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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2200165

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2200165

mardi 23 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2200165
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantSELARL SYMCHOWICZ WEISSBERG ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête et des mémoires enregistrés, sous le n° 2200165, les 10 janvier 2022, 13 octobre 2022 et 21 décembre 2022, ce dernier n'ayant pas été communiqué, M. B C, représenté par la SAS Cabinet Colin-Stoclet, demande au tribunal :

1°) à titre principal, d'annuler la délibération n° 02-CM08072021 du 8 juillet 2021 par laquelle le conseil municipal de Montgeron a approuvé la modification du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;

2°) à titre subsidiaire, d'annuler cette délibération en tant qu'elle classe les parcelles AL n° 270, 271 et 272 en espaces verts protégés, ainsi que la décision implicite rejetant dans cette mesure son recours gracieux ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Montgeron une somme de 4 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision du 20 février 2021 de la mission régionale d'autorité environnementale d'Ile-de-France dispensant d'évaluation environnementale la procédure de modification du PLU de Montgeron a été rendue sur la base d'informations non sincères fournies par la commune et est entachée d'erreur d'appréciation en ce qu'elle conclut à l'absence d'incidences notables sur l'environnement des modifications envisagées ; elle n'est, en outre, pas conforme à la directive 2001/42/CE du 27 juin 2001 ;

- les observations produites par la SCI du 53 avenue de la République n'ont pas été prises en compte par le commissaire enquêteur ; la contribution de l'association Montgeron environnement a été totalement dénaturée et de nombreux points évoqués dans cette contribution n'ont pas été abordés par le commissaire enquêteur ; les réponses de la commune aux observations sont très lacunaires ; le rapport et les conclusions de ce dernier sont, plus généralement, insuffisants et contradictoires sur la question de la justification des espaces verts protégés ;

- les modifications apportées au PLU justifiaient l'engagement d'une procédure de révision, et non de modification ;

- le rapport de présentation justifie insuffisamment la création et la délimitation de 44 nouveaux hectares d'espaces verts protégés et les prescriptions qui y sont applicables ;

- la procédure de modification en litige est irrégulière, faute de concertation préalable ;

- l'adoption de la délibération en litige est intervenue sur la base de documents provisoires non consultables sur le site internet de la commune ; il n'est, en outre, pas établi que l'ensemble des membres du conseil municipal ait été régulièrement convoqué et destinataire d'une information suffisante pour se prononcer en toute connaissance de cause sur la modification litigieuse ;

- la modification litigieuse n'est pas cohérente, ni même compatible, avec les orientations du projet d'aménagement et de développement durables (PADD) ;

- en frappant des terrains entiers, ou dans la plus grande partie de leur superficie, d'une servitude d'inconstructibilité en pleine zone urbaine, le plan de zonage contrevient au principe d'équilibre posé par l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme ;

- la délibération attaquée est entachée d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation au regard du deuxième alinéa de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme en ce qu'elle crée en zone urbaine des espaces verts protégés au sein desquels les constructions sont, à quelques rares exceptions, interdites, alors que la plupart de ces espaces verts protégés ne sont nullement nécessaires au maintien des continuités écologiques et que cette inconstructibilité n'est pas le seul moyen de permettre d'atteindre l'objectif poursuivi et qu'elle est à l'évidence inadéquate et disproportionnée ;

- la délibération attaquée est entachée d'erreur de droit et d'appréciation au regard de ce même article en ce qu'elle crée des espaces verts protégés qui ont été identifiés selon une méthode ne tenant pas compte de l'intérêt écologique, intérêt écologique dont sont d'ailleurs dépourvus la plupart de ces espaces et notamment ses propres parcelles ;

- le choix des parcelles grevées d'une servitude d'espaces verts protégés est arbitraire et crée une rupture de l'égalité de traitement devant les charges publiques et constitue une entrave au droit de propriété ;

- le classement en espaces verts protégés des parcelles AL n° 270, 271 et 272 est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;

- la délibération attaquée n'a pas étudié la compatibilité de l'instauration de nouveaux espaces verts protégés avec les objectifs du schéma directeur de la région Île-de-France (SDRIF), notamment de densifier à proximité des gares, ni avec ceux du schéma régional de cohérence écologique (SRCE) d'Île-de-France ni encore du schéma de cohérence territoriale (SCOT) ;

- les articles L. 153-27 et suivants du code de l'urbanisme ont été méconnus, en l'absence d'indicateurs de suivi.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 14 octobre 2022 et 18 novembre 2022, la commune de Montgeron, représentée par Me Saint-Supéry, conclut, à titre principal, à ce qu'il soit donné acte du désistement d'office du requérant, à titre subsidiaire, au rejet de la requête et, en tout état de cause, à la mise à la charge de M. C d'une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- à défaut d'avoir produit, dans les quinze jours suivant l'introduction de sa requête sommaire, le mémoire complémentaire annoncé dans ses écritures, M. C est réputé s'être désisté de la présente instance, en application de l'article R. 776-12 du code de justice administrative ;

- la requête est, par ailleurs, tardive et non motivée et donc irrecevable ;

- aucun des moyens soulevés dans la requête n'est, en tout état de cause, fondé.

Par une ordonnance du 24 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 22 décembre 2022, en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.

En application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, l'instruction a été partiellement rouverte pour les éléments demandés en vue de compléter l'instruction.

Des mémoires ont été produits dans ce cadre pour la commune de Montgeron les 20 février 2023 et 18 avril 2023 et pour M. C le 12 avril 2023.

II. Par une requête et des mémoires, enregistrés, sous le n° 2200166, les 10 janvier 2022, 13 octobre 2022 et 21 décembre 2022, ce dernier n'ayant pas été communiqué, M. et Mme A et E C, représentés par la SAS Cabinet Colin-Stoclet, demandent au tribunal :

1°) à titre principal, d'annuler la délibération n° 02-CM08072021 du 8 juillet 2021 par laquelle le conseil municipal de Montgeron a approuvé la modification du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune ainsi que la décision implicite de rejet de leur recours gracieux ;

2°) à titre subsidiaire, d'annuler cette délibération en tant qu'elle classe les parcelles AL n° 365, 281 et 437 en espaces verts protégés et maintient le classement la parcelle AL n° 282 en espace boisé classé (EBC), ainsi que la décision implicite rejetant dans cette mesure leur recours gracieux ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Montgeron une somme de 4 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils invoquent les mêmes moyens que la requête enregistrée sous le n° 2200165 et soutiennent en outre que :

- le maintien du classement en EBC de l'intégralité de la parcelle AL n° 282 est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que cette parcelle ne comporte que quelques arbres, qu'elle se situe dans la continuité de parcelles bâties et qu'elle est séparée du reste de la partie boisée par la route forestière du château ;

- le classement des parcelles AL n° 365, 281 et 437 en espaces verts protégés est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 14 octobre 2022 et 18 novembre 2022, la commune de Montgeron, représentée par Me Saint-Supéry, conclut, à titre principal, à ce qu'il soit donné acte du désistement d'office des requérants, à titre subsidiaire, au rejet de la requête et, en tout état de cause, à la mise à la charge de M. et Mme C d'une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- à défaut d'avoir produit, dans les quinze jours suivant l'introduction de leur requête sommaire, le mémoire complémentaire annoncé dans leurs écritures, M. et Mme C sont réputés s'être désistés de la présente instance, en application de l'article R. 776-12 du code de justice administrative ;

- la requête est, par ailleurs, tardive et non motivée et donc irrecevable ;

- aucun des moyens soulevés dans la requête n'est, en tout état de cause, fondé.

Par une ordonnance du 24 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 22 décembre 2022, en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.

En application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, l'instruction a été partiellement rouverte pour les éléments demandés en vue de compléter l'instruction.

Des mémoires ont été produits dans ce cadre pour la commune de Montgeron les 20 février 2023 et 18 avril 2023 et pour M. et Mme C le 12 avril 2023.

Les parties ont été informées le 6 avril 2023, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur le moyen, relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la requête présentées à titre subsidiaire tendant à l'annulation de la délibération attaquée du 8 juillet 2021 et de la décision implicite de rejet du recours gracieux en tant qu'elles maintiennent le classement la parcelle AL n° 282 en espace boisé classé, dès lors que cette délibération ne modifie pas ce classement (CE, 30 septembre 1996, n° 146246).

III. Par une requête et des mémoires, enregistrés, sous le n° 2200167, les 10 janvier 2022, 13 octobre 2022 et 21 décembre 2022, ce dernier n'ayant pas été communiqué, la SAS Onloue, représentée par la SAS Cabinet Colin-Stoclet, demande au tribunal :

1°) à titre principal, d'annuler la délibération n° 02-CM08072021 du 8 juillet 2021 par laquelle le conseil municipal de Montgeron a approuvé la modification du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;

2°) à titre subsidiaire, d'annuler cette délibération en tant qu'elle classe la parcelle AL n° 436 en espace vert protégé, ainsi que la décision implicite rejetant dans cette mesure son recours gracieux ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Montgeron une somme de 4 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle invoque les mêmes moyens que la requête enregistrée sous le n° 2200165 et soutient en outre que le classement de la parcelle AL n° 436 en espaces verts protégés est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 14 octobre 2022 et 18 novembre 2022, la commune de Montgeron, représentée par Me Saint-Supéry, conclut, à titre principal, à ce qu'il soit donné acte du désistement d'office de la requérante, à titre subsidiaire, au rejet de la requête et, en tout état de cause, à la mise à la charge de la SAS Onloue d'une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- à défaut d'avoir produit, dans les quinze jours suivant l'introduction de sa requête sommaire, le mémoire complémentaire annoncé dans ses écritures, la SAS Onloue est réputée s'être désistée de la présente instance, en application de l'article R. 776-12 du code de justice administrative ;

- la requête est, par ailleurs, tardive et non motivée et donc irrecevable ;

- aucun des moyens soulevés dans la requête n'est, en tout état de cause, fondé.

Par une ordonnance du 24 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 22 décembre 2022, en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.

En application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, l'instruction a été partiellement rouverte pour les éléments demandés en vue de compléter l'instruction.

Des mémoires ont été produits dans ce cadre pour la commune de Montgeron les 20 février 2023 et 18 avril 2023 et pour la SAS Onloue le 12 avril 2023.

IV. Par une requête et des mémoires, enregistrés, sous le n° 2200168, les 10 janvier 2022, 13 octobre 2022 et 21 décembre 2022, ce dernier n'ayant pas été communiqué, la SCI du 53 avenue de la République, représentée par la SAS Cabinet Colin-Stoclet, demande au tribunal :

1°) à titre principal, d'annuler la délibération n° 02-CM08072021 du 8 juillet 2021 par laquelle le conseil municipal de Montgeron a approuvé la modification du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;

2°) à titre subsidiaire, d'annuler cette délibération en tant qu'elle classe la parcelle AC n° 415 en espace vert protégé et maintient la servitude instituée au titre de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme sur les parcelles AB n° 117, AC n° 410 et AC n° 415, ainsi que la décision implicite rejetant dans cette mesure son recours gracieux ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Montgeron une somme de 4 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle invoque les mêmes moyens que la requête enregistrée sous le n° 2200165 et soutient en outre que le classement de la parcelle AC n° 415 en espaces verts protégés est entaché d'erreur manifeste d'appréciation, de même que le maintien de la servitude instituée au titre de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme sur les parcelles AB n° 117, AC n° 410 et AC n° 415.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 14 octobre 2022 et 18 novembre 2022, la commune de Montgeron, représentée par Me Saint-Supéry, conclut, à titre principal, à ce qu'il soit donné acte du désistement d'office de la requérante, à titre subsidiaire, au rejet de la requête et, en tout état de cause, à la mise à la charge de la société requérante d'une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- à défaut d'avoir produit, dans les quinze jours suivant l'introduction de sa requête sommaire, le mémoire complémentaire annoncé dans ses écritures, la société requérante est réputée s'être désistée de la présente instance, en application de l'article R. 776-12 du code de justice administrative ;

- la requête est, par ailleurs, tardive et non motivée et donc irrecevable ;

- aucun des moyens soulevés dans la requête n'est, en tout état de cause, fondé.

Par une ordonnance du 24 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 22 décembre 2022, en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.

En application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, l'instruction a été partiellement rouverte pour les éléments demandés en vue de compléter l'instruction.

Des mémoires ont été produits dans ce cadre pour la commune de Montgeron les 20 février 2023 et 18 avril 2023 et pour la SCI du 53 avenue de la République le 12 avril 2023.

Les parties ont été informées le 6 avril 2023, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur le moyen, relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la requête présentées à titre subsidiaire tendant à l'annulation de la délibération attaquée du 8 juillet 2021 et de la décision implicite rejetant son recours gracieux, en tant qu'elles maintiennent la servitude instituée au titre de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme sur les parcelles AB n° 117, AC n° 410 et AC n° 415, dès lors que cette délibération ne modifie pas ce classement (CE, 30 septembre 1996, n° 146246).

V. Par une requête et des mémoires, enregistrés, sous le n° 2200169, les 10 janvier 2022, 18 août 2022 et 21 décembre 2022, ce dernier n'ayant pas été communiqué, l'association Montgeron Environnement, représentée par la SAS Cabinet Colin-Stoclet, demande au tribunal :

1°) d'annuler la délibération n° 02-CM08072021 du 8 juillet 2021 par laquelle le conseil municipal de Montgeron a approuvé la modification du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Montgeron une somme de 4 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle invoque les mêmes moyens que la requête enregistrée sous le n° 2200165 et soutient en outre que :

- elle a intérêt à agir ;

- la disposition dérogatoire prévue par l'article UA12 du règlement du PLU en matière de stationnement en zone UA est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation en ce qu'elle a vocation à s'appliquer à un projet unique et à accroitre les besoins en places de stationnement dans le secteur ;

- elle entend se rapporter au courrier en date du 7 mai 2021 qu'elle a adressé au commissaire enquêteur.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 14 octobre 2022 et 18 novembre 2022, la commune de Montgeron, représentée par Me Saint-Supéry, conclut, à titre principal, à ce qu'il soit donné acte du désistement d'office de l'association requérante, à titre subsidiaire, au rejet de la requête et, en tout état de cause, à la mise à la charge de celle-ci d'une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- à défaut d'avoir produit, dans les quinze jours suivant l'introduction de sa requête sommaire, le mémoire complémentaire annoncé dans ses écritures, l'association requérante est réputée s'être désistée de la présente instance, en application de l'article R. 776-12 du code de justice administrative ;

- la requête est, par ailleurs, irrecevable en raison du défaut de motivation de la requête et de l'absence d'intérêt à agir de l'association requérante ;

- aucun des moyens soulevés dans la requête n'est, en tout état de cause, fondé.

Par une ordonnance du 24 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 22 décembre 2022, en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.

En application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, l'instruction a été partiellement rouverte pour les éléments demandés en vue de compléter l'instruction.

Des mémoires ont été produits dans ce cadre pour la commune de Montgeron les 20 février 2023 et 18 avril 2023 et pour l'association Montgeron Environnement le 12 avril 2023.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la directive 2001/42/CE du Parlement européen et du Conseil du 27 juin 2001 ;

- le code de l'environnement ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme D,

- les conclusions de M. Maitre, rapporteur public,

- les observations de Me Barillon pour les requérants ;

- et les observations de Me Sautereau pour la commune de Montgeron.

Considérant ce qui suit :

1. Par une délibération du 8 juillet 2021, le conseil municipal de Montgeron a approuvé la modification n° 3 du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune. M. B C, M. et Mme A et E C, la SAS Onloue, la SCI du 53 avenue de la République et l'association Montgeron Environnement demandent au tribunal l'annulation de cette délibération ainsi que des décisions implicites rejetant leurs recours gracieux. M. B C, M. et Mme A et E C, la SAS Onloue et la SCI du 53 avenue de la République demandent, en outre, à titre subsidiaire, l'annulation de cette délibération en tant qu'elle institue des servitudes sur des parcelles dont ils sont propriétaires.

Sur la jonction :

2. Les requêtes susvisées n° 2200165, 2200166, 2200167, 2200168 et 2200169 sont dirigées contre la même délibération. Il y a, dès lors, lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur l'exception de désistement :

3. Aux termes de l'article R. 776-12 du code de justice administrative : " Lorsqu'une requête sommaire mentionne l'intention du requérant de présenter un mémoire complémentaire, la production annoncée doit parvenir au greffe du tribunal administratif dans un délai de quinze jours à compter de la date à laquelle la requête a été enregistrée. / Si ce délai n'est pas respecté, le requérant est réputé s'être désisté à la date d'expiration de ce délai, même si le mémoire complémentaire a été ultérieurement produit. Il est donné acte de ce désistement ".

4. Ces dispositions, intégrées au chapitre VI du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative, n'ont vocation à s'appliquer que dans le cadre du contentieux des obligations de quitter le territoire français et ne peuvent ainsi être utilement invoquées dans le présent litige par la commune de Montgeron. L'exception de désistement soulevée en défense sur le fondement de ces dispositions ne peut, par suite, être accueillie.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les conclusions, présentées à titre principal, tendant à l'annulation totale de la délibération du 8 juillet 2021 approuvant la modification du PLU de Montgeron :

S'agissant du choix de la procédure suivie :

5. Aux termes de l'article L. 153-31 du code de l'urbanisme : " Le plan local d'urbanisme est révisé lorsque l'établissement public de coopération intercommunale ou la commune décide : / 1° Soit de changer les orientations définies par le projet d'aménagement et de développement durables ; / 2° Soit de réduire un espace boisé classé, une zone agricole ou une zone naturelle et forestière ; / 3° Soit de réduire une protection édictée en raison des risques de nuisance, de la qualité des sites, des paysages ou des milieux naturels, ou d'une évolution de nature à induire de graves risques de nuisance. / 4° Soit d'ouvrir à l'urbanisation une zone à urbaniser qui, dans les neuf ans suivant sa création, n'a pas été ouverte à l'urbanisation ou n'a pas fait l'objet d'acquisitions foncières significatives de la part de la commune ou de l'établissement public de coopération intercommunale compétent, directement ou par l'intermédiaire d'un opérateur foncier. / 5° Soit de créer des orientations d'aménagement et de programmation de secteur d'aménagement valant création d'une zone d'aménagement concerté. " Aux termes de l'article L. 153-36 du même code : " Sous réserve des cas où une révision s'impose en application de l'article L. 153-31, le plan local d'urbanisme est modifié lorsque l'établissement public de coopération intercommunale ou la commune décide de modifier le règlement, les orientations d'aménagement et de programmation ou le programme d'orientations et d'actions. ".

6. Il ressort des pièces du dossier, en particulier du complément au rapport de présentation, que les modifications du plan local d'urbanisme approuvées par la délibération contestée ont pour objet la protection de la trame verte en milieu urbain par l'identification de nouveaux espaces verts protégés au titre de l'article L.151-23 du code de l'urbanisme et l'encadrement strict des possibilités de construire en leur sein, l'identification de nouveaux arbres remarquables, le renforcement des règles concernant les espaces perméables dans certains secteurs de la commune, l'annexion au PLU d'une charte de l'arbre à valeur informative, l'identification de nouvelles constructions remarquables à protéger au titre de l'article L. 151-19 du même code et la modification de plusieurs dispositions du règlement écrit visant à améliorer le cadre et la qualité de vie en zone urbaine et à procéder à des ajustements ou compléments ponctuels ainsi qu'à la correction d'erreurs matérielles. Ainsi, ces modifications n'ont pas formellement pour objet de changer les orientations définies par le projet d'aménagement et de développement durables approuvé le 3 novembre 2016. L'allégation selon laquelle elles auraient eu pour effet indirect de remettre en cause les orientations définies par ce document n'affecte, le cas échéant, que la cohérence entre eux des éléments que comprend le plan local d'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de ce que la procédure de modification a été suivie à tort doit être écarté.

S'agissant de la légalité externe :

Quant à l'absence d'évaluation environnementale :

7. Selon les articles L. 104-2 et L. 104-3 du code de l'urbanisme, d'une part, et l'article R. 104-8 de ce code, tel qu'il doit être interprété au regard de la décision n° 400420 du Conseil d'Etat du 19 juillet 2017, d'autre part, dans leur version applicable au litige, les procédures de modification des PLU sont soumises à évaluation environnementale, sauf dans le cas où elles ne prévoient que des changements qui ne sont pas susceptibles d'avoir des effets notables sur l'environnement, au sens de l'annexe II à la directive 2001/42/ CE du Parlement européen et du Conseil du 27 juin 2001.

8. Aux termes de l'article R. 104-28 du code de l'urbanisme : " L'autorité environnementale mentionnée à l'article R. 104-21 décide de soumettre ou non à une évaluation environnementale l'élaboration ou la procédure d'évolution affectant un plan local d'urbanisme ou une carte communale relevant de la procédure d'examen au cas par cas, au regard : / 1° Des informations fournies par la personne publique responsable mentionnées à l'article R. 104-30 ; / 2° Des critères de l'annexe II de la directive 2001/42/CE du Parlement européen et du Conseil du 27 juin 2001 relative à l'évaluation des incidences de certains plans et programmes sur l'environnement. () ".

9. En premier lieu, aux termes de l'article R. 104-30 du même code : " La personne publique responsable transmet à l'autorité administrative de l'Etat compétente en matière d'environnement les informations suivantes : / 1° Une description des caractéristiques principales du document ; / 2° Une description des caractéristiques principales, de la valeur et de la vulnérabilité de la zone susceptible d'être touchée par la mise en œuvre du document ; / 3° Une description des principales incidences sur l'environnement et la santé humaine de la mise en œuvre du document ".

10. Il ressort des pièces du dossier que la décision du 20 février 2021 par laquelle la mission régionale d'autorité environnementale d'Ile-de-France a dispensé d'évaluation environnementale le projet de modification du plan local d'urbanisme de Montgeron a été prise au vu d'un formulaire de demande décrivant la sensibilité environnementale du territoire communal, les évolutions règlementaires envisagées et leur impact potentiel sur l'environnement et la santé. Ce formulaire comportait, en outre, en annexe le projet d'aménagement et de développement durables (PADD) ainsi que le règlement écrit et graphique en vigueur, une note présentant l'ensemble des modifications réglementaires projetées et notamment celles applicables aux espaces verts protégés, le projet de plan de zonage modifié et le projet de charte de l'arbre. Ainsi, contrairement à ce qui est soutenu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la commune n'aurait pas transmis à l'autorité environnementale l'ensemble des éléments mentionnés à l'article R. 104-30 du code de l'urbanisme.

11. En deuxième lieu, pour soutenir que c'est à tort que la mission régionale d'autorité environnementale d'Ile-de-France a dispensé d'évaluation environnementale le projet qui lui était soumis, les requérants se bornent à faire valoir que la modification du PLU qu'ils contestent a conduit à classer en espaces verts protégés plus de 1 500 parcelles représentant plus de 44 hectares. Il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier qu'un tel classement, qui consiste à préserver une situation existante en limitant les possibilités de construire dans des espaces non bâtis représentant environ 5% du territoire communal, soit en lui-même susceptible d'avoir des incidences notables sur l'environnement et sur la santé humaine au sens des critères de l'annexe II de la directive européenne du 27 juin 2001. Par suite, la procédure de modification du PLU en litige ne méconnait pas les dispositions citées aux points 5 et 6.

12. En troisième lieu, les requérants ne peuvent utilement soutenir que la décision de la mission régionale d'autorité environnementale d'Ile-de-France n'est pas conforme à l'article 3 de la directive 2001/42/CE du 27 juin 2001 visée ci-dessus, dès lors que les dispositions de cet article ont été transposées en droit interne.

Quant à l'absence de concertation :

13. Il résulte de ce qui précède que c'est à bon droit que la procédure de modification en litige a été dispensée d'évaluation environnementale. Dès lors et en tout état de cause, les dispositions de l'article L. 103-2 du code de l'environnement n'imposaient pas qu'elle fasse l'objet d'une concertation préalable.

Quant à l'enquête publique :

14. Aux termes de l'article L. 123-15 du code de l'environnement : " Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête rend son rapport et ses conclusions motivées dans un délai de trente jours à compter de la fin de l'enquête. (). / Le rapport doit faire état des contre-propositions qui ont été produites durant l'enquête ainsi que des réponses éventuelles du maître d'ouvrage. / Le rapport et les conclusions motivées sont rendus publics (). ". Aux termes de l'article R. 123-19 du même code : " Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête établit un rapport qui relate le déroulement de l'enquête et examine les observations recueillies. / Le rapport comporte le rappel de l'objet du projet, plan ou programme, la liste de l'ensemble des pièces figurant dans le dossier d'enquête, une synthèse des observations du public, une analyse des propositions produites durant l'enquête et, le cas échéant, les observations du responsable du projet, plan ou programme en réponse aux observations du public. / Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête consigne, dans une présentation séparée, ses conclusions motivées, en précisant si elles sont favorables, favorables sous réserves ou défavorables au projet. () ".

15. Il résulte de ces dispositions que les conclusions énoncées par le commissaire enquêteur dans son rapport doivent être motivées. Si cette règle n'implique pas que le commissaire enquêteur soit tenu de répondre à chacune des observations présentées lors de l'enquête, elle l'oblige néanmoins à indiquer, au moins sommairement, en donnant son avis personnel, les raisons qui déterminent le sens de cet avis.

16. Il ressort des pièces du dossier que le commissaire enquêteur a recensé et résumé, dans un tableau de plus de 200 pages, 209 contributions du public recueillies au cours de l'enquête publique qu'il a rattachées à 14 grands thèmes dont huit concernent les espaces verts protégés. Il a, en outre, procédé dans son rapport à une analyse transversale des observations du public pour chacun de ces thèmes et fait état, pour chacun d'eux, de la réponse de la commune et de son propre avis. Il a notamment relevé à cette occasion l'incompréhension du public quant aux objectifs poursuivis par la création des espaces verts protégés et aux modalités de leur délimitation. Le commissaire enquêteur a, enfin, détaillé les raisons l'amenant, au regard du déroulement de l'enquête et de la teneur des modifications envisagées, à émettre un avis favorable au projet, assorti de trois recommandations, qui concernent essentiellement la problématique des espaces verts protégés, et d'une réserve, tenant à la mise en œuvre par la commune des modifications du projet qu'elle s'est engagée à réaliser. Dans ces conditions et alors que le commissaire enquêteur n'est pas tenu de répondre à chacune des observations présentées lors de l'enquête, l'absence de prise en compte de la contribution de la SCI du 53 avenue de la République, adressée au demeurant 2 minutes avant la clôture de l'enquête publique et qui portait principalement sur la question de la justification des espaces verts protégés, de même que l'erreur affectant la retranscription de la contribution de l'association Montgeron Environnement à laquelle la commune a néanmoins répondu point par point, et d'une façon générale les erreurs ou omissions invoquées n'ont pas eu, compte tenu de leur caractère marginal, d'incidence sur la régularité de la procédure. Par suite et alors par ailleurs que le commissaire enquêteur a suffisamment précisé les motifs justifiant le sens de son avis, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que son rapport et ses conclusions auraient méconnu les exigences des articles L. 123-15 et R. 123-19 du code de l'environnement.

Quant à l'insuffisance du rapport de présentation :

17. Aux termes de l'article R. 151-5 de ce code : " Le rapport de présentation est complété par l'exposé des motifs des changements apportés lorsque le plan local d'urbanisme est : () 2° Modifié ; () ".

18. Le rapport de présentation de la modification du PLU de Montgeron contestée indique qu'il est proposé de compléter l'identification de cœurs d'ilots verts et de les classer en espaces verts protégés au titre de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme et d'encadrer strictement les possibilités de construire dans ces espaces pour mettre en œuvre les orientations du PADD qui visent à préserver le patrimoine paysager de la commune et à sauvegarder le rôle des quartiers pavillonnaires comme corridors écologiques en " pas japonais " entre la vallée de l'Yerres et la forêt de Sénart et entre la vallée de la Seine et la forêt de Sénart. Il expose les modifications réglementaires envisagées et précise que les restrictions aux droits à construire dans les espaces verts protégés viennent compléter les dispositions existantes qui fixent une bande de constructibilité de 25 mètres à partir de l'alignement et visent également à renforcer la préservation de la nature en ville dans tous les quartiers. Il détaille enfin la méthodologie d'identification et de délimitation des nouveaux espaces verts protégés, en indiquant qu'ils couvrent une surface d'environ 44 hectares. Ainsi, contrairement à ce qui est soutenu, les auteurs de la modification en litige ont suffisamment exposé les motifs des changements apportés au PLU existant, notamment en ce qui concerne la création et la délimitation de ces nouveaux espaces verts protégés ainsi que les prescriptions qui y sont applicables.

Quant à l'information des conseillers municipaux :

19. Aux termes de l'article L. 2121-10 du code général des collectivités territoriales : " Toute convocation est faite par le maire. Elle indique les questions portées à l'ordre du jour. Elle est mentionnée au registre des délibérations, affichée ou publiée. Elle est transmise de manière dématérialisée ou, si les conseillers municipaux en font la demande, adressée par écrit à leur domicile ou à une autre adresse ". Aux termes de l'article L. 2121-12 du même code : " Dans les communes de 3 500 habitants et plus, une note explicative de synthèse sur les affaires soumises à délibération doit être adressée avec la convocation aux membres du conseil municipal. / () Le délai de convocation est fixé à cinq jours francs. () ". Aux termes de l'article L. 2121-13 de ce code : " Tout membre du conseil municipal a le droit, dans le cadre de sa fonction, d'être informé des affaires de la commune qui font l'objet d'une délibération ".

20. D'une part, il résulte de ces dispositions que, dans les communes de 3 500 habitants et plus, la convocation aux réunions du conseil municipal doit être accompagnée d'une note explicative de synthèse portant sur chacun des points de l'ordre du jour. Le défaut d'envoi de cette note ou son insuffisance entache d'irrégularité les délibérations prises, à moins que le maire n'ait fait parvenir aux membres du conseil municipal, en même temps que la convocation, les documents leur permettant de disposer d'une information adéquate pour exercer utilement leur mandat. Cette obligation, qui doit être adaptée à la nature et à l'importance des affaires, doit permettre aux intéressés d'appréhender le contexte ainsi que de comprendre les motifs de fait et de droit des mesures envisagées et de mesurer les implications de leurs décisions. Elle n'impose pas de joindre à la convocation adressée aux intéressés, à qui il est au demeurant loisible de solliciter des précisions ou explications conformément à l'article L. 2121-13 du même code, une justification détaillée du bien-fondé des propositions qui leur sont soumises.

21. D'autre part, il résulte de ces mêmes dispositions que les convocations aux réunions du conseil municipal doivent être envoyées aux conseillers municipaux de manière dématérialisée ou, s'ils en font expressément la demande, être adressées par écrit à leur domicile personnel ou à une autre adresse de leur choix, laquelle peut être la mairie, et qu'il doit être procédé à cet envoi dans un délai de cinq jours francs avant la réunion. La méconnaissance de ces règles est de nature à entacher d'illégalité les délibérations prises par le conseil municipal alors même que les conseillers municipaux concernés auraient été présents ou représentés lors de la séance. Il ne peut en aller différemment que dans le cas où il est établi que les convocations irrégulièrement adressées ou distribuées sont effectivement parvenues à leurs destinataires cinq jours francs au moins avant le jour de la réunion.

22. En l'espèce, il ressort des échanges contradictoires qui ont suivi le supplément d'instruction diligenté sur le fondement de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative et notamment des attestations issues de la plateforme " Dematis " et des procès-verbaux de distribution signés par un agent assermenté de la commune de Montgeron qui font foi jusqu'à preuve du contraire, que tous les membres du conseil municipal se sont vus remettre, par voie dématérialisée ou en mairie, le 28 juin 2021, la convocation à la séance du conseil municipal du 8 juillet 2021 puis divers documents les 30 juin 2021 et 1er juillet 2021. Il ressort des pièces du dossier que figurait parmi ces documents une " note de présentation " retraçant la procédure de modification, le sens et la teneur des conclusions et de l'avis du commissaire enquêteur ainsi que les amendements au projet proposés pour lever la réserve émise par ce dernier et prendre en compte ses recommandations et qu'étaient notamment annexées à celle-ci les pièces de la procédure de modification et les pièces du PLU modifié, en particulier le rapport de présentation, le règlement écrit, la charte de l'arbre et le plan de zonage, dont un exemplaire plus lisible a été distribué à tous les élus municipaux le 1er juillet 2021. Il apparait ainsi que tous les conseillers municipaux ont effectivement reçu, cinq jours francs au moins avant la séance du conseil municipal au cours de laquelle la délibération attaquée a été adoptée, les documents leur permettant de disposer d'une information adéquate pour exercer utilement leur mandat. Dans ces conditions et alors que les documents transmis aux membres du conseil municipal n'ont pas à faire préalablement l'objet d'une publication sur le site internet de la commune, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les règles de convocation prévues par les dispositions précitées du code général des collectivités territoriales ont été méconnues.

S'agissant des autres moyens de légalité interne :

Quant à la cohérence des modifications approuvées avec le PADD :

23. Aux termes de l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3 ".

24. Pour apprécier la cohérence exigée au sein du plan local d'urbanisme entre le règlement et le PADD, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le PADD, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du PLU à une orientation ou à un objectif du PADD ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet.

25. Il ressort des pièces du dossier que le PADD du PLU de Montgeron, approuvé le 3 novembre 2016, se décline en quatre orientations qui placent le développement durable et la préservation des atouts paysagers de la commune au centre du projet. Outre la protection des grands espaces naturels du territoire que sont la forêt de Sénart au sud et la vallée de l'Yerres au nord, le PADD comporte, tout d'abord, plusieurs objectifs visant le maintien d'espaces naturels au sein des zones urbaines. Il prévoit ainsi, au titre de l'orientation n° 2, de " Maintenir le caractère verdoyant et arboré des quartiers pavillonnaires de la ville en encadrant leurs possibilités d'évolutions ", de " maintenir la présence des éléments de patrimoine végétal (arbres remarquables) ", de " préserver la qualité paysagère " ainsi que les " espaces naturels et paysagers " et notamment " les cœurs d'îlot les plus significatifs, les alignements d'arbres, certains arbres isolés ". Le PADD poursuit également un parti clair de limitation de la densification des quartiers pavillonnaires qui " ne doivent pas être voués à une densification systématique mais doivent conserver leurs caractéristiques principales ", en veillant notamment " au maintien des surfaces de pleine terre et d'espaces verts dans les parcelles privées ". Par son orientation n° 3, le PADD fixe, par ailleurs, un simple objectif de maintien du nombre d'habitants et de " maitrise de l'évolution de la population ", impliquant avant tout de " reconquérir les logements vacants, plutôt que mettre en œuvre de grandes opérations de construction ". Enfin, l'orientation n° 4 dédiée au " développement durable " comme " objectif transversal " met l'accent sur la " protection de la biodiversité et des milieux naturels ". A ce titre, le PADD indique que l'objectif majeur du PLU est de préserver les espaces naturels, " d'une part pour répondre aux objectifs de biodiversité et de préservation des puits de carbone, d'autre part pour répondre aux objectifs de qualité de paysages et qualité de vie des habitants ". Les auteurs du PLU de Montgeron entendent ainsi notamment " Préserver et améliorer la trame verte et bleue à l'échelle de la commune et assurer une continuité des corridors écologiques avec les territoires voisins " et " Prendre en compte le rôle des quartiers pavillonnaires et de leurs jardins dans la préservation de la biodiversité et leur rôle comme corridor écologique " en pas japonais " entre vallée de l'Yerres et forêt de Sénart ".

26. Dans ces conditions, le classement au titre de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme d'environ 44 hectares de la surface communale en " espaces verts protégés ", essentiellement dans les quartiers d'habitat individuel, et la limitation des travaux et constructions pouvant y être réalisés n'apparaissent pas incohérents avec ces différentes orientations qui traduisent une volonté claire de préservation des espaces non bâtis des zones urbanisées, y compris les jardins privés, en particulier dans les quartiers pavillonnaires, pour des motifs tenant à la fois à la préservation des paysages urbains et au rôle de corridor écologique joué par ces espaces. La circonstance que les nouveaux espaces verts protégés soient répartis dans l'ensemble des secteurs urbanisés de la commune n'apparait pas davantage contradictoire avec ces objectifs. Enfin, si le PADD fait seulement état d'un corridor écologique à préserver entre la forêt de Sénart et la vallée de l'Yerres, il n'exclut pas pour autant, au vu des orientations ci-dessus rappelées, l'identification d'espaces verts protégés en dehors de cet axe, y compris pour des motifs tenant à la préservation des continuités écologiques telles que définies par l'article R. 371-19 du code de l'environnement. Il suit de là que les requérants ne sont pas fondés à se prévaloir de l'incohérence, ni d'ailleurs de l'incompatibilité, entre le PADD et les modifications du règlement écrit et graphique relatives aux espaces verts protégés.

Quant à la compatibilité du PLU modifié avec le principe d'équilibre :

27. Aux termes de l'article L. 151-1 du code de l'urbanisme : " Le plan local d'urbanisme respecte les principes énoncés aux articles L. 101-1 à L. 101-3. / Il est compatible avec les documents énumérés à l'article L. 131-4 et prend en compte ceux énumérés à l'article L. 131- 5. ". Aux termes de l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme : " Dans le respect des objectifs du développement durable, l'action des collectivités publiques en matière d'urbanisme vise à atteindre les objectifs suivants : " 1° L'équilibre entre : () b) Le renouvellement urbain, le développement urbain maîtrisé, la restructuration des espaces urbanisés, la revitalisation des centres urbains et ruraux, la lutte contre l'étalement urbain ; / c) Une utilisation économe des espaces naturels, la préservation des espaces affectés aux activités agricoles et forestières et la protection des sites, des milieux et paysages naturels () 2° La qualité urbaine, architecturale et paysagère, notamment des entrées de ville ; () 6° La protection des milieux naturels et des paysages, la préservation de la qualité de l'air, de l'eau, du sol et du sous-sol, des ressources naturelles, de la biodiversité, des écosystèmes, des espaces verts ainsi que la création, la préservation et la remise en bon état des continuités écologiques ; ".

28. Ces dispositions doivent être interprétées comme imposant seulement aux auteurs des documents d'urbanisme d'y faire figurer des mesures tendant à la réalisation des objectifs qu'elles énoncent. En conséquence, il appartient au juge administratif d'exercer un simple contrôle de compatibilité entre les règles fixées par un plan local d'urbanisme et ces dispositions du code de l'urbanisme. Pour apprécier cette compatibilité, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle de l'ensemble du territoire couvert, si le plan ne contrarie pas les dispositions de l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme, sans rechercher l'adéquation du plan à chaque disposition.

29. Il ressort des pièces du dossier que les nouveaux espaces verts protégés créés par la modification litigieuse ne se situent pas dans les espaces identifiés, lors de l'élaboration du PLU, comme disposant d'un potentiel fort de densification ou d'un " potentiel à terme " et concernent, au contraire, des secteurs où le potentiel de mutation et donc de construction a été estimé comme particulièrement faible, sinon nul, par les auteurs du PLU. Il ressort, en outre, des pièces du dossier que les règles du PLU modifié permettent la densification des espaces identifiés comme mutables. Les requérants ne contestent, par ailleurs, pas le diagnostic posé par le PADD selon lequel la commune de Montgeron dispose d'un taux important de logements vacants par rapport aux communes voisines, qu'elle remplit déjà ses obligations en matière de logements sociaux et que l'enveloppe urbaine possible a déjà atteint son maximum. Ainsi, à l'échelle globale du territoire communal, la création des 44 hectares d'espaces verts protégés en zone urbaine et la limitation des droits à construire qui s'y applique, n'apparaissent pas, à elles seules, de nature à faire obstacle à la recherche d'un équilibre entre densification et protection des milieux et des paysages naturels ni, plus globalement, à contrarier la poursuite des objectifs visés par les dispositions de l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme citées au point 27.

Quant à la compatibilité du PLU modifié avec des documents supra-communaux :

30. Les moyens tirés de ce que la modification litigieuse, en tant qu'elle identifie de nouveaux espaces verts protégés, serait incompatible avec le SDRIF, le SRCE et le SCOT ne sont pas assortis de précisions suffisantes permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.

Quant à l'application de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme :

31. Aux termes de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut identifier et localiser les éléments de paysage et délimiter les sites et secteurs à protéger pour des motifs d'ordre écologique, notamment pour la préservation, le maintien ou la remise en état des continuités écologiques et définir, le cas échéant, les prescriptions de nature à assurer leur préservation. Lorsqu'il s'agit d'espaces boisés, il est fait application du régime d'exception prévu à l'article L. 421-4 pour les coupes et abattages d'arbres. / Il peut localiser, dans les zones urbaines, les terrains cultivés et les espaces non bâtis nécessaires au maintien des continuités écologiques à protéger et inconstructibles quels que soient les équipements qui, le cas échéant, les desservent ". L'article L. 151-23 du code de l'urbanisme permet au règlement d'un PLU d'édicter des dispositions visant à protéger, mettre en valeur ou requalifier un élément du paysage dont l'intérêt le justifie. Le règlement peut notamment, à cette fin, identifier un secteur en raison de ses caractéristiques particulières. La localisation de ce secteur, sa délimitation et les prescriptions le cas échéant définies, qui ne sauraient avoir de portée au-delà du territoire couvert par le plan, doivent être proportionnées et ne peuvent excéder ce qui est nécessaire à l'objectif recherché. Une interdiction de toute construction ne peut être imposée que s'il s'agit du seul moyen permettant d'atteindre l'objectif poursuivi.

32. Aux termes de l'article 2 du titre II du règlement du PLU modifié : " () Plantations et espaces verts identifiés au titre de l'article L. 151-23 du Code de l'urbanisme / Espace vert protégé (espaces verts protégés) / Les espaces verts à protéger (espaces verts protégés) sont des espaces composés d'un ensemble paysager public ou privé existant sur un ou plusieurs terrains, composés d'éléments végétaux ayant un impact positif dans le tissu urbain : espaces arborés, plantés, terrains cultivés (vergers, vignes, potagers), groupes d'arbres, arbres isolés, haies. Ils constituent une unité paysagère à protéger pour sa qualité végétale et son rôle dans la biodiversité locale. Ils sont repérés au plan de zonage, au titre de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme. Tout aménagement doit préserver sa dominante végétale et les plantations existantes de qualité doivent être conservées ou remplacées par des espèces de qualité équivalente / Tous les travaux ayant pour effet de détruire un élément de paysage et notamment les coupes et abattages d'un " grand arbre " tel qu'un chêne, un platane, un séquoia, un cèdre, ayant atteint son plein développement, doivent faire l'objet d'une déclaration préalable. () / À l'intérieur des " espaces verts protégés ", seuls sont autorisés : / • les travaux ne compromettant pas le caractère et l'unité de ces espaces et ceux nécessaires à leur entretien et à leur mise en valeur / • des constructions annexes d'une emprise au sol inférieure à 10 m², / • des piscines découvertes d'une emprise au sol maximale de 30 m² (hors margelles et rebords), Pour les parcelles dont le linéaire est inférieur ou égal à 13 m : les piscines sont limitées à 15 m² (hors margelles et rebords). / Les 15 ou 30 m² maximum d'emprise ne s'appliquent que pour les parties de la piscine comprises dans l'espace vert protégé. Des piscines d'une emprise plus grande peuvent être autorisées (piscine non implantée dans l'espace vert protégé ou piscine implantée à cheval entre l'espace vert protégé et le reste de la parcelle), sous réserve du respect des autres dispositions du règlement. / • Les cheminements piétons de nature perméable ou non d'une largeur maximale de 1 mètre. / • Les cheminements perméables permettant le passage des véhicules motorisés, par l'espace vert protégé s'ils sont indispensables à l'accessibilité du terrain / • Les bandes roulantes non perméables permettant le passage des véhicules motorisés par l'espace vert protégé s'ils sont indispensables à l'accessibilité du terrain / • La réalisation de garage fermé si le terrain n'en comporte pas et s'il n'est pas possible d'en réaliser un sur un autre emplacement / • L'amélioration et le cas échéant, l'extension mesurée des garages déjà légalement présents dans les espaces verts protégés. / • Les installations techniques d'intérêt collectif sous réserve de leur intégration paysagère ".

33. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment du rapport de présentation de la modification contestée et des orientations du PADD rappelées au point 25, que les auteurs du PLU ont entendu créer de nouveaux espaces verts protégés dans le but de préserver tant le cadre paysager des secteurs urbanisés de la commune, en particulier des quartiers pavillonnaires, que le rôle de corridor écologique joué par ces espaces. De tels motifs étant au nombre de ceux visés par le premier alinéa de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme, le parti d'urbanisme poursuivi par la commune n'est entaché d'aucune erreur de droit au regard de ces dispositions qui, par ailleurs, n'excluent pas, contrairement à ce qui est soutenu, de prévoir des interdictions de construire, y compris en zone urbaine.

34. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 371-16 du code de l'environnement : " La trame verte et bleue est un réseau formé de continuités écologiques terrestres et aquatiques identifiées par les schémas régionaux de cohérence écologique, les schémas régionaux d'aménagement qui en tiennent lieu ainsi que par les documents de l'Etat, des collectivités territoriales et de leurs groupements auxquels des dispositions législatives reconnaissent cette compétence et, le cas échéant, celle de délimiter ou de localiser ces continuités. () ". Aux termes de l'article R. 371-19 du même code : " I. - Les continuités écologiques constituant la trame verte et bleue comprennent des réservoirs de biodiversité et des corridors écologiques. () / III. - Les corridors écologiques assurent des connexions entre des réservoirs de biodiversité, offrant aux espèces des conditions favorables à leur déplacement et à l'accomplissement de leur cycle de vie. / Les corridors écologiques peuvent être linéaires, discontinus ou paysagers. () ". Aux termes de l'article R. 371-20 de ce code : " () II. - La préservation des milieux nécessaires aux continuités écologiques assure au moins le maintien de leur fonctionnalité. () ".

35. Il résulte de ces dispositions que les corridors écologiques qu'elles visent ne sauraient s'entendre des seuls corridors identifiés par les schémas régionaux de cohérence écologique, les communes ou leurs groupements étant habilités, par les dispositions précitées de l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme, au titre de leurs compétences en matière d'urbanisme et en particulier de PLU, à mettre en œuvre des mesures visant la création, la préservation et la remise en état des continuités écologiques. Par suite, la circonstance que les cartes de la trame verte et bleue du SRCE d'Ile-de-France ne fassent pas apparaitre de corridor écologique sur la commune de Montgeron ne saurait, par elle-même, établir que la création d'espaces verts protégés fondée sur un tel motif procède d'une erreur de droit. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que ce schéma identifie des réservoirs de biodiversité tant au niveau de la forêt de Sénart, au sud de la commune de Montgeron, que des vallées de l'Yerres et de la Seine, au nord de celle-ci, entre lesquels un réseau de parcs et jardins publics et privés est susceptible d'offrir des conditions d'autant plus favorables au maintien de la biodiversité et à la circulation des espèces que son maillage, quoique discontinu, est dense. Ainsi, la volonté de protéger un réseau discontinu mais dense de cœurs d'ilots constitué majoritairement d'espaces privés situés entre des réservoirs de biodiversité en vue de la protection de corridors écologiques, qui, aux termes du III de l'article R. 371-19 du code de l'environnement, peuvent être discontinus, n'apparait pas entachée d'erreur de droit.

36. En troisième lieu, le rapport de présentation de la modification expose que les nouveaux espaces verts protégés ont été identifiés par le recours à un travail de photo interprétation ayant permis, à partir de vues aériennes, de repérer les espaces végétalisés en zone urbaine, leur délimitation ayant ensuite été guidée par la volonté de permettre l'évolution du bâti existant, en ménageant une bande de l'ordre de 8 mètres à partir des constructions principales existantes et en prenant en compte les projets de construction ou de division déjà autorisés, les projets de même nature envisagés et évoqués lors de l'enquête publique ou la configuration particulière de certains terrains. Cette méthodologie, qui permet d'identifier des enfilades de jardins ou des espaces de grande taille demeurés à l'état naturel, apparait adaptée, au regard de ce qui précède, tant aux objectifs poursuivis par leur classement au titre de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme, tenant à la préservation de cœurs d'îlot paysagers et de corridors écologiques " en pas japonais ", qu'à la définition que donne de ces espaces l'article 2 du titre II du règlement du PLU cité au point 32. A cet égard, la circonstance que certaines surfaces protégées à ce titre ne présenteraient pas de qualité végétale particulière ne vient pas nécessairement contredire la pertinence de leur classement qui ne s'apprécie pas à l'échelle de la parcelle mais à celle du cœur d'îlot ou de l'unité paysagère dans lesquels, le cas échéant, elles s'insèrent. Il ressort, par ailleurs, des pièces du dossier que la servitude d'espaces verts protégés n'affecte, sauf rares exceptions, aucune unité foncière dans son intégralité. Ainsi et dès lors que ces classements ne font obstacle ni à l'évolution des constructions existantes par extension ni à la mutation du bâti existant par regroupement de parcelles, la délimitation de ces espaces apparait, dans son principe, à l'échelle de la commune, adaptée et proportionnée au parti d'urbanisme poursuivi, même si elle est de nature à limiter substantiellement les divisions foncières en vue de construire.

37. En quatrième lieu, l'article 2 du titre II du règlement du PLU permet de réaliser dans les espaces verts protégés des constructions annexes d'une emprise au sol allant jusqu'à 10 m2, des piscines de moins de 30 m2, des cheminements y compris perméables permettant le passage des piétons et des véhicules motorisés s'ils sont indispensables à l'accessibilité du terrain par les véhicules, et la réalisation dans certaines conditions de garages fermés et leur amélioration ou extension mesurée. Ainsi, contrairement à ce qui est soutenu, les prescriptions applicables dans les espaces verts protégés n'entrainent pas leur inconstructibilité et n'apparaissent pas disproportionnées au regard des objectifs poursuivis par les auteurs du PLU et ce, d'autant que les nouveaux espaces verts protégés sont situés en grande partie au-delà de la bande de constructibilité de 25 mètres qui y est applicable. Dans un tel cas, la protection de ces espaces ne fait, pour autant, pas double emploi avec cette règle d'implantation qui n'a pas le même objet ni les mêmes effets, en ce qu'elle vise les seules constructions et n'interdit pas la réalisation d'aménagements ou de travaux en dehors de cette bande susceptibles d'entrainer l'artificialisation des sols ou la suppression de la végétation existante. A cet égard, si les articles 13 des règlements de zone relatifs aux espaces libres et plantations fixent des coefficients maximaux d'espaces perméables et de pleine terre, ces derniers s'appliquent à l'échelle du terrain d'assiette, sans considération de la qualité ni de la cohérence des cœurs d'îlot au sein desquels ils s'insèrent. En outre, ils ne font obstacle ni aux divisions foncières en vue de construire, qui sont susceptibles de conduire à une plus grande artificialisation des sols, ni à la suppression d'arbres ou de plantations de qualité qu'ils ne subordonnent pas à l'obtention d'une autorisation préalable ni à leur remplacement par des sujets de qualité équivalente. Enfin, contrairement à ce que soutiennent les requérants, la création d'une simple obligation de remplacement des arbres supprimés par des arbres équivalents n'aurait pas offert une protection équivalente à celle résultant des prescriptions applicables dans les espaces verts protégés qui va au-delà de la seule protection des arbres. Ainsi, ni les autres règles du PLU en vigueur ni les autres règles invoquées susceptibles d'être adoptées ne permettent d'atteindre les objectifs sous-tendant la création des espaces verts protégés. Par ailleurs, il n'apparait pas que la limitation de la constructibilité dans ces espaces excéderait ce qui est nécessaire pour la mise en œuvre des orientations et objectifs définis par le PADD. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré par les requérants d'une atteinte excessive au droit de propriété doit être écarté.

38. En cinquième lieu, si les requérants se prévalent d'une rupture d'égalité de traitement devant les charges publiques et d'incohérences dans l'identification des espaces verts protégés, il ne ressort pas des pièces du dossier que les parcelles qu'ils invoquent, dont le classement en espaces verts protégés a été supprimé ou réduit à la suite de l'enquête publique, aient été dans une situation strictement comparable à celles pour lesquelles la servitude a été maintenue. Or, le principe d'égalité ne s'oppose pas à ce que l'autorité investie du pouvoir réglementaire règle de façon différente des situations différentes ni à ce qu'elle déroge à l'égalité pour des raisons d'intérêt général, pourvu que dans l'un comme dans l'autre cas, la différence de traitement qui en résulte soit en rapport avec l'objet de la norme qui l'établit et ne soit pas manifestement disproportionnée. Le moyen ne peut, par suite, qu'être écarté.

Quant aux dispositions particulières en matière de stationnement en zone UA :

39. Aux termes de l'article R. 151-9 du code de l'urbanisme : " Le règlement contient exclusivement les règles générales et servitudes d'utilisation des sols destinées à la mise en œuvre du projet d'aménagement et de développement durables, dans le respect de l'article L. 151-8, ainsi que la délimitation graphique des zones prévues à l'article L. 151-9 ". Aux termes de l'article UA12 du règlement du PLU de Montgeron : " Dispositions particulières Uniquement en zone UA (cette règle ne s'applique pas aux sous-secteurs de UA) : / En cas de reconstruction d'une maison ancienne située dans le périmètre du village de Montgeron construite avant 1930 et démolie avant l'entrée en vigueur du PLU (2013), les bâtiments reconstruits, s'ils présentent des gabarits similaires ou inférieurs à la construction existante démolie, ne sont pas assujetties aux règles de stationnement imposées à l'article 12 des règles communes à l'ensemble des zones ".

40. Il ressort du rapport de présentation de la modification litigieuse que les " dispositions particulières " de l'article UA12 du règlement du PLU de Montgeron, qui exonèrent, dans certaines conditions, les reconstructions de maisons anciennes dans le cœur historique de la commune de l'obligation de créer des places de stationnement, ont été édictées dans le but de " favoriser la mise en œuvre très ponctuelle de petits projets architecturaux et urbains qualitatifs réalisés selon des techniques traditionnelles / patrimoniales sur quelques terrains contraints (parcelle d'angle, faible superficie ou profondeur) dans le Vieux Montgeron ne pouvant accueillir du stationnement sur la parcelle ". Ainsi, ces dispositions dérogatoires reposent sur des motifs urbanistiques tenant à la préservation de l'identité architecturale du centre historique de la commune et de son patrimoine bâti et s'inscrivent dans le parti d'aménagement défini dans le PADD qui vise à " préserver l'identité urbaine et architecturale de la ville " et à ce titre, à " préserver le patrimoine historique ". Par suite, à supposer même que ces dispositions ne s'appliqueraient, comme le soutient l'association Montgeron Environnement, qu'à un seul terrain, elles ne sont pas entachées d'erreur de droit. Par ailleurs, dès lors précisément qu'elles ne concernent qu'un très faible nombre de projets, elles ne sont pas davantage entachées d'erreur manifeste d'appréciation, quand bien même le secteur en question pâtirait d'un déficit en places de stationnement publiques.

Quant à l'absence d'indicateurs de suivi :

41. Si les requérants se prévalent de ce que la modification qu'ils contestent n'a pas été accompagnée de la définition d'indicateurs de suivi, leur moyen n'est pas assorti de précisions suffisantes permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé. Un tel moyen est, au surplus, inopérant, qu'il soit fondé sur l'article R. 151-4 du code de l'urbanisme qui n'est pas applicable aux procédures de modification d'un PLU ou sur l'article R. 151-3 du même code qui ne vise que les procédures d'évolution de PLU soumises à évaluation environnementale, ce qui n'est pas le cas de la modification litigieuse.

Quant au renvoi par l'association Montgeron Environnement à son courrier du 7 mai 2021 :

42. Le simple renvoi par l'association Montgeron Environnement au courrier d'observations qu'elle a adressé au commissaire enquêteur au cours de l'enquête publique le 7 mai 2021 ne peut être assimilé à un renvoi à des moyens de légalité critiquant la délibération finalement adoptée le 8 juillet 2021 par le conseil municipal de Montgeron.

43. Par suite et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, les conclusions à fin d'annulation, présentées à titre principal, par les requérants doivent être rejetées.

En ce qui concerne les conclusions présentées à titre subsidiaire :

S'agissant de la recevabilité des conclusions tendant à l'annulation de la délibération du 8 juillet 2021 en tant seulement qu'elle a laissé inchangé les classements de certaines parcelles :

44. Une délibération approuvant la modification d'un PLU en tant qu'elle laisse inchangé le classement d'une parcelle se borne à confirmer les dispositions précédemment en vigueur du PLU et ne peut, en l'absence de circonstances particulières, rouvrir au profit des propriétaires de cette parcelle, dont le classement est inchangé, le délai de recours contentieux à l'encontre de ces dispositions.

45. La circonstance que des conclusions, présentées à titre principal, tendant à l'annulation totale d'une délibération approuvant la modification d'un PLU, qui ont fait l'objet d'un rejet, étaient recevables, ne saurait exclure l'application du principe rappelé au point précédent aux conclusions présentées à titre subsidiaire tendant à l'annulation de cette délibération en tant seulement qu'elle laisse inchangé le classement d'une parcelle.

46. Il ressort des pièces du dossier que la modification du PLU de Montgeron, approuvée par délibération du conseil municipal du 8 juillet 2021, a maintenu le classement de la parcelle AL n° 282 en espace boisé classé ainsi que la protection instituée au titre de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme sur les parcelles AB n° 117, AC n° 410 et AC n° 415. Ainsi, la délibération attaquée n'a fait, s'agissant de ces classements, que confirmer les dispositions précédemment en vigueur du PLU de la commune et n'a pu en l'espèce, en l'absence de circonstances particulières, rouvrir au bénéfice des requérants le délai de recours contentieux à l'encontre de ces dispositions.

47. Il suit de là que les conclusions des requêtes n° 2200166 et n° 2200168, présentées à titre subsidiaire, tendant à l'annulation de la délibération du 8 juillet 2021 en tant seulement qu'elle laisse inchangé les classements de ces parcelles sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.

S'agissant du surplus des conclusions présentées à titre subsidiaire :

48. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.

49. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, si à l'issue de la modification litigieuse, le PLU classe en espaces verts protégés les parcelles AL n° 271 et 272 sur la quasi-totalité de leur surface, celles-ci font partie d'une unité foncière plus vaste incluant la parcelle AL n° 270 qui n'est que partiellement grevée d'une telle servitude, de sorte que l'évolution du bâti existant sur cette unité foncière y est possible. Cette dernière est, par ailleurs, située dans une enclave urbanisée au sein de la forêt de Sénart dont elle n'est séparée que par la voie publique. En outre, l'espace vert protégé qui la grève, qui n'apparait pas artificialisé et est en partie arboré, s'insère lui-même dans un cœur d'îlot plus vaste reliant les deux bras de cet espace forestier. Dans ces conditions, un tel classement n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard du parti d'urbanisme poursuivi.

50. En deuxième lieu, il en va de même du classement en espace vert protégé affectant partiellement chacune des parcelles AL n° 365, 281 et 437 dès lors que cette unité foncière est attenante à celle constituée des parcelles AL n° 270, 271 et 272 et que la servitude qui la grève porte sur des espaces demeurés à l'état naturel et largement arborés et permet des extensions du bâti existant. Pour les mêmes motifs, l'identification d'un espace vert protégé sur la parcelle AL n° 436 immédiatement voisine n'est pas davantage entaché d'erreur manifeste d'appréciation.

51. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que l'espace vert protégé grevant la parcelle AC n° 415 est non artificialisé et enherbé, et se trouve à proximité immédiate, d'une part, d'un espace boisé classé et d'une zone naturelle située à l'est en bordure de l'Yerres et, d'autre part, du parc du Lycée situé à l'ouest, qui est également classé en zone naturelle et pour partie en espace boisé classé. Dans ces circonstances et alors même que cet espace est faiblement arboré et ne s'inscrit pas dans la continuité immédiate d'autres espaces verts protégés, le classement litigieux n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard des objectifs poursuivis.

52. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, les conclusions à fin d'annulation des cinq requêtes, présentées à titre subsidiaire, doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

53. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soient mises à la charge de la commune de Montgeron, qui n'est pas la partie perdante dans la présente, les sommes que demandent les requérants au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de mettre solidairement à la charge de ces derniers, en application de ces mêmes dispositions, une somme de 2 500 euros à verser à la commune de Montgeron.

DÉCIDE :

Article 1er : Les requêtes sont rejetées.

Article 2 : Les requérants verseront solidairement à la commune de Montgeron une somme de 2 500 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, M. et Mme A et E C, à la SAS Onloue, à la SCI du 53 avenue de la République, à l'association Montgeron Environnement et à la commune de Montgeron.

Délibéré après l'audience du 21 avril 2023, à laquelle siégeaient :

- Mme Rollet-Perraud, présidente,

- Mme Milon, première conseillère,

- Mme Amar-Cid, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2023.

La rapporteure,

Signé

J. D

La présidente,

Signé

C. Rollet-Perraud

La greffière,

Signé

A. Lloria

La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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