vendredi 29 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2200205 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | DE DIEULEVEULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 janvier 2022, M. A B, représenté par Me de Dieuleveult, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 novembre 2021 par lequel le maire de Verneuil-sur-Seine s'est opposé à la déclaration préalable déposée le 4 novembre 2021 pour des travaux d'isolation thermique par l'extérieur des façades d'une construction existante sur la parcelle ZD 124 ;
2°) d'enjoindre au maire de Verneuil-sur-Seine, à titre principal, de lui délivrer un arrêté de non-opposition à cette déclaration préalable, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 500 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de procéder à une nouvelle instruction de cette déclaration préalable dans les mêmes conditions de délais et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Verneuil-sur-Seine la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il justifie d'un intérêt à agir ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur d'appréciation et méconnaît l'article L. 421-9 du code de l'urbanisme, en ce qu'il considère, à tort, que les travaux déclarés portent sur une construction non autorisée et non régularisable, celle-ci ayant été édifiée il y a plusieurs dizaines d'années, sur la base de deux autorisations d'urbanisme ; en outre, aucune procédure pénale ou civile n'a été engagée à l'encontre de cette construction et toute action serait désormais prescrite ;
- enfin, les travaux ayant pour objet l'isolation thermique de la construction, ceux-ci permettant d'assurer une meilleure insertion de la construction dans son environnement, le rendant plus conforme au plan local d'urbanisme en vigueur et visant à préserver la construction et à assurer sa mise aux normes, le maire aurait dû faire application des principes posés dans la décision n° 320545 rendue par le Conseil d'État le 3 mai 2011.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 juin 2023, la commune de Verneuil-sur-Seine, représentée par Me Destarac, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir, à titre principal, que le requérant ne justifie pas d'une qualité lui donnant intérêt à agir et, à titre subsidiaire, que les moyens ne sont pas fondés.
L'instruction a été close au 30 octobre 2023 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Milon,
- les conclusions de Mme Benoit, rapporteure publique,
- et les observations de Me Barreau, pour la commune de Verneuil-sur-Seine.
Considérant ce qui suit :
1. La société " Aier Isolation " a déposé le 4 novembre 2021 une déclaration préalable pour des travaux d'isolation thermique par l'extérieur des façades d'une construction existante sur la parcelle ZD 124, située chemin des Fours à Chaux sur le territoire de la commune de Verneuil-sur-Seine. Par un arrêté du 30 novembre 2021, le maire de Verneuil-sur-Seine s'est opposé à cette déclaration préalable de travaux. M. B demande au tribunal de prononcer l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 1.1 du règlement de la zone NV du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) approuvé par la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise : " Sont interdits les destinations de constructions, usages des sols et natures d'activités, autres que ceux autorisés sous conditions à la section 1.2 ci-dessous ". Et aux termes de l'article 1.2 du même règlement : " Dès lors qu'ils sont compatibles avec l'exercice d'une activité agricole ou pastorale du terrain sur lequel ils sont implantés, et qu'ils ne portent atteinte ni à la sauvegarde des espaces naturels et des paysages, ni à la circulation des engins agricoles, sont admis les constructions, usages des sols et natures d'activités suivants : / 1.2.1 Dans toute la zone NV / () / 2. les travaux d'adaptation et de réfection des constructions existantes* à la date d'approbation du PLUi, sans changement de destination, sous réserve du 3 ci-après () ". Enfin, aux termes de l'article 1.1.3 des définitions et dispositions communes du règlement de ce PLUi : " Une construction existante est une construction régulièrement édifiée, au sens de l'article L. 421-9 du code de l'urbanisme. (). / Une construction existante à la date d'approbation du PLUi est une construction telle que définie ci-dessus, dont l'édification a été achevée avant la date d'approbation du PLUi ". Aux termes de l'article L. 421-9 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'une construction est achevée depuis plus de dix ans, le refus de permis de construire ou la décision d'opposition à déclaration préalable ne peut être fondé sur l'irrégularité de la construction initiale au regard du droit de l'urbanisme. / Les dispositions du premier alinéa ne sont pas applicables : / () 5° Lorsque la construction a été réalisée sans qu'aucun permis de construire n'ait été obtenu alors que celui-ci était requis ; () "
3. Il ressort des motifs de l'arrêté attaqué que l'opposition à la déclaration préalable en litige est fondée sur la méconnaissance des dispositions précitées de l'article 1.2 du règlement de la zone NV du PLUi, faute de justification, par le pétitionnaire, de ce que la construction concernée par les travaux déclarés d'isolation thermique était existante à la date d'approbation du PLUi.
4. D'une part, en faisant valoir que la construction concernée par les travaux déclarés d'isolation aurait été édifiée sur le fondement de deux permis de construire, l'un, délivré en 1951, portant sur un chalet démontable, et l'autre, délivré en 1966, portant sur l'agrandissement d'un abri de jardin, M. B doit être regardé comme contestant l'irrégularité de la construction et par suite, son inexistence au sens des dispositions citées au point 2. Toutefois, au regard de leur objet, tel qu'ainsi déclaré par le requérant, les permis de construire dont celui-ci évoque l'existence, au demeurant non produits, n'établissent pas la régularité de la construction concernée par les travaux d'isolation en litige, qui, d'après les pièces du dossier, ne s'apparente ni à un abri de jardin, ni à un chalet démontable. Le requérant ne justifie donc pas que le maire aurait commis une erreur d'appréciation en estimant non établie l'existence, au sens des dispositions citées au point 2, de la construction à la date d'approbation du PLUi. Il n'établit donc pas davantage que l'arrêté procèderait, à ce titre, d'une erreur appréciation au regard des dispositions précitées de l'article L. 421-9 du code de l'urbanisme.
5. En second lieu, dans l'hypothèse où un immeuble a été édifié sans autorisation en méconnaissance des prescriptions légales alors applicables, l'autorité administrative, saisie d'une demande tendant à ce que soient autorisés des travaux portant sur cet immeuble, est tenue d'inviter son auteur à présenter une demande portant sur l'ensemble du bâtiment. Dans l'hypothèse où l'autorité administrative envisage de refuser le permis sollicité parce que la construction dans son entier ne peut être autorisée au regard des règles d'urbanisme en vigueur à la date de sa décision, elle a toutefois la faculté, dans l'hypothèse d'une construction ancienne, à l'égard de laquelle aucune action pénale ou civile n'est plus possible, après avoir apprécié les différents intérêts publics et privés en présence au vu de cette demande, d'autoriser, parmi les travaux demandés, ceux qui sont nécessaires à sa préservation et au respect des normes, alors même que son édification ne pourrait plus être régularisée au regard des règles d'urbanisme applicables.
6. En l'espèce, il ressort de ce qui a été dit précédemment que la déclaration préalable en litige porte exclusivement sur des travaux de rénovation thermique d'une construction et non sur l'ensemble de la construction elle-même. Par ailleurs, il n'est pas établi que les travaux d'isolation des murs extérieurs projetés seraient indispensables à la préservation de l'ouvrage contrairement à ce que soutient le requérant. Par suite, et en tout état de cause, le maire de Verneuil-sur-Seine n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en refusant de faire application des principes énoncés au point précédent.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées, de même, par conséquent, que celles aux fins d'injonction.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme de 1 000 euros à verser à la commune de Verneuil-sur-Seine au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées par M. B sur le même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera à la commune de Verneuil-sur-Seine une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Verneuil-sur-Seine.
Délibéré après l'audience du 15 mars 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Rollet-Perraud, présidente,
- Mme Mathou, première conseillère,
- Mme Milon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 mars 2024.
La rapporteure,
signé
A. Milon
La présidente,
signé
C. Rollet-Perraud La greffière,
signé
K. Dupré
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026