vendredi 16 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2108284 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BOUSQUET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 septembre 2021, Mme B A, représentée par Me Bousquet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 juillet 2021 par laquelle le maire de la commune d'Evry-Courcouronnes a refusé de lui verser le traitement complémentaire sollicité ;
2°) de condamner la commune d'Evry-Courcouronnes à lui verser la somme de 5 638,21 euros pour la période de septembre 2019 à septembre 2020 ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Evry-Courcouronnes une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'erreur de fait dès lors qu'elle indique à tort qu'elle aurait exprimé un refus de conclure le nouveau contrat qui lui était proposé ;
- la décision est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que de septembre 2019 jusqu'à septembre 2020 elle a occupé le poste de chargée de mission " Education artistique - Ecole des arts " et était en droit de percevoir le traitement lié à ces fonctions ; la simulation de salaire qui lui a été adressée le 6 mai 2020 aurait dû être rétroactive selon les engagements pris initialement par la commune ;
- elle aurait dû percevoir un traitement brut de 2 203,43 euros mensuel à compter de septembre 2019 et est donc fondée à solliciter que lui soit versé la différence entre ce traitement et celui réellement perçu, soit la somme totale de 5 638,21 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 septembre 2022, la commune d'Evry-Courcouronnes, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en l'absence de créance invocable par la requérante ; la simulation de traitement qui lui a été adressée ne constitue ni un engagement contractuel ni une décision créatrice de droit ;
- aucune disposition ni aucun principe n'imposait à la collectivité de rémunérer la requérante de manière identique à l'agent qu'elle a remplacé ;
- la requérante a accepté la proposition de salaire qui lui a été faite et aucune faute n'est imputable à la collectivité.
Par ordonnance du 14 novembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 14 décembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le décret n°88-145 du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Maitre, premier conseiller,
- et les conclusions de Mme Vincent, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un contrat à durée déterminée du 17 septembre 2018, Mme B A a été recrutée par la commune d'Evry-Courcouronnes comme agent non titulaire pour occuper un emploi d'adjoint d'animation à temps non complet, dans le cadre du remplacement temporaire d'un fonctionnaire, sur le fondement de l'article 3-1 de la loi du 26 janvier 1984, jusqu'au 31 décembre 2018. Ce contrat a fait l'objet de plusieurs renouvellements sur le même fondement, à temps non complet jusqu'au 4 février 2019 puis à temps complet. Ce contrat de travail a été renouvelé en dernier lieu pour la période du 1er avril au 30 septembre 2020. Postérieurement à la cessation de la relation d'emploi, par un courrier du 27 mai 2021, Mme A a demandé à la commune d'Evry-Courcouronnes de lui verser un rappel de traitement d'un montant de 5 638,21 euros. Par un courrier du 22 juillet 2021, le maire de la commune d'Evry-Courcouronnes a rejeté cette demande. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de cette décision et la condamnation de la collectivité à lui verser le rappel de traitement sollicité.
2. Aux termes de l'article 3-1 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée, alors en vigueur : " Par dérogation au principe énoncé à l'article 3 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires et pour répondre à des besoins temporaires, les emplois permanents des collectivités et établissements mentionnés à l'article 2 de la présente loi peuvent être occupés par des agents contractuels pour assurer le remplacement temporaire de fonctionnaires ou d'agents contractuels autorisés à exercer leurs fonctions à temps partiel ou indisponibles en raison d'un détachement de courte durée, d'une disponibilité de courte durée prononcée d'office, de droit ou sur demande pour raisons familiales, d'un détachement pour l'accomplissement d'un stage ou d'une période de scolarité préalable à la titularisation dans un corps ou un cadre d'emplois de fonctionnaires ou pour suivre un cycle de préparation à un concours donnant accès à un corps ou un cadre d'emplois, d'un congé régulièrement octroyé en application du I de l'article 21 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 précitée, des articles 57, 60 sexies et 75 de la présente loi ou de tout autre congé régulièrement octroyé en application des dispositions réglementaires applicables aux agents contractuels de la fonction publique territoriale. Les contrats établis sur le fondement du premier alinéa sont conclus pour une durée déterminée et renouvelés, par décision expresse, dans la limite de la durée de l'absence du fonctionnaire ou de l'agent contractuel à remplacer. Ils peuvent prendre effet avant le départ de cet agent. ". Aux termes de l'article 3-2 de la même loi : " Par dérogation au principe énoncé à l'article 3 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 précitée et pour les besoins de continuité du service, les emplois permanents des collectivités et établissements mentionnés à l'article 2 de la présente loi peuvent être occupés par des agents contractuels pour faire face à une vacance temporaire d'emploi dans l'attente du recrutement d'un fonctionnaire. Le contrat est conclu pour une durée déterminée qui ne peut excéder un an. Il ne peut l'être que lorsque la communication requise à l'article 41 a été effectuée. Sa durée peut être prolongée, dans la limite d'une durée totale de deux ans, lorsque, au terme de la durée fixée au deuxième alinéa du présent article, la procédure de recrutement pour pourvoir l'emploi par un fonctionnaire n'a pu aboutir. ".
3. Aux termes de l'article 1-2 du décret du 15 février 1988 susvisé : " Le montant de la rémunération est fixé par l'autorité territoriale en prenant en compte, notamment, les fonctions occupées, la qualification requise pour leur exercice, la qualification détenue par l'agent ainsi que son expérience. ". Si, en l'absence de dispositions législatives ou réglementaires relatives à la fixation de la rémunération des agents non titulaires, l'autorité compétente dispose d'une large marge d'appréciation pour déterminer, en tenant compte notamment des fonctions confiées à l'agent et de la qualification requise pour les exercer, le montant de la rémunération ainsi que son évolution, il appartient au juge, saisi d'une contestation en ce sens, de vérifier qu'en fixant ce montant l'administration n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation.
4. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que par un courriel du 6 mai 2020, la direction des ressources humaines de la commune a adressé à Mme A une proposition de salaire en vue de la conclusion d'un contrat de travail d'une durée d'un an, pour occuper le poste de chargé de mission " éducation artistique ", sur le fondement de l'article 3-2 de la loi du 26 janvier 1984. Si par deux courriels datés du 7 mai 2020, la requérante a indiqué accepter la proposition salariale, elle a également exprimé son insatisfaction de ne pas percevoir une régularisation de traitement pour les 9 mois durant lesquels elle a effectivement occupé le poste de chargé de mission et a indiqué souhaiter que le nouveau contrat qui lui était proposé prenne fin le 30 septembre 2020. Dans ces conditions, les parties n'ont pas conclu de nouveau contrat et la relation d'emploi a pris fin le 30 septembre 2020, au terme du dernier contrat conclu le 3 avril 2020, sur le fondement de l'article 3-1 de la loi du 26 janvier 1984. Par suite, c'est à bon droit que le maire de la commune d'Evry-Courcouronnes a pu considérer qu'un désaccord ayant été acté entre les parties quant à la durée du contrat proposé, Mme A ne pouvait se prévaloir d'aucun engagement contractuel de la commune à lui verser la rémunération exprimée dans la proposition émise en vue de la conclusion de ce contrat.
5. En deuxième lieu, d'une part, il résulte des dispositions citées au point 3 que l'autorité territoriale fixe librement la rémunération des agents non titulaires en prenant en compte des considérations propres à l'agent et aux fonctions qu'il est amené à occuper. Mme A ne peut ainsi utilement soutenir qu'ayant occupé à compter de septembre 2019 le poste de chargé de mission " éducation artistique ", elle aurait dû nécessairement percevoir la même rémunération que l'agent qu'elle remplaçait sur ce poste. D'autre part, il est constant que Mme A a été recrutée pour occuper un poste d'adjoint d'animation, de catégorie C. Il ressort de l'organigramme produit par la requérante que le poste d'" intervenant vidéo " sur lequel elle a d'abord été affectée se situe à un niveau hiérarchique équivalent à celui de chargé de mission " éducation artistique " et il ne ressort d'aucune pièce du dossier, ni n'est d'ailleurs soutenu, que ce dernier poste nécessitait des qualifications supérieures à celui pour lequel la requérante a été initialement recrutée. La rémunération fixée par son premier contrat était calculée sur la base de l'échelon 1 du grade d'adjoint d'animation, soit l'indice brut 347, assorti d'une part indemnitaire à hauteur de 40 euros mensuel et de l'indemnité de résidence. L'intéressée a ensuite bénéficié d'une augmentation de la part indemnitaire pour la porter à 188 euros mensuels à compter du 4 avril 2019, puis d'une augmentation d'indice brut pour le porter à l'indice 350 à compter du 1er janvier 2020. Mme A ne produit aucun élément relatif à son expérience ou à ses qualifications professionnelles de nature à justifier qu'elle aurait dû percevoir une rémunération supérieure. Par suite, il ne ressort pas des pièces du dossier que le montant de la rémunération versée à Mme A aurait été entaché d'une erreur manifeste d'appréciation. Dans ces conditions, et alors même que la commune d'Evry-Courcouronnes lui a proposé, dans le cadre d'un nouveau contrat, une augmentation substantielle pour occuper les mêmes fonctions, elle n'est pas fondée à soutenir qu'en refusant de lui verser de manière rétroactive un traitement brut de 2 203,43 euros mensuel à compter de septembre 2019, le maire d'Evry-Courcouronnes aurait entaché sa décision d'une erreur de droit ou d'une erreur manifeste d'appréciation.
6. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir soulevées en défense, les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, ses conclusions indemnitaires et celles au titre du remboursement des frais de l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune d'Evry-Courcouronnes.
Délibéré après l'audience du 2 février 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Gosselin, président,
M. Maitre, premier conseiller,
Mme Geismar, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2024.
Le rapporteur,
signé
B. Maitre
Le président,
signé
C. Gosselin
La greffière,
signé
S. Lamarre
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026