vendredi 13 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2200815 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Magistrat Marc |
| Avocat requérant | CABINET LANDAIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 février 2022 et un mémoire complémentaire enregistré le 10 mai 2023, Mme C B épouse A, représentée par Me Landais, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 2 décembre 2021 de la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales en tant qu'elle fixe un taux global d'invalidité à 25% ;
2°) d'enjoindre à l'administration de reconnaître l'ancienneté de Madame A avant sa titularisation, de rétablir un taux d'invalidité correspondant à sa pathologie et entraînant un trouble de la marche, de prendre en compte le taux d'invalidité dû à son diabète et de reconstituer les droits à pension correspondants ;
3°) de mettre à la charge de la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision en litige est entachée d'un défaut de motivation, dès lors que ses mentions sont stéréotypées, et qu'il résulte du procès-verbal de la commission de réforme " que la pathologie n° 3 de l'AF3 a été supprimée en séance car ne permettant pas l'attribution d'un taux d'invalidité, et que le libellé de la pathologie n° 4 a été modifiée en séance compte tenu de l'expertise du Dr D conformément au chapitre VIII du barème du code des pensions ", alors que ce chapitre ne couvre nullement les affections dont Madame A est porteuse ;
- elle est entachée d'erreur de droit, dès lors que son ancienneté en qualité d'agent contractuel n'a pas été prise en compte, et méconnaît le principe constitutionnel d'égalité ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 30 novembre 2022 et 30 mai 2023, la Caisse des dépôts et consignations conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n°2007-173 du 7 février 2007 ;
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme Marc, première conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Marc ;
- les conclusions de M. Fraisseix, rapporteur public,
- et les observations de Me Ramassamy, substituant Me Landais, qui persiste en ses conclusions et moyens,
- la Caisse des dépôts et consignations n'étant ni présente ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B épouse A a été employée par la commune de Plaisir en qualité d'agent contractuel entre le 18 avril 2003 et le 27 juin 2014, d'abord par des contrats à durée déterminée puis en contrat à durée indéterminée. Elle a été titularisée en qualité d'adjoint technique territorial de 2ème classe par un arrêté du 27 juin 2014. Elle a été mise à la retraite pour invalidité le 5 juin 2020, avec un taux d'invalidité global de 25%. Par un courrier du 10 novembre 2021, elle a contesté ce taux, estimant que n'avaient pas été prises en compte les pathologies contractées alors qu'elle était agent contractuel et non affiliée à la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales (CNRACL). Sa demande a été rejetée par une décision du 2 décembre 2021 de la CNRACL, dont la requérante demande l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, la décision en litige comprend les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde et permet utilement à Mme A, ainsi, d'en comprendre les motifs et de les contester. En outre, est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée la circonstance que le procès-verbal de la commission de réforme transmis à Madame A mentionne que la pathologie n° 3 de l'AF3 a été supprimée en séance car ne permettant pas l'attribution d'un taux d'invalidité, et que le libellé de la pathologie n° 4 ait été modifiée en séance compte tenu de l'expertise du Dr. D. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision en litige est entachée d'un défaut de motivation doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la requérante fait valoir que les taux d'invalidité de 5% et 8%, fixés respectivement pour l'hypertension et le diabète dont elle souffre, n'ont pas été pris en compte par la CNRACL du fait de leur antériorité à son affiliation à cette dernière. Elle estime qu'ayant travaillé pendant dix-sept ans pour la commune de Plaisir et n'ayant été titularisée qu'en juin 2014, elle bénéficiait d'une ancienneté devant être prise en compte, de même que les pathologies déclarées lors de cette période.
4. Aux termes, d'une part, de l'article L. 5 du code des pensions civiles et militaires de retraite, dans sa version applicable au litige, et issue de la loi du 9 novembre 2010 portant réforme des retraites : " () Pour les fonctionnaires titularisés au plus tard le 1er janvier 2013, peuvent également être pris en compte pour la constitution du droit à pension les services d'auxiliaire, de temporaire, d'aide ou de contractuel, y compris les périodes de congé régulier pour longue maladie, accomplis dans les administrations centrales de l'Etat, les services extérieurs en dépendant et les établissements publics de l'Etat ne présentant pas un caractère industriel et commercial, si la validation des services de cette nature a été autorisée pour cette administration par un arrêté conjoint du ministre intéressé et du ministre des finances et si elle est demandée dans les deux années qui suivent la date de la titularisation ou d'entrée en service pour les militaires sous contrat. ".
5. D'autre part, l'article 2 du décret du 7 février 2007 portant règlement d'administration publique pour la constitution de la Caisse nationale de retraites, visé ci-dessus, reprenant les dispositions de l'article 1er du décret n°47-1846 du 19 septembre 1947 dispose que : " Sont obligatoirement affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales les fonctionnaires soumis aux dispositions de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 (). L'affiliation d'un fonctionnaire prend effet à la date de son recrutement sur un emploi permanent. Cette affiliation ne devient définitive qu'après sa titularisation. () ".
6. Enfin, le principe d'égalité ne s'oppose pas à ce que l'autorité investie du pouvoir réglementaire règle de façon différente des situations différentes ni à ce qu'elle déroge à l'égalité pour des raisons d'intérêt général pourvu que, dans l'un comme l'autre cas, la différence de traitement qui en résulte soit en rapport direct avec l'objet de la norme qui l'établit et ne soit pas manifestement disproportionnée au regard des motifs susceptibles de la justifier. Ces modalités de mise en œuvre du principe d'égalité sont applicables à l'édiction de normes régissant la situation d'agents publics qui, en raison de leur contenu, ne sont pas limitées à un même corps ou à un même cadre d'emplois de fonctionnaires. Néanmoins, les agents publics n'ayant aucun droit acquis au maintien des dispositions de leur statut, ceux recrutés dans un corps avant la date à laquelle intervient une modification statutaire ou interviennent les effets de celle-ci, ne se trouvent pas dans la même situation que ceux qui y sont recrutés après cette date.
7. Il résulte de ce qui vient d'être exposé aux points 4 et 6 ci-dessus que si le législateur a institué la possibilité, pour les agents contractuels titularisés au plus tard le 1er janvier 2013, de se prévaloir, pour la constitution de leur droit à pension, des services antérieurs effectués en cette qualité, la circonstance que cette faculté ne soit pas reconnue aux agents titularisés au-delà de cette date ne saurait, à elle seule, entacher d'une méconnaissance du principe d'égalité les décisions refusant la prise en compte des services effectués en qualité d'agent contractuel. Ainsi, c'est sans commettre d'erreur de droit ni méconnaître le principe d'égalité que la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales a pu refuser à Mme A la prise en compte des taux de 5% et de 8% d'invalidité fixés respectivement pour de l'hypertension et du diabète, Mme A ayant déclaré ces deux pathologies avant son affiliation à la CNRACL et l'affiliation n'étant définitive qu'après titularisation.
8. En dernier lieu, si Mme A soutient que le taux retenu de 25% pour l'amyotrophie du membre inférieur droit dont elle souffre ne correspond nullement à sa pathologie dès lors, notamment, que les atteintes isolées d'un membre inférieur entrainent une invalidité de l'ordre 20 à 50 %, les pièces médicales qu'elle versait au dossier ne sont pas de nature à remettre en cause l'appréciation portée par l'administration.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B épouse A doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées à fin d'injonction et tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B épouse A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B épouse A et à la Caisse des dépôts et consignations.
Copie en sera adressée à la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2023.
La magistrate désignée,
signé
E. Marc La greffière,
signé
B. Dalla Guarda
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2200815
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026