vendredi 18 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2110862 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Président Rollet-Perraud |
| Avocat requérant | REGLEY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 décembre 2021, M. A, représenté par Me Régley demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision " 48 SI " du 30 octobre 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur lui a notifié l'ensemble des retraits de points affectant son permis de conduire, a constaté l'invalidité de ce permis en raison d'un solde de points nul et lui a enjoint de restituer son titre aux services préfectoraux ;
2°) d'annuler les différentes décisions de retrait de points intervenues à la suite des infractions commises les 11 janvier 2021, 7 janvier 2021, 15 octobre 2020, 10 juillet 2020, 5 novembre 2018 et 16 mai 2018 ;
3°) d'annuler la décision implicite de refus de créditer les points correspondant au stage effectué les 26 et 27 novembre 2021 ;
4°) d'enjoindre à l'administration de restituer les 4 points illégalement non attribués dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a effectué un stage de récupération de points les 26 et 27 novembre 2021 qui aurait dû être pris en compte par la décision 48SI notifiée le 14 décembre 2021 ;
- au moment de sa verbalisation lors des infractions ayant entraîné un retrait de points, il n'a pas reçu ni l'information règlementaire sur le fonctionnement du permis à points, ni le double du procès-verbal de constatation de ces infractions.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 janvier 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête dirigées contre la décision 48 SI et les décisions de retrait de points qui ont fait suite aux infractions relevées les 10 juillet 2020, 7 janvier 2021 et 11 janvier 2021 dès lors que les mentions relatives à la première décision ont été supprimées et que les points correspondant aux infractions précitées ont été restitués ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Rollet-Perraud, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme. Rollet-Perraud a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
Sur la recevabilité des conclusions tendant à l'annulation de la décision 48 SI, des décisions de retrait de points qui ont fait suite aux infractions des 10 juillet 2020, 7 janvier 2021 et 11 janvier 2021 et tendant à la restitution de ces points :
1. D'une part, il ressort du relevé d'information intégral édité le 25 janvier 2022 que le stage de sensibilisation aux causes et accidents de la route effectué les 26 et 27 novembre 2021 a bien été pris en compte par un ajout de 4 points le 28 novembre 2021 et que le solde de points du permis de conduire de M. A, notamment de ce fait, était redevenu positif. Le ministre doit ainsi être regardé comme ayant retiré la décision 48 SI du 30 octobre 2021. Les conclusions aux fins d'annulation dirigées tant contre la décision de refus d'inscription des 4 points afférents au stage de sensibilisation que contre la décision 48 SI du 30 octobre 2021 sont dépourvues d'objet et, par suite, irrecevables. Elles doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction de restitution des 4 points.
2. D'autre part, le point retiré consécutivement à l'infraction commise le 10 juillet 2020 a été restitué au requérant le 15 août 2021, soit avant l'introduction de sa requête. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de la décision de retrait de point correspondante sont dépourvues d'objet et, par suite, irrecevables. Elles doivent donc être rejetées.
3. Enfin, le ministre l'intérieur ne produit aucune pièce justifiant de ce que les points correspondant aux infractions commises les 7 janvier 2021 et 11 janvier 2021 auraient été restitués. Par suite, les conclusions tenant à l'annulation des décisions de retrait de points correspondantes et de restitution de ces points sont recevables.
Sur les conclusions à fin d'annulation des décisions de retrait de points intervenues à la suite des infractions commises les 11 janvier 2021, 7 janvier 2021, 15 octobre 2020, 5 novembre 2018 et 16 mai 2018 :
4. Aux termes de l'article L. 223-3 du code de la route : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. () ". Aux termes de l'article R. 223-3 du même code : " I.- Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. / II.- Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 225-1 à L. 225-9. / III.- Lorsque le ministre de l'intérieur constate que la réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie dans les conditions prévues par le quatrième alinéa de l'article L. 223-1, il réduit en conséquence le nombre de points affecté au permis de conduire de l'auteur de cette infraction. () ".
5. Il résulte des dispositions précitées du code de la route que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer un document contenant les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3, lesquelles constituent une garantie essentielle permettant à l'intéressé de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tout moyen, qu'elle a satisfait à cette obligation d'information.
S'agissant des infractions des 16 mai 2018 et 5 novembre 2018 :
6. L'article R. 49 du code de procédure pénale prévoit, dans son II issu du décret du 26 mai 2009, que le procès-verbal constatant une contravention pouvant donner lieu à une amende forfaitaire " peut être dressé au moyen d'un appareil sécurisé dont les caractéristiques sont fixées par arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice, permettant le recours à une signature manuscrite conservée sous forme numérique ". En vertu des dispositions de l'article A. 37-14 du même code, issu d'un arrêté du 2 juin 2009, ultérieurement reprises à l'article A. 37-19, issu d'un arrêté du 13 mai 2011 et modifié par un arrêté du 6 mai 2014, l'appareil électronique sécurisé permet d'enregistrer, pour chaque procès-verbal, d'une part, la signature de l'agent verbalisateur, d'autre part, celle du contrevenant qui est invité à l'apposer " sur une page écran qui lui présente un résumé non modifiable des informations concernant la contravention relevée à son encontre, informations dont il reconnaît ainsi avoir eu connaissance ". En vertu des dispositions du II de l'article A. 37-27-2, issu d'un arrêté du 4 décembre 2014, en cas d'infraction entraînant retrait de points, le résumé non modifiable des informations concernant la contravention relevée précise qu'elle entraîne retrait de points et comporte l'ensemble des éléments mentionnés aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Ainsi, depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante.
7. Les infractions relevées les 16 mai et 5 novembre 2018 ont fait l'objet de procès-verbaux électroniques produits par le ministre de l'intérieur qui comportent, sous l'énoncé de l'ensemble des informations exigées par la loi, la mention " refus de signer " et la signature de l'agent verbalisateur. Ainsi, M. A n'est pas fondé à soutenir qu'il n'aurait pas reçu les informations prévues par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route précitées à l'occasion de ces infractions. Il s'ensuit que le moyen tiré du défaut d'information doit être écarté.
S'agissant de l'infraction du 15 octobre 2020 :
8. En application du second alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale, en l'absence de paiement ou de requête en exonération dans le délai de quarante-cinq jours suivant, selon les cas, la date de constatation de l'infraction ou la date d'envoi de l'avis de contravention, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère public. Le paiement de l'amende forfaitaire majorée établit que le contrevenant a reçu un avis d'amende forfaitaire majorée. Le formulaire d'avis d'amende forfaitaire majorée utilisé par l'administration rappelle la qualification de l'infraction au code de la route et précise que l'émission de l'amende forfaitaire majorée peut entraîner un retrait de points du permis de conduire, que cette amende peut être contestée dans un délai de trois mois, que les retraits et reconstitutions de points font l'objet d'un traitement automatisé et que le titulaire du permis peut accéder à ces informations. Ces indications mettent le contrevenant en mesure de comprendre qu'en l'absence de contestation de l'amende il sera procédé au retrait de points et portent à sa connaissance l'ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 précités du code de la route. Dans ces conditions, lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire majorée, il découle de cette seule constatation qu'il doit être regardé comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.
9. En ce qui concerne l'infraction en cause, il résulte des mentions du relevé d'information intégral produit par le ministre que cette infraction a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. Le ministre de l'intérieur produit un bordereau de situation établi par la trésorerie, dont la valeur probante n'est pas contestée par le requérant, attestant que M. A a acquitté l'amende forfaitaire majorée afférente à cette infraction. De plus, il ne ressort pas des pièces du dossier et il n'est d'ailleurs pas allégué que ce paiement résulterait d'un recouvrement forcé. Dans ces conditions, M. A, qui ne démontre pas qu'il aurait été destinataire de documents inexacts ou incomplets, doit être regardé comme ayant nécessairement reçu les informations requises. Par suite, l'administration doit être regardée comme s'étant acquittée de son obligation d'information.
S'agissant des infractions commises les 7 et 11 janvier 2021 :
10. Il ressort du relevé d'information intégral du 25 janvier 2022 que les infractions susmentionnées, relevées par radar automatique, ont donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire pour le recouvrement de l'amende forfaitaire majorée. Le ministre de l'intérieur ne verse à l'instance aucun document attestant du paiement spontané par l'intéressé de ces amendes ou toute autre pièce de nature à établir que M. A aurait nécessairement reçu l'information prévue par les dispositions de l'article L. 223-3 du code de la route. Il suit de là que les décisions de retrait de points correspondant à ces infractions doivent être regardées comme étant intervenues au terme d'une procédure irrégulière et doivent être annulées.
11. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation des décisions de retrait de points intervenues à la suite des infractions relevées les 7 et 11 janvier 2021.
Sur les conclusions à fin d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
12. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme que le requérant demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions de retrait de points qui ont fait suite aux infractions commises les 7 et 11 janvier 2021 sont annulées.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 novembre 2022.
La magistrate désignée,
signé
C. Rollet-PerraudLa greffière,
signé
K. Dupré
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°211086
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026