lundi 11 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2200864 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Magistrat Kante |
| Avocat requérant | IOSCA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 février 2022, Mme C B, représentée par Me Iosca, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du 7 décembre 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours gracieux du 7 octobre 2021 ;
2°) d'annuler la décision " 48 SI " du 2 septembre 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son titre de conduite pour défaut de points et lui a enjoint de le restituer ;
3°) d'annuler les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur lui a retiré des points de son permis de conduire à la suite des infractions antérieures ;
4°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer les points illégalement retirés dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Elle soutient que :
- les décisions de retrait de points ont été prises à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'elle n'a pas reçu les informations prévues par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;
- la réalité des infractions n'est pas établie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mars 2022, le ministre de l'intérieur conclut, à titre principal, au non-lieu partiel de la requête, et à titre subsidiaire, au rejet du surplus de la requête.
Il fait valoir que :
- les points retirés consécutivement aux infractions des 22 avril 2020, 18 mai 2020, 16 juin 2020, 30 juin 2020 et 28 juillet 2020 ont été restitués à la requérante ; le solde de points est redevenu positif et les mentions relatives à la décision 48 SI envoyée le 2 septembre 2021 ont été supprimées ; l'administration est réputée avoir retiré la décision 48 SI portant invalidation du titre de conduite ; les conclusions dirigées contre la décision 48 SI et les retraits de points consécutifs aux infractions précitées sont sans objet ;
- aucun des moyens soulevés à l'encontre des autres retraits de points n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Kanté, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision " 48 SI " en date du 2 septembre 2021, le ministre de l'intérieur a invalidé le permis de conduire de Mme C B à la suite d'une infraction relevée le 25 septembre 2020. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation des décisions portant retrait de points de son permis de conduire, de la décision " 48 SI " du 2 septembre 2021, ainsi que de la décision implicite du ministre de l'intérieur en date du 7 décembre 2021 rejetant son recours gracieux.
Sur l'étendue du litige :
2. Il ressort des mentions du relevé d'information intégral édité le 11 mars 2022 produit en défense, que la décision " 48 SI " du 2 septembre 2021 a été retirée et que le permis de conduire de Mme B est valide, mais avec un solde de points nul en raison de plusieurs infractions commises postérieurement à la décision " 48SI " du 2 septembre 2021. Dès lors, la décision " 48SI " doit ainsi être regardée comme ayant été implicitement mais nécessairement retirée postérieurement à l'introduction de la requête. Par suite, les conclusions de Mme B tendant à l'annulation de la décision " 48 SI " du 2 septembre 2021 sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer. En revanche, il y a lieu de statuer sur l'ensemble des retraits de points dont il ne ressort pas du relevé d'information intégral qu'ils aient été restitués à la requérante.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la réalité des infractions des 25 septembre 2020, 28 juillet 2020, 16 juin 2020, 30 juin 2020, 22 avril 2020, 18 mai 2020, 1er octobre 2019, 10 octobre 2019, 13 octobre 2019 (15h06 et 19h20), 14 octobre 2019, 22 octobre 2019 :
3. Il résulte de la combinaison des articles L. 223-1 et L. 225-1 du code la route, des articles 529, 529-1, 529-2 et 530 du code de procédure pénale et de l'arrêté du 29 juin 1992 fixant les supports techniques de la communication par le ministère public au ministère de l'intérieur des informations prévues par ces articles que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée.
4. Il résulte de l'instruction et notamment du relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de l'intéressée, que les infractions relevées les 25 septembre 2020, 28 juillet 2020, 16 juin 2020, 30 juin 2020, 22 avril 2020, 18 mai 2020, 1er octobre 2019, 10 octobre 2019, 13 octobre 2019 (15h06 et 19h20), 14 octobre 2019, 22 octobre 2019 ont donné lieu, en l'absence du paiement des amendes forfaitaires afférentes dans le délai de quarante-cinq jours, à l'émission de titres exécutoires d'une amende forfaitaire majorée. La requérante n'établit pas avoir présenté une requête en exonération ou formé des réclamations. Dès lors, conformément aux dispositions rappelées au point précédent, la réalité des infractions reprochées à l'intéressée est établie.
En ce qui concerne le moyen tiré du défaut de communication des informations mentionnées aux articles L.223-3 et R.223-3 du code de la route :
5. Aux termes de l'article L.223-3 du code de la route, " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. Quand il est effectif, le retrait de points est porté à la connaissance de l'intéressé par lettre simple ou, sur sa demande, par voie électronique. Un décret en Conseil d'Etat précise les conditions d'application du présent alinéa. ". Aux termes de l'article R.223-3 du code de la route : " I.- Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. II.- Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 225-1 à L. 225-9 () ".
6. Il résulte de ces dispositions que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie, que si l'auteur de l'infraction s'est vu, préalablement, délivrer un document contenant les informations prévues aux articles précités du code de la route, lesquels constituent une garantie essentielle lui permettant de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tout moyen, qu'elle a satisfait à cette obligation d'information. Il appartient au juge, saisi d'un moyen tiré de cette omission, de rechercher si compte tenu des circonstances de l'espèce, et notamment, le cas échéant, de l'information dont l'intéressé a bénéficié à l'occasion d'autres infractions, elle a eu pour effet de priver l'intéressé de la garantie instituée par la loi.
7. Il ressort du relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de Mme B et des attestations de paiement établies par le comptable public de la trésorerie du contrôle automatisé que les infractions commises les 25 septembre 2020, 28 juillet 2020, 16 juin 2020, 30 juin 2020, 22 avril 2020, 18 mai 2020, 1er octobre 2019, 10 octobre 2019, 13 octobre 2019 (15h06 et 19h20), 14 octobre 2019, 22 octobre 2019 constatées au moyen d'un radar automatique ont donné lieu à l'émission de titres exécutoires et à l'encaissement des paiements correspondants. En outre, s'agissant des infractions des 22 avril 2020, 18 mai 2020, 16 juin 2020, 30 juin 2020 et 28 juillet 2020, Mme B, sur laquelle repose la charge de la preuve, n'établit ni que ces amendes ont fait l'objet d'un recouvrement forcé, ni avoir reçu des avis d'amende forfaitaire majorée inexacts ou incomplets. Par suite, le moyen tiré de l'absence de ces informations lors de la commission ces infractions doit être écarté.
8. Dans ces conditions, Mme B n'est pas fondée à soutenir que les décisions de retrait de points consécutives à ces infractions seraient intervenues au terme d'une procédure irrégulière.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions dirigées contre ces décisions doivent être rejetées, y compris les conclusions aux fins d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision " 48 SI " du 2 septembre 2021.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2022.
La magistrate désignée,
signé
C. A La greffière,
signé
B. Bartyzel
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026