vendredi 15 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2110730 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL GOUTAL & ALIBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 novembre 2021, Mme A B doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du maire de Guyancourt, matérialisée par un appel téléphonique de la directrice de l'éducation de la mairie, puis par un courrier du 18 octobre 2021, refusant d'accueillir son fils à la cantine plus d'un jour par semaine à compter du lundi 4 octobre 2021, et de l'accueillir en centre de loisirs pendant les vacances scolaires.
Elle soutient que :
- la décision de limiter à un jour par semaine au lieu de quatre le nombre de jours où son fils peut déjeuner lui pose de grandes difficultés d'organisation et engendre une perte d'argent ;
- il n'est pas certain que le maire puisse légalement refuser un enfant dans les services périscolaires, en raison de son handicap, dès lors que la commune dispose d'une cantine et d'un centre de loisirs.
Par deux mémoires en défense enregistrés le 22 août 2023 et le 6 octobre 2023, la commune de Guyancourt, agissant par son maire, représentée par Me Goutal, conclut, dans ses dernières écritures, au rejet de la requête.
La commune soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors qu'elle est dépourvue de moyens et de conclusions ;
- à titre subsidiaire, la requête est mal fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 2017-86 du 27 janvier 2017 ;
- le code de justice administrative.
Par une ordonnance du 24 août 2023, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 9 octobre 2023.
Mme B a produit un mémoire, postérieurement à la clôture d'instruction, qui n'a pas été communiqué.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Mathou,
- les conclusions de Mme Benoit, rapporteure publique,
- et les observations de Mme B, et celles de Me Vielh, représentant la commune de Guyancourt.
Considérant ce qui suit :
1. Le fils de Mme B est scolarisé en classe de petite section à l'école maternelle Francine Fromont, à Guyancourt. Le 28 septembre 2021, la commune a informé Mme B de sa décision de ne plus accueillir son fils sur le temps de la pause méridienne à compter du 4 octobre suivant, dans l'attente de la notification, par la Maison départementale des Personnes handicapées (MDPH) des Yvelines, d'un accompagnement individualisé sur le temps périscolaire, susceptible de permettre le recrutement d'un accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH). Par courrier du 18 octobre 2021, Mme B et son compagnon ont été informés de la décision de la commune d'accepter l'inscription de l'enfant à la cantine une fois par semaine, le vendredi, dans l'attente de la décision de la MDPH et afin de permettre une adaptation progressive de ce dernier. Ce courrier a précisé, par ailleurs, que l'accueil de l'enfant pendant les vacances scolaires, au sein des accueils de loisirs, ne serait pas possible, l'environnement n'étant pas adapté à l'enfant. Par ailleurs, l'enfant ayant été inscrit au centre de loisirs pour les vacances d'automne, sa famille a été informée, par courrier du 27 octobre 2021, de l'impossibilité d'un accueil individualisé sur cette période et du remboursement de son inscription. Le 7 octobre 2021, la Commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) des Yvelines a décidé que la scolarisation de l'enfant à l'école maternelle rendait nécessaire, du 7 octobre 2021 au 31 juillet 2023, compte tenu de sa situation de handicap, tant pour le temps scolaire que pour le temps périscolaire, une aide individuelle, pendant 20 heures sur le temps scolaire, et pendant 8 heures sur le temps périscolaire. Mme B a transmis la décision de la CDAPH aux services communaux, par courrier électronique du 2 novembre 2021. Mme B doit être regardée comme demandant l'annulation des décisions de la commune refusant d'accueillir son fils sur le temps de la pause méridienne et pendant les vacances scolaires.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 131-13 du code de l'éducation, résultant de l'article 186 de la loi du 27 janvier 2017 relative à l'égalité et à la citoyenneté : " L'inscription à la cantine des écoles primaires, lorsque ce service existe, est un droit pour tous les enfants scolarisés. Il ne peut être établi aucune discrimination selon leur situation ou celle de leur famille ".
3. Par ces dispositions, éclairées par les travaux préparatoires de la loi dont elles sont issues, le législateur a entendu rappeler, d'une part, qu'il appartient aux collectivités territoriales ayant fait le choix d'instituer un service public de restauration scolaire, en école élémentaire comme en école maternelle, de prendre en compte l'intérêt général qui s'attache à ce que tous les élèves puissent bénéficier de ce service public, d'autre part, qu'elles ne peuvent légalement refuser d'y admettre un élève sur le fondement de considérations contraires au principe d'égalité.
4. Par ailleurs, lorsqu'une collectivité territoriale organise un service de restauration scolaire ou des activités complémentaires aux activités d'enseignement et de formation pendant les heures d'ouverture des établissements scolaires ou encore des activités périscolaires sur le fondement des articles L. 216-1 et L. 551-1 du code de l'éducation, il lui incombe de veiller à assurer que, sans préjudice du respect des conditions prévues pour l'ensemble des élèves, les élèves en situation de handicap puissent, avec, le cas échéant, le concours des aides techniques et des aides humaines dont ces élèves bénéficient au titre de leur droit à compensation en application du code de l'action sociale et des familles et du code de la sécurité sociale, y avoir effectivement accès.
5. Il ressort des pièces du dossier, notamment des différents échanges de courriers et des réunions qui ont eu lieu en présence de Mme B, qu'en raison des difficultés comportementales de son fils et de son manque d'autonomie, la direction de l'éducation de la commune a décidé, de manière temporaire, de ne plus accueillir ce dernier sur le temps de restauration scolaire, dans l'attente d'une décision de la MDPH accordant à l'enfant une aide humaine individuelle, à compter du 4 octobre 2021. Le 18 octobre 2021, la commune a néanmoins décidé d'accueillir l'enfant une fois par semaine, le vendredi, sur la pause méridienne. La commune a, par ailleurs, exprimé son refus d'accueillir l'enfant pendant les activités complémentaires des vacances d'automne, dans l'attente d'une décision de la MDPH. Il ressort des pièces du dossier et il n'est pas contesté que dès le retour des vacances d'automne, le fils de Mme B a bénéficié d'une AESH sur le temps de la pause méridienne, conformément à la décision de la CDAPH. Il ressort des écritures en défense qu'il a alors bénéficié d'un accueil progressif sur le temps de restauration scolaire, deux jours par semaine. La commune, qui a, au demeurant, mis en place un protocole d'accueil personnalisé pour la prise en charge des enfants en situation de handicap sur le temps de la pause méridienne, par délibération du 5 juillet 2022, a donc démontré dès le mois de septembre 2021 sa volonté de trouver une solution rapide et adaptée à la situation de l'enfant, sans pour autant mettre en danger les autres enfants accueillis sur la pause méridienne ni mettre en difficulté le personnel encadrant. Par suite, les décisions prises ne révèlent ni une discrimination illégale liée à l'état de santé du fils de la requérante, ni la méconnaissance du principe d'égalité de traitement des élèves tel qu'il résulte des dispositions de l'article L. 131-13 du code de l'éducation.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que la requête de Mme B doit être rejetée.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la commune de Guyancourt.
Délibéré après l'audience du 1er décembre 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Grand d'Esnon, présidente,
- Mme Mathou, première conseillère,
- Mme Milon, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 décembre 2023.
La rapporteure,
signé
C. Mathou
La présidente,
signé
J. Grand d'EsnonLa greffière,
signé
K. Dupré
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026