mardi 18 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2107448 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | ANDRIEUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 31 août 2021et le 26 janvier 2022, la société Herald Events, représentée par Me Andrieux, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures:
1°) d'annuler les décisions des 5 juillet 2021, 9 juillet 2021 et 24 juillet 2021 par lesquelles le directeur général des finances publiques a rejeté ses demandes tendant au bénéfice de l'aide exceptionnelle au titre du fonds de solidarité institué à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques et financières de la propagation de l'épidémie de covid-19 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conclusions de la requête introductive d'instance sont également dirigées contre l'ensemble des décisions de refus qui lui ont été opposées ; faute pour l'administration d'établir la date à laquelle elles ont été notifiées et que leur notification comportait bien la mention des délais et voies de recours, les conclusions sont recevables ; à défaut, les conclusions doivent être regardées comme dirigées contre les décisions des 5 et 9 juillet 2021 lui refusant le bénéfice de l'aide au titre des mois d'avril et mai 2021 qui ont été introduites dans le délai du recours contentieux ;
- l'administration a entaché ses décisions d'erreur de droit dans l'application de l'article 3-28 du décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 ; dès lors qu'elle a subi une perte de chiffre d'affaires de plus de 10%, l'administration ne pouvait valablement lui opposer la circonstance qu'elle n'avait pas perçu l'aide au titre des mois précédents les demandes ; les décisions sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 octobre 2021, le directeur départemental des finances publiques des Yvelines conclut à l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre les décisions refusant le bénéfice de l'aide exceptionnelle pour les périodes antérieures à juin 2021 et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions de la requête sont uniquement dirigées contre la décision du 24 juillet 2021 ; les conclusions dirigées contre les décisions de rejet des demandes de subventions pour la période courant de septembre 2020 à janvier 2021 sont tardives ; les conclusions dirigées contre les décisions de rejet des 5 et 9 juillet 2021, qui ne sont pas jointes à la requête, sont irrecevables.
- les moyens dirigés contre la décision du 21 juillet 2021 ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- l'ordonnance n°2020-317 du 25 mars 2020 ;
- le décret n°2020-371 du 30 mars 2020 modifié ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les conclusions de Mme Cerf, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, gérant de la société Heralds Events qui exerce l'activité d'organisateur de foires et salons, a présenté des demandes tendant au versement de l'aide exceptionnelle à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques et financières du covid-19. Par décision du 24 juillet 2021, la direction générale des finances publiques a rejeté sa demande tendant au bénéfice de la subvention au titre du mois de juin 2021. Par la présente requête, la société Heralds Events demande au tribunal d'annuler cette décision ainsi que les décisions des 1er février 2021, 16 avril 2021, 5 juillet 2021 et 9 juillet 2021 portant refus du bénéfice de l'aide exceptionnelle au titre des mois de septembre 2020 à janvier 2021 et du mois de mai 2021.
Sur les fins de non-recevoir opposée en défense :
En ce qui concerne les demandes d'aides exceptionnelles portant sur la période courant de septembre 2020 à février 2021 rejetées par décisions des 1er février et 16 avril 2021
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ".
3. Il ressort des termes de la requête introductive d'instance que la société requérante a demandé " au tribunal de prononcer l'annulation de la décision du 24 juillet 2021 qui concerne toutes les demandes refusées prononcé par l'administration fiscale. ". Les conclusions, présentées sans ministère d'avocat, doivent être regardées comme tendant à l'annulation de l'ensemble des décisions par lesquelles l'administration a refusé d'attribuer à la société le bénéfice de l'aide exceptionnelle.
4. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que les décisions du 1er février 2021 et les 3 décisions du 16 avril 2001 portant refus respectivement pour les mois de septembre 2020 et d'octobre à janvier 2021, ont été notifiées par voie électronique à la société Herald Events, avec mention des voies et délais de recours. En l'absence de toute circonstance particulière invoquée par la société requérante, le délai de recours contre ces décisions était expiré le 31 août 2021, date de l'enregistrement de la requête. Dès lors, les conclusions de la requête dirigées contre les décisions citées ci-dessus sont tardives et, par suite, irrecevables. La fin de non-recevoir ne peut qu'être accueillie.
En ce qui concerne les demandes d'aide exceptionnelle portant sur les mois d'avril et mai 2021 rejetées par les décisions des 5 juillet 2021 et 9 juillet 2021
5. Comme il a été dit au point 3, les conclusions de la requête introductive d'instance doivent être regardées contre dirigées contre l'ensemble des décisions, dont celles des 5 et 9 juillet 2021 rejetant ses demandes d'aide exceptionnelle présentée au titre du mois de mai 2021. D'une part, la requête ayant été enregistrée le 31 août 2021, les conclusions dirigées contre ces deux décisions ne sont pas tardives. D'autre part, la requérante a versé au dossier, dans son mémoire complémentaire, les deux décisions contestées. Il suit de là que les conclusions dirigées contre ces deux décisions sont recevables. La fin de non-recevoir, opposée en défense, doit dans cette mesure être rejetée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les décisions des 5 juillet 2021 et 9 juillet 2021
6. La société Herald Events soutient que l'administration a entaché ses décisions d'erreur de droit dans l'application du 3°) de l'article 3-28 du décret du 30 mars 2020 dans sa version applicable à l'espèce et d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle exerce une activité relevant de l'un des secteurs ouvrant droit au bénéfice de l'aide exceptionnelle.
7. Toutefois, il ressort des termes de la décision du 5 juillet 2021 que l'administration a rejeté la demande d'aide au titre du mois d'avril 2021 au motif que la requérante n'avait pas produit les justificatifs demandés par l'administration par courriel du 22 juin 2021. Il ressort, en outre, des termes de la décision du 9 juillet 2021 que le refus opposé est fondé sur le fait que la société n'avait pas fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public sur la totalité du mois de mai 2021. Ainsi, les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation ne peuvent qu'être écartés.
En ce qui concerne la décision du 24 juillet 2021
8. Aux termes de l'article 3-28 du décret du décret n°2020-371 du 30 mars 2020 dans sa version applicable au litige : " I.-A. Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret, n'ayant pas fait l'objet d'un arrêté pris par le préfet de département ordonnant la fermeture de l'entreprise 5 () bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours de chaque période mensuelle comprise entre le 1er juin 2021 et le 31 juillet 2021, dite période mensuelle considérée, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : 1° Elles ont bénéficié d'une aide versée au titre des articles 3-26 ou 3-27 du présent décret ;() 3° Ou, au cours de la période mensuelle considérée, elles ont subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 10 % et elles appartiennent à l'une des trois catégories suivantes : a) elles exercent leur activité principale dans un secteur mentionné à l'annexe 1 dans sa rédaction en vigueur au 11 mars 2021. () ".
9. La société fait valoir que l'administration a commis une erreur de droit dans l'application de l'article 3-28 précité du décret du 30 mars 2020 modifié dès lors que son activité relève du 3° de cet article. En l'espèce, il ressort de la décision en litige que l'administration a refusé le bénéfice de l'aide exceptionnelle au motif que la société n'avait pas bénéficié du fonds de solidarité en avril et en mai 2021. Si l'administration pouvait légalement refuser le bénéfice de l'aide exceptionnelle sur le fondement du 1° de l'article 3-28 du décret précité, dans ses écritures en défense, elle admet que la nature de l'activité déclarée par la société Herald Events est au nombre des secteurs visés par l'annexe 1. Dès lors, l'administration ne pouvait, sans entacher sa décision d'erreur de droit, refuser le bénéfice de l'aide exceptionnelle sur le fondement du 3° le l'article 3-28 du décret n°2020-371 du 30 mars 2020 modifié. Par suite, la décision du 24 juillet 2021 doit être annulée, sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen de la requête.
10. Il résulte de tout ce qui précède que seule la décision du 24 juillet 2021 doit être annulée.
Sur les frais liés à l'instance :
11. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme que la société Herald Events demande au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 24 juillet 2021 par laquelle le directeur général des finances publiques a refusé d'accorder le bénéfice de l'aide du fonds de solidarité est annulée.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Herald Events et au directeur départemental des finances publiques des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Delage, président,
Mme Winkopp-Toch, première conseillère,
M. Thivolle , conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2023 .
La rapporteure,
Signé
A. B
Le président,
Signé
Ph. DelageLa greffière,
Signé
V. Retby
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026