mardi 11 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2107962 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET PIERRE PINTAT AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 septembre 2021 et 22 septembre 2022, M. A B et la société GVE, représentés par Me Ribière, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 juillet 2021 par lequel le maire de Mennecy a interdit les manifestations de toutes natures sur les parcelles cadastrées A1648, A3202, A2667, A2668 dites " les Etangs de Judelles " ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Mennecy une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils ont intérêt à agir ;
- l'arrêté attaqué constitue une interdiction générale et absolue ;
- il est entaché d'erreur de droit en se fondant sur l'article L. 2213-4 du code général des collectivités territoriales ;
- il est entaché d'un détournement de pouvoir.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 10 août 2022 et 16 janvier 2023, la commune de Mennecy, représentée par Me Pintat, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis solidairement à la charge de M. B et de la société GVE la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que M. B et la société GVE sont dépourvus d'intérêt à agir ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 18 janvier 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 février 2023 à 12 heures.
En application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, l'instruction a été rouverte pour les éléments demandés en vue de compléter l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Boukheloua, présidente-rapporteure,
- les conclusions de M. Fraisseix, rapporteur public,
- les observations de Me Ribière, représentant M. B et la société GVE, et de Me Derrien, représentant la commune de Mennecy.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté en date du 15 juillet 2021, le maire de Mennecy a interdit les manifestations de toutes natures sur les parcelles cadastrées A1648, A3202, A2667 et A2668 dites " les Etangs de Judelles ".
Sur les fins de non-recevoir opposées par la commune de Mennecy :
2. Il ressort des pièces du dossier que M. B est gérant d'une SCI, elle-même locataire des parcelles cadastrées A1648, A3202 et A2667 mentionnées dans l'arrêté attaqué, ainsi que de la société GVE, SARL dont l'un des objets, figurant dans l'extrait K bis du registre du commerce et des sociétés, est l'organisation de concerts. Dans ces conditions, les requérants, à qui la décision attaquée a, au surplus, été notifiée par la commune de Mennecy, ont un intérêt pour agir contre cet arrêté. Par suite, les fins de non-recevoir, tirées du défaut d'intérêt pour agir de M. B et de la société GVE, opposées par la commune doivent être écartées.
Sur la légalité de l'arrêté attaqué :
3. Aux termes, d'autre part, de l'article L. 2212-1 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est chargé, sous le contrôle administratif du représentant de l'Etat dans le département, de la police municipale () ". En application de l'article L. 2212-2 de ce même code, " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment :/ 1° Tout ce qui intéresse la sûreté et la commodité du passage dans les rues, quais, places et voies publiques, ce qui comprend le nettoiement, l'éclairage, l'enlèvement des encombrements, la démolition ou la réparation des édifices et monuments funéraires menaçant ruine, l'interdiction de rien exposer aux fenêtres ou autres parties des édifices qui puisse nuire par sa chute ou celle de rien jeter qui puisse endommager les passants ou causer des exhalaisons nuisibles ainsi que le soin de réprimer les dépôts, déversements, déjections, projections de toute matière ou objet de nature à nuire, en quelque manière que ce soit, à la sûreté ou à la commodité du passage () ". Il résulte de ces dispositions que les pouvoirs de police du maire lui imposent, notamment, de préserver la tranquillité et la sécurité publiques, mais aussi de concilier les exigences précitées avec le respect des libertés garanties par les lois. Toute mesure de police doit être proportionnée aux troubles à l'ordre public qu'elle entend faire cesser et doit, sous le contrôle du juge, être justifiée et adaptée aux buts poursuivis.
4. Pour justifier la mesure d'interdiction de manifestations de toutes natures sur les parcelles cadastrées A1648, A3202, A2667, et A2668 dites les " Etangs de Judelles ", le maire de Mennecy s'est fondé sur l'existence d'un risque de trouble à la tranquillité, la salubrité et la sécurité publiques au sens des dispositions précitées. Dans son arrêté, l'autorité municipale indique qu'il était projeté d'organiser de façon durable, sur les parcelles en cause, un festival " techno " comportant des emplacements de camping, une scène de DJ, une piste de danse ainsi que des activités sportives, sans autorisation préalable ni plan préalable transmis par les organisateurs aux autorités sanitaires compte tenu du risque lié au contexte de la pandémie de Covid-19. Elle relève également que les parcelles en cause, sur lesquelles sont présents des étangs situés en zone inondable et non aménagés pour la pratique nautique ou la baignade, présentent un risque de noyade. S'il existe effectivement un risque pour l'ordre public d'organiser un tel évènement à cet emplacement, les éléments dont se prévaut la commune ne sont pas de nature à établir que les risques d'atteinte à la sécurité, tranquillité et salubrité publiques résultaient de " manifestations de toutes natures " et, par suite, ne pouvaient pas être prévenus par une mesure moins contraignante que leur interdiction pure et simple. Ainsi, la commune de Mennecy ne justifie pas que l'interdiction permanente des manifestations de toutes natures sur les parcelles litigieuses, prescrite par l'article 1er de l'arrêté attaqué, qui ne peut être regardée, ainsi que le soutient la commune, comme une interdiction limitée dans sa durée et son objet à la manifestation en cause, est disproportionnée au regard des objectifs qu'elle poursuit.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. B et la société GVE sont fondés à demander l'annulation de l'arrêté du maire de Mennecy du 15 juillet 2021.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. B et de la société GVE, qui ne sont pas les parties perdantes, la somme que la commune de Mennecy demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
7. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Mennecy une somme globale de 1 800 euros à verser à M. B et à la société GVE au titre de ces mêmes dispositions.
Sur les dépens :
8. La présente requête n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées à ce titre ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 15 juillet 2021 du maire de Mennecy portant interdiction des manifestations de toutes natures sur les parcelles cadastrées A1648, A3202, A2667, A2668 dites " les Etangs de Judelles " est annulé.
Article 2 : La commune de Mennecy versera une somme globale de 1 800 euros à M. B et à la société GVE en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Mennecy au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la société GVE et à la commune de Mennecy.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Boukheloua, présidente-rapporteure,
Mme Benoit, première conseillère,
M. Maljevik, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2023.
La présidente-rapporteure,
signé
N. Boukheloua
L'assesseure la plus ancienne,
signé
C. BenoitLa greffière,
signé
B. Bartyzel
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026