mercredi 22 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2110160 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | BOISSY AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 24 novembre 2021 et 8 juin 2022, M. B A, représenté par Me Verdier-Villet, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er octobre 2021 par lequel le maire de la commune d'Itteville lui a délivré un certificat d'urbanisme pré-opérationnel négatif en vue de la division de son terrain en deux lots dont un à bâtir destiné à recevoir une maison individuelle d'habitation ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune d'Itteville de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Itteville la somme de 4 000 euros à lui verser au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dès lors que contrairement à ce qu'a retenu le maire d'Itteville le projet en litige ne présente pas de risque pour la salubrité publique ;
- les avis émis par la mission régionale d'autorité environnementale (MRAe) les 3 janvier 2018 et 8 août 2018 et le jugement du tribunal administratif de Versailles rendu le 16 juillet 2020 ne sont pas transposables au cas de la présente demande de certificat en litige ;
- les risques d'atteinte à la salubrité publique ne sont pas établis dès lors que d'une part, le règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune autorise dans la zone UR la réalisation de dispositifs d'assainissement individuel et que, d'autre part, le syndicat intercommunal d'aménagement de rivières et du cycle de l'eau (SIARCE) a émis un avis favorable à ce projet assorti de prescription ;
- plusieurs permis de construire ont été délivrés par la commune pour des projets comportant un dispositif d'assainissement individuel situé dans des zones proches du terrain d'assiette concerné ;
- le maire pouvait assortir son certificat d'urbanisme d'une prescription relative à la réalisation d'un dispositif d'assainissement individuel autonome conforme à la réglementation en vigueur et déterminé en fonction de la nature des sols.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 mai 2022, la commune d'Itteville, représentée par Me Boissy, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 200 euros soit mise à la charge du requérant au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 18 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 9 janvier 2023 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Maljevic, conseiller,
- les conclusions de Mme Amar-Cid, rapporteure publique,
- et les observations de Me Verdier-Villet, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, propriétaire d'une parcelle cadastrée section ZD n° 953 sur le territoire de la commune d'Itteville a déposé, le 4 août 2021, une demande de certificat d'urbanisme pré-opérationnel en vue de la division de son terrain en deux lots dont un lot à bâtir destiné à recevoir une maison individuelle. Par la présente requête, il demande l'annulation de l'arrêté du 1er octobre 2021 par lequel le maire de la commune d'Itteville lui a délivré un certificat d'urbanisme négatif.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
3. Il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteintes à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement de ces dispositions, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent. Par ailleurs, en vertu de ces dispositions, lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, le permis de construire ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modification substantielle nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.
4. Pour délivrer le certificat d'urbanisme pré-opérationnel négatif, le maire de la commune d'Itteville a estimé que le projet était de nature à porter atteinte à la salubrité publique en méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. Il a relevé, à cet égard, que le terrain d'assiette du projet n'est pas desservi par le réseau public d'assainissement et que la réalisation d'un dispositif d'assainissement individuel est de nature à affecter la qualité des eaux de surface ainsi que de la nappe phréatique, mais également à exposer la population à des pollutions chimiques, voire biologiques. Le maire a notamment fondé son appréciation sur les différents avis émis par la mission régionale d'autorité environnementale (MRAe) les 3 janvier et 8 août 2018 saisie respectivement sur le projet de zonage d'assainissement de la commune et sur une opération de construction prévue sur le site dit des " 4 dromadaires ", qui se trouve au pied de la Butte d'Itteville où se situe le terrain d'assiette du projet litigieux, qui emportait mise en compatibilité du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune. Dans son avis émis le 3 janvier 2018, la MRAe déplorait le maintien en assainissement non collectif des eaux usées du secteur de la Butte qu'elle juge inapte à l'assainissement autonome du fait de la nature des sols de ce secteur qui " présente une contrainte majeure (proximité de nappe, sol imperméable, substrat compact ou imperméable proche) ", ce qui selon elle " peut induire des incidences sur la qualité des eaux de surface et de la nappe, mais aussi sur l'exposition des populations à des pollutions chimiques, voire biologiques ". La MRAe a réitéré cet avertissement dans un avis du 8 août 2018 relatif au projet de mise en compatibilité par déclaration de projet du PLU de la commune d'Itteville.
5. En premier lieu, si M. A fait état du caractère ancien des avis émis par la MRAe, il ne ressort toutefois d'aucune pièce du dossier que la nature des sols du secteur concerné aurait connu des évolutions ou des changements de nature à rendre les avis émis en 2018 caduques. A cet égard, le requérant n'apporte aucune étude ou avis technique de nature à remettre ou cause ni même nuancer les constatations opérées par la MRAe dans ces deux avis. Si M. A soutient que les dispositions du règlement de la zone UR du PLU de la commune d'Itteville autorisent la réalisation de systèmes d'assainissement individuel, leur installation demeure néanmoins subordonnée au respect de la réglementation en vigueur et déterminé en fonction de la nature des sols. Ni ces dispositions, ni l'existence d'un avis conforme du SIARCE ne sauraient priver le maire de la commune de son pouvoir d'apprécier l'existence d'un risque d'atteinte à la salubrité publique en application des dispositions précitées de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. En l'occurrence, et à l'aune des constatations opérées par la MRAe, qui ne sont pas sérieusement contestées par le requérant, la probabilité de contamination chimique et biologique des eaux de surface et de la nappe ne peut être écartée et les conséquences d'un tel risque présente un caractère suffisamment grave compte tenu de l'exposition des populations à de telles pollutions. La circonstance que le maire de la commune aurait délivré des autorisations d'urbanisme pour des projets situés à proximité du terrain d'assiette du projet n'est pas démontrée compte tenu de la distance qui sépare ces projets du terrain d'assiette litigieux, et ne saurait en tout état de cause conférer un droit au requérant de bénéficier d'un certificat d'urbanisme opérationnel. Dès lors, le maire de la commune d'Itteville n'a pas entaché son arrêté d'une erreur d'appréciation en retenant, sur le fondement de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, l'existence d'un risque d'atteinte à la salubrité publique.
6. En second lieu, l'administration ne peut assortir une autorisation d'urbanisme de prescriptions qu'à la condition que celles-ci, entraînant des modifications sur des points précis et limités et ne nécessitant pas la présentation d'un nouveau projet, aient pour effet d'assurer la conformité des travaux projetés aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.
7. Si le requérant soutient qu'un certificat d'urbanisme opérationnel positif aurait pu être délivré et subordonné à une prescription, il ne précise ni la nature ni la portée de la prescription dont le certificat aurait pu être assorti. Dans ces conditions, et en l'absence de toute précision du requérant sur ce point, les considérations de salubrité publique ayant justifié le certificat négatif ne pouvaient, dans les circonstances de l'espèce, conduire le maire à édicter utilement des prescriptions de nature à prévenir tout risque à cet égard. Par suite, le maire de la commune d'Itteville n'a pas davantage commis d'erreur d'appréciation sur ce point.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 1er octobre 2021 par lequel le maire de la commune d'Itteville lui a délivré un certificat d'urbanisme pré-opérationnel négatif.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A, n'appelle aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte présentées par le requérant ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Itteville, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. A au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. A une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par la commune d'Itteville et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera à la commune d'Itteville une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune d'Itteville.
Délibéré après l'audience du 30 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Boukheloua, présidente,
Mme Caron, première conseillère,
M. Maljevic, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mai 2024.
Le rapporteur,
signé
S. Maljevic
La présidente,
signé
N. Boukheloua
La greffière,
signé
B. Bartyzel
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026