jeudi 4 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2109173 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Président Ouardes |
| Avocat requérant | SELARL SAMSON & WEIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 octobre 2021, M. A B, représenté par Me Samson, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision " 48 SI " du 6 août 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur lui a notifié douze décisions de retraits de points sur son permis de conduire et a constaté l'invalidité de son permis de conduire en raison d'un solde de points nul ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le solde de son permis de conduire n'est pas nul dès lors qu'il existe une erreur de calcul s'agissant du décompte du capital de points, ce décompte n'étant pas nul mais égal à deux points ;
- le solde de son permis de conduire n'est pas nul dès lors qu'il aurait dû bénéficier d'une reconstitution de quatre points à la suite de la réalisation du stage conformément aux dispositions de l'article L. 223-6 et du II de l'article R. 223-8 du code de la route ;
- il n'a pas reçu les informations prévues par les dispositions des articles L. 223-1 et R. 223-1 du code de la route.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 mars 2022, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation contre la décisions " 48 SI " du 6 août 2021, les retraits de points consécutifs aux infractions commises les 25 septembre 2020, 20 août 2020 et 10 juillet 2012 ainsi que celles tendant à l'enregistrement du stage effectué les 8 et 9 octobre 2021 et conclut au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Par un mémoire, enregistré le 22 mars 2022, M. B demande au tribunal de lui donner acte de son désistement en ce qui concerne ses conclusions tendant à l'annulation de la décision par laquelle le ministre de l'intérieur a procédé au retrait de points sur son permis de conduire liées aux infractions des 25 septembre 2020, 20 août 2020, 24 janvier 2020, 12 août 2019, 14 juin 2018, 12 février 2017, 8 juillet 2015, 28 octobre 2014, 9 janvier 2014, 10 juillet 2012 et 13 août 2012 mais maintient ses conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision de retrait de points consécutive à l'infraction du 3 décembre 2020.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Ouardes, vice-président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Ouardes a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
Sur l'étendue du litige :
1. Des infractions au code de la route relevées les 10 juillet 2012, 13 août 2012, 9 janvier 2014, 28 octobre 2014, 8 juillet 2015, 12 février 2017, 14 juin 2018, 12 août 2019, 24 janvier 2020, 3 décembre 2020, 20 août 2020 et 25 septembre 2020 ont été attribuées à M. B et ont entraîné le retrait d'un total de seize points sur le solde de son permis de conduire. Par une décision dite " 48 SI " du 6 août 2021, le ministre de l'intérieur l'a informé du dernier retrait de points, a récapitulé les retraits de points antérieurs, a constaté un solde de points nul et la perte pour l'intéressé du droit de conduire un véhicule et lui a enjoint de restituer son permis de conduire dans un délai de dix jours. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de la décision " 48 SI " du 6 août 2021 ainsi que des décisions de retrait de points consécutifs aux infractions récapitulées ci-dessus.
2. Si, dans sa requête, M. B avait notamment demandé l'annulation de la décision par laquelle le ministre de l'intérieur a procédé au retrait de seize points sur le solde de son permis de conduire à la suite des infractions relevées les 10 juillet 2012, 13 août 2012, 9 janvier 2014, 28 octobre 2014, 8 juillet 2015, 12 février 2017, 14 juin 2018, 12 août 2019, 24 janvier 2020, 20 août 2020 et 25 septembre 2020, il a, dans son mémoire enregistré le 22 mars 2022, expressément abandonné ces conclusions. Dès lors, il y a lieu pour le tribunal de donner acte au requérant de son désistement partiel.
Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation de la décision de retrait de point consécutive à l'infraction commise le 3 décembre 2020 :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 223-6 du code de la route : " () Le titulaire du permis de conduire qui a commis une infraction ayant donné lieu à retrait de points peut obtenir une récupération de points s'il suit un stage de sensibilisation à la sécurité routière qui peut être effectué dans la limite d'une fois par an () ". L'article R. 223-8 du même code précise que : " I. Le titulaire de l'agrément prévu au II de l'article R. 213-2 délivre une attestation de stage à toute personne qui a suivi un stage de sensibilisation à la sécurité routière dans le respect de conditions d'assiduité et de participation fixées par arrêté du ministre chargé de la sécurité routière. Il transmet un exemplaire de cette attestation au préfet du département du lieu du stage, dans un délai de quinze jours à compter de la fin de celui-ci. / II. L'attestation délivrée à l'issue du stage effectué en application des dispositions du quatrième alinéa de l'article L. 223-6 donne droit à la récupération de quatre points dans la limite du plafond affecté au permis de conduire de son titulaire. / III. Le préfet mentionné au I ci-dessus procède à la reconstitution du nombre de points dans un délai d'un mois à compter de la réception de l'attestation et notifie cette reconstitution à l'intéressé par lettre simple. La reconstitution prend effet le lendemain de la dernière journée de stage. ".
4. D'une part, les décisions portant retrait de points d'un permis de conduire, de même que celles qui constatent la perte de validité du permis pour solde de points nuls, ne sont opposables à son titulaire qu'à compter de la date à laquelle elles lui sont notifiées. Tant que le retrait de l'ensemble des points du permis ne lui a pas été rendu opposable, l'intéressé peut prétendre au bénéfice des dispositions précitées de l'article L. 223-6 du code de la route prévoyant des reconstitutions de points lorsque le titulaire du permis a accompli un stage de sensibilisation à la sécurité routière ou qu'il n'a commis aucune infraction ayant donné lieu à retrait de points pendant une certaine période.
5. D'autre part, il appartient au juge administratif, saisi d'une contestation portant sur un retrait de points du permis de conduire, lequel constitue une sanction que l'administration inflige à un administré, de se prononcer sur cette contestation comme juge de plein contentieux. Il en va de même lorsque le juge est saisi d'un recours contre une décision constatant la perte de validité d'un permis de conduire pour solde de points nul. Dans le cas où il apparaît que le solde des points était nul à la date à laquelle une telle décision est intervenue mais que, faute pour l'administration de l'avoir rendue opposable en la notifiant à l'intéressé, celui-ci a pu ultérieurement remplir les conditions pour bénéficier d'une reconstitution totale ou partielle de son capital de points, il appartient au juge de prononcer l'annulation de la décision.
6. Il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée référencée 48 SI a été présentée le 3 septembre 2021 à l'adresse correspondant à la résidence de M. B. La décision doit donc être regardée comme ayant été régulièrement notifiée à l'intéressé le 3 septembre 2021. Dès lors, la décision attaquée ayant été rendue opposable à M. B avant le dernier jour du stage de sensibilisation à la sécurité routière que l'intéressé a effectué les 8 et 9 octobre 2021, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il aurait dû bénéficier de la récupération de points prévue par les dispositions précitées.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. () La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. ". Aux termes de l'article L. 223-3 du même code : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. ". Aux termes de l'article R. 223-3 du même code : " I. Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. II. Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 225-1 à L. 225-9 ".
8. La délivrance, au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Cette information revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.
9. Il résulte du relevé d'information intégral du 15 mars 2022 afférent au permis de conduire de M. B que l'infraction contestée, commise le 3 décembre 2020, a été constatée par un procès-verbal électronique et a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. Le ministre de l'intérieur produit la copie du procès-verbal afférent à l'infraction contestée. Toutefois, ce procès-verbal ne comporte pas les informations exigées par la loi, ni la signature de l'intéressé, ni même la mention " refus de signer ". Ainsi, il n'est pas possible de s'assurer que M. B a bien eu connaissance des informations prévues à l'article L. 223-3 du code de la route. Dès lors, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B aurait payé l'amende forfaitaire majorée correspondant à l'infraction du 3 décembre 2020.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. B doit être regardé comme ayant été privé de la garantie instituée par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Par suite, il est fondé à soutenir que la décision relative à l'infraction commise le 3 décembre 2020 est intervenue à la suite d'une procédure irrégulière et est donc illégale.
Sur les frais de l'instance :
11. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement de M. B de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision " 48 SI " par laquelle le ministre de l'intérieur a procédé au retrait de seize points sur le solde de son permis de conduire à la suite des infractions relevées les 10 juillet 2012, 13 août 2012, 9 janvier 2014, 28 octobre 2014, 8 juillet 2015, 12 février 2017, 14 juin 2018, 12 août 2019, 24 janvier 2020, 20 août 2020 et 25 septembre 2020.
Article 2 : La décision par laquelle le ministre de l'intérieur a retiré trois points du permis de conduire de M. B à la suite de l'infraction du 3 décembre 2020 est annulée.
Article 3 : Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 4 mai 2023,
Le magistrat désigné,
signé
P. OuardesLa greffière,
signé
C. Benoit-Lamaitrie
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026