LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2200807

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2200807

lundi 11 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2200807
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationMagistrat Kante
Avocat requérantIOSCA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 février 2022, M. B C, représenté par Me Iosca, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision " 48SI " du 4 novembre 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur lui a notifié l'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul, et lui a enjoint de lui restituer son permis de conduire ;

2°) d'annuler l'ensemble des décisions portants les retraits de point antérieures sur son permis de conduire ;

3°) d'enjoindre le ministre de l'intérieur de lui restituer les points sur le capital affectant son permis de conduire dans un délai de deux mois à compter de la décision à intervenir.

Il soutient que :

- il n'a pas reçu l'ensemble des informations lors de la constatation des infractions conformément aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;

- la réalité des différentes infractions n'est pas établie.

Par un mémoire en défense enregistré le 11 mars 2022, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu partiel à statuer sur la requête et au rejet du surplus des conclusions.

Il soutient que :

- la décision 48SI est réputée avoir été retirée ;

- les décisions de retraits de points portant sur les infractions antérieures ont été automatiquement portées à la connaissance du requérant ;

- la réalité des infractions est établie.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de procédure pénale ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Kanté, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative pour statuer sur les litiges relevant de cet article.

La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B C demande l'annulation des décisions portant retrait de points sur le solde de son permis de conduire à raison des infractions commises les 31 juillet 2020, 26 décembre 2020, 13 mai 2020, 3 mars 2020, 7 août 2018, 14 décembre 2017 et 8 septembre 2017 et par voie de conséquence, l'annulation de la décision référencée " 48 SI " du 4 novembre 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur lui a notifié l'invalidité de son titre de conduite pour défaut de points et lui a enjoint de le restituer.

Sur l'étendue du litige :

2. En premier lieu, il ressort des mentions du relevé d'information intégral du permis de conduire de M. C, édité le 9 mars 2022, que son titre de conduite est valide, avec un solde positif de trois points, et que la décision " 48 SI " du 4 novembre 2021 ainsi que l'infraction du 31 juillet 2020 n'y figurent plus. La décision " 48SI ", et par voie de conséquence l'infraction du 31 juillet 2020, doivent ainsi être regardées comme ayant été implicitement mais nécessairement retirées postérieurement à l'introduction de la requête. Dès lors, les conclusions de M. C tendant à l'annulation de la décision " 48 SI " du 4 novembre 2021 en ce qu'elle invalide son permis de conduire et du retrait de point consécutif à l'infraction du 31 juillet 2020 sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.

3. En second lieu, s'agissant des infractions des 13 mai 2020 et 7 août 2018, il ressort du relevé d'information intégral du 9 mars 2022 que le retrait d'un point auquel chaque infraction a donné lieu a été restitué à M. C les 18 juillet 2021 et 15 juillet 2019, avant l'introduction de sa requête et que l'infraction du 8 septembre 2017 n'a pas donné lieu à un retrait de point. Dès lors, les conclusions relatives à ces retraits de points sont irrecevables. Par suite, les conclusions de la requête relatives à ces décisions de retrait de points doivent être écartées.

Sur la légalité des autres retraits de points :

4. Aux termes de l'article L. 223-3 du code de la route, " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. Quand il est effectif, le retrait de points est porté à la connaissance de l'intéressé par lettre simple ou, sur sa demande, par voie électronique. Un décret en Conseil d'Etat précise les conditions d'application du présent alinéa. ". Aux termes de l'article R.223-3 du code de la route : " I.- Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. II.- Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 225-1 à L. 225-9 () ".

5. Il résulte de ces dispositions que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie, que si l'auteur de l'infraction s'est vu, préalablement, délivrer un document contenant les informations prévues aux articles précités du code de la route, lesquels constituent une garantie essentielle lui permettant de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tout moyen, qu'elle a satisfait à cette obligation d'information. Il appartient au juge, saisi d'un moyen tiré de cette omission, de rechercher si compte tenu des circonstances de l'espèce, et notamment, le cas échéant, de l'information dont l'intéressé a bénéficié à l'occasion d'autres infractions, elle a eu pour effet de priver l'intéressé de la garantie instituée par la loi.

S'agissant de l'infraction du 26 décembre 2020 :

6. Lorsque la réalité de l'infraction a été établie par une condamnation devenue définitive prononcée par le juge pénal qui a statué sur tous les éléments de fait et de droit portés à sa connaissance et que l'auteur de l'infraction a ainsi pu la contester, l'omission de la formalité prévue aux dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-2 du code de la route est sans influence sur la régularité du retrait de points résultant de la condamnation.

7. Il résulte de l'instruction que la réalité de l'infraction commise le 26 décembre 2020 par M. C a été établie par une condamnation pénale du tribunal de police de Clermont-Ferrand du 13 avril 2021, devenue définitive. Par suite, le moyen tiré du manquement à l'obligation d'information préalable prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ne peut être utilement invoqué à l'encontre du retrait de points consécutif à cette infraction.

S'agissant des infractions des 3 mars 2020 et 14 décembre 2017 :

8. Il résulte du relevé d'information intégral afférent au permis de conduire de M. C que les infractions commises les 3 mars 2020 et 14 décembre 2017, ont été constatées par des radars automatiques et ont donné lieu à l'émission de titres exécutoires d'amendes forfaitaire majorées. Si ces mentions établissent la réalité de l'infraction en application des dispositions du quatrième alinéa de l'article L. 223-1 du code la route, M. C ne justifiant pas avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, elles ne permettent pas cependant d'établir que M. C aurait reçu les avis de contravention comportant les informations exigées par l'article L. 223-3 du code de la route.

9. En l'espèce, le ministre fait valoir, s'agissant de l'infraction du 3 mars 2020, qu'un pli de l'avis d'amende forfaitaire majorée comportant l'ensemble des mentions prescrites par les dispositions précitées, et dont il joint une copie vierge du formulaire type pour en attester, a été envoyé au requérant à l'adresse figurant sur la carte grise de son véhicule mais que ce dernier s'est abstenu de le réclamer. Il ressort des pièces du dossier que le pli comportant l'avis d'amende forfaitaire majorée relatif à cette infraction a effectivement été retourné au CNT-CSA au motif de sa non-réclamation par M. C, lequel n'est dès lors pas fondé à soutenir que le retrait de point consécutif à cette infraction serait irrégulier.

10. Toutefois, s'agissant de l'infraction du 14 décembre 2017, le ministre ne justifie ni de la non-réclamation par le requérant du pli de l'avis d'amende forfaitaire majorée comportant l'ensemble des informations prescrites, ni même de son envoi. En conséquence, à défaut pour le ministre, à qui incombe la charge de la preuve, de produire le procès-verbal afférent à cette infraction ou une attestation de situation du trésorier principal du contrôle automatisé permettant d'établir que le contrevenant se serait acquitté de l'amende forfaitaire majorée et aurait en conséquence nécessairement eu connaissance de ce titre exécutoire, M. C, est fondé à soutenir que cette décision de retrait de quatre points consécutive à l'infraction du 14 décembre 2017 est intervenue au terme d'une procédure irrégulière.

11. Il résulte de tout ce qui précède que M. C est seulement fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle le ministre de l'intérieur a retiré quatre points pour l'infraction du 14 décembre 2017 sur son permis de conduire.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

12. Il y a lieu d'enjoindre à l'administration de reconnaître à l'intéressé le bénéfice des quatre points irrégulièrement retirés et de réexaminer la situation de M. C en en tirant elle-même toutes les conséquences sur le capital de points de l'intéressé. Ce réexamen devra intervenir dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. C tendant à l'annulation de la décision portant retrait de point résultant de l'infraction du 31 juillet 2020, ainsi que celles tendant à l'annulation de la décision " 48 SI " du 4 novembre 2021 d'invalidation du permis de M. C.

Article 2 : La décision par laquelle le ministre de l'intérieur a procédé au retrait de quatre points sur le solde de points du permis de conduire de M. C à la suite de l'infraction commise le 14 décembre 2017 est annulée.

Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de reconnaître à M. C le bénéfice de quatre points retirés à la suite de l'infraction commise 14 décembre 2017 et, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, de réexaminer la situation de M. C pour en tirer les conséquences sur le capital de points de l'intéressé.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au ministre de l'intérieur.

Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 11 juillet 2022.

La magistrate désignée,

signé

C. A

La greffière,

signé

B. Bartyzel

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions