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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2109495

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2109495

vendredi 5 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2109495
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationMagistrat Rivet
Avocat requérantIOSCA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 2 novembre 2021 et 12 juillet 2022, M. B A D F, représenté par Me Iosca, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision " 48 SI " du 21 août 2018 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer lui a notifié son dernier retrait de points, lui a rappelé les précédentes décisions de retrait de points et a constaté l'invalidité de son permis de conduire en raison d'un solde de points nul ;

2°) d'annuler les décisions portant retraits de points sur le solde de son permis de conduire à raison des infractions commises les 15 juillet 2017 (1 point), 19 décembre 2017 (4 points), 9 janvier 2018 (1 point), 8 août 2019 (1 point) et 31 octobre 2020 (4 points) ;

3°) d'annuler la décision implicite née le 2 septembre 2021 du silence gardé par le ministre de l'intérieur et des outre-mer sur sa demande tendant au retrait de ces décisions ;

4°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de lui restituer les points illégalement retirés dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir.

Il soutient que :

- elle n'a pas reçu l'information prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;

- la réalité des infractions n'est pas établie.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 décembre 2021, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les requêtes relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions du 1° de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu, au cours de l'audience publique le rapport de Mme C ;

Considérant ce qui suit :

1. M. A D F a commis une série d'infractions au code de la route les les 15 juillet 2017, 19 décembre 2017, 9 janvier 2018, 8 août 2019 et 31 octobre 2020 ayant entraîné le retrait de plusieurs points. Par une décision " 48 SI " notifiée le 6 juillet 2021, le ministre de l'intérieur a récapitulé l'ensemble de ces décisions de retrait de points et a invalidé son permis de conduire en raison d'un solde de points nul. M. A D F a demandé au ministre de l'intérieur et des outre-mer, par un courrier avisé le 2 juillet 2021, le retrait des décisions de retrait de points litigieuses. Cette demande a été implicitement rejetée le 2 septembre 2021. Par la présente requête, M. E F demande l'annulation de cette dernière décision, ainsi que des décisions portant retrait de points de son permis de conduire.

Sur la recevabilité des conclusions relatives à la décision " 48 SI " du 21 août 2018 :

2. Il résulte de l'instruction et notamment du relevé d'information intégral du permis de conduire de M. A D F, édité le 28 décembre 2021 et versé au débat par le ministre de l'intérieur et des outre-mer, qu'aucune mention concernant l'existence d'une décision d'invalidation du permis de conduire du 21 août 2018 n'y figure. Par conséquent, les conclusions dirigées contre la décision " 48 SI " inexistante sont irrecevables et doivent être rejetées.

Sur la recevabilité des conclusions relatives aux décisions portant retrait de points :

3. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ". Aux termes de l'article R. 223-3 du code de la route :" () Si le retrait de points aboutit à un nombre nul de points affectés au permis de conduire, l'auteur de l'infraction est informé par le ministre de l'intérieur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception du nombre de points retirés. Cette lettre récapitule les précédents retraits ayant concouru au solde nul, prononce l'invalidation du permis de conduire et enjoint à l'intéressé de restituer celui-ci au préfet du département ou de la collectivité d'outre-mer de son lieu de résidence dans un délai de dix jours francs à compter de sa réception () ".

4. En premier lieu, pour l'application de ces dispositions, les décisions référencées " 48 SI ", constatant la perte de validité du permis de conduire pour solde de points nul, dont l'administration n'est pas en mesure d'éditer des copies, doivent être regardées, sauf preuve contraire, comme conformes au modèle qui sert de base à leur édition automatisée par l'Imprimerie nationale, lequel comporte la mention des délais et voies de recours.

5. En deuxième lieu, les conclusions tendant à l'annulation d'une décision du ministre de l'intérieur portant retrait de points d'un permis de conduire sont dépourvues d'objet si la décision par laquelle ce ministre a constaté la perte de validité de ce permis pour solde de points nul est devenue définitive.

6. Il ressort des pièces du dossier que M. A D F a fait l'objet en 2021 d'une décision référencée " 48 SI " constatant l'invalidité de son permis de conduire pour solde de points nul et récapitulant les précédentes décisions de retrait de points. Cette décision doit être regardée, en application de ce qui a été dit au point 4, comme comportant la mention des voies et délais de recours. De plus, il ressort des pièces du dossier et notamment du relevé d'information intégral et de l'accusé de réception produits par le ministre qu'un pli recommandé avec accusé de réception n° 2C 1553 9243 415 a été envoyé à l'adresse connue et non contestée de M. A D F le 6 juillet 2021. La mention figurant sur l'avis de réception de ce pli du numéro de permis de conduire de l'intéressé précédée de la lettre " S " indique que le pli contenait une décision référencée " 48SI " d'invalidation du permis de conduire. Un avis de passage a été déposé le même jour conformément à la mention " A/P " du relevé d'information intégral du permis de conduire de l'intéressé et l'avis de réception produit par le ministre de l'intérieur est revêtu de la mention " pli avisé et non réclamé ". Dans ces conditions, compte tenu de ces mentions précises, claires et concordantes, la décision " 48SI ", qui comporte la mention des voies et délais de recours applicables, doit être regardée comme ayant été régulièrement notifiée à la requérante le 6 juillet 2021.

7. Il résulte de ce qui précède que le délai de recours contentieux de deux mois, ouvert pour contester la décision " 48SI ", réputée comporter la mention des voies et délais de recours, a commencé à courir le 7 juillet 2021. Dans ces conditions, les conclusions tendant à l'annulation des décisions de retrait de points du permis de conduire de M. A D, devenues définitives, étaient, dès leur introduction, dépourvues d'objet. Il s'ensuit que les conclusions tendant à l'annulation de ces décisions sont tardives et donc irrecevables.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. A D F doivent être rejetées, y compris, par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A D F est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A D F et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2024.

La magistrate désignée,

signé

S. C

La greffière,

signé

A. Gateau

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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