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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2200844

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2200844

mardi 30 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2200844
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantSELUR PAMLAW - AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 février 2022, la société Free mobile, représentée par Me Martin, demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 8 décembre 2021 par lequel le maire de Carrières-sous-Poissy s'est opposé à la déclaration préalable de travaux qu'elle a déposée le 22 novembre 2021 en vue de procéder à l'implantation d'une station relais de téléphonie mobile sur le toit d'un immeuble situé 15 place de Saint-Exupéry à Carrières-sous-Poissy ;

2°) d'enjoindre au maire de Carrières-sous-Poissy de prendre une décision de non-opposition à déclaration préalable dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Carrières-sous-Poissy une somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article 4.1.1 de la première partie du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de Grand Paris Seine et Oise.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 janvier 2024, la commune de Carrières-sous-Poissy déclare s'en remettre à la sagesse du tribunal et conclut néanmoins au rejet des conclusions de la requête présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par une ordonnance du 18 janvier 2024, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 2 février 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Connin, conseiller ;

- et les conclusions de Mme Benoit, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. La société Free mobile a déposé le 22 novembre 2021 une déclaration préalable de travaux en vue de l'implantation d'une station relais de radiotéléphonie mobile, composée d'antennes dissimulées dans deux fausses cheminées et d'installations techniques, sur le toit d'un immeuble situé 15 place de Saint-Exupéry à Carrières-sous-Poissy sur la parcelle cadastrée section AH n° 854. Par un arrêté du 8 décembre 2021, dont la société Free mobile demande l'annulation, le maire de Carrières-sous-Poissy s'est opposé à cette déclaration préalable.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'avant dernier alinéa de l'article 4.1.1 de la première partie, relative aux définitions et dispositions communes, du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de Grand Paris Seine et Oise : " Tout projet relatif à l'implantation d'installations liées à la télécommunication, les antennes et pylônes, sont conçus tant dans leur localisation que leur morphologie pour limiter leur impact visuel dans le paysage et en évitant toute forme de dissimulation mal adaptée (imitation de cheminée aux dimensions excessives, arbre artificiel). "

3. Le projet litigieux s'implante sur un immeuble dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il serait pourvu d'un intérêt architectural particulier, pas plus que l'environnement urbain immédiat, composé d'immeubles à usage d'habitation et de commerces sans homogénéité particulière. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier de déclaration préalable que l'habillage des antennes-relais envisagées, visant à leur donner l'apparence de cheminées à la forme proche des cheminées voisines et d'une couleur cohérente avec la façade de l'immeuble d'implantation, témoigne d'une volonté d'insertion dans le paysage urbain. En outre, les dimensions de ces deux cheminées factices, d'une hauteur d'1,90 mètres et qui culminent à 18,40 mètres, soit 1,30 mètres au-dessus de la cheminée existante située sur le même immeuble, laquelle occupe une surface à peu près équivalente à celle de la fausse cheminée la plus imposante, n'apparaissent pas excessives. Dans les circonstances de l'espèce, en estimant que le projet litigieux n'était pas conçu pour limiter, de façon adaptée, ses conséquences visuelles sur le paysage urbain, le maire de Carrières-sous-Poissy a fait une inexacte application des dispositions précitées.

4. Il résulte de ce qui précède que la société Free mobile est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 8 décembre 2021 par lequel le maire de Carrières-sous-Poissy s'est opposé à la déclaration préalable de travaux qu'elle a déposée le 22 novembre 2021.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

5. Le présent jugement censure l'unique motif que le maire de Carrières-sous-Poissy a énoncé dans l'arrêté attaqué du 8 décembre 2021. Il ne résulte pas de l'instruction que les dispositions en vigueur à la date de cet arrêté interdiraient au maire de prendre une décision de non-opposition pour un motif qu'il n'a pas relevé, ou qu'un changement dans les circonstances de fait y ferait obstacle à la date du présent jugement. Il suit de là que l'exécution du présent jugement implique nécessairement que le maire de Carrières-sous-Poissy prenne une décision de non-opposition à la déclaration préalable de travaux que la société Free mobile a déposée le 22 novembre 2021. Il y a lieu d'enjoindre au maire de prendre cette décision dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Carrières-sous-Poissy une somme de 1 800 euros au titre des frais exposés par la société Free mobile et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 8 décembre 2021 du maire de Carrières-sous-Poissy est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au maire de Carrières-sous-Poissy de prendre une décision de non-opposition à la déclaration préalable de travaux déposée le 22 novembre 2021 par la société Free mobile dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : La commune de Carrières-sous-Poissy versera à la société Free mobile une somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Free mobile et à la commune de Carrières-sous-Poissy.

Délibéré après l'audience publique du 29 mars 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Rollet-Perraud, présidente,

- Mme Milon, première conseillère,

- M. Connin, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 avril 2024.

Le rapporteur,

Signé

N. Connin

La présidente,

Signé

C. Rollet-Perraud

La greffière,

Signé

A. Lloria

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

4

N° 1901371

9

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