mercredi 22 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2111163 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | SCP ALAIN LEVY ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 25 décembre 2021 et 20 février 2023, le syndicat des copropriétaires " Les Roseaux ", représenté par Me Salaün, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 juillet 2021 par laquelle le maire de la commune de Longjumeau s'est opposé à la déclaration préalable déposée le 16 mars 2021 en vue de réaliser deux portails motorisés destinés à fermer les accès de la copropriété situés rue des Marguerites et rue des Coquelicots, et la décision implicite de rejet de son recours gracieux née le 26 octobre 2021 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Longjumeau le versement de la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée doit être regardée comme procédant au retrait d'une décision tacite de non-opposition née le 4 juin 2021, dans la mesure où la commune ne lui a notifié aucune nouvelle demande de pièces complémentaires dans le délai d'un mois suivant la réception, le 4 mai 2021, des pièces dont elle avait sollicité la production le 27 mars 2021 ;
- cette décision de retrait n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire en méconnaissance des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration faute pour le maire de l'avoir explicitement invité à formuler des observations ;
- elle est entachée d'incompétence dès lors que son signataire ne justifie pas d'une délégation de signature régulière ;
- elle est entachée d'erreur de droit dès lors que le maire ne pouvait se fonder sur les dispositions relatives au retrait des portails par rapport à la voie publique prévues par l'article UH 2 3-2 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU), lesquelles ne sont pas applicables au projet en cause ;
- le second motif de refus fondé sur l'absence d'accès au réseau d'eaux usées par le service public d'assainissement est entaché d'illégalité et aurait pu, en tout état de cause, donner lieu à l'édiction d'une prescription sur ce point ;
- la substitution de motif sollicitée par la commune tirée de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme n'est pas de nature à fonder légalement la décision attaquée.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 11 octobre 2022 et 22 mars 2023, la commune de Longjumeau, représentée par Me Richer, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge du syndicat requérant au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les moyens de la requête ne sont pas fondés ;
- les deux motifs de l'arrêté attaqué peuvent être remplacés par voie de substitution par celui tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dès lors que le projet impose aux camions de collecte des ordures ménagères de réaliser des marches arrière qui présentent un risque pour la sécurité publique des usagers de la voie publique.
Par une ordonnance du 23 mars 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 17 avril 2023 à 12 heures.
En application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, l'instruction a été rouverte pour les éléments demandés en vue de compléter l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Maljevic, conseiller,
- les conclusions de Mme Amar-Cid, rapporteure publique,
- et les observations de Me Duvignau, représentant la commune de Longjumeau.
Considérant ce qui suit :
1. Le syndicat des copropriétaires " Les Roseaux " a déposé, le 16 mars 2021, une déclaration préalable en vue de réaliser deux portails motorisés destinés à fermer les accès de la copropriété situés rue des Marguerites et rue des Coquelicots. Par une décision du 7 juillet 2021, le maire de la commune de Longjumeau s'est opposé à cette déclaration préalable. Par un courrier du 25 août 2021, notifié le 26 août suivant, le syndicat des copropriétaires a formé un recours gracieux contre cet arrêté. Le silence gardé par le maire de la commune sur cette demande pendant un délai de deux mois a fait naître, le 26 octobre 2021, une décision implicite de rejet. Par la présente requête, le syndicat des copropriétaires " Les Roseaux " demande au tribunal d'annuler ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'existence d'une décision tacite de non-opposition à la déclaration préalable :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont présentées et instruites dans les conditions et délais fixés par décret en Conseil d'Etat. () Aucune prolongation du délai d'instruction n'est possible en dehors des cas et conditions prévus par ce décret. () ". Aux termes de l'article R. 423-19 du même code : " Le délai d'instruction court à compter de la réception en mairie d'un dossier complet ". Aux termes de l'article R. 423-22 du même code : " Pour l'application de la présente section, le dossier est réputé complet si l'autorité compétente n'a pas, dans le délai d'un mois à compter du dépôt du dossier en mairie, notifié au demandeur ou au déclarant la liste des pièces manquantes dans les conditions prévues par les articles R. 423-38 et R. 423-41 ". Aux termes de l'article R. 423-23 du même code : " Le délai d'instruction de droit commun est de : a) Un mois pour les déclarations préalables ; () ". Aux termes de l'article R. 423-38 du même code, dans sa rédaction applicable au litige : " Lorsque le dossier ne comprend pas les pièces exigées en application du présent livre, l'autorité compétente, dans le délai d'un mois à compter de la réception ou du dépôt du dossier à la mairie, adresse au demandeur ou à l'auteur de la déclaration une lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou, dans le cas prévu par l'article R. 423-48, un échange électronique, indiquant, de façon exhaustive, les pièces manquantes ". Aux termes de l'article R. 423-39 du même code : " L'envoi prévu à l'article R. 423-38 précise : / a) Que les pièces manquantes doivent être adressées à la mairie dans le délai de trois mois à compter de sa réception ; / b) Qu'à défaut de production de l'ensemble des pièces manquantes dans ce délai, la demande fera l'objet d'une décision tacite de rejet en cas de demande de permis ou d'une décision tacite d'opposition en cas de déclaration ; / c) Que le délai d'instruction commencera à courir à compter de la réception des pièces manquantes par la mairie ". Aux termes de l'article R. 423-40 : " Si dans le délai d'un mois mentionné à l'article R. 423-38, une nouvelle demande apparaît nécessaire, elle se substitue à la première et dresse de façon exhaustive la liste des pièces manquantes et fait courir le délai mentionné au a de l'article R. 423-39 ". Aux termes de l'article R. 423-41 du même code : " Une demande de production de pièce manquante notifiée après la fin du délai d'un mois prévu à l'article R. 423-38 ou ne portant pas sur l'une des pièces énumérées par le présent code n'a pas pour effet de modifier les délais d'instruction () ". Aux termes de l'article R. 423-47 du même code : " Lorsque les courriers sont adressés au demandeur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, l'intéressé est réputé en avoir reçu notification à la date de la première présentation du courrier ". Enfin, aux termes de l'article R. 424-1 du même code : " A défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction déterminé comme il est dit à la section IV du chapitre III ci-dessus, le silence gardé par l'autorité compétente vaut, selon les cas : a) Décision de non-opposition à la déclaration préalable ; () ".
3. Il résulte de ces dispositions que, lorsqu'un dossier de déclaration préalable est incomplet, l'administration doit inviter le demandeur, dans un délai d'un mois à compter de son dépôt, à compléter sa demande dans un délai de trois mois en lui indiquant, de façon exhaustive, les pièces manquantes. Si le demandeur produit, dans ce délai de trois mois à compter de la réception du courrier l'invitant à compléter sa demande, l'ensemble des pièces manquantes répondant aux exigences du livre IV de la partie réglementaire du code de l'urbanisme, le délai d'instruction commence à courir à la date à laquelle l'administration les reçoit et, si aucune décision n'est notifiée à l'issue du délai d'instruction, une décision de non-opposition à déclaration préalable est tacitement accordée. A l'inverse, si le demandeur ne fait pas parvenir l'ensemble des pièces manquantes répondant aux exigences du livre IV dans le délai de trois mois, une décision tacite de rejet naît à l'expiration de ce délai. Lorsque l'administration estime, au vu des nouvelles pièces ainsi reçues dans ce délai de trois mois, que le dossier reste incomplet, elle peut inviter à nouveau le pétitionnaire à le compléter, cette demande étant toutefois sans incidence sur le cours du délai et la naissance d'une décision tacite de rejet si le pétitionnaire n'a pas régularisé son dossier au terme de ce délai. Enfin, le délai d'instruction n'est ni interrompu, ni modifié par une demande, illégale, tendant à compléter le dossier par une pièce qui n'est pas exigée en application du livre IV de la partie réglementaire du code de l'urbanisme. Dans ce cas, une décision de non-opposition à déclaration préalable ou un permis tacite naît à l'expiration du délai d'instruction, sans qu'une telle demande puisse y faire obstacle.
4. D'autre part, aux termes de l'article R. 431-36 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la déclaration comprend : / a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; / b) Un plan de masse coté dans les trois dimensions lorsque le projet a pour effet de créer une construction ou de modifier le volume d'une construction existante ; / c) Une représentation de l'aspect extérieur de la construction faisant apparaître les modifications projetées et si le projet a pour effet de modifier celui-ci ; / () Lorsque la déclaration porte sur un projet de création ou de modification d'une construction et que ce projet est visible depuis l'espace public ou que ce projet est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, le dossier comprend également les documents mentionnés aux c et d de l'article R. 431-10. () ". Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".
5. Il ressort des pièces du dossier que la déclaration préalable en litige a été réceptionnée par le service instructeur de la commune le 16 mars 2021. Par un premier courrier du 25 mars 2021, notifié le 27 mars suivant, soit dans le délai d'un mois imparti par les dispositions de l'article R. 423-38 du code de l'urbanisme, le service instructeur de la commune de Longjumeau a informé le syndicat pétitionnaire du caractère incomplet de sa demande et a sollicité la production de plusieurs pièces, dont il n'est pas contesté qu'elles étaient manquantes, à savoir la version à jour du formulaire Cerfa, un plan de masse avant travaux, un document graphique et des photographies permettant de situer le terrain dans son environnement proche et lointain. En dépit du dépôt de ces pièces intervenu le 4 mai 2021, le service instructeur a informé le syndicat, par un second courrier du 3 juin 2021, que sa demande était toujours incomplète. A cet égard, il a relevé, d'une part, que les photographies de l'environnement du terrain d'assiette du projet sollicitées n'étaient pas assez récentes et a demandé la production de nouvelles photographies " correspondant à l'aménagement actuel du site ". D'autre part, le service instructeur a sollicité la production d'un nouveau plan de masse devant faire figurer " tous les mobiliers existants, notamment les plots en béton aux entrées et le candélabre rue des Marguerites ". Le syndicat requérant a répondu à cette seconde demande en déposant les pièces sollicitées le 10 juin 2021.
6. Toutefois, et d'une part, la commune de Longjumeau ne précise ni dans cette demande ni dans le cadre de l'instance les changements qui seraient intervenus entre les photographies produites datant de 2019 et l'aménagement du site à la date de présentation de la déclaration litigieuse. Elle n'établit ainsi pas que les photographies produites le 4 mai 2021 ne représenteraient pas l'environnement du projet, au sens de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme, à la date de la demande. Il ressort, au contraire, de la comparaison des pièces produites le 4 mai et le 11 juin 2021 par le syndicat pétitionnaire que cet environnement est demeuré identique, la circonstance que des plots en béton bouchent certains jours les accès à la copropriété étant à cet égard sans incidence sur l'appréciation à porter par l'administration. D'autre part, si le service instructeur a sollicité la production d'un nouveau plan de masse faisant apparaître tous les mobiliers existants dont les plots en béton située aux entrées et le candélabre rue des Marguerites, de telles informations ne sont toutefois pas exigées par les dispositions du livre IV de la partie réglementaire du code de l'urbanisme applicables aux déclarations préalables et notamment pas par l'article R. 431-36 du code de l'urbanisme qui exige seulement, en application de son b), la production d'un plan de masse coté dans les trois dimensions. Dès lors, le dossier de déclaration préalable déposé par le syndicat requérant devait être regardé comme complet, au sens de l'article R. 423-19 du code de l'urbanisme, dès le 4 mai 2021 et la demande de pièces complémentaires adressée par la commune le 3 juin 2021 n'a pu avoir pour effet de prolonger le délai d'instruction de cette déclaration préalable.
7. Il résulte de ce qui précède que le syndicat des copropriétaires " Les Roseaux " s'est trouvé titulaire d'une décision tacite de non-opposition à la déclaration préalable le 4 juin 2021, à l'issue du délai d'instruction d'un mois applicable en l'espèce. Par suite, la décision du 7 juillet 2021 du maire de Longjumeau doit être regardée comme procédant au retrait de la décision tacite de non-opposition à la déclaration préalable obtenu par le syndicat des copropriétaires " Les Roseau ".
En ce qui concerne la légalité du retrait de la décision tacite de non-opposition à la déclaration préalable :
S'agissant de la légalité externe de ce retrait :
8. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () / 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits () ". Aux termes de l'article L. 121-1 du même code : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". Aux termes de son article L. 122-1 : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix. / L'administration n'est pas tenue de satisfaire les demandes d'audition abusives, notamment par leur nombre ou leur caractère répétitif ou systématique ".
9. Il résulte de ces dispositions que la décision portant retrait d'une décision d'opposition est au nombre de celles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2 du code précité et doit, par suite, être précédée d'une procédure contradictoire. Le respect, par l'autorité administrative compétente, de la procédure prévue par les dispositions des articles L. 121-1 et L. 122-1 constitue une garantie pour le titulaire du permis qu'il est envisagé de retirer. La décision de retrait est ainsi illégale s'il ressort de l'ensemble des circonstances de l'espèce que le titulaire du permis a été effectivement privé de cette garantie.
10. Il n'est ni allégué, ni établi, que la décision attaquée a été précédée de la procédure contradictoire prévue par les dispositions précitées, laquelle constitue une garantie. Dans ces conditions, le syndicat requérant est fondé à soutenir que la décision attaquée a été prise en méconnaissance des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le pétitionnaire ayant effectivement été privé de la garantie constituée par cette procédure, ce moyen doit être accueilli.
S'agissant de la légalité interne de ce retrait :
11. La décision portant opposition à la déclaration préalable en litige est fondée sur deux motifs. Le premier motif est fondé sur la méconnaissance des dispositions du point 3-2-2 de l'article UH 2 du règlement PLU relatif au retrait des portails par rapport à l'alignement. Le second est fondé sur le fait que l'installation des portails projetés empêchera les agents du service public d'assainissement d'intervenir, en cas d'urgence, sur le réseau public d'eaux usées, lequel doit rester accessible 24h sur 24h et 7 jours sur 7 jours.
Quant au premier motif tenant à la méconnaissance du point 3-2-2 de l'article UH 2 :
12. Aux termes de l'article UH 2 du règlement du PLU relatif aux conditions de desserte des terrains par les voies publiques ou privées et d'accès aux voies ouvertes au public : " () 3-2 Les accès / 3-2-1 Définition / La localisation de l'accès doit être prévue à la limite de l'unité foncière sur laquelle est projetée l'opération de construction, à l'exception de cas suivants : • l'existence d'une servitude de passage, / • l'existence d'une voirie de passage privée ou publique, ouverte à la circulation générale () 3-2-2 Règle () Si les accès doivent être munis d'un système de fermeture, celui-ci sera situé en retrait d'au moins 4 mètres de l'alignement. Cette disposition s'applique aux constructions comportant au moins 3 logements et ne concerne pas les accès existants. () ". Aux termes du glossaire du PLU de Longjumeau, les accès sont définis de façon suivante : " L'accès est constitué par la limite entre le terrain et la voie qui le dessert () ".
13. Pour s'opposer au projet, le maire de Longjumeau a retenu que les deux portails faisant l'objet de la déclaration préalable sont positionnés à l'alignement et ne respectent pas le retrait d'au moins 4 mètres imposé par les dispositions citées au point précédent. Il ressort toutefois des pièces du dossier, en particulier des plans joints à la déclaration préalable, que ces deux portails seront implantés en limite de propriété à l'alignement de la rue des Coquelicots et de la rue des Marguerites, voies publiques qui permettent la desserte du terrain de la copropriété " Les Roseaux ". Ces deux portails doivent, par conséquent, être regardés comme assurant la fermeture des accès du terrain au sens des dispositions précitées du glossaire du PLU de la commune de Longjumeau. Ainsi, dès lors que ces accès existaient à la date de présentation du projet en litige, le maire de la commune de Longjumeau ne pouvait faire application des règles de retrait issues des dispositions du point 3-2-2 de l'article UH 2 du règlement du PLU à la déclaration préalable en litige, lesquels ne concernent pas les accès existants. Par suite, le syndicat requérant est fondé à soutenir que ce premier motif est entaché d'erreur de droit.
Quant au second motif tenant à l'accès aux réseaux d'eaux usées :
14. Pour retenir que l'installation des portails projetés empêchera les agents en charge du service public d'assainissement d'intervenir sur le réseau public d'eaux usées en cas d'urgence, le maire de Longjumeau a fondé son appréciation sur l'avis défavorable émis le 25 mars 2021 par la communauté d'agglomération Paris Saclay. Néanmoins, il résulte des termes mêmes de cet avis, que la communauté d'agglomération s'est prononcée en ce sens en retenant que les travaux en cause portaient sur trois voies publiques différentes, à savoir : la rue des Coquelicots, la rue de Marguerites et la rue des Bleuets. Or, il ressort des pièces du dossier que le projet en cause n'implique pas de réaliser des travaux sur la rue des Bleuets mais porte uniquement sur la fermeture des accès du terrain de la copropriété sur la rue des Coquelicots et celle des Marguerites. Le syndicat requérant soutient, sans être contredit, qu'aucune servitude d'utilité publique liée à l'assainissement n'est affectée par les travaux déclarés et que seule la rue des Bleuets est grevée d'une servitude au profit des services en charge de l'assainissement. Dans ces conditions, en se réappropriant les motifs de l'avis de la communauté d'agglomération, qui mentionnent de façon erronée que les travaux concernent également la rue des Bleuets, le maire de Longjumeau a entaché sa décision d'erreur de fait. Par suite, ce moyen doit être accueilli.
15. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen de la requête n'est susceptible d'entrainer l'illégalité de l'arrêté attaqué.
16. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il y ait lieu, compte tenu du vice de procédure retenu, d'examiner les substitutions de motifs proposées par la commune en défense, que le syndicat des copropriétaires de Roseau est fondé à demander l'annulation de la décision du 7 juillet 2021 par laquelle le maire de la commune de Longjumeau s'est opposé à sa déclaration préalable et la décision implicite de rejet de son recours gracieux née le 26 octobre 2021.
Sur les frais liés au litige :
17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du syndicat des copropriétaires " Les Roseaux ", qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la commune de Longjumeau au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Longjumeau, le versement au syndicat des copropriétaires " Les Roseaux " d'une somme au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 7 juillet 2021, par laquelle le maire de la commune de Longjumeau s'est opposé la déclaration préalable déposée le 16 mars 2021 par le syndicat des copropriétaires " Les Roseaux ", et la décision implicite de rejet de son recours gracieux, sont annulées.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête du syndicat des copropriétaires " Les Roseaux " est rejeté.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Longjumeau au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié au syndicat des copropriétaires " Les Roseaux " et à la commune de Longjumeau.
Délibéré après l'audience du 30 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Grand d'Esnon, présidente,
Mme Caron, première conseillère,
M. Maljevic, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mai 2024.
Le rapporteur,
signé
S. Maljevic
La présidente,
signé
J. Grand d'Esnon
La greffière,
signé
B. Bartyzel
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026