lundi 4 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2200763 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Magistrat Belot |
| Avocat requérant | CABINET PALMIER & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 janvier 2022, Mme C B, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 24 février 2020, prise après avis de la commission de recours amiable du 6 février 2020, par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales des Yvelines a rejeté son recours, reçu le 6 mai 2019, formé à l'encontre de la décision du 18 avril 2019 par laquelle la directrice de la caisse lui a notifié un indu d'un montant de 7 232 euros correspondant à un trop-perçu d'allocation de logement sociale au titre de la période d'avril 2017 à mars 2019 ;
2°) de la décharger de l'obligation de payer la somme de 7 232 euros ;
3°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales des Yvelines la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le recours intervient dans le délai de recours contentieux, la requête ayant été d'abord introduite devant le juge judiciaire, est consécutif à un recours administratif préalable obligatoire, est dirigé contre une décision défavorable faisant grief et est, par suite, recevable ;
- la décision de la commission de recours amiable n'est pas signée et, par suite, est entachée d'un vice de forme ;
- l'action en recouvrement engagée par la caisse d'allocations familiales des Yvelines est prescrite ;
- aucun décompte de la créance de la caisse d'allocations familiales des Yvelines n'a été produit ;
- la caisse d'allocations familiales des Yvelines a pratiqué des retenues mensuelles sur ses prestations familiales en dépit de la contestation de l'indu, ce qui lui a causé un préjudice financier ;
- il n'est pas justifié de l'assermentation de l'agent chargé du contrôle ;
- la décision attaquée a été prise par une personne qui ne justifie d'aucune délégation de compétence ou de signature régulièrement publiée ;
- elle est intervenue en méconnaissance des droits de la défense ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation quant à la prétendue absence de déclaration de revenus supplémentaires ;
- les conditions étaient réunies, eu égard à sa bonne foi, pour bénéficier du droit à l'erreur prévu par les dispositions de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- à titre subsidiaire, en l'absence de fausse déclaration volontaire et compte tenu de sa situation particulièrement précaire, les conditions d'une remise totale de sa dette sont réunies.
Un mémoire en production de pièces, présenté pour Mme B, a été enregistré le 31 mai 2022.
Un mémoire en production de pièces, présenté par la caisse d'allocations familiales des Yvelines, a été enregistré le 3 juin 2022 et communiqué à la requérante.
Par courrier du 9 juin 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de la tardiveté de la requête.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 14 juin 2022 et 16 juin 2022, la caisse d'allocations familiales des Yvelines, représentée par Me Brault, conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire, à son rejet au fond et, en tout état de cause, à la condamnation de Mme B au paiement de la somme de 7 232 euros au titre de l'aide indûment versée et à ce que soit mise à la charge de Mme B la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est tardive ;
- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. Bélot, premier conseiller, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative selon la procédure prévue par cet article.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C B était allocataire de la caisse d'allocations familiales des Yvelines et bénéficiait notamment de l'allocation de logement sociale. A la suite d'un contrôle de sa situation, la directrice de la caisse d'allocations familiales des Yvelines a, par une décision du 18 avril 2019, notifié à Mme B un indu d'un montant de 7 232 euros correspondant à un trop-perçu d'allocation de logement sociale pour la période d'avril 2017 à mars 2019. Mme B a formé un recours préalable à l'encontre de cette décision par un courrier reçu le 6 mai 2019. Par une décision du 24 février 2020, prise après avis de la commission de recours amiable du 6 février 2020, la directrice de la caisse d'allocations familiales des Yvelines a rejeté ce recours, Mme B demande l'annulation de cette décision et la décharge de l'obligation de payer la somme de 7 232 euros.
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
3. Il résulte de l'instruction que la décision de la directrice de la caisse d'allocations familiales des Yvelines du 24 février 2020 a été notifiée à Mme B le 5 mars 2020. Cette décision comportait la mention exacte et précise des voies et délais de recours. Par conséquent, la saisine par Mme B du tribunal judiciaire de Versailles par un courrier du 31 mars 2020 n'a pas eu pour effet de conserver le délai de recours contentieux de deux mois prévu par les dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative. Il en résulte que la requête de Mme B est tardive et, par suite, irrecevable.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée, en ce compris les conclusions à fin de décharge et tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
5. Le rejet des conclusions à fin d'annulation de la décision mettant à la charge de Mme B l'indu d'allocation de logement sociale permet à la caisse d'allocations familiales des Yvelines, eu égard au caractère désormais exécutoire de cette décision, de poursuivre la procédure de recouvrement de la somme correspondant à cet indu. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de condamner Mme B au paiement de cette somme.
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B la somme demandée par la caisse d'allocations familiales des Yvelines au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la caisse d'allocations familiales des Yvelines sont rejetées.
Article 3 : Le présente jugement sera notifié à Mme C B et à la caisse d'allocations familiales des Yvelines.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2022.
Le magistrat désigné,
signé
S. ALa greffière,
signé
B. Dalla Guarda
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026