jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2200829 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7éme chambre |
| Avocat requérant | SELARL BECAM MONCALIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 février 2022 et 24 janvier 2023, M. et Mme B, représentés par Me Cécile Moncalis, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 août 2021 par lequel le maire de Saint-Rémy-l'Honoré ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée par M. A et visant à la division du terrain cadastré AD136, 114, 109, 108, 107, 106, 4 et 3, ensemble la décision implicite rejetant son recours gracieux du 4 octobre 2021 ;
2°) de mettre à la charge solidaire de M. A et la commune de Saint-Rémy-l'Honoré la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils ont intérêt à agir ;
- la décision attaquée n'a pas été transmise au préfet, en méconnaissance de l'article R. 423-7 du code de l'urbanisme ;
- la décision méconnaît les articles L. 113-1 et L. 113-2 du code de l'urbanisme ; elle a pour conséquence de créer un accès dans un espace boisé classé ; l'accès au lot C est situé en zone N ;
- les accès mentionnés ne sont pas suffisants, en contradiction avec le règlement du plan local d'urbanisme (PLU) ; le projet méconnaît l'article 3N du règlement du PLU.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 avril 2022, la commune de Saint Rémy l'Honoré conclut au rejet de la requête ainsi qu'à la mise à la charge des requérants de la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, à défaut d'intérêt à agir des requérants ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fejérdy, première conseillère,
- les conclusions de Mme Cerf, rapporteure publique,
- et les observations de Me d'Andréa, représentant la commune de Saint Rémy l'Honoré.
Considérant ce qui suit :
1. Le 17 avril 2021, M. A a déposé auprès des services de la commune de Saint-Rémy-l'Honoré une déclaration préalable, visant à la division en trois lots du terrain constitué des parcelles AD3, 4, 106, 107, 108, 109, 114 et 136. Par une décision du 5 août 2021, le maire ne s'est pas opposé à cette déclaration préalable. M. et Mme B, voisins du terrain litigieux, ont exercé un recours gracieux. Ils doivent être regardés comme demandant l'annulation de la décision du 5 août 2021 et de la décision du 29 novembre 2021, par laquelle leur recours gracieux a été rejeté.
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. () ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'une déclaration préalable, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient, dans tous les cas, au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
4. En l'espèce, M. et Mme B sont propriétaires de la parcelle AD118, bordée de deux côtés par le terrain objet de la division. Il ressort toutefois des pièces du dossier que la décision attaquée, qui crée deux lots A et B bâtis et un lot C non bâti devant rester en l'état, n'autorise, contrairement à ce que soutiennent les requérants, la création d'aucun lot à bâtir, et donc a fortiori d'aucune construction. Par ailleurs, aucun accès nouveau n'est créé sur la rue de la Croix, au voisinage des requérants, dès lors que le lot C bénéficie en l'état existant de deux accès sur cette voie. Dans ces circonstances, M. et Mme B n'établissent pas en quoi le projet, qui consiste en une simple division foncière, serait de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leur bien immobilier. Dès lors, ils ne peuvent être regardés comme disposant d'un intérêt à agir contre l'arrêté attaqué.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Saint Rémy l'Honoré et de M. A, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demandent M. et Mme B au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. et Mme B la somme de 1 800 euros à verser à la commune au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : M. et Mme B verseront la somme de 1 800 (mille huit cents) euros à la commune de Saint-Rémy-l'Honoré au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme B, à la commune de Saint-Rémy-l'Honoré et à M. A.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Ouardes, président,
- Mme Fejérdy, première conseillère,
- M. de Miguel, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juin 2024.
La rapporteure,
Signé
B. Fejérdy
Le président,
Signé
P. Ouardes
La greffière,
Signé
C. Benoit-Lamaitrie
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026