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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2111106

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2111106

jeudi 20 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2111106
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationPrésident Gosselin
Avocat requérantIOSCA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 décembre 2021, Mme B C D, représentée par Me Iosca, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision " 48 SI " du 6 octobre 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur et de l'outre-mer lui a notifié l'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul, et lui a enjoint de restituer son permis de conduire ;

2°) d'annuler l'ensemble des décisions portant retraits de point ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer les points illégalement retirés dans un délai de deux mois à compter de la décision à intervenir.

Elle soutient que :

- il n'a pas reçu l'ensemble des informations lors de la constatation des infractions conformément aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;

- la réalité des différentes infractions n'est pas établie.

Par un mémoire en défense, enregistrés le 7 février 2022, le ministre de l'intérieur et de l'outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les autres moyens soulevés par Mme C D ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de procédure pénale,

- le code de la route,

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Gosselin, vice-président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa demande, de prononcer des conclusions à l'audience

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B C D a commis les 3 mars 2015, 4 juin 2016, 15 septembre 2016, 4 octobre 2016, 30 septembre 2016, 10 janvier 2017, 24 novembre 2016, 13 juin 2017, 16 novembre 2017, 9 mai 2018, 5 août 2018, 21 juin 2018, 30 septembre 2018, 11 août 2019, 1er novembre 2019, 24 mai 2020, 8 août 2020, 1er septembre 2020, 12 décembre 2020 et 17 septembre 2020, diverses infractions au code de la route ayant entraîné des retraits de points sur son permis de conduire. Par une décision référencée " 48 SI " du 6 octobre 2021, le ministre de l'intérieur et des outre-mer lui a notifié le dernier retrait de points, a constaté, en lui rappelant les précédentes décisions portant retrait de points, la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nuls et l'a enjoint à restituer son titre de conduite aux services préfectoraux Mme C D demande l'annulation de l'ensemble de ces décisions.

Sur l'étendue du litige :

2. Il résulte des mentions d'information intégral que les points retirés du permis de conduire de Mme C D à la suite des infractions constatées les 24 novembre 2016, 16 novembre 2017, 5 août 2018, 1er novembre 2019 et 24 mai 2020 ont été restitués en application de l'article L. 223-6 du code de la route respectivement les 10 août 2017, 12 juin 2018, 4 avril 2019, 4 août 2020 et le 1er août 2021, soit antérieurement à la date d'introduction de la requête. Par suite, les conclusions dirigées contre la décision de retrait de point afférente aux infractions des 24 novembre 2016, 16 novembre 2017, 5 août 2018, 1er novembre 2019 et 24 mai 2020 doivent être rejetées comme irrecevables.

Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation :

3. Il résulte des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que l'accomplissement de la formalité substantielle prescrite par ces dispositions, qui constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre d'en contester la réalité et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal, conditionne la régularité de la procédure suivie et, partant, la légalité du retrait de points. L'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document lui permettant de constater la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, de la remise d'un tel document.

En ce qui concerne le défaut de communication des informations mentionnées aux articles L.223-3 et R.223-3 du code de la route :

S'agissant de l'infraction relevée le 3 mars 2015 :

4. Lorsque la réalité d'une infraction a été établie par une condamnation devenue définitive prononcée par le juge pénal qui a statué sur tous les éléments de fait et de droit portés à sa connaissance et que l'auteur de l'infraction a ainsi pu la contester, l'omission de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route est sans influence sur la régularité du retrait de points résultant de la condamnation.

5. Il résulte de l'instruction et, notamment, de la mention " décision 76 " figurant sur le relevé d'information intégral relatif à la situation du permis de conduire de Mme C D produit par l'administration, qu'au titre de l'infraction constatée le 3 mars 2015, une condamnation pénale définitive prononcée le 1er décembre 2015 par la juridiction de proximité de Vanves est intervenue. Par suite, le moyen tiré du manquement à l'obligation d'information préalable prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route doit être écarté.

S'agissant des infractions relevées les 4 juin 2016, 15 septembre 2016, 4 octobre 2016, 30 septembre 2016, 10 janvier 2017, 13 juin 2017 et 9 mai 2018 :

6. Lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale au titre d'une infraction constatée par radar automatique, il découle de cette seule constatation qu'il a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis doit être revêtu, la même constatation conduit également à regarder comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.

7. Il résulte des mentions du relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de Mme C D que l'intéressée s'est acquittée de l'amende forfaitaire correspondant aux infractions commises les 4 juin 2016, 15 septembre 2016, 4 octobre 2016, 30 septembre 2016, 10 janvier 2017, 13 juin 2017 et 9 mai 2018, constatées au moyen d'un radar automatique. Ainsi, Mme C D a nécessairement reçu un courrier du ministre de l'intérieur l'invitant à s'acquitter de ce paiement. Dès lors, l'administration doit être regardée, dans les circonstances de l'espèce, et alors que l'intéressé n'établit pas, à défaut de produire le document qui lui a été remis, que celui-ci ne comportait pas l'ensemble des informations exigées, comme ayant apporté la preuve qu'elle a satisfait à l'obligation d'information. Par suite, le moyen tiré du défaut d'information préalable doit être écarté.

S'agissant des infractions des 21 juin 2018 et 30 septembre 2018 :

8. Il résulte de l'instruction du relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de Mme C D que, s'agissant des infractions commises les 21 juin 2018 et 30 septembre 2018, relevées par radar automatique, les titres exécutoires de l'amende forfaitaire majorée ont été émis. Le ministre de l'intérieur n'établit pas, ni même n'allègue, que Mme C D a procédé au paiement volontaire des amendes correspondant à ces infractions. Il n'établit pas davantage que Mme C D a reçu, à l'occasion de ces infractions, l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Enfin, s'il fait valoir que les infractions en cause sont de même nature que celles constatées les 5 août 2018 et 1er novembre 2019, il résulte des mentions du relevé d'information intégral que ces dernières infractions, relevées par radar automatique, consistent en des excès de vitesse inférieurs à 20 km/h entraînant chacune le retrait d'un point alors que les infractions commises les 21 juin 2018 et 30 septembre 2018 consistent en un excès de vitesse d'au moins 20 km/h et inférieur à 30 km/h entraînant le retrait de deux points. Dans ces conditions, Mme C D ne peut être regardée comme ayant reçu l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route préalablement à l'intervention des décisions de retrait de points consécutives à ces infractions.

S'agissant des infractions des 1er septembre 2020 et 12 décembre 2020 :

9. La seule circonstance que l'intéressé n'a pas été informé, lors de la constatation d'une infraction, de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder n'entache pas d'illégalité la décision de retrait de points correspondante s'il ressort des pièces du dossier que ces éléments ont été portés à sa connaissance à l'occasion d'infractions antérieures suffisamment récentes.

10. Il résulte des mentions du relevé d'information intégral produit par le ministre que les infractions commises les 1er septembre 2020 et 12 décembre 2020 ont donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée. Ainsi, Mme C D, dont il n'est pas établi qu'elle ait payé l'amende forfaitaire afférente à ces deux infractions, ne peut être regardée comme ayant nécessairement reçu les avis de contravention correspondants. Toutefois, il résulte du relevé d'information intégral que la requérante a bénéficié, à l'occasion de précédentes infractions de même nature commises le 9 mai 2018 pour laquelle elle a payé l'amende forfaitaire s'y rapportant, de l'ensemble des informations légalement exigées, y compris celles relatives au traitement automatisé des points et à la possibilité d'exercer un droit d'accès. Dans les circonstances de l'espèce, l'omission de ces informations lors de la constatation des infractions des 1er septembre 2020 et 12 décembre 2020 à la supposer établie, n'a pas eu pour effet de la priver d'une garantie liée à l'information relative à l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder. Par suite, Mme C D n'est pas fondée à soutenir que la décision ayant retiré des points de son permis de conduire à la suite de ces deux infractions est intervenue à la suite d'une procédure irrégulière.

S'agissant des infractions du 11 août 2019 et 8 août 2020 :

11. Il résulte de l'instruction que les infractions imputées à Mme C D ont fait l'objet d'une constatation par procès-verbal électronique. Toutefois, si le ministre de l'intérieur verse à l'instance un document intitulé " dossier transmis " faisant état d'une absence de retour à l'administration de l'avis de contravention émis à l'intéressé, ces pièces à elles-seules ne permettent pas d'établir que l'intéressé aurait réceptionné les avis de contravention émis à son encontre. Le ministre de l'intérieur n'établit pas, ni même n'allègue, que Mme C D a procédé au paiement volontaire des amendes correspondant à ces infractions. Il n'établit pas davantage que l'intéressée a reçu, à l'occasion de ces infractions, l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Enfin, s'il fait valoir que les infractions en cause sont de même nature que celles constatées les 5 août 2018 et 1er novembre 2019, il résulte des mentions du relevé d'information intégral que ces dernières infractions, relevées par radar automatique, consistent en des excès de vitesse inférieurs à 20 km/h entraînant chacune le retrait d'un point alors que l'infraction du 11 août 2019 est pour le non-respect de l'arrêt à un feu rouge fixe ou clignotant et l'infraction du 8 août 2020 est pour une conduite d'un véhicule sans laisser une distance de sécurité avec le véhicule qui le précède. Dans ces conditions, Mme C D ne peut être regardée comme ayant reçu l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route préalablement à l'intervention des décisions de retrait de points consécutives à ces infractions.

S'agissant de l'infraction du 17 septembre 2020 :

12. D'une part, l'article R. 49 du code de procédure pénale prévoit, dans son II issu du décret du 26 mai 2009, que le procès-verbal constatant une contravention pouvant donner lieu à une amende forfaitaire " peut être dressé au moyen d'un appareil sécurisé dont les caractéristiques sont fixées par arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice, permettant le recours à une signature manuscrite conservée sous forme numérique ". En vertu des dispositions de l'article A. 37-19 du même code, l'appareil électronique sécurisé permet d'enregistrer, pour chaque procès-verbal d'une part, la signature de l'agent verbalisateur et, d'autre part, celle du contrevenant qui est invité à l'apposer " sur une page écran qui lui présente un résumé non modifiable des informations concernant la contravention relevée à son encontre, informations dont il reconnaît ainsi avoir eu connaissance ". En vertu des dispositions du II de l'article A. 37-27-2, issu d'un arrêté du 4 décembre 2014 mis en œuvre à compter du 15 avril 2015, en cas d'infraction entraînant retrait de points, le résumé non modifiable des informations qui figure sur la page écran précise que la contravention relevée entraîne retrait de points et comporte l'ensemble des éléments mentionnés aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.

13. D'autre part, depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées.

14. Il résulte des mentions du relevé intégral d'information relatif à la situation du permis de conduire de Mme C D, que l'infraction du code de la route commise le 17 septembre 2020 a donné lieu au retrait de deux points affectés au permis de conduire de l'intéressée et à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée a été relevée par procès-verbal électronique. Le ministre de l'intérieur produit une copie du procès-verbal, établi le jour de l'infraction, qui comportent sous l'énoncé de l'ensemble des informations exigées par la loi, la signature de la requérante. Dès lors, Mme C D n'est pas fondée à soutenir que le retrait de deux points consécutifs à l'infraction commise le 17 septembre 2020 serait intervenue en méconnaissance des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Par suite le moyen tiré du défaut d'information doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de l'absence de réalité des infractions :

15. En premier lieu, aux termes de l'article L.223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. () La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. ".

16. Il résulte de la combinaison des articles L.223-1 et L.225-1 du code la route, des articles 529, 529-1, 529-2 et 530 du code de procédure pénale et de l'arrêté du 29 juin 1992 fixant les supports techniques de la communication par le ministère public au ministère de l'intérieur des informations prévues par ces articles que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majoré.

17. D'une part, il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral extrait du système national des permis de conduire relatif à la situation de la requérante et produit par le ministre, ayant une valeur probante suffisante, que les infractions relevées les 4 juin 2016, 15 septembre 2016, 4 octobre 2016, 30 septembre 2016, 13 juin 2017, 9 mai 2018, 21 juin 2018, 30 septembre 2018, 11 août 2019, 8 août 2020, 1er septembre 2020, 12 décembre 2020 et 17 septembre 2020 ont soit donné lieu au paiement d'amendes forfaitaires prévues à l'article 529 du code de procédure pénale, s'agissant des infractions relevées les 4 juin 2016, le 15 septembre 2016, 4 octobre 2016, 30 septembre 2016, 10 janvier 2017, 13 juin 2017, 9 mai 2018, soit fait l'objet de titres exécutoires d'amende forfaitaire majorée, s'agissant des autres infractions. Mme C D ne produit aucun élément de nature à remettre en cause les mentions du relevé d'information intégral. Notamment, elle n'établit pas, ni même n'allègue, avoir présenté une requête en exonération ou formé une réclamation ayant été regardées comme recevables ou ayant entraîné l'annulation des titres exécutoires. Dans ces conditions, la réalité des infractions doit être tenue pour établie au sens de l'article L.223-1 du code de justice administrative. Par suite, le moyen tiré du défaut de réalité des infractions imputées est écarté.

18. D'autre part, il résulte de l'instruction et, notamment, de la mention " décision 76 " figurant sur le relevé d'information intégral relatif à la situation du permis de conduire de la requérante produit par l'administration, qu'au titre de l'infraction constatée le 3 mars 2015, une condamnation pénale définitive prononcée le 1er décembre 2015 par la juridiction de proximité de Vanves est intervenue. Par suite, la réalité de l'infraction est établie et le moyen tiré de l'absence de réalité de cette infraction doit être écarté.

19. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C D est uniquement fondée à demander l'annulation des décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur et des outre-mer a respectivement retiré deux points pour l'infraction du 21 juin 2018, deux points pour l'infraction du 30 septembre 2018, quatre points pour l'infraction du 11 août 2019 et trois points pour l'infraction du 8 août 2020.

En ce qui concerne la légalité de la décision " 48 SI " en date 6 octobre 2021 :

20. La décision du ministre de l'intérieur constatant l'invalidation du permis de conduire de Mme C D et l'enjoignant à restituer ce titre aux services préfectoraux récapitule les décisions de retrait de points annulées par le présent jugement. En vertu des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route, le permis de conduire ne perd sa validité qu'en cas de solde de points nul. Or, l'annulation d'une des décisions de retrait de points par le présent jugement n'a pas eu pour effet de rendre positif le solde de points attaché au permis de conduire de la requérante. Dans ces conditions, les conclusions en annulation dirigées à l'encontre de la décision du 6 octobre 2021 sont rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

21. Le présent jugement n'implique pas nécessairement que l'administration restitue à Mme C D, son permis de conduire mais uniquement les points qui lui ont été irrégulièrement retirés à la suite des infractions du 21 juin 2018, 30 septembre 2018, 11 août 2019 et 8 août 2020, sous réserve des infractions non prises en compte à la date de la décision qui l'a invalidé. Il y a donc lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

D E C I D E :

Article 1er : La décision de retrait de points consécutive aux infractions constatées les 21 juin 2018, 30 septembre 2018, 11 août 2019 et 8 août 2020 est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de restituer à Mme C D, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, les points illégalement retirés, dans la limite du capital de points affecté à son permis de conduire et sous réserve des infractions non prises en compte à la date de la décision qui l'a invalidé.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C D et au ministre de l'intérieur et de l'outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 octobre 2022.

Le magistrat désigné,

Signé

C. ALa greffière,

Signé

S. Lamarre

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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