mardi 21 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2201004 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SYLVAIN |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête enregistrée le 10 mars 2022 sous le numéro 2201941, M. et Mme B et A C, représentés par Me Sylvain, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2015 à hauteur de 57 543 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Ils soutiennent que :
-les services de la direction du contrôle fiscal Nord n'étaient pas compétents pour procéder à l'examen de leur situation fiscale personnelle ; la circonstance que M. C soit salarié de la société " AGP " ne suffit pas à établir l'existence d'un lien de subordination au sens du V de l'article 350 terdecies de l'annexe III au code général des impôts, dès lors en particulier qu'il était également salarié d'une autre société au cours de la même période.
-la position du service est contraire à la doctrine exprimée sous la référence BOI-CF-DG-20 du 18 octobre 2014, paragraphe 260.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 juin 2022, l'administrateur des finances publiques en charge de la direction du contrôle fiscal Nord conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par M. et Mme C ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 22 juin 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 31 août 2023 à 10h00.
II. Par une requête et des pièces, enregistrés le 9 février 2022, le 21 février 2022 et le 24 février 2022 sous le numéro 2201004, M. et Mme C, représentés par Me Sylvain, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2016 à hauteur de 54 065 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Ils soutiennent que :
-les services de la direction du contrôle fiscal Nord n'étaient pas compétents pour procéder à l'examen de leur situation fiscale personnelle ; la circonstance que M. C soit salarié de la société " AGP " ne suffit pas à établir l'existence d'un lien de subordination au sens du V de l'article 350 terdecies de l'annexe III au code général des impôts, dès lors en particulier qu'il était également salarié d'une autre société au cours de la même période ;
-la position du service est contraire à la doctrine exprimée sous la référence BOI-CF-DG-20 du 18 octobre 2014, paragraphe 260.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 juin 2022, l'administrateur des finances publiques en charge de la direction du contrôle fiscal Nord conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par M. et Mme C ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 19 juillet 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 15 septembre 2023 à 10h00.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- l'arrêté du 16 mars 2012 relatif aux direction spécialisées de contrôle fiscal de la direction générale des finances publiques ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Thivolle,
- les conclusions de Mme Mathé, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite de la vérification de comptabilité de la société " Aéroport-gare- port " (AGP) au sein de laquelle M. C est associé à hauteur de 15% et salarié en qualité de responsable d'une équipe de chauffeurs, et de la vérification de comptabilité de la société " Alliance transport voyageur " dont M. C est également salarié, le service de la direction régionale du contrôle fiscal Nord a engagé un examen de la situation fiscal personnelle de M. et Mme C, par un avis du 18 janvier 2018 notifié le 21 janvier 2018. A l'issue de cet examen, le service a notifié à M. et Mme C, par une proposition de rectification du 19 décembre 2018, faisant application de la procédure de rectification contradictoire, des rehaussements dans la catégorie des revenus d'origine indéterminée au titre des années 2015 et 2016, imposés sur le fondement de l'article L. 69 du livre des procédures fiscales. Leur réclamation contentieuse ayant été rejetée par une décision du 13 décembre 2021, M. et Mme C demandent au tribunal de prononcer la décharge des impositions supplémentaires ainsi mises à leur charge.
Sur la jonction
2. Les requêtes enregistrées sous les numéros 2201004 et 2201941, présentées par M. et Mme C, présentent à juger la même question et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu, par suite, de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur la régularité de la procédure
3. Aux termes de l'article 350 terdecies de l'annexe III au code général des impôts, dans sa rédaction applicable au litige : " I. - Sous réserve des dispositions des articles 409 et 410 de l'annexe II au code général des impôts, seuls les fonctionnaires de la direction générale des finances publiques appartenant à des corps des catégories A et B peuvent fixer les bases d'imposition et liquider les impôts, taxes et redevances ainsi que proposer les rectifications. () / II. - Les fonctionnaires mentionnés au premier alinéa du I peuvent exercer les attributions que ces dispositions leur confèrent à l'égard des personnes physiques ou morales ou groupements de personne de droit ou de fait qui ont déposé ou auraient dû déposer dans le ressort territorial du service déconcentré ou du service à compétence nationale dans lequel ils sont affectés une déclaration, un acte ou tout autre document ainsi qu'à l'égard des personnes ou groupements qui, en l'absence d'obligation déclarative, y ont été ou auraient dû y être imposés ou qui y ont leur résidence principale, leur siège ou leur principal établissement. () / V. - Sans préjudice des dispositions des II, III et IV, les fonctionnaires mentionnés au premier alinéa du I peuvent exercer leurs attributions à l'égard des personnes physiques ou morales et des groupements liés aux personnes ou groupements qui relèvent de leur compétence. / Les liens existant entre les personnes ou groupements s'entendent de l'appartenance ou du rattachement à un même foyer fiscal, de l'exercice d'un rôle de direction de droit ou de fait, d'une relation d'association, de subordination ou d'interposition, ou de l'appartenance à un même groupe d'intérêts. Les arrêtés d'attributions des services déconcentrés et des services à compétence nationale définissent, s'il y a lieu, la compétence des agents au regard des personnes unies par ces liens. () ". Et aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 16 mars 2012 relatif aux direction spécialisées de contrôle fiscal de la direction générale des finances publiques : " I. ' Les fonctionnaires de ces directions, territorialement compétents pour contrôler les déclarations de revenu global d'une personne physique, peuvent également contrôler la situation fiscale des activités professionnelles, exploitations, entreprises, sociétés, groupements ou entités que cette personne ou l'un des membres de son foyer fiscal exerce ou dirige, ou dans lesquels ils sont associés, quel que soit le lieu où ces activités, exploitations, entreprises, sociétés, groupements ou entités sont exercés ou situés et la forme juridique qu'ils revêtent. / II. ' Les fonctionnaires de ces directions, territorialement compétents pour le contrôle de la situation fiscale d'une activité professionnelle, d'une exploitation, d'une entreprise, d'une société, d'un groupement ou d'une entité qu'une personne physique ou l'un des membres de son foyer fiscal exerce ou dirige, ou dans lesquels ils sont associés, peuvent procéder au contrôle de l'ensemble des impositions de cette personne, quel que soit le lieu de son domicile. / III. ' Pour l'application des I et II, sont considérées : / 1° Comme dirigeants d'une exploitation, d'une entreprise, d'une société, d'un groupement ou d'une entité les personnes qui les dirigent, en droit ou en fait, directement ou par personne interposée, et sous quelque forme juridique que ce soit ; / 2° Comme associées les personnes qui conviennent de mettre en commun des apports, des biens, des connaissances ou des activités en vue de poursuivre une œuvre commune ou l'objet social d'une exploitation, d'une entreprise, d'une société, d'un groupement ou d'une entité ".
4. Il résulte de ces dispositions combinées que les agents compétents pour fixer les bases d'imposition, liquider les impôts des contribuables domiciliés dans leur ressort d'affectation ou leur proposer des rectifications peuvent également exercer ces attributions à l'égard des personnes physiques ou morales et des groupements liés à ces contribuables, quel que soit le lieu de la résidence, du domicile, du siège ou du principal établissement de ces personnes ou groupements.
5. En l'espèce, il résulte de l'instruction que le service de la direction du contrôle fiscal Nord a, en premier lieu, procédé, entre le 19 janvier 2017 et le 18 décembre 2018, à la vérification de la comptabilité de la société " AGP ", dont le siège social se trouvait, jusqu'au mois de janvier 2018, Allée des Coucous à Orvaux (Eure), au titre des exercices 2015 et 2016 . Par la suite, ce service a également engagé et conduit, entre le 7 juillet 2017 et le 18 décembre 2018, la vérification de la comptabilité de la société " Alliance transport voyageurs ", dont le siège social se situe au 8, rue de Chambourcy à Poissy (Yvelines) au titre des exercices 2014 à 2016. Le contrôle des écritures comptables ayant révélés des versements effectués au profit de M. C qui n'avaient pas été déclarés par ce-dernier au titre des traitements et salaires ni au titre des revenus de capitaux mobiliers, le service lui a notifié, par avis du 18 janvier 2018, l'engagement d'un examen de sa situation fiscale personnelle, duquel résultent les rectifications en litige dans le cadre de la présente instance.
6. Si M. C soutient que les agents de la direction du contrôle fiscal Nord n'étaient pas compétents pour procéder à l'examen de sa situation fiscale personnelle, il est toutefois constant qu'il était, au cours des années 2015 et 2016, associé et salarié de la société AGP et, au surplus salarié de la société "Alliance transport voyageurs " et que, par conséquent, les agents ayant procédé à la vérification de la comptabilité de cette société étaient également compétents, en application des dispositions citées au point 3, pour procéder au contrôle des déclarations de M. C, notamment en engageant, à son encontre, un examen de situation fiscal personnelle. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence territorial du service ayant procédé aux rectifications en litige n'est pas fondé et doit être écarté.
Sur l'interprétation administrative de la loi fiscale
7. En tout état de cause, le requérant ne peut utilement se prévaloir des énonciations de la doctrine exprimée sous la référence BOI-CF-DG-20 du 18 octobre 2014, laquelle est relative à la procédure d'imposition et par conséquent exclue du champ d'application de la garantie contre les changements de doctrine figurant à l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales.
8. Il s'ensuit que les conclusions de M. et Mme C aux fins de décharge des impositions supplémentaires mises à leur charge au titre des années 2015 et 2016 ne peuvent qu'être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, leurs conclusions relatives aux frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. et Mme C sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme B et A C et à l'administrateur des finances publiques en charge de la direction du contrôle fiscal Nord.
Délibéré après l'audience du 6 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Féral, président,
Mme Bartnicki, première conseillère,
M. Thivolle, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 novembre 2023.
Le rapporteur,
Signé
G. Thivolle
Le président,
Signé
R. FéralLa greffière,
Signé
V. Retby
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2 ; 2201941
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026