LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2201842

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2201842

vendredi 5 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2201842
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationPrésident Mégret
Avocat requérantDE CAUMONT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 8 mars, 29 août et 6 septembre 2022, Mme C D épouse B, représentée par Me de Caumont, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision " 48 SI " du 14 février 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a notifié le dernier retrait de point sur son permis de conduire, rappelé ses précédentes infractions au code de la route et prononcé l'invalidité de son permis de conduire pour solde de points nul, ainsi que les décisions de retrait de point suite aux infractions commises les 25 mars 2013 (1 point), 7 avril 2013 (2 points), 23 décembre 2013 (2 points), 25 décembre 2013 (1 point), 17 avril 2014 (1 point), 11 juillet 2014 (1 point), 9 décembre 2014 (1 point), 25 mars 2018 (1 point), 20 mai 2018 (1 point), 13 septembre 2019 (1 point), 12 octobre 2019 (1 point), 31 décembre 2019 (1 point), 3 janvier 2020 (1 point), 17 février 2020 (1 point), 16 mai 2020 (1 point), 6 novembre 2020 (1 point), 7 novembre 2020 (1 point), 14 novembre 2020 (2 points), 28 novembre 2020 (1 point), 19 décembre 2020 (1 point), 18 janvier 2021 (1 point), 2 février 2021 (1 point), 7 février 2021 (1 point) et 8 mars 2021 (1 point) ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de lui restituer les points illégalement retirés et rétablir le capital de son permis de conduire, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les décisions de retrait de points n'ont pas été précédées de la délivrance des informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.

Par un mémoire en défense enregistré le 30 juin 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C D Épouse B a commis une série d'infractions au code de la route les 25 mars 2013 (1 point), 7 avril 2013 (2 points), 23 décembre 2013 (2 points), 25 décembre 2013 (1 point), 17 avril 2014 (1 point), 11 juillet 2014 (1 point), 9 décembre 2014 (1 point), 25 mars 2018 (1 point), 20 mai 2018 (1 point), 13 septembre 2019 (1 point), 12 octobre 2019 (1 point), 31 décembre 2019 (1 point), 3 janvier 2020 (1 point), 17 février 2020 (1 point), 16 mai 2020 (1 point), 6 novembre 2020 (1 point), 7 novembre 2020 (1 point), 14 novembre 2020 (2 points), 28 novembre 2020 (1 point), 19 décembre 2020 (1 point), 18 janvier 2021 (1 point), 2 février 2021 (1 point), 7 février 2021 (1 point) et 8 mars 2021 (1 point). Ces infractions ont donné lieu à des décisions de retrait de points. Par un arrêté " 48 SI " du 14 février 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer lui a notifié le dernier retrait de points sur son permis de conduire, lui a rappelé ses précédentes infractions et a constaté l'invalidité de son permis de conduire pour solde de points nul. Mme D Épouse B demande l'annulation de l'ensemble de ces décisions.

2. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. () La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. (). ". Aux termes de l'article L. 223-3 du même code : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9.Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. (). ". Aux termes de l'article R. 223-3 du même code : " I.-Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. II.-Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 225-1 à L. 225-9. (). ".

3. Il résulte de ces dispositions que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie, que si l'auteur de l'infraction s'est vu, préalablement, délivrer un document contenant les informations prévues aux articles précités du code de la route, lesquels constituent une garantie essentielle lui permettant de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tout moyen, qu'elle a satisfait à cette obligation d'information. Il appartient au juge, saisi d'un moyen tiré de cette omission, de rechercher si compte tenu des circonstances de l'espèce, et notamment, le cas échéant, de l'information dont l'intéressé a bénéficié à l'occasion d'autres infractions, elle a eu pour effet de priver l'intéressé de la garantie instituée par la loi.

En ce qui concerne les infractions commises les 25 mars 2013, 7 avril 2013, 17 avril 2014, 11 juillet 2014, 9 décembre 2014, 13 septembre 2019, 28 novembre 2020, 19 décembre 2020, 18 janvier 2021, 2 février 2021, 7 février 2021 et 8 mars 2021 :

4. Lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale au titre d'une infraction constatée par radar automatique, il découle de cette seule constatation qu'il a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis doit être revêtu, la même constatation conduit également à regarder comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.

5. Il résulte de l'instruction, et notamment des mentions du relevé d'information intégral de Mme D dans sa version éditée au 29 juin 2022, qu'elle s'est acquittée du paiement des amendes forfaitaires émises suite aux infractions commises les 25 mars 2013, 7 avril 2013, 17 avril 2014, 11 juillet 2014, 9 décembre 2014, 13 septembre 2019, 28 novembre 2020, 19 décembre 2020, 18 janvier 2021, 2 février 2021, 7 février 2021 et 8 mars 2021, lesquelles ont toutes été constatées au moyen d'un radar automatique. Dès lors, Mme D a nécessairement reçu des courriers du ministre de l'intérieur et des outre-mer l'invitant à s'acquitter de ces paiements et comportant les informations requises par les dispositions citées au point 2. Dans ces conditions, et alors que l'intéressée n'établit pas, à défaut de produire les documents qui lui ont été remis, que ceux-ci ne comportaient pas l'ensemble des informations exigées, l'administration doit être regardée comme ayant apporté la preuve qu'elle a satisfait à l'obligation d'information. Par suite, le moyen tiré d'un vice de procédure doit être écarté.

En ce qui concerne les infractions commises les 23 et 25 décembre 2013, 25 mars 2018, 20 mai 2018, 12 octobre 2019, 31 décembre 2019, 3 janvier 2020, 17 février 2020 et 16 mai 2020 :

6. Le paiement par le contrevenant de l'amende forfaitaire majorée prévue par le second alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale implique nécessairement qu'il a préalablement reçu l'avis d'amende forfaitaire majorée. En vertu des dispositions de l'article A. 37-28 du code de procédure pénale, le formulaire d'avis d'amende forfaitaire majorée utilisé par l'administration est revêtu des mentions qui permettent au contrevenant de comprendre qu'en l'absence de contestation de l'amende il sera procédé au retrait de points et qui portent à sa connaissance l'ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Ainsi, le paiement de l'amende forfaitaire majorée suffit à établir que l'administration s'est acquittée envers le titulaire du permis de son obligation d'information, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, démontre que cet avis était inexact ou incomplet. Enfin, lorsque le contrevenant soutient que le paiement est intervenu par la voie du recouvrement forcé et n'est, par suite, pas de nature à apporter la preuve de la réception des avis, il lui appartient d'apporter la preuve, devant le juge du fond, de ce que l'amende a effectivement fait l'objet d'un recouvrement forcé.

7. Il résulte de l'instruction, et notamment des quittances de paiement produites en défense, que Mme D s'est acquittée des amendes forfaitaires majorée émises pour les infractions commises les 23 et 25 décembre 2013, 25 mars 2018, 20 mai 2018, 12 octobre 2019, 31 décembre 2019, 3 janvier 2020, 17 février 2020 et 16 mai 2020, lesquelles ont toutes été constatées au moyen d'un radar automatique. La requérante n'établit pas que les avis qu'elle a reçus seraient incomplets ou inexacts. Si, s'agissant des infractions commises les 3 janvier 2020 et 16 mai 2020, la requérante allègue que le paiement de l'amende forfaitaire majorée correspondante s'est effectué par voie de recouvrement forcé, elle ne l'établit pas malgré les différentes pièces produites. Dans ces conditions, l'administration doit être regardée comme ayant apporté la preuve qu'elle a satisfait à l'obligation d'information. Par suite, le moyen tiré d'un vice de procédure doit être écarté

En ce qui concerne les infractions commises les 6, 7 et 14 novembre 2020 :

8. Il ne résulte pas de l'instruction que Mme D aurait reçu, avant les décisions de retrait de points suite aux infractions commises les 6, 7 et 14 novembre 2020, les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ni qu'elle ne soit acquittée du paiement des amendes forfaitaires majorées émises suite à ces infractions. Toutefois, il résulte de ce qui a été dit précédemment qu'elle s'est acquittée du paiement de l'amende forfaitaire majorée émise suite à l'infraction du 13 septembre 2019 de même nature que celles en litige et qu'ainsi elle a nécessairement reçu les informations précitées dans un délai raisonnable au moment de la commission des infractions litigieuses. Par suite, l'administration doit être regardée comme ayant satisfait à l'obligation d'information prévue par les dispositions citées au point 3. Le moyen tiré d'un vice de procédure doit, dès lors, être écarté.

9. Il résulte de tout ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté " 48 SI " du 14 février 2022 ainsi que les décisions de retrait de points prises suites aux différentes infractions commises doivent être annulés. Il s'ensuit que les conclusions à fin d'annulation de ces décisions doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D Épouse B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D Épouse B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 avril 2024.

La magistrate désignée,

signé

S. A La greffière,

signé

Y. Bouakkaz

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions