lundi 1 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2200954 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SCP GIBIER FESTIVI RIVIERRE GUEPIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 février 2022 et 29 juin 2023, M. B A, représenté par Me Gibier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 30 juillet 2021 par laquelle le directeur des ressources humaines du centre hospitalier Sud Francilien l'a promu au huitième échelon de son grade avec une date d'ancienneté dans l'échelon au 1er février 2021, ensemble la décision du 20 octobre 2021 rejetant son recours gracieux à l'encontre de cette décision ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier Sud Francilien de le promouvoir au huitième échelon de son grade au 1er janvier 2021 avec reconstitution de carrière, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la date du jugement à intervenir ;
3°) de condamner le centre hospitalier Sud Francilien à lui verser la somme de 5 000 euros au titre des préjudices moral et financier qu'il estime avoir subis ;
4°) de mettre à la charge du centre hospitalier Sud Francilien le versement de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- sa nomination au grade de psychologue hors classe a été tardive, sa candidature ayant été injustement écartée au profit d'autres candidats dès lors que le centre hospitalier Sud Francilien n'a pas respecté les quotas en contournant les six pour cent du personnel promouvable inscrit sur le tableau d'avancement en privilégiant les psychologues qui partaient à la retraite dans l'année et que les promotions n'ont pas été effectuées dans l'ordre du tableau d'avancement ;
- sa nomination au huitième échelon de son grade a été tardive ;
- ces retards lui ont causé des préjudices moral et financier, qu'il évalue à 5 000 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 octobre 2022, le centre hospitalier Sud Francilien, représenté par Me Magnaval, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge du requérant en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- les conclusions à fin d'annulation sont irrecevables en raison de leur tardiveté ;
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables en l'absence de demande préalable indemnitaire ;
- les moyens ne sont pas fondés ;
- il n'a commis aucune faute dans la gestion de la carrière de M. A ;
- M. A ne justifie pas d'un préjudice ni d'un lien de causalité entre la faute alléguée et le préjudice dont il se prévaut, dont le montant ne repose sur aucun élément ni aucune évaluation sérieuse.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 91-129 du 31 janvier 1991 ;
- le décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gibelin, rapporteur,
- les conclusions de M. Chavet, rapporteur public,
- et les observations de Me Maroudin-Viramalé, substituant Me Magnaval, représentant le centre hospitalier Sud Francilien.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, qui occupait les fonctions de psychologue au sein du centre hospitalier Sud Francilien jusqu'à son admission à faire valoir ses droits à pension de retraite le 9 juillet 2021, a été promu au huitième échelon de son grade à compter du 1er février 2021 par une décision du 30 juillet 2021. A la suite d'une demande de M. A, la caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL) a refusé de réviser la pension de retraite de l'intéressé pour tenir compte de cette promotion. M. A a présenté un recours gracieux auprès du centre hospitalier Sud Francilien par un courrier du 7 octobre 2021, rejeté par une décision du 20 octobre suivant. Par la présente requête, il demande l'annulation de ces décisions des 30 juillet et 20 octobre 2021 et la condamnation du centre hospitalier Sud Francilien à lui verser la somme de 5 000 euros au titre de ses préjudices.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article 66 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière : " L'avancement des fonctionnaires comprend l'avancement d'échelon et l'avancement de grade () ". Aux termes de l'article 67 de la même loi : " L'avancement d'échelon est accordé de plein droit. Il a lieu de façon continue d'un échelon à l'échelon immédiatement supérieur. / Il est fonction de l'ancienneté () ". Aux termes de l'article 7 du décret susvisé du 31 janvier 1991, dans sa version applicable à la date de nomination du requérant au grade de psychologue hors classe : " Dans la hors-classe, l'ancienneté moyenne donnant accès à l'échelon supérieur est de 2 ans 6 mois dans les quatre premiers échelons et de 3 ans dans les cinquième et sixième échelons. ". Aux termes de l'article 14 de ce décret : " Les durées maximale et minimale du temps passé dans les échelons du corps des psychologues de la fonction publique hospitalière sont égales respectivement à l'ancienneté moyenne augmentée du quart et à l'ancienneté moyenne réduite du quart. / Toutefois, les durées moyennes d'ancienneté inférieures ou égales à dix-huit mois ne peuvent être réduites. ". L'article 5 du même décret dans sa version applicable à compter du 1er janvier 2017 prévoit une ancienneté pour accéder à l'échelon supérieur de ce grade de deux ans et demie dans les quatrièmes et cinquième échelons, de trois ans dans le sixième échelon et, avec la création d'un huitième échelon à compter du 1er janvier 2021, de trois ans dans le septième échelon.
3. D'autre part, aux termes du I de l'article 17 du décret du 26 décembre 2003 susvisé, relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales : " Aux fins de sa liquidation, le montant de la pension est calculé en multipliant le pourcentage de liquidation tel qu'il résulte de l'application de l'article 16 par le traitement soumis à retenue afférent à l'indice correspondant à l'emploi, grade, classe et échelon effectivement détenus depuis six mois au moins par le fonctionnaire au moment de la cessation des services valables pour la retraite () ". Les intéressés ne peuvent pas, au titre de cette disposition, se prévaloir de droits acquis qu'ils tiendraient d'actes intervenus dans les six mois précédant la date de leur admission à la retraite ou postérieurement à celle-ci et modifiant rétroactivement leur situation administrative pour des motifs autres que l'exécution d'une loi, d'un règlement ayant légalement un effet rétroactif, ou d'une décision du juge de l'excès de pouvoir.
4. En premier lieu, M. A soutient avoir fait l'objet d'une nomination tardive au grade de psychologue hors classe, sa candidature ayant été injustement écartée au profit d'autres candidats dès lors que le centre hospitalier Sud Francilien n'a pas respecté les quotas en contournant les six pour cent du personnel promouvable inscrit sur le tableau d'avancement en privilégiant les psychologues qui partaient à la retraite dans l'année et qu'en outre les promotions n'ont pas effectuées dans l'ordre du tableau d'avancement. Il peut ainsi être regardé comme soutenant que la décision attaquée est illégale en raison de l'illégalité des tableaux d'avancement au grade des psychologues hors classe antérieurs à sa promotion à ce grade le 1er janvier 2011. L'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative que si cette dernière a été prise pour son application ou s'il en constitue la base légale. La décision attaquée du 30 juillet 2021 par laquelle le directeur des ressources humaines du centre hospitalier Sud Francilien a promu M. A au huitième échelon de son grade avec une date d'ancienneté dans l'échelon au 1er février 2021 n'est pas un acte pris pour l'application de ces tableaux d'avancement, qui ne constituent pas plus la base légale de cette décision. Dès lors, le moyen tiré de ce que les tableaux d'avancement antérieurs au 1er janvier 2011 seraient illégaux, au soutien duquel le requérant n'apporte au demeurant aucun élément, est inopérant et doit être écarté.
5. En second lieu, si M. A soutient que sa nomination au huitième échelon, qui aurait dû être prononcée par une décision antérieure au 9 janvier 2021 pour pouvoir être prise en compte dans le calcul de ses droits à pension de retraite, alors que cet échelon a été créé le 1er janvier 2021, a été tardive, un tel moyen n'est pas assorti des précision suffisantes permettant d'en apprécier le bienfondé. En tout état de cause, il n'est ni établi ni même soutenu que M. A, qui avait été nommé au quatrième échelon de son grade le 1er janvier 2011, aurait rempli les conditions pour pouvoir accéder de plein droit au huitième échelon de ce grade à une date antérieure au 1er février 2021.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. A doivent être rejetées ainsi que celles, par voie de conséquence, à fin d'injonction et d'astreinte, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir soulevée par le CHSF.
Sur les conclusions indemnitaires :
7. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ".
8. M. A ne justifiant d'aucune demande indemnitaire de nature à lier le contentieux présentée auprès CHSF, il y a lieu d'accueillir la fin de non-recevoir opposée par l'administration.
Sur les frais liés au litige :
9. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens au sens des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, les conclusions du requérant tendant à ce que le CHSF soit condamné aux dépens ne peuvent qu'être rejetées.
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soient mis à la charge du centre hospitalier Sud Francilien, qui n'est pas la partie perdante, les frais exposés par M. A et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme demandée par le centre hospitalier Sud Francilien sur le fondement de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du centre hospitalier Sud Francilien présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au centre hospitalier Sud Francilien.
Délibéré après l'audience du 17 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Dely, présidente,
Mme Rivet, première conseillère,
M. Gibelin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2024.
Le rapporteur,
signé
F. GibelinLa présidente,
signé
I. Dely
La greffière,
signé
Y. Bouakkaz
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026