jeudi 9 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2108487 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7éme chambre |
| Avocat requérant | SCP ZURFLUH LEBATTEUX SIZAIRE & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 28 septembre 2021, la présidente du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a transmis au tribunal administratif de Versailles la requête de M. B, enregistrée le 24 août 2021.
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 4 octobre 2021 et 24 mai 2023, M. B, représenté par Me Cédric Jobelot, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 juin 2021 par laquelle le maire de Senlisse a rejeté sa demande du 27 mai 2021 tendant à l'abrogation des dispositions du plan local d'urbanisme (PLU) prévoyant le classement de la parcelle C490 en zone N grevée d'un espace boisé classé ;
2°) d'enjoindre au maire de Senlisse de convoquer le conseil municipal en inscrivant à l'ordre du jour l'abrogation du PLU en ce qui concerne le classement de la parcelle C490 en zone N et l'instauration d'un espace boisé classé ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Senlisse la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le classement de la parcelle C490 est entaché d'erreur de fait et d'erreur manifeste d'appréciation;
- ce classement a été formalisé dans le seul but de faire obstacle à toute construction sur la parcelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 avril 2023, la commune de Senlisse, représentée par Me Pierre-Jean Blard, conclut au rejet de la requête ainsi qu'à la mise à la charge de M. B de la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fejérdy, première conseillère,
- les conclusions de Mme Cerf, rapporteure publique,
- et les observations de Me Drouet, représentant M. B, et de Me Gallo, représentant la commune de Senlisse.
Considérant ce qui suit :
1. Par délibération du 4 juillet 2018, la commune de Senlisse a adopté son plan local d'urbanisme. Par un courrier du 27 mai 2021, M. B, propriétaire de plusieurs parcelles sur le territoire de la commune, a demandé au maire de Senlisse d'abroger les dispositions du PLU en tant qu'elles modifient le classement de sa parcelle C490. Il demande l'annulation de la décision du 23 juin 2021 ayant rejeté sa demande.
2. La parcelle C490 constitue une bande s'étendant d'est en ouest, boisée dans sa partie est en lisière de forêt, et séparée, côté ouest, du centre-bourg par quelques parcelles. L'ancien plan d'occupation des sols classait la moitié est de la parcelle en zone N et sa moitié ouest en zone UA. M. B conteste la modification par le PLU du classement de la partie centrale du terrain, auparavant classée en zone UA, et désormais classée en zone N et identifiée en espace boisé classé.
3. Aux termes de l'article R. 151-24 du code de l'urbanisme : " Les zones naturelles et forestières sont dites " zones N ". Peuvent être classés en zone naturelle et forestière, les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison : / 1° Soit de la qualité des sites, milieux et espaces naturels, des paysages et de leur intérêt, notamment du point de vue esthétique, historique ou écologique ; / 2° Soit de l'existence d'une exploitation forestière ; / 3° Soit de leur caractère d'espaces naturels ; /4° Soit de la nécessité de préserver ou restaurer les ressources naturelles ; / 5° Soit de la nécessité de prévenir les risques notamment d'expansion des crues. " Aux termes de l'article L. 113-1 du code de l'urbanisme : " Les plans locaux d'urbanisme peuvent classer comme espaces boisés, les bois, forêts, parcs à conserver, à protéger ou à créer, qu'ils relèvent ou non du régime forestier, enclos ou non, attenant ou non à des habitations. Ce classement peut s'appliquer également à des arbres isolés, des haies ou réseaux de haies ou des plantations d'alignements ".
4. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer les partis d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par ce document, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage déterminant la constructibilité des terrains. Aucune disposition législative ne fait obstacle à ce que puisse être légalement décidé le classement en zone naturelle d'un secteur que les auteurs du document d'urbanisme entendent soustraire, pour l'avenir, à l'urbanisation, sous réserve que l'appréciation à laquelle ils se livrent ne repose pas sur des faits matériellement inexacts ou ne soit pas entachée d'une erreur manifeste.
5. Il ressort du plan de zonage joint au règlement du PLU que la limite entre la zone UB et la zone N a été fixée, notamment au niveau de la parcelle litigieuse, suivant la lisière du massif boisé de plus de 100 hectares. Il s'ensuit que, selon ce document, la partie de la parcelle C490 classée en zone N appartient à ce massif boisé. Si la commune soutient que ce terrain, dont il est constant qu'aujourd'hui il n'est pas boisé dans sa partie centrale, était " majoritairement boisé au moment de l'adoption du PLU ", elle ne l'établit pas, alors qu'il ressort des photographies datées produites par le requérant que tel n'a jamais été le cas. Dès lors, il s'ensuit que le zonage de la partie centrale de la parcelle, classée en zone N et en espace boisé classé, a été défini à partir d'une appréciation matérielle inexacte des faits.
6. Par ailleurs, d'une part, la commune fait valoir, pour justifier le classement en zone N de la partie centrale de la parcelle, que les auteurs du PLU se sont fixé pour objectif de concilier aménagement urbain et préservation des éléments paysagers, et pour ce faire, de limiter strictement les secteurs destinés à accueillir l'urbanisation future. Le PLU définit toutefois, au titre des " espaces préférentiels de densification ", trois zones UB, dont celle correspondant au centre du bourg, le long de l'axe principal. Or il ressort des pièces du dossier que si la partie centrale de la parcelle n'est pas bâtie, elle est néanmoins située dans l'alignement du bâti des parcelles voisines, lesquelles sont incluses dans la zone UB correspondant au centre du bourg, et appartient ainsi manifestement au site urbain constitué.
7. D'autre part, la commune fait valoir que le classement en zone N de la partie centrale de la parcelle est nécessaire à la préservation et la valorisation des espaces naturels, en raison du " risque de détérioration accrue par des aménagements souvent non annoncés " ainsi que " des caractéristiques permettant d'entrevoir le développement des trames écologiques et paysagères, ainsi que le développement des modes durables de déplacement ". Elle n'établit toutefois pas la réalité de ses affirmations, alors que le PLU autorise, à l'intérieur de la bande de 50 mètres de protection des lisières des massifs boisés de plus de 100 hectares, les nouvelles constructions à l'intérieur des sites urbains constitués. Dès lors, le classement en zone N de la partie centrale de la parcelle litigieuse est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
8. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'est susceptible de fonder l'annulation de la décision.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du 23 juin 2021 rejetant sa demande d'abrogation.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Le présent jugement, qui annule la décision rejetant la demande d'abrogation présentée par M. B, implique nécessairement que le conseil municipal de Senlisse décide l'abrogation du PLU en ce qui concerne le classement de la partie centrale de la parcelle C490. Il y a lieu d'enjoindre au maire de Senlisse de convoquer le conseil municipal à cette fin, dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
11. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. B, qui n'est pas la partie perdante, la somme que demande la commune de Senlisse au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune la somme de 1 800 euros à verser à M. B au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 23 juin 2021, par laquelle le maire de Senlisse a rejeté la demande d'abrogation de M. B, est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au maire de Senlisse de convoquer le conseil municipal, en inscrivant à l'ordre du jour l'abrogation du PLU en ce qui concerne le classement de la partie centrale de la parcelle C490 en zone N et en espace boisé classé, dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Senlisse versera la somme de 1 800€ (mille huit cents euros) à M. B au titre des dispositions de l'article L761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Senlisse au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Senlisse.
Délibéré après l'audience du 19 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Ouardes, président,
- Mme Fejérdy, première conseillère,
- M. De Miguel, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 novembre 2023.
La rapporteure,
signé
B. Fejérdy
Le président,
signé
P. Ouardes
La greffière,
signé
C. Benoit-Lamaitrie
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026