jeudi 25 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2200266 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7éme chambre |
| Avocat requérant | SCP SEBAN ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 12 janvier 2022 et 20 septembre 2022 et 21 mars 2024, M. A B demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner la commune de Savigny-sur-Orge à lui verser la somme de 10 000 euros en réparation du préjudice tiré du refus d'exécution de l'ordonnance n°2107686 du juge des référés du 10 septembre 2021 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Savigny-sur-Orge la somme de 669,20 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable et il justifie d'un intérêt à agir ;
- l'article 1er de l'ordonnance du juge des référés du tribunal du 10 septembre 2021 n'a pas été exécutée, dès lors que la commune a choisi d'organiser la réunion du 13 septembre 2021, non dans la salle des fêtes comme prévu initialement, mais en extérieur ;
- les conditions d'organisation en extérieur, en l'absence de conditions optimales et en raison de soucis techniques, n'ont pas respecté l'article 1er de l'ordonnance du juge des référés ;
- le refus d'exécution d'une décision juridictionnelle est constitutif d'une faute engageant la responsabilité de la commune ; ayant consacré du temps et des frais pour se rendre à cette réunion, il est fondé à demander l'indemnisation de son préjudice matériel et moral, évalué à la somme de 10 000 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 juillet 2022, la commune de Savigny-sur-Orge conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire à son rejet et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. B en application de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le juge du plein contentieux est incompétent pour traiter le défaut d'exécution de l'ordonnance de référé ;
- le requérant n'a pas d'intérêt à agir ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
- les préjudices allégués ne sont pas établis ;
Par un courrier du 14 mars 2024, les parties ont été informées que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions en annulation dirigées contre la décision rejetant implicitement la demande préalable d'indemnisation, qui n'a pour effet que de lier le contentieux.
Un mémoire en réponse au moyen d'ordre public, enregistré le 22 mars 2024, a été présenté pour la commune de Savigny-sur-Orge.
Vu :
- l'ordonnance n°2107686 du 10 septembre 2021 du juge des référés du tribunal administratif de Versailles ;
- l'ordonnance n°456578 du 13 septembre 2021 du juge des référés du Conseil d'Etat ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n°2021-699 du 1er juin 2021 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. de Miguel, rapporteur,
- les conclusions de Mme Cerf, rapporteure publique,
- et les observations de M. B, présent à l'audience et de Me Mézine, représentant la commune de Savigny-sur-Orge.
Une note en délibéré, enregistrée le 8 avril 2024, a été présentée par M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Par une ordonnance du 10 septembre 2021, le juge des référés du tribunal administratif de Versailles a fait droit à la requête déposée par M. A B et enjoint au maire de la commune de Savigny-sur-Orge, sur le fondement de l'article L. 512-2 du code de justice administrative, de permettre aux habitants de la commune d'assister librement, sans que la présentation d'un pass sanitaire ne soit exigée, à la réunion publique d'information organisée à la salle des fêtes communale le lundi 13 septembre 2021. Par une demande indemnitaire préalable du 13 septembre 2021, M. B a sollicité de la commune de Savigny-sur Orge le versement de la somme de 10 000 euros en réparation du préjudice causé par l'exécution imparfaite de l'ordonnance du 10 septembre 2021. M. B demande au tribunal d'annuler la décision du maire de la commune rejetant cette demande du fait de son silence et à ce que la commune soit condamnée à lui verser la somme de 10 000 euros en réparation de ses préjudices.
Sur les conclusions en annulation de la décision rejetant implicitement la demande indemnitaire :
2. La décision implicite par laquelle le maire de la commune de Savigny-sur-Orge a rejeté la demande indemnitaire formée par M. B le 13 septembre 2021 a eu pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de la demande du requérant, qui en formulant des conclusions tendant à la condamnation de la commune à réparer ses préjudices, a donné à l'ensemble de sa requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Ainsi, les conclusions tendant à l'annulation de cette décision implicite de rejet sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne l'engagement de la responsabilité de la commune de Savigny-sur-Orge :
3. Aux termes de sa requête, M. B soutient que la commune de Savigny-sur-Orge n'a pas exécuté l'article 1er de l'ordonnance du juge des référés du tribunal du 10 septembre 2021, dès lors que la réunion du 13 septembre 2021 s'est tenue, non à l'intérieur de la salle des fêtes comme prévu initialement, mais en extérieur aux abords de cette salle. Il précise que les conditions matérielles et techniques de cette organisation n'ayant pas été optimales, la commune a ainsi refusé d'exécuter l'ordonnance du juge des référés du 10 septembre 2021, ce qui lui a causé un préjudice dont il demande réparation.
4. Il résulte toutefois de l'instruction que M. B a saisi le 8 septembre 2021 le juge des référés d'une requête en référé-liberté sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en se prévalant d'une atteinte grave et immédiate à la liberté fondamentale d'aller et de venir ainsi qu'au droit d'expression collective des idées et opinions, par l'exigence de la présentation d'un pass sanitaire pour assister à la réunion d'information prévue le 13 septembre 2021 concernant le plan local d'urbanisme. Si le juge des référés a fait droit à cette requête, confirmé par l'ordonnance du juge des référés du Conseil d'Etat, cette décision a enjoint au maire de la commune d'organiser la réunion sans l'exigence de la présentation d'un pass sanitaire pour y assister, afin de garantir la liberté d'assister à une réunion publique qui, par son objet, ne relevait pas d'une activité prévue à l'article 47-1 du décret du 1er juin 2021 prescrivant les mesures générales nécessaires à la gestion de la sortie de crise sanitaire. Il est constant que la commune a bien organisé une réunion publique à la date prévue le 13 septembre 2021, à la salle des fêtes communale et sans poser l'exigence de la présentation d'un pass sanitaire pour y assister. La circonstance que la réunion se soit tenue aux abords de la salle et non à l'intérieur reste sans incidence, dès lors que l'ordonnance du 10 septembre 2021 avait pour objet la garantie de la liberté d'accès à la réunion sans présentation d'un pass sanitaire et non la prescription des conditions matérielles du déroulement de la réunion elle-même. Par suite, M. B n'est pas fondé à se prévaloir d'une faute de la commune de nature à engager sa responsabilité.
En ce qui concerne les préjudices :
5. Par voie de conséquence de ce qui a été dit au point précédent, en l'absence de faute de la commune, les conclusions présentées par M. B tendant à la condamnation de la commune à réparer un préjudice, qui n'est au demeurant établi ni dans son principe ni dans son quantum, ne peuvent qu'être rejetées.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées par la commune de Savigny-sur-Orge, que la requête présentée par M. B doit être rejetée en toute ses conclusions.
Sur les frais du litige :
7. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. () "
8. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Savigny-sur-Orge, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. B. Il y a lieu en revanche de mettre à la charge de M. B la somme de 1 500 euros, au titre des frais exposés par la commune de Savigny-sur-Orge et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera à la commune de Savigny-sur-Orge la somme de 1 500€ (mille cinq cents euros) en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Savigny-sur-Orge.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Ouardes, président,
- M. de Miguel, premier conseiller,
- M. Lutz, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 avril 2024.
Le rapporteur,
Signé
F-X de MiguelLe président,
Signé
P. Ouardes
La greffière,
Signé
C. Benoit-Lamaitrie
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026