vendredi 22 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2108105 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL LAUREOTE ANDREJEWSKI HUDON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 21 septembre 2021, ainsi que les 22 mars, 4 avril, 11, 22, 27 et 30 décembre 2022 et les 1er et 8, 9, 10 et 19 janvier 2023, Mme B A demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 mai 2021 par laquelle le maire de Bures-sur-Yvette a mis fin à sa période préparatoire au reclassement et l'a placée en disponibilité d'office ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Bures-sur-Yvette une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure à défaut pour le maire de l'avoir préalablement informée des conséquences financières ;
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation.
Par deux mémoires en défense enregistrés le 29 mars 2022 et le 18 avril 2023, la commune de Bures-sur-Yvette, représentée par Me Lonqueue, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 24 mai 2023 par une ordonnance du 24 avril 2023.
Un mémoire, présenté par Mme A et enregistré le 24 juin 2023, n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le décret n°85-1054 du 30 septembre 1985 relatif au reclassement des fonctionnaires territoriaux reconnus inaptes à l'exercice de leurs fonctions;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Geismar, première conseillère,
- les conclusions de Mme Vincent, rapporteure publique,
- les observations de Mme A,
- et les observations de Me Kukuryka, substituant Me Lonqueue.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A était agent territorial spécialisé des écoles maternelles (ATSEM) au sein de la commune de Bures-sur-Yvette depuis le 3 septembre 2002. Elle a été placée en congé de maladie à plusieurs reprises avant que, le 23 janvier 2020, le comité médical l'a considère définitivement inapte à l'exercice de toute fonction de son grade. Mme A a ensuite accepté la proposition de la commune visant à suivre une période de préparation au reclassement du 15 février 2020 au 14 février 2021, formalisée par un arrêté du 10 mars 2020. Une convention précisant les modalités de cette période a été signée par le maire, l'agent et le centre interdépartemental de gestion de la grande couronne le 4 mars 2020. Compte tenu des difficultés générées par la période pandémique dite du Covid-19, qui a impacté la réalisation de cette période de préparation au reclassement de la requérante, le maire lui a proposé de conclure un avenant afin de prolonger cette période. Estimant que Mme A avait refusé cette prolongation, le maire, par un arrêté du 12 juillet 2021 a acté de la fin de la période de préparation au reclassement à compter du 15 février 2021 et l'a placée en position de disponibilité d'office. Mme A demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, si la requérante fait valoir que l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure à défaut d'avoir préalablement été alertée des conséquences de son refus de prolonger la période de préparation au reclassement sur sa rémunération, elle ne se prévaut d'aucune disposition le prévoyant et n'assortit pas ses allégations d'éléments utiles. Le moyen tiré du vice de procédure, inopérant, doit donc être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. C D qui disposait d'une délégation du maire accordée par un arrêté du 25 janvier 2021, exécutoire. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de son auteur, qui manque en fait, doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 85-1 de la loi du 26 janvier 1984 : " Le fonctionnaire reconnu inapte à l'exercice de ses fonctions a droit à une période de préparation au reclassement avec traitement d'une durée maximale d'un an. Cette période est assimilée à une période de service effectif. Pendant cette période, l'agent peut être mis à disposition du centre de gestion pour exercer une mission définie au deuxième alinéa de l'article 25 de la présente loi. / Le fonctionnaire à l'égard duquel une procédure tendant à reconnaître son inaptitude à l'exercice de ses fonctions a été engagée a droit à la période de préparation au reclassement mentionnée au précédent alinéa. ". Et selon l'article 2 du décret relatif au reclassement des fonctionnaires territoriaux reconnus inaptes à l'exercice de leurs fonctions : " Lorsque l'état de santé d'un fonctionnaire territorial, sans lui interdire d'exercer toute activité, ne lui permet pas de remplir les fonctions correspondant aux emplois de son grade, l'autorité territoriale ou le président du Centre national de la fonction publique territoriale ou le président du centre de gestion, après avis du comité médical, propose à l'intéressé une période de préparation au reclassement en application de l'article 85-1 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée. L'agent est informé de son droit à une période de préparation au reclassement dès la réception de l'avis du comité médical, par l'autorité territoriale dont il relève. La période de préparation au reclassement débute à compter de la réception de l'avis du comité médical si l'agent est en fonction ou à compter de sa reprise de fonction si l'agent est en congé de maladie lors de la réception de l'avis du comité médical. La période de préparation au reclassement prend fin à la date de reclassement de l'agent et au plus tard un an après la date à laquelle elle a débuté. Toutefois, l'agent qui a présenté une demande de reclassement peut être maintenu en position d'activité jusqu'à la date à laquelle celui-ci prend effet, dans la limite de la durée maximum de trois mois mentionnée à l'article 3. L'agent qui fait part de son refus de bénéficier d'une période de préparation au reclassement présente une demande de reclassement en application des dispositions du même article. ".
5. Il ressort des pièces du dossier que le maire de Bures-sur-Yvettes, par un courrier du 1er mars 2021, a proposé à Mme A de prolonger sa période de préparation au reclassement impactée par la crise sanitaire. Ce courrier mentionnait qu'elle allait dans ce cadre réaliser un stage d'immersion au centre communal d'actions sociales du 22 mars 2021 au 27 juin suivant et l'invitait à indiquer par écrit sa décision d'accepter ou non cet avenant de prolongation de la convention du 4 mars 2020, en précisant que " sans réponse de [sa] part " avant le 17 mars 2021, l'avenant sera considéré comme refusé. Il ressort également des pièces produites que par un courrier du 15 mars 2021, Mme A a fait part de son " acceptation de principe " tout en sollicitant des précisions sur le projet la concernant. Toutefois, en dépit de la relance de la commune, Mme A reconnait ne pas avoir retourné le projet d'avenant que la commune lui avait soumis. En outre, elle a précisé, par un courriel du 6 mai 2021, contester les modalités de cette période préparatoire au reclassement que proposait la commune. Dès lors, elle ne peut être considérée comme ayant souhaité prolonger cette période et le maire a pu, sans commettre d'erreur de fait ni d'appréciation, et alors même que cette période est en principe limitée à une durée d'une année, en tirer les conséquences en la plaçant en disponibilité d'office pour raison de santé.
6. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à solliciter l'annulation de l'arrêté du 12 juillet 2021 du maire de Bures-sur-Yvette.
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par Mme A soit mise à la charge de la commune. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la requérante la somme que la commune réclame à ce même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune Bures-sur-Yvette au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Bures-sur-Yvette
Délibéré après l'audience du 8 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Gosselin, président,
M. Maitre, premier conseiller,
Mme Geismar, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2023.
La rapporteure,
Signé
M. Geismar
Le président,
Signé
C. Gosselin
La greffière,
Signé
S. Lamarre
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2108105
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026