mardi 9 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2200081 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | MIR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 janvier 2022, M. B A, représenté par Me Mir, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 12 000 euros assortie des intérêts au taux légal à compter de la réception de sa demande indemnitaire ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au bénéfice de Me Mir au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;
Il soutient que :
- le préfet a mis presque quatre ans à instruire sa demande de titre déposée en 2009 à la suite de son mariage ; ce délai d'instruction anormalement long présente un caractère fautif et engage la responsabilité de l'Etat à son égard ; cette faute lui a causé un préjudice dès lors qu'en l'absence de réponse de l'administration à sa demande de titre de séjour dans le délai de quatre mois suivant son enregistrement, il pouvait être regardé comme étant en situation irrégulière ;
- le délai d'instruction anormalement long de sa demande de délivrance d'une carte de résident, alors qu'il remplissait les conditions pour l'octroi d'un tel titre dès 2014, présente également un caractère fautif engageant la responsabilité de l'Etat à son égard ;
- ces fautes sont à l'origine de troubles dans ses conditions d'existence et d'un préjudice moral au titre desquels il est fondé à demander la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 12 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 octobre 2022, le préfet des Yvelines conclut, à titre principal, au rejet de la requête et, à titre subsidiaire, à la minoration des sommes sollicitées par le requérant.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 septembre 2022 du bureau d'aide juridictionnelle établi près le tribunal judiciaire de Versailles.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ghiandoni,
- et les conclusions de Mme Mathé, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant marocain né le 6 octobre 1977, est entré en France le 21 septembre 2004 sous couvert d'un visa court séjour. Le 6 novembre 2009, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité de conjoint d'une ressortissante française. Une carte de séjour temporaire valable un an lui a été délivrée le 27 mars 2012. A compter de 2013, M. A a ensuite été muni de cartes de séjour temporaire valable un an en qualité de parent d'enfant français régulièrement renouvelées jusqu'en 2016. Lors du dernier renouvellement de ce titre de séjour, M. A a sollicité la délivrance d'une carte de résident valable dix ans qu'il a obtenu à compter du 23 février 2017. Par la requête visée ci-dessus, M. A demande au tribunal de condamner l'Etat à réparer les préjudices qu'il estime avoir subis du fait du délai d'instruction anormalement long de ses demandes de délivrance de carte de séjour temporaire en qualité de conjoint de Français et de carte de résident en qualité de parent d'enfant Français.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. En premier lieu, il est constant que M. A a sollicité la délivrance d'une carte de séjour temporaire en qualité de conjoint d'une ressortissante française le 6 novembre 2009 et que cette carte lui a été délivrée le 27 mars 2012. Toutefois, il résulte de l'instruction que le requérant a été muni d'un récépissé de demande de titre de séjour dès le 6 novembre 2009 et le préfet des Yvelines fait valoir, sans être contredit, que ce récépissé a été régulièrement renouvelé par la préfecture des Yvelines jusqu'à la délivrance du titre de séjour sollicité. Ainsi, M. A n'est pas fondé à soutenir que ce délai d'instruction prolongé l'exposait au risque d'être regardé, par les autorités, comme se trouvant en situation irrégulière sur le territoire national. En outre, si M. A soutient que ce délai d'instruction l'a exposé " à la plus grande précarité ", les seules promesses d'embauche, en qualité de métreur-vérificateur ou de contremaître par l'entreprise générale de bâtiment Esprit Loft ou en qualité de coiffeur par la SARL Amine Coiffeur ou la société Sya Coiffure, produites par le requérant ne suffisent pas à démontrer la réalité de ses allégations. Dès lors, en l'absence de toute précision apportée par M. A à cet égard, la réalité des troubles dans les conditions d'existence et du préjudice moral qu'il soutient avoir subi du fait du délai d'instruction de sa demande de carte de séjour temporaire en qualité de conjoint d'une ressortissante français présenté auprès de la préfecture des Yvelines n'est pas démontrée.
3. En second lieu, M. A, qui s'est vu délivrer une carte de résident valable dix ans le 23 février 2017, n'établit pas avoir sollicité la délivrance d'une carte de résident avant le 16 juin 2016. La circonstance qu'il était titulaire d'une pension d'invalidité dès 2014 ne justifie pas, à elle seule, et en l'absence de demande de sa part, la délivrance d'un tel titre. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à solliciter l'engagement de la responsabilité de l'Etat à son égard au motif que le délai d'instruction de sa demande de carte de résident aurait été anormalement long.
4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par M. A ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
5. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 18 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Féral, président,
Mme Bartnicki, première conseillère,
Mme Ghiandoni, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 juillet 2024.
La rapporteure,
Signé
S. Ghiandoni
Le président,
Signé
R. FéralLa greffière,
Signé
V. Retby
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026