vendredi 13 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2107376 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | RIOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 27 août 2021, 25 février 2022 et le 22 avril 2022, Mme A B, représentée par Me Riou, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 juin 2021 par lequel le maire de Mennecy a procédé au retrait des délégations de fonctions et de signature qu'il lui avait accordées en sa qualité de première adjointe au maire ;
2°) d'annuler la délibération du 16 juillet 2021 par laquelle le conseil municipal de Mennecy s'est prononcé contre son maintien dans ses fonctions d'adjointe au maire ;
3°) de condamner la commune de Mennecy à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation du préjudice moral qu'elle a subi ;
4°) d'enjoindre à la commune de Mennecy de la rétablir dans ses fonctions d'adjointe au maire déléguée, avec les attributions qui étaient les siennes et les indemnités qui étaient liées, rétroactivement à compter du 29 juin 2021 ;
5°) de mettre à la charge de la commune de Mennecy la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
S'agissant de l'arrêté du maire du 29 juin 2021 :
- cet arrêté n'a pas été notifié, elle ne peut donc en vérifier les motifs, ce qui l'a privée d'une garantie ;
- cet arrêté est insuffisamment motivé, en méconnaissance des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation et d'erreur de droit, la décision ayant été dictée par un motif étranger à la bonne marche de l'administration communale ;
- il est entaché d'un détournement de pouvoir et de procédure, la décision étant fondée sur des motifs purement personnels et électoraux ;
- elle a subi un préjudice moral qui doit être indemnisé ;
S'agissant de la délibération du 16 juillet 2021 :
- elle est insuffisamment motivée en fait et en droit ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et d'erreur de droit, la décision ayant été dictée par un motif étranger à la bonne marche de l'administration communale ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir et de procédure, la décision étant fondée sur des motifs purement personnels et électoraux ;
- elle a subi un préjudice moral qui doit être indemnisé ;
Par trois mémoires en défense enregistrés les 2 décembre 2021, 22 mars 2022 et 22 avril 2022, la commune de Mennecy, agissant par son maire en exercice, représentée par Me Pintat, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune fait valoir que les moyens sont soit inopérants, soit non fondés.
Par une ordonnance du 25 août 2023, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 11 septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Mathou,
- les conclusions de Mme Benoit, rapporteure publique,
- et les observations de Me Riou, représentant Mme B, et celles de Me Hautefaye, représentant la commune de Mennecy.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a été élue conseillère municipale de la commune de Mennecy à l'issue des élections municipales du mois de mars 1994. Elle a été réélue, en dernier lieu, lors des élections municipales de 2020. Elle s'est vu attribuer la fonction de première adjointe, ainsi qu'une délégation de fonction et de signature du maire dans les domaines du sport et de la vie associative. Mme B, également suppléante au conseil départemental de l'Essonne depuis 2015, a entendu se présenter aux élections départementales qui se sont déroulées au mois de juin 2021. Elle a été désignée, par les instances départementales du parti Union des démocrates et indépendants (UDI), candidate en binôme avec M. Patrick Imbert, vice-président sortant du Département. Elle a été élue au conseil départemental de l'Essonne, le 27 juin 2021. Par arrêté du 29 juin 2021, le maire de la commune de Mennecy lui a retiré ses délégations de fonctions et de signature en tant que première adjointe au maire. Par une délibération du 16 juillet 2021, le conseil municipal de la commune de Mennecy a décidé de ne pas maintenir Mme B dans ses fonctions d'adjoint au maire, par 25 voix contre 4. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 29 juin 2021 et la délibération du 16 juillet 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 29 juin 2021 :
2. Aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints () Lorsque le maire a retiré les délégations qu'il avait données à un adjoint, le conseil municipal doit se prononcer sur le maintien de celui-ci dans ses fonctions". L'article L. 2122-20 du même code dispose : " Les délégations données par le maire en application des articles L. 2122-18 et L. 2122-19 subsistent tant qu'elles n'ont pas été rapportées ". Il résulte de ces dispositions que le maire peut, à tout moment, mettre fin aux délégations qu'il a accordées, sous réserve que sa décision ne soit pas inspirée par des motifs étrangers à la bonne marche de l'administration communale. Dans ce cas, il est tenu de convoquer sans délai le conseil municipal afin que celui-ci se prononce sur le maintien dans ses fonctions de l'adjoint auquel il a retiré ses délégations.
3. En premier lieu, les conditions de notification d'un acte administratif sont sans incidence sur sa légalité. Par suite, et en tout état de cause, Mme B ne peut utilement se prévaloir de la circonstance que les conditions de notification de l'arrêté litigieux l'auraient privée d'une garantie.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 100-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Le présent code régit les relations entre le public et l'administration en l'absence de dispositions spéciales applicables. / Sauf dispositions contraires du présent code, celui-ci est applicable aux relations entre l'administration et ses agents ". Aux termes de l'article L. 100-3 du même code : " Au sens du présent code et sauf disposition contraire de celui-ci, on entend par : / 1° Administration : les administrations de l'Etat, les collectivités territoriales (). / 2° Public : a) Toute personne physique ; () ". Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () / 2° Infligent une sanction / () / 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits / () ". Aux termes de l'article L. 211-5 de ce code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
5. La décision par laquelle le maire rapporte la délégation consentie à un adjoint n'a pas le caractère d'une sanction. Elle abroge une décision de nature réglementaire, et a pour objet la répartition des compétences entre les différentes autorités municipales. Une telle décision ne relève pas du champ défini par les dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration. Elle n'entre ainsi dans aucune des catégories de décisions qui, en vertu des dispositions précitées de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, doivent être motivées, la circonstance que Mme B ait sollicité la communication des motifs de l'arrêté du 29 juin 2021 restant sans incidence. Par suite, le moyen tiré d'une insuffisance de motivation doit être écarté comme inopérant.
6. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment d'un tract de campagne, signé par le maire, intitulé " Ensemble, faisons gagner Mennecy avec A B et Patrick Imbert ", et distribué quelques jours avant les élections départementales des 20 et 27 juin 2021, dont Mme B ne pouvait ignorer la teneur, que le soutien du maire de Mennecy à la candidature de sa première adjointe aux élections départementales était subordonné, à ce qu'en cas de succès, cette dernière accepte de quitter son poste de premier adjoint. Cette volonté du maire vis-à-vis de son adjointe était clairement énoncée dans ce tract, qui rappelait que l'élue, " en accord avec la majorité municipale, a fait le choix de rester au conseil municipal mais de quitter ses fonctions d'adjointe au maire () ". Il ressort également des pièces du dossier qu'après sa victoire aux élections départementales, Mme B a opposé un refus à la demande du maire de quitter ses fonctions d'ajointe, estimant qu'aucun accord tacite n'avait été conclu en ce sens et a refusé, au cours d'une réunion publique organisée au sein du groupe majoritaire, le 28 juin 2021, de présenter sa démission de ses fonctions de première adjointe. Ce refus a donné lieu à une lettre du maire adressée aux élus du groupe majoritaire, les informant de sa décision de retirer ses délégations à Mme B. Compte-tenu des répercussions inévitables que ce différend, exprimé publiquement, ne pouvait manquer d'avoir sur la gestion des affaires de la commune, et de la rupture du lien de confiance qu'il a nécessairement engendré entre le maire et sa première adjointe, la décision attaquée ne peut être regardée comme fondée sur des faits matériellement inexacts ou ayant été inspirée par des motifs étrangers à la bonne marche de l'administration communale. Par suite, le maire de Mennecy pouvait, sans commettre d'erreur de droit ni d'erreur d'appréciation, prendre la décision attaquée. Il ne ressort pas non plus des pièces du dossier que la décision serait entachée d'un détournement de pouvoir ou de procédure.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la délibération du 16 juillet 2021 :
7. En premier lieu, la délibération par laquelle le conseil municipal se prononce, en conséquence de la décision du maire rapportant la délégation qu'il avait consentie à un adjoint, sur le maintien de l'intéressé dans ses fonctions, constitue une décision à caractère réglementaire qui a pour objet la répartition des compétences entre les différentes autorités municipales. Elle n'a pas à être motivée.
8. En deuxième lieu, et pour les mêmes motifs que précédemment exposés s'agissant de l'arrêté de retrait du 29 juin 2021, il y a lieu d'écarter les moyens tirés de d'erreur de droit, de l'erreur manifeste d'appréciation, du détournement de procédure et du détournement de pouvoir présentés à l'encontre de cette délibération.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
10. Il résulte de ce qui précède que la commune de Mennecy n'a commis aucune faute de nature à entraîner sa responsabilité. Par suite, Mme B n'est pas fondée à demander réparation du préjudice moral qu'elle prétend avoir subi.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
11. Le présent jugement, qui rejette les conclusions d'annulation de la requête, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
12. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions des parties présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Mennecy au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la commune de Mennecy.
Délibéré après l'audience du 29 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Rollet-Perraud, présidente,
- Mme Mathou, première conseillère,
- Mme Milon, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2023.
La rapporteure,
signé
C. Mathou
La présidente,
signé
C. Rollet-Perraud La greffière,
signé
K.Dupré
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026