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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2200136

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2200136

jeudi 1 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2200136
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationMagistrat Mathé
Avocat requérantLE FOYER DE COSTIL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 janvier 2022, Mme D C, représentée par Me Louis le Foyer de Costil, doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme totale de 3 000 euros en réparation du préjudice subis du fait de l'illégalité des décisions par lesquelles la rectrice de l'académie de Versailles a rejeté la demande d'affectation de son fils en classe de seconde professionnelle " maintenance des véhicules " présentée les 14 juin 2020 et 25 septembre 2020 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'illégalité des décisions en cause constituent une faute de la rectrice de l'académie de Versailles de nature à engager la responsabilité de l'Etat ; ces décisions sont illégales dès lors qu'elles portent une atteinte directe au droit de son fils A à son droit à l'instruction en qu'elle met un terme à sa scolarité avant ses seize ans et qu'aucune solution alternative de la part du rectorat de l'académie de Versailles ne lui a été soumise de manière sérieuse, que les diligences accomplies par le rectorat de l'académie de Versailles sont insuffisantes au regard de l'atteinte au droit à la scolarisation dont son fils A est titulaire, en ce qu'il n'a pas cherché à lui offrir une solution pérenne, et qu'elle ne dispose pas des moyens financiers nécessaires pour permettre à son fils de suivre une scolarité au sein d'un établissement d'enseignement secondaire privé ;

- cette faute a causé plusieurs préjudices à son fils, qui a subi plusieurs troubles moraux liés à sa déscolarisation pendant trois mois, qu'elle évalue à hauteur de 6 000 euros.

Par un mémoire en défense enregistré le 20 juin 2022, la rectrice de l'académie de Versailles conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et son protocole additionnel ;

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme B pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Mathé, magistrate désignée,

- et les conclusions de M. Armand, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. A C, scolarisé dans un établissement privé hors contrat, a obtenu la validation de la commission académique pour effectuer sa rentrée scolaire dans un établissement public au mois de septembre 2020. Le 14 juin 2020, il a formulé à cet effet cinq vœux d'affectation en classe de seconde professionnelle " maintenance des véhicules " qui tous ont été refusés compte tenu des effectifs contraints dans la formation demandée. Les services de la direction des services départementaux de l'éducation nationale des Yvelines ont proposé à Mme C d'orienter son fils A en classe de seconde professionnelle " maintenance des équipements industriels ". Par un courriel en date du 25 septembre 2020, resté sans réponse, Mme C a indiqué accepter cette proposition, tout en sollicitant l'inscription de son fils au lycée Louis Blériot à Trappes (Yvelines). En l'absence de réponse, une décision implicite de rejet est née le 25 novembre 2020. Le 27 novembre 2020, le jeune A a été scolarisé en classe de seconde professionnelle " maintenance des équipements industriels " au lycée public Louis Blériot de Trappes (Yvelines). Par un courrier daté du 7 janvier 2022, notifié le 10 janvier 2022, et resté sans réponse, Mme C a présenté une demande indemnitaire préalable. Par sa requête, Mme C doit être regardée comme demandant au tribunal de condamner l'Etat à lui verser la somme de 3 000 euros en réparation des préjudices subis par son fils du fait de l'illégalité de ces décisions.

2. Par un jugement rendu le 25 mai 2022, devenu définitif, le tribunal administratif de Versailles a rejeté la requête de Mme C, qui soulevait les mêmes moyens de légalité interne contre les décisions en cause que dans la présente instance, tendant à l'annulation des décisions par lesquelles la rectrice de l'académie de Versailles avait rejeté la demande d'affectation de son fils A en classe de seconde professionnelle " maintenance des véhicules " présentée les 14 juin 2020 et 25 septembre 2020. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la rectrice de l'académie de Versailles aurait commis une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat.

3. Au surplus, la requérante n'établit aucunement la réalité des préjudices qu'aurait subi son fils A du fait de la prétendue illégalité des décisions en cause.

4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par Mme C doivent être rejetées. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter également ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E:

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.

Copie en sera adressée pour information à la rectrice de l'académie de Versailles.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er décembre 2022.

La magistrate désignée,

signé

C. B

La greffière,

signé

A. Gateau

La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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