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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2110157

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2110157

vendredi 23 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2110157
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantMAILLARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 novembre 2021, Mme A, représentée par Me Louis Maillard, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet des Yvelines a rejeté sa demande du 5 août 2021, tendant à l'enregistrement de sa demande d'asile ;

2°) d'enjoindre au préfet des Yvelines d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale, et de lui délivrer une attestation de demande d'asile dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard, ou à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande, dans un délai de dix jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous la même astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la décision n'est pas motivée ;

- le délai de transfert de six mois a expiré le 12 avril 2021 ; depuis cette date, la France est responsable de sa demande ;

- l'obligation d'informer l'Etat responsable à l'expiration du délai de six mois a été méconnue ;

- la décision est entachée d'erreur de droit, d'erreur manifeste d'appréciation, et méconnaît l'article L. 572-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en ce qu'elle considère que Mme A est en fuite.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mai 2023, le préfet des Yvelines conclut au non-lieu à statuer.

Il soutient que la requérante a été convoquée le 17 janvier 2022 pour déposer sa demande d'asile.

Par un mémoire, enregistré le 1er juin 2023, Mme A doit être regardée comme se désistant de sa requête, à l'exception des conclusions tendant à l'application des dispositions des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, dans lesquelles elle persiste.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 juillet 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Fejérdy, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, ressortissante ivoirienne née en 1992, a fait l'objet d'un arrêté du préfet des Yvelines du 8 juin 2020 prononçant sa remise aux autorités espagnoles, responsables de l'examen de sa demande d'asile, à la suite de leur accord exprès le 18 mai 2020. Elle a demandé au tribunal d'annuler cet arrêté. Sa requête a été rejetée par un jugement du 9 octobre 2020. Par une lettre de son conseil en date du 5 août 2021, adressée à la préfecture des Yvelines qui en a accusé réception le 9 août 2021, elle a sollicité l'enregistrement de sa demande d'asile en procédure normale. Elle demande l'annulation de la décision implicite par laquelle le préfet des Yvelines a rejeté cette demande.

2. Par un acte, enregistré le 1er juin 2023, Mme A doit être regardée comme se désistant de ses conclusions à fin d'annulation et d'injonction. Ce désistement est pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

3. Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Maillard de la somme de 1 000 euros, sous réserve que son conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

D E C I D E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement de Mme A de ses conclusions à fin d'annulation et d'injonction.

Article 2 : L'Etat versera à Me Maillard la somme de 1 000 euros, au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative, sous réserve qu'il renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Maillard et au préfet des Yvelines.

Délibéré après l'audience du 9 juin 2023, à laquelle siégeaient :

- Mme Rollet-Perraud, présidente,

- Mme Fejérdy, première conseillère,

- Mme Amar-Cid, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 juin 2023.

La rapporteure,

Signé

B. Fejérdy

La présidente,

Signé

C. Rollet-Perraud

La greffière,

Signé

A. Lloria

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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