mardi 6 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2108218 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET PEYRICAL & SABATTIER ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 24 septembre 2021, 29 septembre 2021 et 29 octobre 2023, Mme B A demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le maire d'Athis-Mons a refusé de faire droit à sa demande tendant au rétablissement, rue Emile Zola, du stationnement alterné côté pair la deuxième quinzaine du mois ;
2°) d'enjoindre au maire d'Athis-Mons de prendre toute mesure utile pour remédier au problème de stationnement ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Athis-Mons la somme de 900 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le refus du maire de faire respecter le stationnement alterné méconnaît les articles R. 417-2 du code de la route et L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales ;
- il porte atteinte à sa liberté de circulation, dès lors qu'en raison du stationnement de véhicules en face de chez elle, elle rencontre de grandes difficultés à manœuvrer sa voiture pour sortir de son garage, et ce d'autant qu'elle est handicapée ;
- il porte également atteinte à son droit de propriété en ce qu'elle ne peut plus, faute de place, faire intervenir un remorqueur lorsque son véhicule tombe en panne, et qu'elle a en outre dû retarder des travaux dans son domicile faute de pouvoir faire stationner les entrepreneurs devant son domicile ;
- il est entaché d'un détournement de pouvoir ;
- il porte atteinte à la sécurité publique et au principe d'égalité ;
- il lui cause des préjudices.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 octobre 2022, la commune d'Athis-Mons, représentée par Me Peyrical, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de Mme A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 11 décembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 janvier 2024 à 12 heures.
Mme A a produit un mémoire le 21 janvier 2024, postérieurement à la clôture de l'instruction, qui n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Caron, première conseillère,
- et les conclusions de Mme Amar-Cid, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier du 4 août 2021, Mme B A a saisi le maire d'Athis-Mons d'une demande tendant à ce qu'il fasse usage de ses pouvoirs de police en vue de rétablir et de faire respecter le stationnement alterné dans la rue Emile Zola, où elle réside. Mme A demande au tribunal l'annulation de la décision implicite par laquelle le maire d'Athis-Mons a rejeté cette demande.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu aux termes de l'article L. 2212-1 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est chargé, sous le contrôle administratif du représentant de l'Etat dans le département, de la police municipale, de la police rurale et de l'exécution des actes de l'Etat qui y sont relatifs ". Aux termes de l'article R. 417-2 du code de la route : " I.- Lorsque le maire décide d'instituer à titre permanent, pour tout ou partie de l'année, sur une ou plusieurs voies de circulation de l'agglomération, le stationnement unilatéral alterné des véhicules, la périodicité de celui-ci doit être semi-mensuelle. / II.- Ce stationnement s'effectue alors dans les conditions suivantes : / 1° Du 1er au 15 de chaque mois, le stationnement est autorisé du côté des numéros impairs des immeubles bordant la rue ; / 2° Du 16 au dernier jour du mois, le stationnement est autorisé du côté des numéros pairs. / III.- Sauf dispositions différentes prises par l'autorité investie du pouvoir de police, le changement de côté s'opère le dernier jour de chacune de ces deux périodes entre 20 h 30 et 21 heures. () ".
3. D'une part, contrairement à ce que semble soutenir Mme A, il ne résulte pas des dispositions de l'article R. 417-2 du code de la route citées au point précédent que le stationnement alterné serait la règle par défaut en matière de stationnement. A cet égard, en vertu de cet article, l'instauration du stationnement alterné résulte nécessairement d'un arrêté du maire de la commune.
4. D'autre part, il ne ressort d'aucune pièce du dossier qu'à la date de la demande de Mme A, un régime de stationnement alterné était en vigueur dans la commune ou dans la rue Emile Zola. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier, et notamment des photographies versées aux débats, qu'un marquage au sol ou une signalisation matérialiserait l'institution d'un tel stationnement alterné.
5. Dès lors, et en toute hypothèse, Mme A n'est pas fondée à faire valoir que le refus qui lui a été opposé par le maire d'Athis-Mons, de faire usage de ses pouvoirs de police en vue de faire respecter le stationnement alterné ou de le rétablir, méconnait les dispositions de l'article R. 417-2 du code de la route.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : / 1° Tout ce qui intéresse la sûreté et la commodité du passage dans les rues, quais, places et voies publiques () ". En application de ces dispositions, il appartient au maire d'assurer la sûreté et la commodité du passage dans les rues, en prenant les mesures nécessaires pour concilier les droits de l'ensemble des usagers de la voie publique et les contraintes liées, le cas échéant, à la circulation et au stationnement de leurs véhicules.
7. Il ressort des pièces du dossier que les problèmes de circulation et de sécurité dont fait état Mme A ne sont pas liés au stationnement fixe des véhicules d'un côté de la rue Emile Zola, mais au fait que la largeur de la chaussée combinée à la présence de véhicules stationnés d'un côté de la rue ou de l'autre, ne permet pas facilement aux véhicules de se croiser dans cette voie à double sens de circulation. L'instauration du stationnement alterné dans cette rue n'apparait donc pas nécessaire pour assurer la sécurité des usagers de la voie publique. Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier que le refus du maire d'établir le stationnement alterné des véhicules rue Emile Zola serait de nature à engendrer un risque pour la sécurité des riverains ou des usagers de la route. La requérante n'est donc pas fondée à se prévaloir de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales pour contester le refus du maire de faire droit à sa demande.
8. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le refus du maire de faire respecter ou de mettre en place le stationnement alterné dans la rue Emile Zola porterait atteinte à la liberté de circulation de la requérante et à son droit de propriété. Il n'est pas davantage établi que ce refus porterait atteinte au principe d'égalité dont elle se prévaut.
9. En quatrième lieu, si Mme A soutient que le refus du maire a en réalité pour objectif de faciliter le stationnement d'un agent municipal résidant rue Emile Zola, cela ne ressort d'aucune pièce du dossier. Le moyen tiré du détournement de pouvoir dont serait entachée la décision attaquée doit donc être écarté.
10. En dernier lieu, Mme A ne peut utilement faire valoir que la décision attaquée lui causerait un préjudice au soutien de ses conclusions à fin d'annulation de cette décision.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
12. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A, n'appelle aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions à fin d'injonction présentées par la requérante ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Athis-Mons, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande Mme A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la Mme A la somme que demande la commune d'Athis-Mons sur le fondement des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune d'Athis-Mons au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune d'Athis-Mons.
Délibéré après l'audience du 23 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Boukheloua, présidente,
Mme Caron, première conseillère,
M. Maljevic, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2024.
La rapporteure,
signé
V. Caron
La présidente,
signé
N. Boukheloua
La greffière,
signé
B. Bartyzel
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026