vendredi 11 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2200097 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | ROCHEFORT |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête n°2200097 et des mémoires enregistrés le 6 janvier 2022, les 4 octobre et 24 novembre 2023, Mme B A, représentée par Me Rochefort, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 16 juillet 2021 ainsi que celle du 16 novembre 2021 par lesquelles le maire du Perray-en-Yvelines a refusé sa réintégration ;
2°) de condamner la commune du Perray-en-Yvelines à lui verser la somme de 33 000 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter de sa réclamation préalable, et de leur capitalisation, en réparation de ses préjudices ;
3°) d'enjoindre à la commune du Perray-en-Yvelines de la réintégrer et de la doter d'un emploi effectif de son cadre d'emploi, le cas échéant d'un emploi équivalent et de reconstituer sa carrière et ses droits à pension, en prenant à sa charge les parts patronales et salariales, dès la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de la commune du Perray-en-Yvelines une somme de 4 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les courriers du 16 juillet 2021 et du 16 novembre 2021 constituent des décisions faisant grief, s'opposant à sa réintégration et à l'aménagement de son poste ;
- la décision du 16 juillet 2021 est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que le dossier présenté au comité médical ne comportait pas le rapport du médecin du service de médecine préventive ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation ;
- la décision du 16 novembre 2021 est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que le dossier présenté au comité médical ne comportait pas le rapport du médecin du service de médecine préventive ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation ;
- ces décisions, illégales, engagent la responsabilité pour faute de la commune ;
- la commune a également commis des fautes en s'abstenant de la réintégrer, de la reclasser et de la placer en surnombre ;
- son préjudice matériel doit être évalué à 18 000 euros et son préjudice moral ainsi que ses troubles dans les conditions d'existence doivent être évalués à 15 000 euros.
Par des mémoires en défense enregistrés le 3 septembre, le 3 novembre et le 20 décembre 2023, la commune du Perray-en-Yvelines, représentée par Me Blard et Me Gallo, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 800 euros soit mise à la charge de Mme A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conclusions en annulation sont irrecevables en raison de leur tardiveté ; elles sont irrecevables dès lors que les courriers attaqués ne constituent pas des décisions faisant grief et sont uniquement informatifs ; elles sont également irrecevables dès lors que la requête a été introduite avant l'échéance de la médiation préalable obligatoire qu'avait initiée la requérante ;
- les moyens soulevés, parfois inopérants, ne sont pas fondés ;
- la commune n'a pas commis de faute ;
- les préjudices ne sont pas établis.
II. Par une requête n°2202995 et des mémoires enregistrés les 12 avril 2022, 4 octobre et 24 novembre 2023, Mme B A, représentée par Me Rochefort, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 16 juillet 2021 ainsi que celle du 16 novembre 2021 par lesquelles le maire du Perray-en-Yvelines a refusé sa réintégration ;
2°) de condamner la ville du Perray-en-Yvelines à lui verser la somme de 33 000 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter de sa réclamation préalable, et de leur capitalisation, en réparation de ses préjudices ;
3°) d'enjoindre à la ville du Perray-en-Yvelines de la réintégrer dans un emploi correspondant à son cadre d'emploi, ou équivalent, et de reconstituer sa carrière et ses droits à pension, en prenant à sa charge les parts patronales et salariales, dès la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de la commune Perray-en-Yvelines une somme de 4 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les courriers du 16 juillet 2021 et du 16 novembre 2021 constituent des décisions faisant grief, s'opposant à sa réintégration et à l'aménagement de son poste ;
- la décision du 16 juillet 2021 est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que le dossier présenté au comité médical ne comportait pas le rapport du médecin du service de médecine préventive ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation ;
- la décision du 16 novembre 2021 est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que le dossier présenté au comité médical ne comportait pas le rapport du médecin du service de médecine préventive ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation ;
- ces décisions, illégales, engagent la responsabilité de la commune ;
- la commune a également commis des fautes en s'abstenant de la réintégrer, de la reclasser et de la placer en surnombre ;
- son préjudice matériel doit être évalué à 18 000 euros et son préjudice moral ainsi que ses troubles dans les conditions d'existence doivent être évalués à 15 000 euros.
Par des mémoires en défense enregistrés le 3 septembre, le 3 novembre et le 20 décembre 2023, la commune du Perray-en-Yvelines, représentée par Me Blard et Me Gallo, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 800 euros soit mise à la charge de Mme A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conclusions en annulation sont irrecevables en raison de leur tardiveté ; elles sont irrecevables dès lors que les courriers attaqués ne constituent pas des décisions faisant grief et sont uniquement informatifs ; elles sont également irrecevables dès lors que la requête a été introduite avant l'échéance de la médiation préalable obligatoire qu'avait initiée la requérante ;
- les moyens soulevés, parfois inopérants, ne sont pas fondés ;
- la commune n'a pas commis de faute ;
- les préjudices ne sont pas établis.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n°87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le décret n° 2018-101 du 16 février 2018 :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Geismar, première conseillère,
- les conclusions de Mme Vincent, rapporteure publique,
- les observations de Me Rochefort, pour Mme A,
- et les observations de Me Gallo, pour la commune du Perray-en-Yvelines.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, agent de police municipale titulaire et exerçant ses fonctions au sein de la commune du Perray-en-Yvelines depuis le 1er septembre 1997, a été placée en congé de longue durée, non imputable au service, à compter du 16 novembre 2017, puis de longue durée à demi-traitement le 16 novembre 2020. Par un courrier du 9 décembre 2020, elle a sollicité son reclassement sur un poste administratif. Le comité médical a alors constaté, dans un avis du 15 avril 2021, son " aptitude à la reprise selon les modalités proposées : temps plein dès que possible sur un poste aménagé et validé par un médecin de prévention ". Celui-ci, dans un avis du 4 juin 2021 a cependant émis un " avis défavorable à la reprise du poste de policière municipale ", précisant être favorable à sa reprise sur un poste administratif en limitant le contact avec le public. Par un premier courrier du 16 juillet 2021, la commune a informé Mme A qu'elle ne disposait pas de poste vacant correspondant aux préconisations du médecin de prévention et qu'elle était ainsi maintenue en congé de longue durée. Puis, après demande de réintégration de l'intéressée, effectuée le 9 novembre 2021, et un nouvel avis du service de médecine préventive du 8 novembre 2021, cette fois favorable à sa réintégration, sans restriction, au sein de la police municipale, le maire du Perray-en-Yvelines l'a informée ne pas la réintégrer immédiatement mais saisir le comité médical afin de recueillir un nouvel avis, au vu de la divergence des avis médicaux précédemment émis sur sa situation. Mme A demande l'annulation des courriers des 16 juillet et 16 novembre 2021, ainsi que la condamnation de la commune à l'indemniser des préjudices qu'elle estime avoir subis.
Sur la jonction :
2. Les requêtes nos 2200097 et 2202995 concernent le même agent public et présentent les mêmes questions à juger. Il y a dès lors lieu de les joindre et d'y statuer par un seul et même jugement.
Sur les fins de non-recevoir :
En ce qui concerne le courrier du 16 juillet 2021 :
3. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ".
4. En premier lieu, le courrier du 16 juillet 2021 du maire du Perray-en-Yvelines vise la demande Mme A de reprendre ses fonctions sur un poste administratif et, après avoir résumé la teneur des avis médicaux se prononçant sur sa situation, conclut que la commune ne dispose pas de poste vacant correspondant aux préconisations du médecin de prévention. Ainsi, ce courrier, qui oppose un refus à la réintégration de la requérante et la maintient en congé de longue durée à demi-traitement, constitue une décision faisant grief.
5. En deuxième lieu, l'article 1er du décret du 16 février 2018 portant expérimentation d'une procédure de médiation préalable obligatoire en matière de litiges de la fonction publique alors en vigueur précise que : " A titre expérimental, sont, à peine d'irrecevabilité, précédés d'une médiation les recours contentieux formés par les agents publics civils mentionnés au II à l'encontre des décisions administratives suivantes : () 7° Décisions administratives individuelles défavorables concernant l'aménagement des conditions de travail des fonctionnaires qui ne sont plus en mesure d'exercer leurs fonctions dans les conditions prévues par les articles 1er des décrets du 30 novembre 1984 et du 30 septembre 1985 susvisés () ". Aux termes du 1er alinéa de l'article 4 de ce même décret : " En application des dispositions de l'article L. 213-6 du code de justice administrative, la saisine du médiateur interrompt le délai de recours contentieux et suspend les délais de prescription, qui recommencent à courir à compter de la date à laquelle soit l'une des parties ou les deux, soit le médiateur déclarent, de façon non équivoque et par tout moyen permettant d'en attester la connaissance par l'ensemble des parties, que la médiation est terminée. ". Et selon l'article 6 de ce décret : " Lorsqu'un tribunal administratif est saisi dans le délai de recours contentieux d'une requête dirigée contre une décision entrant dans le champ des articles 1er et 2 et qui n'a pas été précédée d'un recours préalable à la médiation, son président ou le magistrat qu'il délègue rejette cette requête par ordonnance et transmet le dossier au médiateur compétent. La date à retenir pour apprécier si la médiation préalable obligatoire est engagée dans le délai de recours contentieux est celle de l'enregistrement de la requête présentée devant le tribunal administratif. "
6. D'une part, si la commune du Perray-en-Yvelines soutient que la requête est tardive dès lors qu'elle a été enregistrée plus de deux mois après la notification de la décision attaquée du 16 juillet 2021, il ressort des pièces du dossier que la requérante a saisi le médiateur (centre interdépartemental de gestion de la grande couronne), dès le 19 juillet 2021, dans le cadre des dispositions mentionnées au point 5, et que cette saisine a, par un courrier du 26 juillet 2021, été regardée comme recevable dans le cadre de la médiation préalable obligatoire définie par le décret du 16 février 2018 précité. La requête, enregistrée dans le délai prévu par l'article 4 de ce même décret, n'est donc pas tardive, et la fin de non-recevoir opposée par la commune doit être écartée.
7. D'autre part, la seule circonstance que la requête a été enregistrée la veille de la transmission par le médiateur du procès-verbal signifiant la fin de la médiation n'est pas de nature à la faire regarder comme étant irrecevable.
8. Il résulte de ce qui précède que les fins de non-recevoir opposées par la commune du Perray-en-Yvelines s'agissant des conclusions dirigées contre la décision du 16 juillet 2021 doivent être écartées.
En ce qui concerne le courrier du 16 novembre 2021 :
9. Le maire du Perray-en-Yvelines, au sein de ce courrier litigieux du 16 novembre 2021, rappelle l'existence de la demande de réintégration adressée par Mme A le 8 novembre 2021 et évoque les deux avis du service de médecine préventive des 4 juin et 8 novembre 2021, dont le dernier est favorable à la reprise de ses fonctions sur un poste d'agent de police municipale, sans restriction. Or, le maire du Perray-en-Yvelines, s'il indique saisir le comité médical en vue d'obtenir un avis plus récent, refuse, dans l'attente, la réintégration de Mme A sur son poste, la maintenant ainsi en congé de longue durée à demi traitement. Dès lors, ce courrier, qui emporte des conséquences sur la situation de la requérante, constitue un acte faisant grief. La fin de non-recevoir opposée par la commune du Perray-en-Yvelines doit, par suite, être écartée.
Sur les conclusions en annulation :
10. Aux termes du premier alinéa de l'article 9 du décret du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des comités médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux, alors applicable : " Le médecin du service de médecine préventive prévu à l'article 108-2 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée compétent à l'égard du fonctionnaire dont le cas est soumis au comité médical est informé de la réunion et de son objet. Il peut obtenir s'il le demande communication du dossier de l'intéressé. Il peut présenter des observations écrites ou assister à titre consultatif à la réunion. Il remet obligatoirement un rapport écrit dans les cas prévus aux articles 24, 33 et 37-7 ci-dessous ". Et l'article 33 de ce décret dispose que : " Le comité médical, consulté sur l'aptitude d'un fonctionnaire territorial mis en congé de longue maladie ou de longue durée à reprendre l'exercice de ses fonctions, peut formuler des recommandations sur les conditions d'emploi de l'intéressé sans qu'il puisse porter atteinte à sa situation administrative. / Le dossier soumis au comité médical comporte un rapport écrit du médecin du service de médecine préventive () ".
11. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le comité médical, chargé d'émettre un avis sur l'aptitude de Mme A à la reprise éventuelle de ses fonctions, ait disposé, avant d'émettre son avis, d'un rapport écrit du service de médecine préventive. Or, il ressort des pièces du dossier que ce comité, dans son avis du 15 avril 2021 a estimé que Mme A était apte à la reprise de ses fonctions sur un poste aménagé au sein de la police municipale, alors même que le service de médecine préventive a considéré, le 4 juin suivant, que l'intéressée ne pouvait reprendre ses fonctions sur un poste au sein de la police municipale, et ne pouvait bénéficier d'une affectation que sur un poste administratif dont les contacts avec le public étaient limités. Cette discordance, qui est de nature à révéler une insuffisante information du comité médical sur l'aptitude de la requérante à reprendre ses fonctions, est susceptible d'avoir eu une incidence sur le sens des décisions attaquées. Mme A est donc fondée à soutenir que les décisions des 16 juillet et 16 novembre 2021 refusant sa réintégration sont entachées d'un vice de procédure.
12. Il résulte de ce qui précède que Mme A est fondée à demander l'annulation des décisions des 16 juillet et 16 novembre 2021 du maire du Perray-en-Yvelines, sans qu'il soit nécessaire de se prononcer sur les autres moyens.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne l'illégalité des décisions des 16 juillet et 16 novembre 2021 :
13. En principe, toute illégalité commise par l'administration constitue une faute susceptible d'engager sa responsabilité, pour autant qu'il en soit résulté un préjudice direct et certain. Si l'intervention d'une décision illégale peut constituer une faute susceptible d'engager la responsabilité de la collectivité publique, elle ne saurait donner lieu à réparation si, dans le cas d'une procédure régulière, la même décision aurait pu légalement être prise.
14. Il résulte de ce qui précède que les décisions en cause, refusant la réintégration de la requérante au sein des services de la commune, sont entachées d'un vice de procédure en raison de l'irrégularité de l'avis du comité médical.
15. Toutefois, d'une part, il résulte de l'expertise médicale réalisée le 24 février 2021 que l'état de santé de Mme A ne lui permettait pas de reprendre ses fonctions sur un poste au sein de la police municipale et l'avis du service de médecine préventive du 4 juin 2021 a conclu que l'intéressée ne pouvait pas être réintégrée au sein de la police municipale compte tenu de son état de santé, et que seul un poste administratif avec limitation du contact avec le public pouvait lui être proposé. Ainsi, eu égard au très faible effectif des agents de police municipale de la commune et aux missions leur incombant impliquant un contact avec le public, il ne ressort pas des pièces du dossier que la commune était en mesure d'aménager le poste de Mme A afin de répondre aux préconisations du médecin de prévention. Dans ces conditions, il résulte de l'instruction que la même décision refusant de réintégrer Mme A en l'absence d'aménagement envisageable de son poste, pouvait, dans le cadre d'une procédure régulière, être légalement prise. Par suite, il n'existe pas de lien de cause à effet entre la faute commise par l'administration et le dommage dont la requérante demande réparation. D'autre part, eu égard à la contradiction existante entre l'avis du 8 novembre 2021 par lequel le médecin de prévention a conclu à l'aptitude de la requérante à réintégrer ses fonctions au sein de la police municipale à compter du 17 novembre 2021, sans restriction ni aménagement, et la teneur des précédents avis émis sur son aptitude à réintégrer son poste, le maire aurait pu légalement prendre la même décision refusant de réintégrer Mme A sur un poste, non aménagé, d'agent de police municipale, dans l'attente d'un nouvel avis du comité médical. Par suite, il n'existe pas de lien de cause à effet entre la faute commise par l'administration et le dommage dont la requérante demande réparation au titre de l'illégalité fautive de la décision du 16 novembre 2021.
16. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à soutenir que les décisions des 16 juillet et 16 novembre 2021 refusant sa réintégration sont, compte tenu du seul motif d'illégalité externe retenu, à l'origine, pour elle, d'un préjudice direct et certain. Les conclusions indemnitaires qu'elle présente sur le fondement de l'illégalité fautive de ces décisions doivent donc être rejetées.
En ce qui concerne les fautes alléguées s'agissant de la gestion administrative de sa situation :
17. Il ne résulte pas de l'instruction que la commune de Perray-en-Yvelines ait, outre les décisions précitées des 16 juillet et 16 novembre 2021, commis des fautes dans la gestion de la situation de Mme A, notamment en s'abstenant de la reclasser sur un poste administratif, ou de la placer en surnombre, alors même qu'elle n'avait ni été déclarée inapte à l'exercice des fonctions de son grade, ni épuisé ses droits à congé de longue durée, ou encore en commettant une " résistance abusive " la concernant, les instances médicales ayant été valablement saisies et ayant émis des avis médicaux motivés justifiant les décisions municipales prises. Les conclusions indemnitaires que présente la requérante à ce titre doivent donc être rejetées.
18. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander la condamnation de la commune du Perray-en-Yvelines.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
19. Il résulte de l'instruction que Mme A a été réintégrée dans ses fonctions au sein de la police municipale à compter du 20 mai 2022. Il n'y a donc pas lieu d'enjoindre à la commune, sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, de procéder à cette réintégration.
Sur les frais de justice :
20. Il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions des parties au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions du 16 juillet 2021 et du 16 novembre 2021 du maire du Perray-en-Yvelines sont annulées.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune du Perray-en-Yvelines sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune du Perray-en-Yvelines.
Délibéré après l'audience du 27 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Ribeiro-Mengoli, président,
- M. Maitre, premier conseiller,
- Mme Geismar, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe 11 octobre 2024.
La rapporteure,
signé
M. Geismar
La présidente,
signé
N. Ribeiro-Mengoli La greffière,
signé
B. Dalla Guarda
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2200097 ; 2202995
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026