LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2108814

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2108814

lundi 8 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2108814
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre
Avocat requérantASSOCIATION JARNOUX-DAVALON & PIERRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 octobre 2021, Mme C B, représentée par Me Davalon, demande au tribunal :

1°) de condamner la communauté de communes du pays houdanais à lui verser une indemnité de 28 242 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis dans le cadre des travaux de réfection de son installation d'assainissement ;

2°) de mettre à la charge de la communauté de communes du pays houdanais une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la communauté de communes du pays houdanais avait la qualité de maître d'ouvrage délégué au moment de la réalisation du système d'assainissement ; en vertu de l'article 1792-1 du code civil, elle doit être regardée comme constructeur de l'ouvrage dès lors qu'elle a accompli une mission assimilable à celle d'un locateur d'ouvrage ;

- les ouvrages portent atteinte à la destination de l'immeuble et sont donc de nature décennale ;

- du fait de l'existence d'un désordre de nature décennale, elle est fondée à exercer à l'encontre de la communauté de communes du pays houdanais une action de plein droit en réparation de ses préjudices.

Par un mémoire en défense enregistré le 29 décembre 2023, la communauté de communes du pays houdanais, représentée par Me Corneloup, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme B une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- Mme B n'est pas fondée à engager sa responsabilité décennale dès lors que les désordres en litige ne rendent pas l'ouvrage impropre à sa destination ni ne portent atteinte à sa solidité et qu'elle n'a pas la qualité de constructeur ;

- en tout état de cause, aucun des désordres en cause ne lui est imputable.

Par une ordonnance du 12 décembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 12 janvier 2024.

Par courrier du 14 mars 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'incompétence de la juridiction administrative à connaître des conclusions tendant à l'indemnisation de dommages causés dans le cadre de travaux proposés à des propriétaires et usagers du service public de l'assainissement non collectif assuré par la communauté de communes du pays houdanais, lequel a un caractère industriel et commercial.

Vu :

- l'ordonnance du 11 février 2022 par laquelle le juge des référés du tribunal a désigné M. A en qualité d'expert ;

- le rapport d'expertise déposé au greffe du tribunal le 30 mai 2023 ;

- l'ordonnance du 28 juillet 2023 par laquelle la première vice-présidente du tribunal a liquidé et taxé les frais de l'expertise à la somme de 13 653 euros TTC ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Degorce ;

- les conclusions de Mme Winkopp-Toch, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Hortanse pour la communauté de communes du pays houdanais.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C B est propriétaire d'un bien immobilier, situé 8 rue Dancourt à Septeuil, dans les Yvelines, qu'elle a acquis au mois de juillet 2013. L'année précédant son acquisition, les anciens propriétaires de son bien avaient confié à la communauté de communes du pays houdanais, par une convention du 23 octobre 2012, le soin de procéder à la réalisation de travaux de réhabilitation de leur installation d'assainissement non collectif qui avait été jugée non conforme. Ces travaux, réalisés par la société Team Réseaux, sous la maîtrise d'œuvre de la société Concept Environnement, ont été réceptionnés le 12 juillet 2013. Toutefois, au cours de l'année 2014, Mme B a constaté l'apparition de désordres et de dysfonctionnements au niveau de la pompe de relevage. En dépit de travaux de reprise réalisés en décembre 2014 par la société Team Réseaux, ces désordres ont persisté, conduisant la requérante à conclure avec la communauté de communes du pays houdanais, la société Concept Environnement et la société Team Réseaux un protocole transactionnel, le 14 septembre 2017, aux termes duquel cette dernière s'engageait à intervenir pour régler les dysfonctionnements affectant la pompe de relevage et à verser à Mme B la moitié de la somme de 600 euros en réparation de ses préjudices, l'autre moitié étant réglée par le maître d'œuvre. Les désordres persistant néanmoins, le juge des référés du tribunal de céans a désigné un expert judiciaire, par ordonnance du 11 février 2022, en vue notamment de décrire les désordres et de déterminer leurs causes. Ce rapport a été déposé au greffe du tribunal le 30 mai 2023. Par la présente requête, Mme B, sur le fondement des articles 1792 et suivants du code civil, demande la condamnation de la communauté de communes du pays houdanais à réparer les préjudices qu'elle estime avoir subis.

Sur l'incompétence de la juridiction administrative :

2. Aux termes de l'article L. 2224-8 du code général des collectivités territoriales dans sa version applicable à la date de la convention du 23 octobre 2012 : " I. - Les communes sont compétentes en matière d'assainissement des eaux usées. () III. - Pour les immeubles non raccordés au réseau public de collecte, la commune assure le contrôle des installations d'assainissement non collectif. () Elles peuvent assurer, avec l'accord écrit du propriétaire, l'entretien, les travaux de réalisation et les travaux de réhabilitation des installations d'assainissement non collectif prescrits dans le document de contrôle. () ". Aux termes de l'article L. 2224-11 du même code : " Les services publics d'eau et d'assainissement sont financièrement gérés comme des services à caractère industriel et commercial. ".

3. D'une part, il n'appartient pas à la juridiction administrative d'apprécier la responsabilité encourue à raison de vices dans la conception ou l'exécution de travaux entrepris par des collectivités publiques, leurs concessionnaires ou leurs entrepreneurs lorsque ces dommages ont été causés à l'usager d'un service industriel et commercial par une personne ayant collaboré à l'exécution de ce service et à l'occasion de la fourniture de la prestation due par le service à cet usager. En raison des liens de droit privé existant entre les services publics industriels et commerciaux et leurs usagers, les tribunaux judiciaires sont seuls compétents pour connaître de l'action formée par l'usager contre les personnes participant à l'exécution du service.

4. D'autre part, les prestations de mise en conformité d'installations d'assainissement non collectif, proposées par une commune à leurs propriétaires, constituent un prolongement direct des missions d'entretien de ces installations que la commune peut, en vertu des dispositions de l'article L. 2224-8 du code général des collectivités territoriales, prendre en charge dans le cadre du service public de l'assainissement non collectif. Dès lors, le litige entre le propriétaire d'une de ces installations et la société chargée d'effectuer ces travaux par la commune tend à la réparation d'un dommage causé à un usager du service public de l'assainissement, lequel a le caractère d'un service public industriel et commercial en vertu de l'article L. 2224-11 du code général des collectivités territoriales et ressortit donc à la compétence des juridictions judiciaires.

5. Enfin, la communauté de communes du pays houdanais exerce la compétence en matière d'assainissement non collectif sur le territoire de la commune de Septeuil.

6. En l'espèce, les travaux de réhabilitation portant sur l'installation d'assainissement non collectif de Mme B, réalisés par les sociétés Team Réseaux et Concept Environnement sous maîtrise d'ouvrage de la communauté de communes du pays houdanais, relèvent des missions que toute communauté de communes à qui cette compétence a été transférée doit prendre en charge dans le cadre de sa mission de service public de l'assainissement non collectif.

7. Il en résulte que les préjudices que Mme B subit à raison des désordres apparus à l'issue des travaux de réhabilitation de sa pompe de relevage et dont elle demande l'indemnisation doivent être regardés comme des dommages causés à un usager du service public de l'assainissement dans le cadre de son exécution. Ce service public ayant le caractère d'un service public industriel et commercial, le litige relève de la juridiction judiciaire et la requête de Mme B ne peut donc qu'être rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

Sur les dépens :

8. Il résulte de l'instruction que les frais et honoraires de l'expertise confiée à M. A ont été taxés et liquidés à la somme de 13 653 euros TTC par ordonnance de la première vice-présidente du tribunal du 28 juillet 2023. Il résulte du point 7 qu'il y a lieu, de laisser cette somme à la charge de Mme B.

Sur les frais d'instance :

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la communauté de communes du pays houdanais, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme B réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Par ailleurs, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées à ce titre par la communauté de communes du pays houdanais.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

Article 2 : Les frais et honoraires de l'expertise taxés et liquidés à la somme de 13 653 euros sont laissés à la charge de Mme B.

Article 3 : Les conclusions présentées par la communauté de communes du pays houdanais au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à la communauté de communes du pays houdanais.

Délibéré après l'audience du 25 mars 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Mégret, présidente,

- Mme Lutz, première conseillère,

- Mme Degorce, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 avril 2024.

La rapporteure,

signé

Ch. DegorceLa présidente,

signé

S. Mégret

La greffière,

signé

C. Delannoy

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions