vendredi 22 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2107804 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MIGAT-PAROT |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête enregistrée sous le numéro 2107804 le 11 septembre 2021, M. B E, représenté par Me Migat-Parot, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 juillet 2021 par lequel la présidente du conseil d'administration du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) des Yvelines a refusé de reconnaître l'imputabilité au service des affections touchant ses genoux ;
2°) de surseoir à statuer sur la réparation du dommage subi dans l'attente de la décision à intervenir de la cour administrative d'appel de Versailles ;
3°) de mettre à la charge du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) des Yvelines une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué n'est pas suffisamment motivé en se bornant à reprendre l'avis de la commission de réforme ;
- il a été pris au terme d'une procédure irrégulière dès lors qu'aucun médecin spécialiste en orthopédie n'a siégé au sein de la commission de réforme ;
- la commission de réforme a manqué au principe d'impartialité dès lors que deux de ses membres ont également siégé au conseil de discipline devant lequel il a été déféré le 21 mai 2019 ; la commission s'est appuyée sur des avis de médecins travaillant pour le SDIS ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que l'affection de son genou droit est bien imputable au service ;
- la responsabilité pour faute et sans faute du SDIS doit être engagée en vue de réparer les préjudices résultant de l'imputabilité au service de l'affection touchant son genou.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 mars 2023, le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) des Yvelines, représenté par la SCP Foussard-Froger, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. E en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la demande indemnitaire est irrecevable dès lors qu'elle a déjà donné lieu à un jugement du tribunal administratif de Versailles du 4 janvier 2021, actuellement frappé d'appel ;
- les moyens dirigés contre l'arrêté du 12 juillet 2021 ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 30 mars 2023, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 2 mai 2023.
Par un courrier du 7 novembre 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de sursis à statuer compte tenu de l'arrêt de la cour administrative d'appel de Versailles du 12 octobre 2023.
Par un mémoire enregistré le 13 novembre 2023, le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) des Yvelines a présenté ses observations en réponse à ce moyen d'ordre public.
Par un mémoire enregistré le 16 novembre 2023, M. E a présenté ses observations en réponse à ce moyen d'ordre public et indiqué compléter ses conclusions en demandant à ce qu'une expertise médicale soit ordonnée en vue d'évaluer ses préjudices en lien avec les affections touchant ses genoux et à ce que le tribunal sursoie à statuer sur la réparation du dommage subi dans l'attente du dépôt du rapport d'expertise.
M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 novembre 2022.
II. Par une requête enregistrée sous le numéro 2107806 le 11 septembre 2021, M. B E, représenté par Me Migat-Parot, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 juillet 2021 par lequel la présidente du conseil d'administration du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) des Yvelines a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de sa pathologie psychiatrique ;
2°) de surseoir à statuer sur la réparation du dommage subi dans l'attente de la décision à intervenir de la cour administrative d'appel de Versailles ;
3°) de mettre à la charge du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) des Yvelines une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué n'est pas suffisamment motivé en se bornant à reprendre l'avis de la commission de réforme ;
- il a été pris au terme d'une procédure irrégulière dès lors qu'aucun médecin spécialiste en psychiatrie n'a siégé au sein de la commission de réforme ;
- la commission de réforme a manqué au principe d'impartialité dès lors que deux de ses membres ont également siégé au conseil de discipline devant lequel il a été déféré le 21 mai 2019 ; la commission s'est appuyée sur des avis de médecins travaillant pour le SDIS ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que la dépression diagnostiquée le 28 mai 2015 est bien imputable au service ;
- la responsabilité pour faute et sans faute du SDIS doit être engagée en vue de réparer les préjudices résultant de l'imputabilité au service de sa dépression.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 mars 2023, le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) des Yvelines, représenté par la SCP Foussard-Froger, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. E en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la demande indemnitaire est irrecevable dès lors qu'elle a déjà donné lieu à un jugement du tribunal administratif de Versailles du 4 janvier 2021, actuellement frappé d'appel ;
- les moyens dirigés contre l'arrêté du 12 juillet 2021 ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 30 mars 2023, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 2 mai 2023.
Par un courrier du 7 novembre 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de sursis à statuer compte tenu de l'arrêt de la cour administrative d'appel de Versailles du 12 octobre 2023.
Par un mémoire enregistré le 13 novembre 2023, le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) des Yvelines a présenté ses observations en réponse à ce moyen d'ordre public.
Par un mémoire enregistré le 16 novembre 2023, M. E a présenté ses observations en réponse à ce moyen d'ordre public et indiqué compléter ses conclusions en demandant à ce qu'une expertise médicale soit ordonnée en vue d'évaluer ses préjudices en lien avec sa pathologie psychiatrique et à ce que le tribunal sursoie à statuer sur la réparation du dommage subi dans l'attente du dépôt du rapport d'expertise.
M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 novembre 2022.
Vu les autres pièces des dossiers ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- le décret n°87-602 du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux ;
- l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Maitre, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Vincent, rapporteure publique,
- et les observations de Me Moscardini, représentant le SDIS des Yvelines.
Considérant ce qui suit :
1. M. B E, sapeur-pompier professionnel titulaire de 2ème classe affecté au sein du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) des Yvelines, a formé, par courrier du 21 mars 2017, une demande de reconnaissance de l'imputabilité au service, d'une part, de pathologies affectant ses genoux, qu'il estime relever du tableau n°79 des maladies professionnelles et d'autre part, de son état dépressif, diagnostiqué le 28 mai 2015. Par deux arrêtés datés du 2 novembre 2017, le président du conseil d'administration du SDIS a rejeté ces demandes. Par un jugement en date du 4 janvier 2021, le tribunal administratif de céans a annulé ces deux arrêtés en raison d'un vice ayant affecté la procédure de consultation de la commission de réforme et a enjoint au SDIS de réexaminer les demandes de M. E tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service des lésions affectant son genou droit et de sa dépression, en sollicitant le service de médecine préventive afin que celui-ci adresse à la commission de réforme, pour chacune de ces pathologies, un rapport écrit. Pour l'exécution de ce jugement, la présidente du conseil d'administration du SDIS a, par deux arrêtés distincts datés du 12 juillet 2021, procédé au réexamen des demandes présentées par M. E et a, de nouveau, refusé de reconnaitre l'imputabilité au service de l'affection touchant son genou droit et de sa dépression. M. E demande à titre principal l'annulation de ces arrêtés.
Sur la jonction :
2. Les deux requêtes susvisées, présentées par M. E, concernent la situation d'un même fonctionnaire et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens de légalité externe, communs aux deux arrêtés attaqués :
3. En premier lieu, les deux arrêtés attaqués visent les dispositions pertinentes applicables ainsi que les éléments d'appréciation pris en compte par l'autorité administrative. L'arrêté relatif à la pathologie psychiatrique vise ainsi l'expertise du Dr D du 29 juin 2017, l'avis défavorable de la commission de réforme du 12 septembre 2017, le rapport du médecin de prévention du 17 mars 2021 et le nouvel avis défavorable de la commission de réforme du 15 juin 2021, annexé à la décision. L'arrêté relatif aux affections touchant les genoux vise quant à lui le certificat médical du Dr F et l'expertise du 19 juillet 2017 du Dr C, ainsi que les avis défavorables successifs émis par la commission de réforme et le rapport du médecin de prévention du 17 mars 2021. S'appropriant pour l'essentiel les motifs retenus par les deux avis rendus par la commission de réforme, les deux arrêtés explicitent les raisons pour lesquelles l'administration considère que tant les troubles touchant le genou droit du requérant que ceux relatifs à son état psychique ne présentent pas un lien de causalité direct et certain avec les conditions de travail de l'intéressé, et ne peuvent ainsi être reconnus comme des maladies professionnelles, imputables au service. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation des arrêtés attaqués doivent être écartés comme manquant en fait.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 4 août 2004 susvisé, relatif à la composition de la commission de réforme : " Cette commission comprend : 1. Deux praticiens de médecine générale, auxquels est adjoint, s'il y a lieu, pour l'examen des cas relevant de sa compétence, un médecin spécialiste qui participe aux débats mais ne prend pas part aux votes ; 2. Deux représentants de l'administration ; 3. Deux représentants du personnel. Chaque titulaire a deux suppléants désignés dans les conditions prévues aux articles 5 et 6 ci-dessous. ". Dans les cas où il est manifeste, au vu des éléments dont dispose la commission de réforme, que la présence d'un médecin spécialiste de la pathologie invoquée par un agent est nécessaire pour éclairer l'examen de son cas, l'absence d'un tel spécialiste doit être regardée comme privant l'intéressé d'une garantie et comme entachant la procédure devant la commission d'une irrégularité justifiant l'annulation de la décision attaquée.
5. En l'espèce, d'une part, il ressort du procès-verbal de la commission de réforme réunie le 15 juin 2021 pour statuer sur l'imputabilité au service de l'affection touchant les genoux de M. E, qu'elle a disposé, pour rendre son avis, outre du rapport du médecin de prévention, de trois expertises, dont celle du Dr C, médecin expert dans le domaine de la chirurgie orthopédique et traumatologique. Il n'est par ailleurs pas contesté que le premier avis rendu en 2017 par la commission de réforme sur la situation de M. E, et dont le sens est similaire à celui de l'avis du 15 juin 2021, avait été rendu en présence d'un médecin spécialiste. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que la présence d'un médecin spécialiste en orthopédie au sein de la commission qui s'est réunie le 15 juin 2021 aurait été manifestement nécessaire pour éclairer l'examen du cas de M. E et que l'absence d'un tel spécialiste aurait privé l'intéressé d'une garantie et aurait par conséquent vicié la procédure suivie devant cette commission.
6. D'autre part, il ressort du procès-verbal de la commission de réforme réunie le 15 juin 2021 pour statuer sur l'imputabilité au service de la dépression de M. E, qu'elle a disposé, pour rendre son avis, outre du rapport du médecin de prévention, de trois expertises de médecins psychiatres. Il n'est par ailleurs pas contesté que le premier avis rendu en 2017 par la commission de réforme sur la situation de M. E, et dont le sens est similaire à celui de l'avis du 15 juin 2021, avait été rendu en présence d'un médecin spécialiste. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que la présence d'un médecin psychiatre au sein de la commission qui s'est réunie le 15 juin 2021 aurait été manifestement nécessaire pour éclairer l'examen du cas de M. E et que l'absence d'un tel spécialiste aurait privé l'intéressé d'une garantie et aurait par conséquent vicié la procédure suivie devant cette commission.
7. En troisième lieu, le principe d'impartialité, qui s'impose à toute autorité administrative, fait obstacle à ce que participe à la séance de la commission de réforme toute personne susceptible d'avoir un intérêt personnel à l'affaire examinée ou une animosité particulière à l'égard de la personne concernée. Il ressort des pièces du dossier, ainsi que le fait valoir M. E, que les deux représentants élus du personnel ayant participé aux deux séances de la commission de réforme ayant rendu des avis sur sa situation, ont également participé, en leur qualité de représentants élus du personnel à la séance du conseil de discipline devant lequel il a été déféré le 21 mai 2019. Toutefois, cette circonstance n'est pas, à elle seule et en l'absence de tout élément circonstancié, de nature à établir que ces personnes auraient manifesté une animosité particulière à l'égard du requérant de nature à établir une absence d'impartialité des membres de la commission de réforme. De même, la circonstance que certaines des expertises médicales prises en compte par la commission de réforme auraient été établies par des médecins liés au SDIS n'est pas de nature à établir une telle absence d'impartialité de la commission, alors, en tout état de cause, que ces médecins n'ont pas siégé au sein de la commission et qu'il ne ressort d'aucune pièce du dossier que leurs conclusions n'auraient pas, elles-mêmes, été rendues dans des conditions impartiales.
En ce qui concerne la légalité interne de l'arrêté du 12 juillet 2021 refusant de reconnaître l'imputabilité au service de l'affection touchant le genou droit :
8. Une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service.
9. Il ressort des pièces du dossier que la décision de refus en litige ne porte que sur le genou droit de M. E et non sur les affections touchant son genou gauche, reconnues comme étant imputables au service en raison d'un accident survenu en 2001. Pour refuser de reconnaître l'imputabilité au service de troubles affectant le genou droit, le SDIS, s'appuyant sur l'avis de la commission de réforme, a estimé que l'expertise du Dr A, non spécialiste, ayant conclu à l'imputabilité des deux genoux ne pouvait être retenue dès lors qu'elle ne tenait pas compte de l'existence de l'accident de service ayant affecté le genou gauche, que la pathologie au genou droit a été constatée en octobre 2015 alors que M. E, qui était placé en congé de maladie depuis 2014, n'exerçait plus les fonctions de logisticien depuis plus d'un an, que le diagnostic faisait suite à un effort particulier fourni par le requérant dans le cadre de sa vie privée et que ce dernier présente par ailleurs un état constitutionnel tenant à la morphologie de son genou droit à l'origine d'une pathologie préexistante. Cette motivation s'appuie notamment sur l'expertise réalisée le 19 juillet 2017 par le Dr C, chirurgien orthopédique, concluant à l'absence de maladie professionnelle et le requérant n'apporte aucun élément médical de nature à remettre en cause ces conclusions. Par ailleurs, ainsi que l'indique le SDIS dans sa décision, si le médecin de prévention fait état dans son rapport d'une imputabilité simplement " probable " en indiquant " qu'il n'est pas possible se prononcer sur d'éventuelles lésions préexistantes au niveau du ménisque médial " ce rapport indique que le risque d'exposition sur le lieu de travail est lié au " port de charges lourdes avec mouvements de flexion des genoux et déplacements fréquents dans les escaliers " alors qu'il est constant que le poste occupé par M. E durant la période d'exposition ne nécessitait pas de position agenouillée ou accroupie. Dans ces conditions, dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que les lésions affectant le genou droit de M. E auraient été développées ou aggravées par les conditions de travail de l'intéressé, ainsi que l'ont d'ailleurs déjà expressément jugé tant le tribunal de céans dans son jugement du 4 janvier 2021 précité que la cour administrative d'appel de Versailles dans son arrêt du 12 octobre 2023, M. E n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur de droit ou d'appréciation.
En ce qui concerne la légalité interne de l'arrêté du 12 juillet 2021 refusant de reconnaître l'imputabilité au service de la dépression :
10. Pour refuser de reconnaître l'imputabilité au service de la dépression dont souffre le requérant, le SDIS, s'appuyant sur l'avis de la commission de réforme, a estimé d'une part que les conditions de travail de l'intéressé durant ses périodes d'activités n'ont pas excédé l'exercice régulier des compétences conférées aux autorités hiérarchiques et que ses différentes affectations étaient conformes aux attestations médicales successives et d'autre part, qu'il existait un état préexistant de fragilité de l'agent, documenté dans trois expertises médicales. Cette motivation s'appuie notamment sur l'expertise réalisée par le docteur D, médecin psychiatre, indiquant que la dépression dont souffre M. E, qui a au demeurant été constatée alors que l'intéressé était placé en congé de maladie depuis près de 8 mois, " n'est pas liée à une activité professionnelle ". Le requérant n'apporte aucun élément médical nouveau de nature à remettre en cause ces conclusions, le médecin de prévention, consulté préalablement à la réunion de la commission de réforme ayant pour sa part, indiqué qu'il lui était " impossible de se prononcer " sur l'imputabilité au service de la dépression. Dans ces conditions, dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que la dépression dont souffre le requérant aurait été développée ou aggravée par ses conditions de travail, ainsi que l'ont d'ailleurs déjà expressément jugé tant le tribunal de céans dans son jugement du 4 janvier 2021 précité que la cour administrative d'appel de Versailles dans son arrêt du 12 octobre 2023, M. E n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur de droit ou d'appréciation.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. E doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'expertise et de sursis à statuer :
12. D'une part, par un arrêt du 12 octobre 2023, la cour administrative d'appel de Versailles a rejeté l'appel formé par M. E contre le jugement du tribunal de céans du 4 janvier 2021. Par suite, les conclusions tendant à ce qu'il soit sursis à statuer sur la réparation du dommage subi dans l'attente de la décision à intervenir de la cour administrative d'appel de Versailles ont perdu leur objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.
13. D'autre part, ainsi qu'il a été dit précédemment, les décisions refusant de reconnaître l'imputabilité au service de l'affection touchant le genou droit et de la dépression dont souffre M. E sont légalement fondées et la responsabilité du SDIS des Yvelines ne saurait donc être recherchée en raison de leur illégalité fautive. Par ailleurs, ainsi que le fait valoir le SDIS en défense en invoquant l'irrecevabilité de ces conclusions, l'autorité relative de chose jugée qui s'attache au jugement du tribunal de céans du 4 janvier 2021 confirmé par l'arrêt de la cour administrative d'appel de Versailles précité, fait, en tout état de cause, obstacle à ce que les responsabilités pour faute et sans faute du SDIS à raison des troubles précédemment décrits soient à nouveau recherchées dans le cadre d'une autre instance. Par suite, les demandes tendant à ce qu'une expertise soit ordonnée et à ce que le tribunal sursoie à statuer dans l'attente du dépôt du rapport de l'expert ne présentent pas un caractère d'utilité et doivent donc être rejetées.
Sur les frais du litige :
14. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions des différentes parties au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins de sursis à statuer dans l'attente de l'arrêt à intervenir de la cour administrative d'appel de Versailles.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B E et au service départemental d'incendie et de secours des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 8 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Gosselin, président,
M. Maitre, premier conseiller,
Mme Geismar, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2023.
Le rapporteur,
signé
B. Maitre
Le président,
signé
C. Gosselin
La greffière,
signé
S. Lamarre
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2 et 2107806
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026