jeudi 7 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2109430 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | RICCARDI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 1er novembre 2021 et le 20 septembre 2023, Mme B A , représentée par Me Riccardi, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 octobre 2021 par laquelle le directeur académique des services de l'éducation nationale de l'Essonne a rejeté sa demande d'être placée en disponibilité pour une durée d'un an à compter du 1er septembre 2021 ;
2°) d'enjoindre au directeur académique des services de l'éducation nationale de l'Essonne de lui délivrer un arrêté faisant droit à sa demande de mise en disponibilité pour convenance personnelle à compter du 22 septembre 2021 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'exception de non-lieu à statuer doit être écartée ;
- la décision attaquée est signée par un auteur incompétent ;
- elle retire une décision créatrice de droit qui n'était pas illégale ;
- elle est fondée sur des motifs liés à l'intérêt du service qui ne sont pas établis.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juillet 2023, la rectrice de l'académie de Versailles conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et au rejet des conclusions relatives aux frais exposés non compris dans les dépens.
Elle soutient que la demande de la requérante a été satisfaite.
Par ordonnance du 20 septembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 5 octobre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance n°2109431 du juge des référés du tribunal administratif de Versailles du 1er décembre 2021 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Perez,
- et les conclusions de Mme Chong-Thierry, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, alors attachée territoriale, a sollicité son intégration directe en septembre 2020 dans le corps des enseignants de l'Education nationale. Elle a été arrêtée pour des motifs médicaux entre les mois de mars et octobre 2021. Mme A ayant exprimé le souhait de ne plus exercer les fonctions d'enseignant, la communauté d'agglomération de Paris-Saclay lui a adressé une promesse d'embauche pour une prise de poste à compter du 1er septembre 2021 en qualité d'agent contractuel. Le 20 juillet 2021, l'intéressée a sollicité auprès du directeur académique des services de l'éducation nationale de l'Essonne sa mise en disponibilité pour convenances personnelles, demande réitérée par un courrier en date du 28 septembre 2021. Ces demandes ont été expressément rejetées par un courrier du 8 octobre 2021. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal d'annuler cette décision de refus du 8 octobre 2021.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Par une décision en date du 8 octobre 2021, le directeur académique des services de l'éducation nationale de l'Essonne a rejeté la demande présentée le 20 juillet 2021 et le 28 septembre 2021 par Mme A pour obtenir une disponibilité pour convenance personnelle pour l'année scolaire 2021/2022. Par un arrêté en date du 10 décembre 2021, postérieur à l'introduction de la requête, le directeur académique des services de l'éducation nationale de l'Essonne a placé Mme A en disponibilité pour convenances personnelles du 11 décembre 2021 au 31 août 2022. Toutefois, l'arrêté du 10 décembre 2021 a été pris sur injonction du juge des référés du tribunal de Versailles qui, par une ordonnance du 1er décembre 2021, a enjoint à la rectrice de Versailles " d'accorder à Mme A, à titre provisoire, jusqu'à ce qu'il soit statué sur son recours au fond, sa mise en disponibilité pour convenances personnelles ". La décision du 10 décembre 2021 a donc un statut provisoire dans l'attente du jugement concernant le recours au fond et la requête de Mme A conserve son objet. Par suite, l'exception de non-lieu à statuer soulevée par la rectrice de l'académie de Versailles doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, aux termes de l'article 14 bis de la loi du 13 juillet 1983 : " Hormis les cas où le détachement et la mise en disponibilité sont de droit, une administration ne peut s'opposer à la demande de l'un de ses fonctionnaires tendant, avec l'accord du service, de l'administration ou de l'organisme public ou privé d'accueil, à être placé dans l'une de ces positions statutaires ou à être intégré directement dans une autre administration qu'en raison des nécessités du service ou, le cas échéant, d'un avis rendu par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Elle peut exiger de lui qu'il respecte un délai maximal de préavis de trois mois. Son silence gardé pendant deux mois à compter de la réception de la demande du fonctionnaire vaut acceptation de cette demande ". De plus, aux termes de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision. ".
4. Il ressort des pièces du dossier que, par une demande reçue par l'administration le 21 juillet 2021, Mme A a, le 20 juillet 2021, sollicité auprès du directeur académique des services de l'éducation nationale de l'Essonne sa mise en disponibilité pour convenances personnelles. Si l'administration indique avoir adressé un premier courrier portant refus de mise en disponibilité à Mme A le 13 septembre 2021, aucune pièce du dossier ne permet d'établir l'existence d'une telle décision. Par suite, une décision implicite d'acceptation est réputée être née le 21 septembre 2021 conformément aux dispositions de l'article 14 bis précité de la loi du 13 juillet 1983. Il s'ensuit que la décision du 8 octobre 2021, par laquelle l'administration a expressément rejeté la demande de l'intéressée, doit être regardée comme procédant au retrait de cette décision implicite d'acceptation de mise en disponibilité, laquelle était créatrice de droits. Alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que celle-ci revêtait un caractère illégal, le directeur académique des services de l'éducation nationale de l'Essonne a donc méconnu les exigences posées par l'article L. 242-1 susvisé.
5. Il résulte de ce qui précède que la décision du 8 octobre 2021 par laquelle le directeur académique des services de l'éducation nationale de l'Essonne a refusé à Mme A sa demande d'être placée en disponibilité pour une durée d'un an à compter du 1er septembre 2021 doit être annulée, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Par un arrêté du 10 décembre 2021, Mme A a été mise en disponibilité du 11 décembre 2021 au 31 août 2022, disponibilité reconduite à deux reprises jusqu'au 31 août 2024. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a dès lors plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés à l'instance :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 8 octobre 2021 par laquelle le directeur académique des services de l'éducation nationale de l'Essonne a refusé à Mme A sa demande d'être placée en disponibilité pour une durée d'un an à compter du 1er septembre 2021 est annulée.
Article 2 : L'Etat versera à Mme A une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions présentées par Mme A est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au recteur de l'académie de Versailles et à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Délibéré après l'audience du 15 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Mauny, président,
M. Perez, premier conseiller,
M. Bélot, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mars 2024.
Le rapporteur,
signé
J-L Perez
Le président,
signé
O. MaunyLa greffière,
signé
G. Le Pré
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui la concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026