vendredi 21 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2109858 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SIMARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 novembre 2021, M. A B, représenté par Me Aline Simard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 septembre 2021 par laquelle le maire de Saint-Nom-la-Bretèche a refusé de modifier le classement de la parcelle cadastrée AD 106 ;
2°) d'enjoindre au maire de Saint-Nom-la-Bretèche de procéder à un nouvel examen de sa demande de classement de la parcelle AD 106 en espace paysager protégé dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Nom-la-Bretèche une somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ; l'objectif du plan local d'urbanisme (PLU) est de préserver et développer sur le territoire de la commune une activité agricole diversifiée, ainsi que de préserver le paysage agricole communal; la parcelle litigieuse bénéficie déjà d'une protection particulière en raison de son potentiel agronomique, biologique et paysager ; la construction d'une serre et d'un bâtiment agricole de stockage n'affecterait pas les cônes de vue de la route du Valmartin.
M. B a produit un mémoire, enregistré le 8 août 2022, qui n'a pas été communiqué.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 mai 2022, la commune de Saint-Nom-la-Bretèche, représentée par Me Xavier Guichaoua, conclut au rejet de la requête ainsi qu'à la mise à la charge du requérant de la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que le moyen de la requête n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fejérdy, première conseillère,
- les conclusions de M. Maitre, rapporteur public,
- et les observations de Me Simard, représentant M. B, et de Me Keita, représentant la commune de Saint-Nom-la-Bretèche.
M. B a produit une note en délibéré, enregistrée le 30 septembre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. Le 22 décembre 2020, M. B, propriétaire de la parcelle AD106, sise 69 rue de Valmartin, a déposé auprès de la mairie de Saint-Nom-la-Bretèche une demande de certificat opérationnel relative à l'installation sur sa parcelle d'une serre de 500 m² et d'un hangar de stockage agricole de 250 m². Par décision du 25 mars 2021, un certificat d'urbanisme négatif lui a été délivré, au motif que le terrain, répertorié en espace paysager protégé, ne pouvait accueillir aucune construction. Par courrier du 25 août 2021, le requérant, estimant que le classement de la parcelle AD106 en espace paysager protégé n'était pas justifié et représentait une " erreur matérielle de zonage ", a demandé la modification du PLU sur ce point. Il demande l'annulation de la décision du 9 septembre 2021 par laquelle le maire de Saint-Nom-la-Bretèche a rejeté sa demande.
2. Aux termes de l'article L. 123-1-5 7° du code de l'urbanisme, dans sa rédaction en vigueur le 20 décembre 2012, date à laquelle le PLU de Saint-Nom-la-Bretèche a été approuvé, le règlement du PLU peut " identifier et localiser les éléments de paysage et délimiter les quartiers, ilots, immeubles, espaces publics, monuments, sites et secteurs à protéger, à mettre en valeur ou à requalifier pour des motifs d'ordre culturel, historique ou écologique et définir, le cas échéant, les prescriptions de nature à assurer leur protection ". Aux termes de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction en vigueur depuis le 10 août 2016 : " Le règlement peut identifier et localiser les éléments de paysage et identifier, localiser et délimiter les quartiers, îlots, immeubles bâtis ou non bâtis, espaces publics, monuments, sites et secteurs à protéger, à conserver, à mettre en valeur ou à requalifier pour des motifs d'ordre culturel, historique ou architectural et définir, le cas échéant, les prescriptions de nature à assurer leur préservation leur conservation ou leur restauration. () " Aux termes de l'article L. 151-23 du même code, dans sa rédaction en vigueur depuis la même date : " Le règlement peut identifier et localiser les éléments de paysage et délimiter les sites et secteurs à protéger pour des motifs d'ordre écologique, notamment pour la préservation, le maintien ou la remise en état des continuités écologiques et définir, le cas échéant, les prescriptions de nature à assurer leur préservation. Lorsqu'il s'agit d'espaces boisés, il est fait application du régime d'exception prévu à l'article L. 421-4 pour les coupes et abattages d'arbres. / Il peut localiser, dans les zones urbaines, les terrains cultivés et les espaces non bâtis nécessaires au maintien des continuités écologiques à protéger et inconstructibles quels que soient les équipements qui, le cas échéant, les desservent. "
3. Ces dispositions permettent au règlement d'un plan local d'urbanisme d'édicter des dispositions visant à protéger, mettre en valeur ou requalifier un élément du paysage dont l'intérêt le justifie. Le règlement peut notamment, à cette fin, instituer un cône de vue ou identifier un secteur en raison de ses caractéristiques particulières. La localisation de ce cône de vue ou de ce secteur, sa délimitation et les prescriptions le cas échéant définies, qui ne sauraient avoir de portée au-delà du territoire couvert par le plan, doivent être proportionnées et ne peuvent excéder ce qui est nécessaire à l'objectif recherché. Une interdiction de toute construction ne peut être imposée que s'il s'agit du seul moyen permettant d'atteindre l'objectif poursuivi.
4. Sur le fondement de ces dispositions, le PLU de Saint-Nom-la-Bretèche définit un certain nombre d'espaces paysagers protégés, recouvrant notamment les vallons de la plaine agricole, ainsi que les cônes de vue depuis la route du Valmartin sur la plaine agricole. Il ressort du plan de zonage du règlement du PLU que la parcelle AD106 a été identifiée à ce titre, de même, notamment, que la presque totalité des parcelles formant une bande nord-sud agricole entre les deux parties urbanisées de la commune. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des différentes cartes jointes au rapport de présentation du PLU que la parcelle litigieuse est ainsi située sur la " continuité paysagère ou naturelle " définie entre Saint-Nom-la-Bretèche et Valmartin. Elle constitue également une " coupure d'urbanisation à préserver ", identifiée au schéma de cohésion et d'orientation territoriale (SCOT) Gally Mauldre, approuvé le 4 février 2015. Enfin, elle se situe au nord d'un corridor écologique, dans une zone à dominante humide, et dans une zone à risque d'érosion. Le classement de la parcelle AD106 en espace paysager protégé n'était donc pas uniquement justifié par un objectif de protection du paysage, mais répondait également notamment à des enjeux de protection de la nature, lesquels imposait l'inconstructibilité de la parcelle. Enfin, si à l'audience, le requérant indique qu'il conteste seulement le classement du nord de sa parcelle en espace paysager protégé, il ne fait valoir aucune caractéristique physique ou écologique propre au nord de son terrain qui justifierait qu'il soit exclu du classement litigieux. Dans ces conditions, quand bien même le projet de M. B ne serait pas visible depuis la voie publique en raison de la présence d'une haie autour de la parcelle, circonstance au demeurant sans incidence sur la légalité de l'identification de celle-ci en espace paysager protégé, et quand bien même les deux parcelles voisines, déjà bâties à la date de l'approbation du PLU, ne sont pas soumises à la même protection, la décision attaquée, refusant de supprimer l'espace paysager protégé identifié sur la parcelle AD106, n'est entachée d'aucune erreur manifeste d'appréciation. Il s'ensuit que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 9 septembre 2021.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Dès lors, les conclusions visées ci-dessus doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Saint-Nom-la-Bretèche, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge du requérant la somme que demande la commune au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Nom-la-Bretèche au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Saint Nom la Bretèche.
Délibéré après l'audience du 30 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Rollet-Perraud, présidente,
- Mme Fejérdy, première conseillère,
- Mme Amar-Cid, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2022.
La rapporteure,
signé
B. Fejérdy
La présidente,
signé
C. Rollet-Perraud
La greffière,
signé
K. Dupré
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026