de recours contentieux a donc commencé à courir au plus tard le 13 septembre 2019. Dès lors, il était expiré à la date du 6 avril 2021, à laquelle les requérants ont adressé leur recours gracieux au maire de Saint-Nom-la-Bretèche. Il s'ensuit que les conclusions dirigées contre l'arrêté du 26 juillet 2019 sont tardives, et donc irrecevables.
Sur les conclusions dirigées contre l'arrêté du 12 février 2021 :
4. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. () ".
5. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient, dans tous les cas, au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
6. Pour justifier de leur intérêt à agir, M. F et Mme D se bornent à faire valoir leur qualité de " propriétaires ". A supposer qu'ils entendent ainsi se prévaloir de leur qualité de colotis avec M. A, il ressort toutefois des pièces du dossier que la parcelle AE21, qui appartenait en effet initialement au lotissement du Grand Veneur, dont elle constituait le lot n°8, en a été détachée par délibération du 23 septembre 2018 de l'assemblée générale de l'association syndicale libre gestionnaire du lotissement, adoptée à l'unanimité de ses membres, parmi lesquels se trouvait au demeurant M. F. A la date de la décision attaquée, la parcelle AE21 n'appartenait donc plus au lotissement, et les requérants n'avaient plus la qualité de colotis avec M. A.
7. Par ailleurs, à supposer même que M. F et Mme D entendent faire valoir les nuisances qui résulteraient pour eux de la réalisation du projet, il ressort des pièces du dossier que leur terrain n'est pas immédiatement voisin de celui de M. A, dont il est séparé par une tierce parcelle d'une largeur d'une trentaine de mètres. En outre, en raison d'un important dénivelé, de l'ordre de 10 mètres entre les deux parcelles, le faîtage du toit de la future construction se situera sous le niveau de plancher du rez-de-chaussée de l'habitation des requérants. Dans ces circonstances, et alors au demeurant que les requérants n'apportent aucune précision sur l'atteinte que portera le projet à leurs conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leur bien, ils ne démontrent pas avoir un intérêt à agir contre la décision attaquée. Il s'ensuit que les conclusions dirigées contre l'arrêté du 12 février 2021 sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les conclusions reconventionnelles présentées par M. A tendant à l'application des dispositions de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme :
8. Aux termes de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme : " Lorsque le droit de former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager est mis en œuvre dans des conditions qui traduisent un comportement abusif de la part du requérant et qui causent un préjudice au bénéficiaire du permis, celui-ci peut demander, par un mémoire distinct, au juge administratif saisi du recours de condamner l'auteur de celui-ci à lui allouer des dommages et intérêts. La demande peut être présentée pour la première fois en appel. ".
9. En se bornant à affirmer que le recours de M. F et Mme D l'ont contraint à retarder les travaux, et donc la mise en location de la future construction, M. A ne justifie pas de manière probante du préjudice excessif que lui aurait causé ce recours. Au surplus, une partie du préjudice dont il demande la réparation relève de l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Par suite, les conclusions reconventionnelles fondées sur l'application des dispositions précitées de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
10. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Saint-Nom-la-Bretèche et de M. A, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme que demandent M. F et Mme D au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge des requérants une somme de 2 000 euros, à verser par moitié à la commune et à M. A au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. F et Mme D est rejetée.
Article 2 : M. F et Mme D verseront une somme de 2 000 (deux mille) euros par moitié à la commune de Saint-Nom-la-Bretèche et à M. A au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par M. A au titre de l'article L.600-7 du code de l'urbanisme sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. E F, à Mme C D, à la commune de Saint-Nom la Bretèche et à M. B A.
Délibéré après l'audience du 10 mars 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Rollet-Perraud, présidente,
- Mme Fejérdy, première conseillère,
- Mme Amar-Cid, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mars 2023.
La rapporteure,
Signé
B. Fejérdy
La présidente,
Signé
C. Rollet-Perraud
La greffière,
Signé
A. Lloria
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026